Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

43 résultats :

tolérance immunitaire l.f.

immune tolerance

tolérance immunologique

conseil national du sida l.m.

Organisme ayant pour mission « de donner son avis sur l’ensemble des problèmes posés par le sida et de faire au Gouvernement toute proposition utile ».
Il est consulté sur les programmes d’information, de prévention et d’éducation pour la santé, établis par le gouvernement, les organismes publics et l’agence nationale de lutte contre le sida.

[D1, E]

épreuve de tolérance fœtale à la contraction utérine l.f.

oxytocin challenge test

épreuve à l'ocytocine

[C2, O3, O6]

Édit. 2018 

Kaposi (maladie de) du sida l.f.

Kaposi's syndrome, Kaposi's sarcoma in AIDS

Maladie de Kaposi observée chez des patients infectés par le VIH, particulière par une forte évolutivité, par l'absence de localisation préférentielle aux membres inférieurs et par la fréquence de l'atteinte muqueuse, notamment palais et tube digestif.
Il s'agit non pas d'un sarcome à proprement parler mais d'une hyperplasie endothéliale multifocale soumise à des facteurs de croissance endothéliaux et susceptible de régresser spontanément.  Il semble aujourd’hui admis que la maladie de Kaposi du sida est induite par un Herpes Virus KSHV (ou HHV8), mais des cofacteurs sont probables : prédominance masculine (90%), prédilection pour les homosexuels masculins, rôle de l'immunodépression et de la sécrétion par les lymphocytes T infectés par le VIH de substances angiogéniques.
Les traitements les plus efficaces sont l'interféron alpha, la bléomycine, la radiothérapie.

Syn. sarcome de Kaposi (terme impropre) du sida

mélanodermie du sida l.f.

diffuse hyperpigmentation in AIDS

Hyperpigmentation diffuse décrite chez les sujets, surtout à peau foncée ou noire, en phase terminale de sida avec multiples infections par germes opportunistes et dont l'étiopathogénie, encore mal comprise, est probablement multifactorielle.

Étym. gr :  melas, melanos : noir ;  derma : peau

sida acr. pour Syndrome d’Immuno Déficience Acquise

aids (Acquired ImmunoDeficiency Syndrome)

Syndrome d’immunodéficience consécutive à une infection par les virus de l’immunodéficience humaire (VIH).
Environ 42 millions de personnes ont été contaminées par le VIH jusqu’en 2003,  dont 95% vivent dans des pays du tiers monde. On dénombre chaque année en France environ 5 000 nouveaux cas de contamination par le VIH.
Le virus peut être transmis par contact, hétérosexuel ou homosexuel, par le sang (piqûre accidentelle, échange de seringues par les utilisateurs de drogues, transfusions ou injections de produits sanguins contaminés), ou par transmission de la mère à l’enfant à travers le placenta, lors de l’accouchement ou par l’allaitement. Après une primo-infection suivie d’une période asymptomatique de durée variable, caractérisée par une production massive de virus et de lymphocytes T avec diminution progressive du nombre de lymphocytes T CD4 circulants, avec effondrement du rapport T4/T8, la période de sida est caractérisée par une lymphadénopathie généralisée progressive accompagnée d’infections à germes opportunistes, de tumeurs et de manifestations neurologiques.
Les traitements associant des inhibiteurs de transcriptase inverse et des antiprotéases permettent, dans les cas favorables, d’abaisser la virémie au-dessous du seuil de détection des méthodes d’amplification par réaction en chaîne de la polymérase (PCR). Cependant, l’action de ces traitements sur le réservoir de virus (cellules dendritiques au sein des tissus lymphoïdes) n’est pas encore démontrée.
Au cours de la grossesse, le virus se transmet au foetus avec une fréquence supérieure à 20%  en l’absence de traitement, essentiellement au moment du passage dans la filière génitale. Le traitement par les médicaments rétroviraux pendant la grossesse permet de réduire l’infection fœtale à moins de 10%, voire maintenant à probablement moins de 5% .

