Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2021

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hyperostose vertébrale ankylosante l.f.

diffuse idiopathic skeletal hyperostosis, Forestier's disease, Forestier and Rotés-Quérol’s ankylosing hyperostosis

Maladie fréquente d'étiologie inconnue, caractérisée par la formation d'os nouveau au site d'insertion des ligaments, tendons et capsules articulaires (enthèses).
La lésion caractéristique est une ossification en bande le long du flanc antérolatéral droit du rachis dorsal moyen. Mais il existe également des enthésopathies ossifiantes extrarachidiennes pouvant en particulier, réaliser un aspect de bassin hérissé. La maladie de Forestier est souvent associée à un diabète gras.

J. Forestier, médecin rhumatologue français, membre de l'Académie de médecine (1950) et J. Rotés-Quérol médecin rhumatologue espagnol (1950)

Syn. maladie de Forestier, maladie de Forestier et Rotés-Quérol

enthèses, enthésopathie, diabète non-insulinodépendant

[I2]

Édit. 2018

Forestier (maladie de) l.f.

Forestier's disease, Forestier and Rotés-Quérol’s ankylosing hyperostosis, diffuse idiopathic skeletal hyperostosis

J. Forestier, médecin rhumatologue français, membre de l'Académie de médecine et J. Rotés-Quérol médecin rhumatologue espagnol (1950)

Syn. hyperostose vertébrale ankylosante, maladie de Forestier et Rotés-Quérol

hyperostose vertébrale ankylosante

[I1]

Édit. 2018

Forestier et Rotés-Quérol ( maladie de) l.f.

Syn. hyperostose vertébrale ankylosante, maladie de Forestier

hyperostose vertébrale ankylosante

[I1]

Édit. 2018

périostose engainante l.f.

ostéoarthropathie hypertrophiante

Frangenheim (hyperostose de) l.f.

Hyperostose localisée de façon symétrique aux maxillaires,entraînant une déformation faciale analogue à celle du chérubin.

P. Frangenheim, chirugien allemand (1876-1930)

chérubisme

[L2, P3]

Édit. 2019

hyperostose corticale l.f.

cortical hyperostosis

En radiographie, augmentation de l'épaisseur, donc de l'opacité de la corticale osseuse.
Localisée, la réaction corticopériostée est induite par une lésion tumorale, infectieuse ou traumatique. Diffuse, l'hyperostose s'observe dans diverses affections endocriniennes, métaboliques ou constitutionnelles. L’hyperostose frontale interne est l’une des composantes du syndrome de Morgagni-Morel, coïncidant avec l’obésité, l’hirsutisme, les troubles psychologiques.

Morgagni (syndrome de)

[I1]

hyperostose corticale déformante juvénile l.f.

hyperostosis corticalis deformans juvenilis

Ostéoectasie avec hyperphosphatasie.
On trouve dans cette affection un nanisme avec un tableau clinique et biologique ressemblant à la maladie de Paget. Il y a une macrocéphalie, avec élargissement de la tête, cou court, surdité et perte prématurée des dents. Les diaphyses sont incurvées, avec une fragilité des extrémités et des fractures spontanées. Au niveau des yeux on trouve sclères bleues, stries angioïdes, dégénérescence rétinienne (pigmentations réticulées), et atrophie optique. L’affection est autosomique récessive (MIM 239000).

H. Bakwin et M. S. Eiger, pédiatres américains (1956)

Syn. Paget juvénile (maladie de), hyperphosphatasémie chronique congénitale idiopathique, ostéoectasie familiale

hyperostose corticale infantile l.f.

Hyperostose qui apparaît chez l’enfant habituellement au cours des trois premiers mois sous forme d’un épaississement cortical bilatéral de la mâchoire. La mutation du gène COL1A1 est responsable de l’affection

Syn. maladie de Caffey

Caffey (maladie de), COL1A1

hyperostose crânienne interne l.f.

hyperostosis cranialis interna

Hyperostose et ostéosclérose de la table interne de la voute crânienne et de la base du crâne.
C’est la seule dysplasie osseuse sclérosante autosomique dominante qui n’affecte que la base du crâne et la voute, la mandibule n’étant que rarement concernée. Le premier signe est une paralysie faciale récurrente puis une anosmie, une perte du goût, de la vue et de l'audition. Ces signes sont secondaires à la compression des nerfs dans leurs foramens par l’hyperostose de la base.
L’affection est autosomique dominante (MIM 144755).

