Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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granulome silicotique l.m.

silica granuloma

Granulome à corps étranger constitué autour de particules de silice provenant du sol ou de talc, sur le site d'une cicatrice cutanée posttraumatique ou chirurgicale, souvent très ancienne, soit isolément, soit dans le cadre d'une sarcoïdose qu'il peut éventuellement révéler.
Le granulome silicotique se développe parfois plusieurs dizaines d'années après le traumatisme cutané. L'examen histologique en lumière polarisée y met en évidence des particules biréfringentes très brillantes de silice généralement incluses dans des cellules géantes à corps étranger de type Langhans.

silicotique (granulome) l.m.

silicotic granuloma

granulome silicotique

arthrite de la sarcoïdose l.f.

sarcoidosis arthritis

Arthrite habituellement aigüe, rarement chronique, entrant, avec les atteintes osseuses et musculaires, dans le cadre des manifestations rhumatismales de la sarcoïdose.
Les arthrites aigües constituent la manifestation rhumatismale la plus commune de la sarcoïdose (15% des cas), survenant précocement dans son évolution, s’associant parfois avec les autres éléments du syndrome de Löfgren et guérissant sans séquelles. Les arthrites chroniques, au contraire, surviennent tardivement, sont le fait de formes multiviscérales et agressives de la maladie et tendent à être ostéodestructrices.

sarcoïdose sur cicatrice l.f.

scar sarcoidosis

Lésion cutanée spécifique intégrée à une sarcoïdose prouvée car comportant d'autres manifestations cutanées ou viscérales, mais développée sur le site d'une cicatrice posttraumatique ou chirurgicale ancienne.
Le réveil avec tuméfaction d'une cicatrice souvent vieille de plusieurs dizaines d'années est évocateur de sarcoïdose; histologiquement, le développement de la réaction granulomateuse autour de corps étrangers, comme des particules de silice, ne permet pas d'affirmer qu'il s'agit d'un simple granulome à corps étranger, car cette réaction granulomateuse peut être observée au cours d'une authentique sarcoïdose : un bilan général est de toutes façons nécessaire.

sarcoïdose, granulome silicotique

sarcoïdose n.f.

sarcoidosis

Affection multisystémique, chronique, d'étiologie inconnue, caractérisée histologiquement par la présence de granulomes épithélioïdes et gigantocellulaires d'aspect tuberculoïde mais sans nécrose caséeuse, touchant avec prédilection le thorax (adénopathies médiastinales et atteinte pulmonaire), la peau et l'œil, mais aussi le foie, les nœuds lymphatiques, le squelette, le système nerveux, les muscles, les glandes endocrines et exocrines, le cœur, le rein, etc.
Les symptômes dépendent de la localisation et du degré de diffusion des lésions. Si l'on excepte les localisations thoraciques et respiratoires, de loin les plus fréquentes, les manifestations cutanées de la sarcoïdose représentent sans doute une des principales causes de découverte de la maladie. Elles se répartissent en atteintes spécifiques, de structure histologique granulomateuse et d'évolution le plus souvent chronique, et en lésions non spécifiques essentiellement représentées  par l'érythème noueux. Les lésions spécifiques, parfois encore appelées sarcoïdes, sont cliniquement polymorphes ; leur confirmation histologique est nécessaire au diagnostic mais non suffisante, puisqu'il faut aussi considérer les autres causes possibles de granulome épithélioïde.
L’atteinte des glandes parotides, sous-maxillaires et sublinguales constitue le syndrome de Mikulicz. L’atteinte méningée est presque constante, souvent uniquement biologique et s’accompagne parfois d’une atteinte des nerfs crâniens, principalement du facial. Des formes encéphalopathiques ont été décrites, alors que les neuropathies périphériques et les atteintes musculaires sont rares.
Au cours de la sarcoïdose, les réactions d’hypersensibilité retardée sont diminuées, ainsi que pourrait le montrer la négativité des tests tuberculiniques et des tests au dinitrochlorobenzène (DNCB).
Le traitement, difficile, doit être adapté au préjudice entraîné. La corticothérapie est presque toujours indiquée, mais son efficacité reste inconstante.