virus de l’immunodéficience humaine, séropositif au VIH

sida (manifestations rénales du) l.f.p.

aids (renal damage in)

Atteintes rénales, fréquentes et polymorphes au cours de l’infection par le VIH, dont les unes sont spécifiques et les autres en rapport avec une coinfection ou une thérapeutique.
Toutes les structures rénales sont concernées. A côté du syndrome HIVAN, forme la plus classique, tous les autres types de glomérulopathie sont possibles. Les vaisseaux peuvent être le siège d’une microangiopathie thrombotique. Les lésions tubulaires sont en rapport avec une infection, une toxicité médicamenteuse ou une cristallurie. L’interstitium est le siège de lésions infectieuses ou immuno-allergiques, parmi lesquelles le DILS et l’IRIS sont en relation directe avec le virus.

sida, HIVAN (syndrome), DILS, IRIS

SIDA (présentation) sigle f. pour Sacro-Iliaque Droite Antérieure

right anterior sacro-iliac presentation

Orientation d’une présentation du siège dont le sacrum se trouve en regard de l’éminence iliopectinée droite du bassin maternel.

sida (signes cutanés du) l.m.p.

aids skin signs

VIH (signes cutanés de l'infection par le)

sida (urgence et) l.f.

emergency and aids

Prise en charge en urgence de sujets atteints de sida, qui ne pose pas de problème très particulier concernant le patient, mais qui, lors des secours aux blessés, concerne le personnel soignant pour éviter une contamination à laquelle sont particulièrement exposés les chirurgiens, les anesthésistes, les endoscopistes, les infirmières et les intervenants en urgence.
Il est difficile de savoir si la victieme d’un accident est infectée par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) : aussi la prudence doit-elle être de règle. Les chirurgiens courent le risque de piqûres infectantes, les anesthésistes peuvent être contaminés lors des manipulations d’intubation et les infirmières lors des soins. Tous doivent porter des gants suffisamment protecteurs et être particulièrement prudents. En cas de contamination du personnel soignant, une déclaration doit être faite.
Les traitements antiviraux ont peu d’interaction avec les anesthésiques ; en revanche, l’état d’immunodépression et les infections opportunistes compliquent la réanimation.

tolérance n.f.

tolerance

Processus par lequel une cellule, un individu, une population surmontent en présentant des dommages visibles plus ou moins graves et plus ou moins durables l'agression d'un parasite ou d'une substance étrangère et, par extension, propriété permettant ce processus.
La tolérance est le plus souvent un caractère génétique polygénique peu spécifique.

toxicomanie

tolérance (à une substance) l.f.

Capacité d’un organisme à supporter une substance étrangère sans en subir d’effets nocifs.
Lors d’introductions répétées de la substance, la tolérance peut s’atténuer par un phénomène de sensibilisation. Inversement la tolérance peut s’accentuer, si bien que pour entrainer le même effet, les doses doivent augmenter.

indépendance à un toxique,

tolérance (à un toxique) l.f.

Propriété d’un organisme à supporter une substance étrangère à une certaine dose sans dommage.
Pour un même toxique et une même dose, la tolérance varie d’une personne à une autre. Par ailleurs pour certaines personnes et certains produits, on observe une accoutumance qui élève le seuil de tolérance si bien que l’effet toxique espéré exige des doses croissantes : c’est la cas pour l’alcool éthylique, les opiacés, la cocaïne, etc.

toxicomanie

tolérance en alcoologie l.f.

tolerance and alcoology

Capacité constitutionnelle de l'organisme à supporter une certaine dose d'éthanol sans que n'apparaissent des troubles.
Variable selon les sujets, elle est aussi évolutive : chez l'alcoolique chronique, des doses de plus en plus élevées sont nécessaires à l'obtention du même effet.

accoutumance, dose-effet (relation), vulnérabilité à l'alcool

tolérance fœtale à la contraction utérine l.f.