J. J. Manni, otorhinolaryngologiste néerlandais (1990)

[Q2]

hyperostose frontale interne l.f.

hyperostosis frontalis interna

Affection pouvant être asymptomatique, de découverte fortuite, ou s’inscrire dans le cadre d’un syndrome caractérisé par la triade : hyperostose frontale interne (hyperostose de la table interne de la portion verticale de l'os frontal, respectant la suture médiofrontale), virilisme et adiposité abdominopelvienne, survenant essentiellement chez la femme âgée.
À cette triade peuvent s’ajouter des manifestations hypophysaires (polyphagie, polydypsie, troubles visuels, asthénie), neurologiques (céphalées, crises comitiales), psychiatriques (diminution de l'efficience intellectuelle, troubles de l'humeur) ainsi qu’une hypertension artérielle et un diabète. A l’examen ophtalmologique on peut observer une cataracte et une compression du nerf optique dans son canal. La découverte est souvent fortuite par un examen radiographique.
L’étiologie de cette affection génétique autosomique dominante localisée (MIM 144800) n’est à ce jour pas clairement établie.

G. Morgagni, anatomiste italien (1761) ; R. M. Stewart, neurologue britannique (1928) ; F. Morel, psychiatre suisse (1930)

Syn. syndrome de Morgagni-Stewart-Morel, syndrome de Morgagni-Morel

Morgagni (syndrome de)

[Q2]

hyperostose endostale l.f.

endostal hyperostosis

Augmentation de l’épaisseur de la corticale des os longs avec rétrécissement de la cavité médullaire et épaississement et condensation de la base et de la voûte crânienne.
Plusieurs formes sont décrites, réunies par une altération du gène SOST porté sur le chromosome 17 (en 17q12-q21 et une augmentation dans le sang de la thyrocalcitonine et des phosphatases alcalines.
La forme dominante (Witkop, Worth) débute dans l’enfance par une augmentation de la densité des os. Au crâne la condensation atteint d’abord la base puis s’étend à la voûte ; elle est lentement évolutive, s’accompagne d’hypertension intracrânienne et d’atteinte des nerfs crâniens (en particulier II, VII et VIII) par rétrécissement des trous de la base. Une exostose de la voûte palatine (torus palatin) est constante.
La forme récessive de Van Buchem apparaît plus tardivement vers la puberté ; l’hyperostose est d’évolution progressive. Elle est associée à une protrusion antérieure de la mandibule avec ouverture de l’angle mandibulaire ; l’atteinte des nerfs crâniens est possible.
Dans la forme avec sclérostéose la densité osseuse est très augmentée avec hypertension intracrânienne et troubles neurologiques; elle est associée à une syndactylie, une hypoplasie des phalanges et des dystrophies unguéales.

C. J. Witkop Jr, généticien américain (1961) ; H. Worth, médecin radiologue canadien (1966) ; F. van Buchem, médecin interniste néerlandais (1955)

Étym. gr. hyper : au-dessus, en excès ; osteon : os ; endo : en dedans Syn. hyperostose corticale généralisée

van Buchem (maladie de), scléostéose

angiographie vertébrale l.f.

vertebral angiography

  

artériographie vertébrale

[B2,I1,I2,K4]

Édit. 2017  

anisocorie vertébrale l.f.

vertebral anisocoria

Sur une radiographie de face du rachis, aspect dense d'un pédicule vertébral le plus souvent associé à une augmentation de sa taille (comparaison avec l'inégalité papillaire).
Cette anomalie est la conséquence mécanique d'une lyse isthmique controlatérale que prouvent les incidences de trois-quarts ou bien la scanographie. Elle doit être distinguée d'une lésion condensante d'un pédicule telle qu'un ostéome ostéoïde.

