Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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rickettsiose n.f.

rickettsiosis

Maladie infectieuse éruptive provoquée par une bactérie du genre Rickettsia.
On distingue les rickettsioses du groupe boutonneux-pourpré (fièvre boutonneuse méditerranéenne due à Rickettsia conorii et autres rickettsioses à tiques telles que la fièvre à tiques africaine et la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses) transmises par tiques et les rickettsioses du groupe typhus (typhus exanthématique provoqué par Rickettsia prowazekii, typhus murin dû à Rickettsia typhi) transmises par déjections d'insectes. La gravité clinique de ces maladies est très variable (les plus sévères sont les infections dues à R. prowazekii et R. rickettsii). Ces infections se caractérisent par une fièvre élevée d'apparition brutale, une éruption cutanée maculopapuleuse et diverses atteintes viscérales, neurologiques, cardiovasculaires, respiratoires, rénales qui conditionnent le pronostic de la maladie. La principale anomalie physio-pathologique des rickettsioses est une augmentation de la perméabilité vasculaire. Le traitement repose essentiellement sur les tétracyclines et les fluoroquinolones.

Étym. l'appellation fait référence à H. T. Ricketts (1907)

Rickettsia

rickettsiose varicelliforme l.f.

rickettsial pox

Maladie éruptive vésiculeuse due à Rickettsia akari.
Après une incubation de 7 à 10 jours, le début est brutal : fièvre élevée, frissons, myalgies, céphalée, photophobie, papule vésiculeuse au point de piqûre avec adénopathie satellite. Apparait ensuite une éruption maculopapuleuse puis vésiculeuse et enfin croûteuse. La guérison spontanée a lieu au bout de trois semaines. Cette rickettsiose urbaine a surtout été observée aux Etats-Unis, en Russie et en Corée. Le réservoir du germe est la souris domestique et le vecteur est un acarien.

Syn. rickettsial pox, fièvre vésiculeuse

Rickettsia akari

Rickettsia 

Rickettsia
Genre de petites bactéries (0,8 à 2 µm) du groupe des alphaprotéobactéries, intracellulaires à Gram négatif (Ordre des Rickettsiales, famille des Rickettsiaceae), transmises à l’homme par la piqûre, la morsure ou les déjections de poux, de puces, de tiques ou d'autres acariens.
Ce genre regroupe quelque 25 espèces et le recours aux techniques de phylogénie moléculaire, en particulier l'étude des séquences du gène codant pour l'ARN 16S, permet aujourd'hui de distinguer deux principaux groupes d'espèces : le groupe des typhus et le groupe boutonneux-pourpré.  Elles peuvent être cultivées sur cultures de cellules. Le réservoir de ces bactéries est souvent constitué par des mammifères, notamment des rongeurs, mais peut aussi être strictement humain. Elles sont responsables des différentes rickettsioses humaines, au nombre d'une quinzaine. Leur mise en évidence est obtenue à partir du sang ou de biopsies (cultures cellulaires, PCR, immunofluorescence directe) mais, en pratique, la sérologie est la méthode de diagnostic la plus utilisée. Les Rickettsia sont sensibles à différents antibiotiques, notamment aux cyclines et aux fluoroquinolones.
De nombreuses espèces de Rickettsia ont été isolées d'Arthropodes, notamment de tiques, et de mammifères mais leur pathogénicité pour l'Homme est inconnue. Un certain nombre de germes autrefois englobés parmi les Rickettsia sont aujourd'hui classés dans d'autres genres (Bartonella, Ehrlichia, Orientia, etc.)
Etym.: du nom de H.T. Ricketts, épidémiologiste américain mort du typhus en 1910.

rickettsiose, Rickettsiaceae

Rickettsia africae

Rickettsia africae
Agent de la fièvre à tiques africaine, sévissant principalement sur le continent africain, transmis par plusieurs  espèces de tiques du genre Amblyomma qui servent également de réservoir grâce à l'existence d'une transmission verticale chez ces Arthropodes.
Outre l'Afrique subsaharienne, cette rickettsie existe également dans les Caraïbes et à La Réunion où elle a été introduite avec la tique Amblyoma variegatum, ainsi qu'en Nouvelle Calédonie.