E. Besnier, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1889), C. P. Boeck, dermatologiste norvégien (1899), J. Schaumann, dermatolgiste suédois, membre de l’Académie de médecine (1917)

Étym. gr. sarx : chair ; eidos : aspect

Syn. maladie de Besnier-Boeck-Schaumann (obs.), maladie de Schaumann (obs.), lymphogranulomatose bénigne (obs.)

sarcoïde, granulome sarcoïdosique, Löfgren (syndrome de), Mikulicz (syndrome de), lupus pernio, angiolupoïde, Heerfordt (syndrome de), Kveim (test de), Daniels (biopsie de), arthrite de la sarcoïdose, sarcoïdose sur cicatrice

granulome n.m.

granuloma

En histologie, mode particulier de réaction inflammatoire chronique caractérisé par un infiltrat mononucléé composé d'une proportion variable de macrophages et d'histiocytes épithélioïdes, de cellules géantes de Langhans et de lymphocytes.
Ce terme est utilisé seul ou dans la locution « granulome inflammatoire », qui constitue l'aboutissement de la phase exsudative et cellulaire de l'inflammation. Sous forme d’une locution, il précise la cause de la lésion (p. ex. granulome à corps étranger) ou la population cellulaire prédominante (p. ex. granulome plasmocytaire, histiocytaire, épithélioïde). Les granulomes induits par les corps étrangers (asbestose, bérylliose) sont provoqués par une activation directe des macrophages sans reconnaissance spécifique d’antigène par les lymphocytes T. Les macrophages activés sécrètent des facteurs d’activation et de prolifération des fibroblastes. Le granulome peut être à l’origine d’une fibrose avec synthèse et dégradation de protéines matricielles. Des granulomes s’observent de façon caractéristique dans certaines maladies inflammatoires chroniques d’étiologie inconnue telles que la sarcoïdose ou la maladie de Crohn.
En dermatologie clinique, le terme de granulome participe à la dénomination d'entités nosologiques variées telles que granulome annulaire, granulome actinique, granulome éosinophile, granulome facial, granulome silicotique, etc.

Étym. lat. granulum : petit grain ; gr. ôma : tumeur

 granulomatose

granulome à corps étranger l.m.

foreign body granuloma

Granulome constitué autour d'un corps étranger introduit volontairement ou accidentellement dans la peau, qu'il s'agisse de particules inertes (fil de suture, silice, métal, huile minérale, etc.) ou de matériel biologique (piqûre animale ou végétale).
Par extension, on décrit des granulomes à corps étrangers endogènes. Cliniquement, le délai d'apparition de la lésion, parfois très long, et son aspect sont très variables. L'image histologique de ce granulome de résorption peut varier depuis celle d'un granulome macrophagique, le plus courant, à celle d'un granulome lipophagique, sarcoïdosique ou palissadique, voire réaliser l'image d'un pseudo-lymphome cutané.

Syn. granulome xénique, réaction à corps étranger

granulome à corps étranger endogène, granulome silicotique, granulome talcique

granulome à corps étranger endogène l.m.

endogenous foreign body granuloma

Granulome provoqué par la présence dans le derme d'éléments endogènes susceptibles de déclencher la formation d'un granulome à corps étranger autour d'eux.
Il s'agit souvent d'une conséquence de la rupture de kystes intradermiques, en général folliculaires, qui libèrent cristaux de cholestérol, débris de poil ou de kératine ou de parasites comme l'acarien Demodex folliculorum. On observe aussi des granulomes lipophagiques, liés à la résorption de lésions d'hypodermite, ainsi que des formations granulomateuses autour de foyers d'altérations du conjonctif dermique.

granulome macrophagique, granulome lipophagique

granulome actinique l.m.

actinic granuloma

Dermatose faite de lésions papuleuses à disposition annulaire, siégeant sur les régions photoexposées de la tête et du cou chez les sujets âgés, dont l'étude histologique montre, dans le derme moyen, une zone centrale dépourvue de fibres élastiques entourée d'un infiltrat lymphohistiocytaire comportant aussi quelques cellules épithélioïdes et des cellules à corps étranger contenant des débris de fibres élastiques.
Cette image fait supposer que des altérations actiniques des fibres élastiques du derme sont à l’origine des lésions. Mais, pour certains, il s’agirait d’un simple granulome annulaire survenant sur une peau modifiée par une élastose actinique.

J. P. O'Brien, dermatologue australien (1975)

Étym. gr. aktis, aktinos : rayon lumineux

granulome annulaire l.m.

granuloma annulare

Dermatose fréquente, d'origine inconnue, faite de petites papules couleur chair ou un peu rosées, souvent regroupées en figures annulaires, siégeant avec prédilection sur les mains, surtout faces dorsales des doigts, les pieds et les reliefs articulaires des membres, et caractérisée histologiquement par un ou plusieurs foyers de granulome palissadique entourant des plages de dégénérescence du collagène dermique.
Son évolution, bénigne, est imprévisible, la régression spontanée n'étant pas rare quoique dans des délais variables. Il existe des formes atypiques, notamment profuses, ainsi que perforantes.