[B2,I1,I2]

Édit. 2017

artère médulaire segmentaire de l'artère vertébrale l.f.

arteria medularis segmentalis arteriae vertebralis (TA)

segmental medulary artery of vertebral artery

Branche médullaire segmentaire de chacun des rameaux spinaux de l’artère vertébrale.

artère spinale antérieure de la partie intracrâniale de l'artère vertébrale l.f.

arteria spinalis anterior partis intracranialis arteriae vertebralis (TA)

anterior spinal artery of intracranial part of vertebral artery

Branche de l’artère vertébrale née un peu avant la constitution de l’artère basilaire.
Elle passe sur la face ventrale de la moelle allongée et fusionne sur la ligne médiane avec son homonyme du côté opposé pour former un tronc spinal antérieur.

tronc spinal antérieur

artère vertébrale l.f.

arteria vertebralis (TA)

vertebral artery

Première branche collatérale ascendante née de la face supérieure de l’artère subclavière au niveau de la fosse supra-claviculaire (trigone omo-claviculaire).
Elle naît parfois directement de la crosse de l’aorte. Au cours de son trajet ascendant elle perfore le ganglion cervico-thoracique, jusqu’au niveau de la sixième vertèbre cervicale où elle pénètre dans le foramen transversaire. Elle traverse de bas en haut tous les foramens transversaires des vertèbres sus-jacentes véritable canal transversaire  dont elle sort par le foramen transversaire de l’atlas. A ce niveau elle décrit une courbe qui embrasse la face postérieure de la masse latérale de l’atlas. Elle traverse la membrane atlanto-occipitale postérieure et pénètre dans le foramen magnum, perfore la dure-mère et, intra-crânienne, se fusionne avec son homologue opposé pour former l’artère  basilaire qui monte au-devant du tronc encéphalique, au contact du clivus.Elle comporte donc quatre parties : prévertébrale, transversaire ou cervicale d’où naissent des rameaux spinaux (qui fournissent des rameaux radiculaires et des artères médullaires segmentaires) et musculaires, atlantique et intracrânienne d’où naissent des rameaux méningés, l’artère inférieure et postérieure du cervelet, l’artère spinale antérieure, des rameaux médullaires médiaux et latéraux. Par son importante distribution encéphalique l’artère vertébrale est complémentaire de l’artère carotide interne.

artères méningées postérieures de l'artère vertébrale l.f.p.

rameaux méningés de l'artère vertébrale

artériographie vertébrale l.f.

vertebral arteriography

Exploration radiologique d'une artère vertébrale et de son territoire après injection d'un produit de contraste iodé hydrosoluble, réalisée par montée sélective d'un cathéter dans l'artère vertébrale par voie fémorale (méthode de Seldinger).
L'artériographie vertébrale était, à l'origine, effectuée par ponction directe de l'artère vertébrale au cou, technique très délicate actuellement abandonnée en raison des risques. Les clichés en série étaient traités par soustraction. Sur les installations modernes, un système de numérisation de l'image permet la soustraction électronique (angiographie numérisée).

arthrodèse vertébrale intersomatique l.f.

inter-body fusion

Technique de fusion entre deux vertèbres par excision discale, avivement des plateaux vertébraux et apport de greffons osseux avec ou sans insertion de matériel destiné à maintenir la hauteur de l’espace discal.

Étym. gr. arthron : articulation ; dèsis : fusion, lat. inter : entre ; gr. sôma : corps

arthrodèse vertébrale postérieure l.f.

posterior spine fusion

Fixation de deux ou plusieurs vertèbres par intervention sur les arcs postérieurs avivés, greffés et éventuellement fixés par du matériel métallique, destinée à assurer la correction de déformations et à maintenir la rigidité de la zone greffée durant le temps de consolidation.
De très nombreuses techniques ont été décrites selon le mode d’avivement, le type de greffon osseux, le matériel d’ostéosynthèse employé, la méthode d’immobilisation postopératoire. La greffe d’Albee par greffon osseux encastré dans les apophyses épineuses dédoublées parait très insuffisante. La technique de Hibbs comporte l’avivement des interarticulaires postérieures avec ou sans encastrement de copeaux osseux. Les techniques les plus utilisées associent un avivement très large de toute la face postérieure de l’arc postérieur depuis les apophyses épineuses jusqu’aux apophyses transverses à l’apport de greffons corticospongieux et spongieux et une fixation métallique. D’autres techniques sont plus spécifiques à la fixation lombosacrée et cervico-occipitale.