fièvre à tiques africaine

Rickettsia akari   

Rickettsia akari
Agent d'une fièvre vésiculeuse, la rickettsiose varicelliforme (ou rickettsial pox), transmis par la piqûre d'acariens (Allodermanyssus sanguineus) et dont le réservoir est la souris domestique.

rickettsiose varicelliforme

Rickettsia australis

Rickettsia australis
Agent causal de la fièvre à tiques du Queensland.
Cette bactérie, répandue au Queensland, sur la côte nord-est de l'Australie, admet comme vecteur la tique Ixodes holocyclus.

fièvre du Queensland

Rickettsia burnetii

Rickettsia burnetii
désuet

Syn. Coxiella burnetii

Coxiella burnetii

Rickettsia conorii  

Rickettsia conorii
Espèce de rickettsie dont la forme typique (R. conorii conorii) est responsable de la fièvre boutonneuse méditerranéenne, transmise par la morsure de diverses tiques, principalement Rhipicephalus sanguineus, parasite du chien.
Le réservoir de cette bactérie est constitué par les chiens et par divers rongeurs sauvages. Des sous-espèces (ou génotypes) de R. conorii sont responsables des fièvres boutonneuses indienne, d'Astrakhan et d'Israël (respectivement R. conorii indica, R.c. caspia et R.c. israelensis).
Etym.: A. Conor, bactériologiste français (1910)

fièvre boutonneuse méditerranéenne, Rickettsia, fièvre boutonneuse indienne, fièvre boutonneuse d'Astrakhan, fièvre boutonneuse d'Israël

Rickettsia felis 

Rickettsia felis
Rickettsie du groupe boutonneux-pourpré, très largement répandue, infectant l'Homme et de nombreux animaux, principalement transmise par piqûre de puce.
Chez l'Homme, les infections par Rickettsia felis, initialement dénommées pseudotyphus de Californie ou typhus à puces de Californie, se traduisent par une escarre d'inoculation, une fièvre, des céphalées, un rash et, parfois, des atteintes viscérales ou neurologiques habituellement sans gravité. Il s'agit d'une rickettsiose pratiquement cosmopolite, souvent confondue avec le typhus murin. La bactérie infecte les chats, les chiens, les opossums, de nombreuses espèces de rongeurs. Elle est également retrouvée chez différentes espèces de puces mais son vecteur majeur est la puce du chat Ctenocephalides felis, chez laquelle la transmission verticale est habituelle ce qui en fait un réservoir efficace.

Rickettsia heilongjiangensis

Rickettsia heilongjiangensis
Agent d'une rickettsiose, la fièvre boutonneuse d'Extrême-Orient, transmise par différentes espèces de tiques.

fièvre boutonneuse d'Extrême-Orient

Rickettsia helvetica

Rickettsia helvetica
Rickettsie répandue dans différents pays d'Europe centrale et du nord : Suisse, France, Slovénie, Suède, …, ainsi qu'au Japon, transmise par la tique Ixodes ricinus.
L'infection par cette bactérie se traduit par une fièvre modérée, une asthénie, des myalgies et des céphalées, mais sans éruption ni adénopathies. Cette bactérie a encore été soupçonnée d'être responsable de périmyocardites rickettsiennes chroniques en Scandinavie.

Rickettsia honei

Rickettsia honei
Bactérie responsable de la fièvre boutonneuse des îles Flinders.
Cette rickettsie est connue d'Australie et des îles avoisinantes ainsi que d'Asie du sud-est (Thaïlande, Népal). Ses vecteurs seraient des tiques des genres Aponomma, Haemaphysalis et Ixodes qui en constitueraient également le réservoir.

fièvre boutonneuse des îles Flinders

Rickettsia japonica

Rickettsia japonica
Agent de la fièvre boutonneuse japonaise, transmis au Japon par différentes espèces de tiques des genres Haemaphysalis, Dermacentor et Ixodes.
Cette rickettsie semble exister également en Corée du sud et en Thaïlande.

fièvre boutonneuse japonaise

Rickettsia mooseri

Rickettsia mooseri
désuet

Syn. Rickettsia typhi

Rickettsia typhi

Rickettsia parkeri

Rickettsia parkeri
Bactérie transmise par tiques sur le continent américain, parfois responsable d'une rickettsiose éruptive.
Cette rickettsie est largement répandue chez les tiques, principalement du genre Amblyomma, en Amérique du Nord (en particulier dans l'est et le sud des Etats-Unis) et du Sud. Chez l'Homme, l'infection se traduit par une fièvre boutonneuse typique, associant fièvre, escarre d'inoculation, céphalées et rash.   