H. Radcliffe-Crocker, dermatologiste britannique (1902)

granulome annulaire perforant l.m.

perforating granuloma annulare

Forme anatomoclinique exceptionnelle de granulome annulaire, marquée par des phénomènes d'élimination transépidermique.

dermatose perforante

granulome annulaire profond l.m.

Forme anatomoclinique particulière de granulome annulaire touchant surtout l'enfant, marquée par une localisation dermique profonde et hypodermique des altérations histologiques et déterminant cliniquement des nodules parfois volumineux.
Son principal diagnostic différentiel est le nodule rhumatoïde, qui ne peut guère être distingué que grâce au contexte de polyarthrite dans lequel il survient.

granulome bilharzien l.m.

bilharzia granuloma

Lésion bilharzienne primitive provoquée par la présence d’un œuf de Schistosoma hæmatobium en migration dans un tissu de la paroi de la voie excrétrice urinaire.
Autour de l'œuf en voie de nécrose se produit une réaction cellulaire, formant une barrière d'aspect épithélioïde (éosinophiles et cellules histiocytaires) puis des formations gigantocellulaires multinucléées et plasmocytaires, qui peuvent avoir quelque ressemblance avec le follicule tuberculeux. Ce stade de réaction cellulaire précède celui de sclérose. Dans la vessie, cette lésion apparaît en cystoscopie comme un semis de granulations brillantes de la taille d'une tête d'épingle, constituant les lésions dites primaires, de bilharziose active ; cet aspect est pathognomonique.

follicule bilharzien, tubercule bilharzien, granulome éosinophile parasitaire

granulome candidosique l.m.

candida granuloma

Manifestation assez rare des candidoses, atteignant surtout les enfants dans les premières années de leur vie et qui est associée à des déficits de l’immunité cellulaire.
Elle est constituée de placards cutanés à bords surélevés, à surface granulomateuse, recouverts de croûtes cornées, jaunes et adhérentes au granulome. Ces lésions cutanées peuvent atteindre n'importe quelle région du corps mais prédominent habituellement au visage. La tendance est extensive et justifie l’emploi de thérapeutiques antifongiques majeures et répétées.
L'examen histologique montre une hyperplasie épidermique pseudocarcinomateuse avec des micro-abcès et un dense infiltrat inflammatoire dermique ; mais Candida albicans n'est mis en évidence que dans la partie superficielle de l'épiderme.

Syn. candidose granulomateuse, candidose végétante, granulome moniliasique (obsolète), moniliase végétante (obsolète)

granulome chalazodermique l.m.

granulomatous slack skin

Affection rare, surtout masculine, se présentant comme une infiltration érythémateuse des grands plis, suivie d'un relâchement cutané progressif avec, histologiquement, un infiltrat lympho-histiocytaire et granulomateux dermo-hypodermique associé à une élastolyse et à une lymphophagocytose.
Les études en biologie moléculaire et en immunohistochimie ont démontré la présence d’un clone T ou d’une maladie de Hodgkin, permettant donc de penser que cette maladie n’est qu’un signe particulier d’une prolifération lymphoïde maligne.

Étym. gr. khalasis : relâchement ; derma : peau

Syn. dermatochalazie granulomateuse, dermo-hypodermie atrophique granulomateuse, lymphome chalazodermique

prélymphome

granulome de Majocchi l.m.

Majocchi’s granuloma

D. Majocchi, dermatologue italien (1883)

granulome trichophytique de Majocchi

granulome de Stewart l.m.

J. P. Stewart, otorhinolaryngologiste britannique (1933)

granulome malin centrofacial

granulome de Wilson l.m. (obsolète)

Wilson’s granuloma

Lésion érythémateuse et nodulaire péripilaire située sur la jambe, chez une femme, survenant après épilation ou rasage, généralement due à Trichophyton rubrum ou à Trichophyton rosaceum et correspondant à la forme nodulaire profonde de la folliculite trichophytique accompagnée de périfolliculite.
Ce terme est actuellement remplacé par celui de folliculite dermatophytique.

J. W. Wilson, dermatologue américain (1952)

granulome trichophytique

granulome des piscines l.m.

swimming pool granuloma

Mycobactériose atypique cosmopolite due à Mycobacterium marinum (mycobactérie photochromogène à croissance lente) caractérisée par un ou plusieurs nodules, parfois verruqueux, parfois à groupement sporotrichoïde, survenant sur des régions exposées à l'eau des piscines, des aquariums ou de la mer.
L'image histologique est celle d'un granulome tuberculoïde sans nécrose, et les cultures y mettent Mycobacterium marinum en évidence. Différents antibiotiques peuvent être proposés : antituberculeux, cyclines, quinolones.

