Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

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atrésie laryngée l.f.

laryngeal atresia

Malformation congénitale du larynx avec rétrécissement majeur de la filière laryngée le plus souvent incompatible avec la vie.
Elle est marquée par une détresse respiratoire à la naissance avec absence de cris. On décrit un type I avec absence totale de filière laryngée, un type II avec sténose sous-glottique, un type III avec sténose glottique.

Étym. gr. : privatif ; trêsis : trou

brûlure laryngée l.f.

laryngeal burn

Lésion du larynx liée à l’inhalation de gaz brûlants, à l’absorption de substance caustique, ou à un reflux gastro-œsophagien. On peut en rapprocher les lésions causées par la radiothérapie.
Les lésions siègent presque toujours au niveau du vestibule laryngé avec oedème et rougeur. En cas de déglutition de toxiques, on peut voir des ulcérations nécrotiques pouvant aboutir à une sténose. En cas de reflux gastro-oesophagien, on constate une rougeur de la muqueuse aryténoïdienne. Les brûlures en cas d’ignition de la sonde au laser sont particulièrement graves.

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure

Édit. 2017

cavité laryngée l.f.

cavitas laryngis (TA)

laryngeal cavity

Segment du conduit aérifère interposé entre la partie buccale du pharynx en haut et la trachée en bas.
La surface interne du larynx présente de chaque côté, vers sa partie moyenne, deux replis superposés dirigés d’avant en arrière : le pli vestibulaire et le pli vocal.
Le pli vestibulaire, proximal, s’étend de l’angle rentrant du cartilage thyroïde au cartilage aryténoïde. Aplati de haut en bas il a deux faces, supérieure qui regarde en haut et en dedans et inférieure qui regarde en bas et en dehors. Son bord médial est libre. Il contient dans son épaisseur le ligament thyro-aryténoïdien supérieur et quelques faisceaux musculaires.
Le pli vocal, distal, va de l’angle rentrant du cartilage thyroïde au processus vocal du cartilage aryténoïde. Prismatique triangulaire on lui décrit deux faces libres, l’une supérieure horizontale, l’autre inféro-médiale. Son bord libre médial déborde en dedans le pli ventriculaire. Le pli vocal contient dans son épaisseur le ligament thyro-aryténoïdien inférieur le long de son bord médial et la couche médiale du muscle thyro-aryténoïdien inférieur.
Ces deux plis divisent la cavité laryngée en trois étages : un étage supérieur, le vestibule du larynx, au-dessus du bord libre du pli ventriculaire ; un étage moyen compris entre les deux plis de la cavité du larynx se prolongeant de chaque côté par le ventricule du larynx ; un étage inférieur sous-glottique étendu du pli vocal à l’orifice supérieur de la trachée.
La glotte est l’orifice compris entre les bords libres des deux plis vocaux. En laryngoscopie le pli vocal déborde en dedans le pli ventriculaire ce qui en permet l’exploration.

[A1,P1]

Édit. 2015

commotion laryngée l.f.

laryngeal commotion

Ensemble des manifestations locales ou générales causées par un choc direct sur le larynx.
N’entraînant pas de lésion anatomique importante, elle peut provoquer un spasme laryngé, une syncope respiratoire ou cardiaque transitoire ou parfois fatale.

contusion laryngée

[P1]

contusion laryngée l.f.

laryngeal contusion

Ensemble des lésions anatomiques observées au cours d’un choc direct sur le larynx.
Les cartilages se déforment sans entraîner de fracture. On peut voir une ecchymose, un hématome, un arrachement ligamentaire, entraînant un œdème responsable d’une dysphonie ou d’une dyspnée.

commotion laryngée

[P1]

diplégie laryngée l.f.

laryngeal diplegia

Étym. gr. dis : deux ; plêgê : coup

paralysie laryngée bilatérale

dyspnée laryngée l.f.

laryngeal dyspnea

Dyspnée obstructive causée par un obstacle sur la voie laryngée.
L'enfant y est particulièrement sensible.
Une bradypnée inspiratoire avec tirage et cornage impose le diagnostic. La cause la plus fréquente est une laryngite sous-glottique, en général virale, ensuite viennent l'épiglottite aigüe, l'œdème laryngé et l'inhalation d'un corps étranger. Chez le grand enfant et l'adulte, outre l'inhalation d'un corps étranger, il ne faut pas méconnaître la possibilité d'un œdème du larynx (œdème de Quincke). Parmi les autres causes il faut citer les séquelles d'une intubation trachéale, les tumeurs bénignes ou malignes, la paralysie des cordes vocales, les kystes paralaryngés et les angiomes, etc.
Le soupçon d'inhalation de corps étranger impose un contrôle endoscopique. Un patient présentant une dyspnée laryngée ne cédant pas rapidement et totalement à un traitement symptomatique doit être hospitalisé.
Le traitement comporte l'intubation trachéale.