fetal tolerance to uterine contraction

Réaction cardiovasculaire et métabolique du fœtus à l’interruption momentanée de la circulation placentaire lors de l’acmé de la contraction utérine.
Normalement, ni le rythme cardiaque ni le pH fœtal ne sont modifiés. Les décélérations du rythme cardiaque fœtal et l’acidose, témoins de la souffrance fœtale aigüe, n’apparaissent que dans des circonstances pathologiques : une compression funiculaire, un placenta et un fœtus hypotrophiques p. ex.

tolérance immunologique l.f.

immunological tolerance

Etat de non-réponse spécifique induit par un premier contact avec l'antigène.
La tolérance naturelle de l’organisme vis-à-vis de ses propres constituants antigéniques est due en partie à la délétion (sélection négative) ou à l’inactivation (anergie) des cellules T et B autoréactives au cours de leur différenciation.
L’état de tolérance peut être induit chez l’adulte par administration de l’antigène par voie muqueuse (voie orale ou voie nasale). Selon les modalités expérimentales, cette tolérance peut impliquer une délétion périphérique des lymphocytes T et B spécifiques d’antigène, une anergie ou différents mécanismes de suppression. La tolérance spécifique d’un antigène ou d’un ensemble d’antigènes doit être distinguée des déficits immunitaires ou de l’immunosuppression.

Syn. tolérance immunitaire

équilibre hôte-parasite, résistance, sensibilité

carence immunitaire [F3]

immunodeficiency

A.M. DiGeorge, pédiatre américain (1968) ; A. Wiskott, pédiatre allemand (1937) ; R.A. Aldrich, pédiatre américain (1954)

déficit immunitaire

cellule immunitaire l.f.

immunocyte, immune cell

Cellule support de l'immunité dans le type digestif, principalement lymphocyte B et T, plasmocyte mais aussi macrophage, cellule dendritique et mastocyte.
L'ensemble de ces cellules constitue un tissu lymphoïde très important par son volume, souvent désigné comme Galt (Gut Associated Lymphoid Tissue). Il fait partie du MALT (Mucosa Associated Lymphoid Tissue).
Le tissu lymphoïde normal du tube digestif comprend :
1) les éléments lymphoïdes disséminés dans la muqueuse au niveau du chorion qui contient principalement des plasmocytes et des lymphocytes T4, mais aussi dans l'épithélium de surface qui contient principalement des lymphocytes T8.
2) les follicules lymphoïdes et les plaques de Peyer, en relation étroite avec la lumière intestinale par la cellule M. Entre l'épithélium et le follicule lymphoïde, la zone du dôme contient des lymphocytes T et B ainsi que des macrophages. Le follicule présente la même structure que dans le reste de l'organisme, avec une zone B centrale et entre les follicules une zone thymodépendante T activatrice.
3) Les ganglions mésentériques de structure identique à celle des autres ganglions lymphatiques.
Il existe, de plus, dans les muqueuses malpiphiennes œsophagienne et anale, des cellules de Langerhans analogues à celles de la peau et qui jouent dans ces muqueuses le rôle de la cellule M intestinale. Elles appartiennent au système des cellules dendritiques.

Galt (Gut Associated Lymphoid Tissue), MALT (Mucosa Associated Lymphoid Tissue), Peyer (plaques de), cellule M, lymphocytes T et B

[A2, F3]

défense immunitaire l.f.

immune defense

immunité

déficience immunitaire l.f.

immunodeficiency

déficit immunitaire

déficience immunitaire commune variable l.f.

immunodeficiency, common variable (CVID)

Immunodéficience à l’origine d’infections bactériennes ou plus rarement virales, récurrentes, particulièrement pulmonaires, sinusiennes ou ORL.
Au cours de la deuxième décade mais parfois dès l’enfance se manifestent des infections ou des inflammations du système gastro-intestinal avec diarrhée et perte de poids. Une accumulation de cellules immunitaires est à l’origine d’adénopathies, d’une splénomégalie et de granulomes dans d’autres organes.
L’altération fréquente des cellules sanguines est à l’origine d’une thrombocytopénie avec purpura, d’une anémie hémolytique auto-immune.
L’ affection peut être à l’origine d’une arthrite rhumatoïde, d’un lymphome malin non-hodgkinien et moins souvent d’un cancer gastrique.
Il existe différents formes de déficience immunitaire commune variable qui se distinguent par leurs causes génétiques. L’une d’elle est en relation avec une mutation du gène MS4A1.