R. A. Hibbs, chirurgien américain (1911)

Étym. gr. arthron : articulation ; dèsis : fusion

Albee (greffe d'), Harrington (instrumentation de), Hibbs (opération de)

arthrose disco-vertébrale l.f.

arthrose vertébrale

arthrose vertébrale l.f.

vertebra arthrosis

Dégénérescence disco vertébrale qui touche toute la colonne vertébrale mais dont les formes symptomatiques prédominantes sont lombaires et cervicales.
L’atteinte dorsale est plus iconographique que symptomatique
L'arthrose touche trois niveaux vertébraux la jonction disco-vertébrale ou « discarthrose », les articulaires interzygomatiques postérieures ou articulaires postérieures et l'arthrose inter-épineuse ou syndrome de Baastrup.
Constituant la partie la plus mobile du rachis lombaire les dernières vertèbres lombaires sont le siège privilégié de l’arthrose en raison des sollicitations mécaniques quotidiennes. La fréquence de l'arthrose lombaire est fortement corrélée à l'âge
Selon un ordre chronologique habituel le vieillissement du disque intervertébral peut s'accompagner d'une altération de la production de protéoglycanes entraînant une diminution de ses propriétés mécaniques. L'anneau fibreux peut se fissurer et des fragments du nucléus peuvent s'insinuer dans les fissures en réalisant une hernie discale.
D'autre pat les surfaces cartilagineuses au niveau des petites apophyses articulaires sont étroites mais capitales pour la stabilité intervertébrale. Ces surfaces peuvent s'user au même titre que toutes les articulations et des ostéophytes peuvent se développer sur le pourtour des facettes. Ces ostéophytes par leur volume ont tendance à diminuer le calibre des trous de conjugaison et peuvent provoquer des radiculalgies. 
L’échelle de Kellgren-Copeman  classe en 4 grades l’arthrose disco-vertébrale en fonction du pincement discal et des signes associés d’arthrose décelable sur les radiographies.  

C. Baastrup, médecin radiologue danois (1933) ; J. H. Kellgren, médecin rhumatologue britannique (1957) ; W. S. Copeman, médecin rhumatologue britannique (1900-1970)

Syn. arthrose disco-vertébrale

discarthrose, Baastrup (syndrome de), Échelle de Kellgren-Copeman, arthrose vertébrale (complications neurologiques de l')

arthrose vertébrale (complications neurologiques de l') l.f.p.

neurologic complications of spinal arthrosis

Vieillissement des structures anatomiques discovertébrales, commune après la cinquantaine, qui peut être responsable de compressions radiculaires, médullaires et plus rarement vasculaires.
Les syndromes radiculaires sont des névralgies cervicobrachiales, des lomboradiculalgies sciatiques ou crurales, plus rarement une méralgie paresthésique radiculaire L2 ou L3, parfois une névralgie intercostale. La compression foraminale ou dans le trou de conjugaison peut être aggravée par un bourrelet ou une hernie discale.
Les syndromes médullaires sont l'apanage de la moelle cervicale : c'est la myélopathie cervicarthrosique, plus fréquente lorsque le canal cervical est congénitalement étroit.
Les compressions vasculaires : artères radiculomédullaire, vertébrale dans le canal transversaire, spinale antérieure, spinale postérieure, veines médullaires épidurales et radiculaires, sont également décrites.
Le traitement est le plus souvent médical (repos, antalgiques, anti-inflammatoires). Une intervention chirurgicale de décompression peut être nécessaire.

Étym. gr. arthron : articulation ; ose : suffixe caractérisant une maladie chronique

myélopathie des cervicarthroses et sténoses du canal rachidien

articulation sacro-vertébrale l.f.

articulation lombo-sacrale

articulation unco-vertébrale l.f.

Arthrodie qui unit la face supérieure du processus uncinatus d’une vertèbre cervicale avec la facette latérale biseautée correspondante de la face inférieure de la vertèbre sus-jacente.

P. Trolard, anatomiste français, membre de l'Académie de médecine (1842-1910)

Syn. anc. articulation unco-vertébrale de Trolard

[A1]

Édit. 2018

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