Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

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crise de sevrage l.f.

withdrawal seizure

Crise épileptique survenant soit dans le contexte d'une intoxication alcoolique, soit lors de l'arrêt de certains médicaments surtout anti-épileptiques comme le phénobarbital ou les benzodiazépines.
Les crises de sevrage lors d'une intoxication alcoolique surviennent après un sevrage absolu ou relatif suivant une consommation chronique ou non de quantités importantes d'alcool : crises généralisées de type tonicoclonique, soit uniques, soit plus fréquemment en salves. Elles s'accompagnent d'autres signes en rapport avec le sevrage alcoolique et peuvent inaugurer un delirium tremens.
L'arrêt brusque de médicaments anti-épileptiques réalise le même tableau. Un état de mal est possible.

alcoolique (traitement de la maladie), sevrage, sevrage (syndrome de)

cure de sevrage l.f.

withdrawal treatment

Prise en soins d'un sujet dépendant d'un toxique et souhaitant arrêter son intoxication.
Permettant d'atténuer le syndrome de sevrage, elle peut s'effectuer : 
- soit en traitant de façon symptomatique le syndrome de sevrage : par exemple, chez l'héroïnomane, on prescrit un agoniste alpha 2 adrénergique, un antispasmodique, un anxiolytique-hypnotique et si nécessaire une réhydratation ;
- soit, exceptionnellement, par décroissance progressive des doses du toxique ou d'un agoniste.
On y associe toujours un soutien psychologique et parfois des méthodes d'appoint comme une électrostimulation transcutanée.
Reste qu'une prise en charge au long cours, globale, volontaire, adaptée à chacun, souvent aléatoire du fait de fluctuations de la demande et de rechutes, est en règle indispensable.

sevrage

sevrage n.m.

weaning, withdrawal, washing out (en pharmacologie clinique)

1) Action de supprimer à un enfant l'allaitement au sein et, d'une façon générale, de séparer un être des conditions d'alimentations ou de vie auxquelles il était habitué, p. ex. sevrage de l’administration d'un médicament, de l’apport d’alcool ou de toute drogue.
2) En pharmacologie clinique et thérapeutique, période qui suit la prise régulière d’un médicament pendant laquelle un autre médicament de même type ne doit en principe pas être prescrit, cette période étant nécessaire pour que disparaissent les effets du premier médicament.
3) En toxicologie, privation plus ou moins rapide du toxique habituel, dont le tabac, dans une cure de désintoxication.
Le sujet est alors dans un état de manque qui nécessite un traitement particulier, souvent à l’aide d’une substance de même type que celle utilisée auparavant mais impliquant un moindre degré d’accoutumance (ex. méthadone, nicotine).
4) On parle aussi parfois de sevrage pour la cessation de la ventilation mécanique.
En réanimation, le sevrage du respirateur doit se faire progressivement en passant du mode de ventilation contrôlée, générateur d'une hypocapnie, qui met les centres respiratoires au repos, à celui de ventilation assistée, qui sollicite les centres à chaque inspiration (la diminution progressive de la ventilation minimale imposée sollicite de plus en plus les centres). Quelques essais, bien surveillés et de plus en plus longs, de respiration spontanée permettent de sevrer le patient et de lui rendre son autonomie respiratoire.

Étym. lat. pop. separare : séparer du sein

drogue, vasovagale (atteinte, syncope), crise de sevrage, cure de sevrage, syndrome de sevrage

syndrome de sevrage l.m.

substance withdrawal syndrome, weaning syndrome

Ensemble des troubles somatiques consécutifs à la suppression brusque du toxique chez un sujet en état de dépendance physique (alcoolique ou héroïnomane, p.ex.) spécifique à chaque type de toxicomanie.
En l’absence de dépendance physique (cocaïne notamment), un état intense et obsédant de manque peut être observé, avec recherche impérieuse du produit.
Chez l'héroïnomane, douze heures environ après la dernière administration de la drogue, surviennent bâillements, larmoiement, mydriase, rhinorrhée, sueurs, anxiété et piloérection, puis, dans les vingt quatre heures, contractions musculaires, irritabilité, insomnie, anorexie, nausées, myalgies, frissons et crampes abdominales. Vers le troisième jour, vomissements, diarrhée, déshydratation, tachycardie, hypertension artérielle traduisent l'acmé des troubles. Ceux-ci régresseront en huit jours, avec persistance d'insomnie, d'anxiété, auxquelles s'adjoint un état d'asthénie et d'aboulie de durée variable. Chez l'héroïnomane très intoxiqué, le pronostic vital peut être engagé.. Chez le grand alcoolique, ce syndrome est souvent grave.
Le mécanisme du sevrage à l'héroïne comporte deux volets :
- cette substance diminue la transmission noradrénergique et entraîne une hypersensibilité des récepteurs postsynaptiques : lors du sevrage, la libération brusque de noradrénaline provoque un excès de libération noradrénergique ;
- l'héroïne occupe les récepteurs opiacés et freine la libération d'endorphines : lors du sevrage, on observe un déficit temporaire en opiacés et une hypersensibilité de désuétude des récepteurs.
Ce syndrome peut affecter le nouveau-né de mère toxicomane puisque certains toxiques traversent le placenta.

Syn. ét at de privation ou de manque

sevrage, sevrage (crise de)