Étym. gr. dyspnoia : dyspnée → intubation trachéale (complications de l'), tumeurs laryngées, angiomes laryngés, paralysie des cordes vocales

immobilité laryngée l.f.

laryngeal fixation

Absence de mobilité du larynx.
Unilatérale, elle entraîne une dysphonie, bilatérale une dyspnée. Son étiologie est post traumatique, neurogène ou tumorale.

dysphonie, dyspnée

intubation laryngée l.f.

laryngeal intubation

Introduction, par voie buccale ou nasale, à l’intérieur du larynx puis de la trachée, d’une sonde avec ou sans ballonnet gonflable.
Elle est couramment utilisée en anesthésie pour ventiler un malade en toute sécurité lors d’une intervention longue nécessitant une curarisation. Elle est aussi utilisée en réanimation au cours des comas de toute origine pour permettre de ventiler des malades ayant perdu leurs réflexes de respiration spontanée. Le contrôle de la pression du ballonnet gonflé dans la trachée doit être précis pour éviter la nécrose ischémique de celle-ci entraînant secondairement une sténose.

Étym. lat. in : dans ; tubus : canal

kératose laryngée l.f.

keratosis

Anomale de maturation de l’épithélium malpighien se traduisant par l’apparition de grains de kératine dans les cellules superficielles de la muqueuse des cordes vocales.
Ce phénomène est lié à l’inflammation chronique ou à certains toxiques comme la fumée de tabac. La kératinisation peut se faire sous forme de tache blanche surélevée et plane, appelée leucoplasie, ou de forme verruqueuse hérissée de nombreux spicules appelé papillome corné. Ce type de lésion peut correspondre à un cancer très différencié ou à un état pré-cancéreux. Une biopsie exérèse est nécessaire.

microchirurgie laryngée l.f.

laryngeal microsurgery

Intervention chirurgicale portant sur l’endolarynx, effectuée sous microscope, en laryngoscopie directe en suspension.
On utilise les instruments froids ou le laser.

Étym. gr. mikros : petit ; kheirourgia :  travail manuel (de kheir main et ergon : travail) ; larynx : gorge

laryngoscopie directe, laryngoscopie en suspension

myoclonie laryngée l.f.

laryngeal clonus

Contraction involontaire brève et répétée d’un muscle du larynx.
Elle est souvent associée à un phénomène identique au niveau des muscles palatopharyngés. Son origine est nerveuse centrale.

Étym. gr. mus : muscle, souris ; klonesis : agitation

myopathie laryngée l.f.

laryngeal myopathy

Maladie dégénérative des muscles pouvant atteindre le larynx.
Elle peut intéresser tout l’organe ou plus spécialement les muscles dilatateurs entraînant une dysphonie, une dyspnée, des fausses routes alimentaires.

Étym. gr. mus : souris, muscle ;  pathos : maladie ; larynx : gorge

paralysie des dilatateurs, dysphonie, dyspnée

palmure laryngée l.f.

laryngeal web

Membrane avasculaire tendue à la partie antérieure du larynx entre les cordes vocales ou plus rarement entre les bandes ventriculaires.
Elle entraîne une dyspnée et une dysphonie d’importance variable. Son origine peut être congénitale ou plus souvent iatrogène. Elle survient après une résection chirurgicale de la muqueuse des cordes vocales avec atteinte de la commissure antérieure. Le traitement est toujours chirurgical mais nécessite un calibrage pour éviter la récidive.

dyspnée, dysphonie

papillomatose laryngée juvénile l.f.

laryngeal juvenile papillomatosis

Affection marquée par l’apparition de formations pédiculées centrées sur un axe conjonctivo-vasculaire avec prolifération épithéliale régulière et non kératinisée, développées au niveau du larynx de l’enfant ou de l’adulte jeune.
Son origine est virale. Elle atteint les cordes vocales, les bandes ventriculaires, les aryténoïdes, et plus rarement, l’épiglotte entraînant dysphonie, aphonie puis dyspnée. Elle présente un caractère récidivant. Son traitement se fait habituellement avec un laser à dioxyde de carbone mais nécessite de nombreuses séances.

dysphonie, aphonie, dyspnée, laser chirurgical

paralysie laryngée bilatérale l.f.

bilateral laryngeal paralysis

Paralysie bilatérale par atteinte le plus souvent des deux nerfs laryngés inférieurs et plus rarement des deux nerfs vagues. On distingue les paralysies des dilatateurs et la paralysie complète du larynx.

paralysie complète du larynx, paralysie des dilatateurs

paralysie laryngée unilatérale l.f.

unilateral laryngeal paralysis

Paralysie qui est soit de type récurrentiel, soit de celui de la paralysie laryngée associée.

partie laryngée du pharynx l.f.