Syn. granulome des aquariums, maladie des aquariums, mycobactériose pisciaire

granulome du larynx l.m.

Tuméfaction inflammatoire, uni- ou bilatérale, implantée au niveau des apophyses vocales.
Elle est le plus souvent secondaire à une intubation laryngotrachéale et parfois liée à un reflux gastro-œsophagien.

intubation laryngotrachéale, reflux gastro-œsophagien

granulome éosinophile l.m.

eosinophilic granuloma

Forme chronique localisée d'histiocytose langerhansienne touchant essentiellement l'adulte jeune et concernant la peau, les muqueuses ou les os.
Les lésions cutanéo-muqueuses, végétantes, ulcérées ou verruqueuses et hémorragiques, qui correspondent au granulome éosinophile périorificiel, sont habituellement isolées, d'allure torpide, avec un pronostic souvent favorable.
Le diagnostic repose sur l'examen histologique qui montre un infiltrat polymorphe constitué de cellules histiocytaires marquées par l'anticorps antiCD1a et dans lesquelles l'étude ultrastructurale retrouve des granules de Birbeck intracytoplasmiques, ainsi que des polynucléaires éosinophiles et neutrophiles, des cellules géantes multinucléées, des lymphocytes et des plasmocytes.
Le traitement fait appel à la radiothérapie dans les formes osseuses qui, généralement, ne s'accompagnent pas de lésions cutanées.
Le granulome éosinophile facial ou granulome facial n'est pas une variété d'histiocytose langerhansienne.

Syn. histiocytose langerhansienne, granulome éosinophile des os, histiocytose X (obsolète),

granulome éosinophile des os l.m.

bone eosinophilic granuloma

Forme limitée de l'histiocytose X, observée surtout chez l'enfant et l'adolescent, se traduisant habituellement sur les radiographies par une géode osseuse bien délimitée, le plus souvent à localisation crânienne, humérale ou fémorale.
La lésion est le plus souvent unique ; elle peut être asymptomatique ou parfois s'accompagner de douleurs modérées et d'une tuméfaction perceptible notamment à la voûte du crâne. L'atteinte du corps d'une vertèbre peut entraîner un tassement. Ces lésions très limitées ont une évolution bénigne, marquée par une involution fibreuse, y compris dans le cas de la « vertebra plana », où l'on peut observer une reconstruction vertébrale au cours de l'évolution. Le traitement, parfois nécessaire, peut faire appel à l'exérèse chirurgicale, à la corticothérapie.

L. Lichtenstein et H. Jaffe, anatomopathologistes américains (1940)

granulome éosinophile facial l.m.

W. F. Lever, dermatopathologiste américain (1950)

granulome facial de Lever

granulome éosinophile orbitaire l.m.

orbital eosinophilic granuloma

Exophtalmie unilatérale pseudo-inflammatoire avec œdème palpébral, lacune osseuse orbitaire et éosinophilie.
Il apparaît chez le grand enfant ou l'adulte jeune. On y trouve une hyperplasie de la trame de l'os au niveau d'une lacune en général unique avec hyperéosinophilie et hyperplasie réticulohistiocytaire aigüe. L'évolution est en général bénigne, avec cicatrisation ou latence et évolution vers la maladie d'Abt-Letterer-Siwe. La maladie est non héréditaire, mais il existe des cas familiaux.

E. Letterer, anatomopathologiste allemand (1924 ) ; S. Siwe, pédiatre suédois (1933) ; A. F. Abt, pédiatre américain (1936)

Abt-Letterer-Siwe (maladie de)

[P2]

Édit. 2018

granulome éosinophile parasitaire l.m.

parasitic eosinophilic granuloma

Réaction tissulaire inflammatoire constituée autour d'un parasite situé au sein d'un parenchyme.
Le type en est le granulome bilharzien formé autour des oeufs en migration dans la paroi intestinale ou vésicale, mais une lésion histologique de ce genre se rencontre de manière habituelle, même si elle ne se traduit pas toujours cliniquement, dans nombre d'helminthoses comme l'angiostrongylose, l'anisakiase (où elle réalise une tumeur nodulaire de l'estomac ou du grêle de quelques centimètres de diamètre), l'anguillulose, l'ascaridiose, certaines filarioses (mansonelloses), ou même, à titre de complication, l'oxyurose.
Il s'agit d'une réaction fibreuse, riche en cellules lymphoplasmocytaires, en éosinophiles et en cellules géantes. L'étude anatomopathologique du granulome fournit des informations sur l'état immunitaire de l'hôte, sur l'état du parasite et sur l'ancienneté de la réaction.

granulome bilharzien

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