MS4A1gene

déficience immunitaire commune variable 5 l.f.

immunodeficiency, common variable, 5 (CVID5)

Immunodéficience primitive caractérisée par une déficience en anticorps, une hypogammaglobulinémie, la survenue récurrente d’infections bactériennes.
L’affection est secondaire à un défaut de différenciation des lymphocytes B et à un manque de sécrétion d’immunoglobulines. Le nombre de lymphocytes B circulants est habituellement normal mais parfois abaissé.

MS4A1gene

[L’affection est secondaire à une mutation du gène MS4A1 MIM:613495.]

déficit immunitaire

iImmunodeficiency

Insuffisance des moyens de défenses naturels de l’organisme contre les agressions bactériennes ou virales : soit des moyens non spécifiques (déficience de la phagocytose), soit des réactions spécifiques d’immunité humorale ou cellulaire.
Il existe un déficit à dominante humorale où la fabrication des anticorps sériques est perturbée, un déficit à médiation cellulaire et des déficits combinés à la fois humoraux et cellulaires. Dans les déficits humoraux, le dosage spécifique des protéines sériques détermine la concentration des principales classes d'immunoglobines, IgG, IgA et IgM. On peut aussi identifier le nombre de cellules B et de cellules T circulantes. On peut apprécier l'évolution de la réponse aux anticorps in vivo après immunisation par un vaccin spécifique ou après traitement.
Certaines maladies rares et graves (maladies par carence immunitaire), caractérisées essentiellement par une sensibilité anormale aux infections, sont dues à une carence immunitaire primitive, congénitale : soit par déficience de la phagocytose, maladies avec neutropénie, granulomatose septique progressive ; soit par déficience de l’immunité humorale ou cellulaire ou des deux immunités (carence immunitaire combinée ou mixte) : dysgénésie réticulaire, agammaglobulinémie, alymphocytose, syndromes de DiGeorge, de Wiskott-Aldrich, ataxie-télangiectasies, amnésie immunitaire. La carence immunitaire peut être secondaire à certaines affections du tissu lymphoïde, au sida ou à un traitement immunodépresseur.

A. M. DiGeorge, pédiatre américain (1968) ; A. Wiskott, pédiatre allemand (1937) ; R. A. Aldrich, pédiatre américain (1954)

Syn. carence immunitaire

immunité, cellule immunocompétene, dysglobulinémie, dysgammaglobulinémie, sida et tolérance immunitaire, immunodéficience acquise, immunodéficience congénitale

déficit immunitaire acquis l.m.

2) lors de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (sida) ;

3) lors de l'administration d'immunosupresseurs.
Il peut être cellulaire ou humoral.

immunodéficience acquise

déficit immunitaire cellulaire l.m.

cellular immune deficiency

Déficit de l'immunité cellulaire dont il existe plusieurs variétés.
Ce sont :
1) l'ataxie télangiectasie ;
2) le déficit en adénosine désaminase ;
3) le syndrome de DiGeorge ou des 3ème/4ème arc branchial selon qu'il est complet ou non ;
4) le déficit en purine-nucléoside phosphorylase ;
5) l'alymphocytose avec agammaglobulinémie ;
6) le syndrome de Wiskott Aldrich ;
7) les déficits d'expression des molécules de classe I ou de classe II du système d'histocompatibilité.

A. M. DiGeorge, pédiatre américain (1968) ; A. Wiskott, pédiatre allemand (1937) ; R. A. Aldrich, pédiatre américain (1954)

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