Partie inférieure du pharynx.
Elle entoure le tube laryngé. Elle est située devant les vertèbres cervicales C4-C6. Elle présente une gouttière, entre sa partie antérieure qui s’insère sur le tube laryngé et ce tube, appelé récessus piriforme (sinus piriforme).

Syn. laryngopharynx, hypopharynx

pharynx, récessus piriforme

[A1,P1]

périchondrite laryngée l.f.

laryngeal perichondritis

Infection des cartilages laryngés à partir d’un foyer infectieux endolaryngé.
Elle est devenue exceptionnelle depuis l’ère des antibiotiques, mais peut encore survenir dans les traumatismes graves du larynx ou dans les cancers irradiés.

Étym. gr. peri : autour ; chondros : cartilage

sténose laryngée l.f.

laryngeal stenosis

Rétrécissement de la filière laryngée pouvant entraîner une dyspnée.
Le siège de la sténose peut être vestibulaire, glottique ou sous-glottique. Elle peut affecter la trachée sous-jacente, notamment en cas de trachéotomie ayant lésé le cricoïde. Elle peut être congénitale, ou la séquelle d’un traumatisme externe ou interne, ou encore être consécutive à une intervention chirurgicale ou à une intubation trachéale. Faisant suite à une cicatrice rétractile post-lésionnelle de la muqueuse elle cause un syndrome obstructif avec emphysème se manifestant par une dyspnée inspiratoire, parfois très longtemps après la lésion initiale.
Le diagnostic se pose grâce à la spirographie, à la fibroscopie bronchique et à l’imagerie (scanographie, IRM).
Le traitement associe corticoïdes, dilatation et, en cas d’échec, reprise par microchirurgie de la zone sclérosée.

Étym. gr. : stenos : étroit

emphysème, laser (anesthésie lors de l'emploi du), sténose trachéale, VIMS

syphilis laryngée n.f.

laryngeal syphilis

Lésions laryngées apparaissant à la période tertiaire de la syphilis entraînant une infiltration rouge sombre de la muqueuse laryngée, des ulcérations à l’emporte-pièce, à fond sale.
La biopsie permet de les distinguer du cancer. Cette affection est devenue exceptionnelle.

tuberculose laryngée l.f.

laryngeal tuberculosis

Localisation laryngée de la tuberculose qui est le plus souvent associée à une atteinte pulmonaire méconnue.
Elle entraîne une dysphonie majeure avec dysphagie et otalgie. On distingue: des formes vestibulaires (avec œdème blanchâtre de l’épiglotte et des ulcérations superficielles en coups d’ongle), des formes glottique (marquées par une monocordite avec une corde vocale rouge et infiltrée), enfin des formes aryténoïdiennes (entraînent l’apparition de bourgeons pseudo-tumoraux de coloration pâle). Le diagnostic entre tuberculose et cancer est parfois difficile même sur la biopsie.
Le traitement médical anti-bacillaire fait régresser les lésions en quelques semaines, mais laisse des séquelles vocales parfois importantes. Cette localisation de la tuberculose est devenue rare.

dysphonie, dysphagie

veine laryngée inférieure l.f.

vena laryngea inferior (TA)

inferior laryngeal vein

1 - Veine qui draine le sang veineux des parties antérieure et latérale des zones glottique et sous-glottique du larynx.
Satellite de l’artère laryngée inférieure, elle se termine dans la veine thyroïdienne supérieure. Par son anastomose en regard du bord supérieur du cartilage cricoïde avec son homologue opposée, elle forme l’arcade veineuse sus-cricoïdienne.
2 – Selon Luschka, la veine laryngée inférieure est la veine qui draine le sang veineux des éléments inférieurs du larynx et se jette dans le plexus thyroïdien pré- et péri-trachéal tributaire de la veine thyroïdienne inférieure.

H. von Luschka, anatomiste allemand (1820-1875)

Syn. anc. veine crico-thyroïdienne, veine laryngée moyenne de Luschka

veine laryngée moyenne de Luschka l.f.

H. von Luschka, anatomiste allemand (1820-1875)

veine laryngée inférieure

veine laryngée supérieure l.f.

vena laryngea superior (TA)

superior laryngeal vein

1 – Veine principale de l’étage glottique du larynx.
Sous muqueuse dans son trajet au niveau du récessus piriforme, elle perfore la membrane thyro-hyoïdienne et se termine dans la veine thyroïdienne supérieure, parfois dans la veine jugulaire interne. Elle reçoit les veines de la base de la langue et de l’épiglotte.
2 - Selon Luschka, veine qui a ses origines dans le récessus piriforme et qui communique avec les veines dorsales de la langue et avec l’extrémité inférieure du plexus veineux pharyngien.

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