Rickettsia philipii

Rickettsia philipii
Bactérie responsable d'une rickettsiose sévissant aux Etats-Unis et transmise,
La maladie due à R. philipii est une fièvre boutonneuse associant fièvre, rash, céphalées, myalgies, fatigue et la classique tache noire au site de morsure de la tique ; les anomalies biologiques associées sont une anémie, une thrombopénie, une élévation des transaminases hépatiques. Le traitement consiste en l'administration de doxycycline  durant 7 à 14 jours. Découverte en 2008, elle est observée en Californie. Le vecteur de cette bactérie est la tique Dermacentor occidentalis. Le réservoir de germes n'est pas identifié.

Rickettsia prowazeki 

Rickettsia prowazekii
Rickettsie, agent du typhus exanthématique, potentiellement cosmopolite, transmise par les déjections des poux de corps (Pediculus humanus).
Le réservoir de germe est uniquement humain.

Étym. H.T. Ricketts, anatomopathologiste et épidémiologiste américain (1871-1910) et S. von Prowazek, zoologue et bactériologiste autrichien d’origine de la Bohème (1875-1915), tous deux morts du typhus

typhus exanthématique

Rickettsia quintana

Rickettsia quintana
Ancienne dénomination de Bartonella quintana, agent de la fièvre des tranchées, transmis par les déjections de poux.
Le réservoir de germe est uniquement humain

fièvre des tranchées, Bartonella quintana

Rickettsia rickettsii

Rickettsia rickettsii
Agent d'une rickettsiose américaine, la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses, transmis par la morsure de diverses tiques, principalement du genre Dermacentor (D. andersoni et D. variabilis aux Etats-Unis) ou du genre Amblyomma (Amérique du sud), mais aussi de plusieurs autres genres.
Le réservoir de germes est constitué par le chien, le cheval et surtout divers rongeurs sauvages (capybara au Brésil par exemple), ainsi que les tiques chez lesquelles a lieu une transmission trans-ovarienne.
Etym.: H.T. Ricketts, anatomopathologiste et épidémiologiste américain (1871-1910)

fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses

Rickettsia sibirica

Rickettsia sibirica
Agent d'une rickettsiose eurasiatique, le typhus sibérien à tiques, transmis par la morsure de diverses tiques principalement du genre Dermacentor et Haemaphysalis.
Une forme particulière de ce germe, associée à des Hyalomma, est désignée sous le nom de R. sibirica mongolotimonae.

Rickettsia sibirica mongolotimonae

Rickettsia sibirica mongolotimonae

Rickettsia mongolotimonae
Forme particulière de Rickettsia sibirica, responsable d'une rickettsiose avec lymphangite observée dans le bassin méditerranéen.
Cette rickettsie, dont le statut n'est pas clairement établi, a aussi été isolée de tiques en Afrique subsaharienne et en Chine.

Rickettsia sibirica

Rickettsia slovaca 

Rickettsia slovaca
Rickettsie responsable d'une affection connue sous le nom de lymphadénopathie à tiques.
Cette bactérie est également suspectée de causer des méningo-encéphalites et des méningo-radiculites. Elle est présente dans différents pays européens (Slovaquie, Rép. tchèque, France, Suisse, Portugal, Ukraine, Russie,…) ainsi qu'en Arménie ; des traces sérologiques en ont été retrouvées en Allemagne, en Autriche et en Lituanie. Elle est transmise par des tiques du genre Dermacentor.

lymphadénopathie à tiques

Rickettsia tsutsugamushi

Rickettsia tsutsugamushi
désuet

Orientia

Rickettsia typhi

Rickettsia typhi
Agent du typhus murin, transmis par les déjections de puces de rongeurs.
Cette bactérie est cosmopolite. Outre les rats, de nombreuses espèces de mammifères peuvent héberger ce germe. Le vecteur majeur de cette rickettsie est la puce du rat Xenopsylla cheopis.

Syn. Rickettsia mooseri (obs.)

typhus murin