Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

56 résultats 

pneumopathie infiltrative diffuse l.f.

maladie infiltrative diffuse pulmonaire

maladie infiltrative diffuse pulmonaire l.f.

diffuse infiltrative pulmonary disease

Pneumopathie interstitielle qui prend en compte non seulement l'atteinte stricto sensu de l'interstitium alvéolaire mais aussi celle de toutes les structures du poumon profond.
C'est un groupe hétérogène de maladies touchant les poumons de façon bilatérale et diffuse.
Ces maladies correspondent à un processus réactionnel inflammatoire à des agressions exogènes ou endogènes. La physiopathologie fait intervenir une suite d'événements débutant par une alvéolite et des formes diverses de pneumopathies interstitielles régressives ou non, spontanément ou sous l'influence des traitements. À un stade plus avancé, on décrit des altérations mésenchymateuses avec lésion du collagène interstitiel évoluant vers la fibrose. Le stade ultime est celui du poumon en rayons de miel avec fibrose mutilante délimitant des cavités kystiques où la perte des unités alvéolocapillaires est totale. Appartiennent à ce cadre les granulomatoses pulmonaires, les pneumoconioses, les maladies générales avec atteinte pulmonaire et l'ensemble des maladies pouvant évoluer vers une fibrose pulmonaire interstitielle diffuse, dont la fibrose pulmonaire idiopathique.

granulomatose pulmonaire, pneumoconioses, fibrose pulmonaire interstitielle diffuse, fibrose pulmonaire idiopathique.

pneumonie infiltrative diffuse pulmonaire l.f.

pneumopathie infiltrative diffuse pulmonaire

lymphocytose infiltrative diffuse l.f.

diffuse infiltrative lymphocytic syndrome

Sigle LID

DILS (Syndrome)

pneumopathie interstitielle diffuse pulmonaire l.f.

diffuse interstitial lung disease

fibrose pulmonaire interstitielle diffuse

amyloïdose pulmonaire interstitielle diffuse l.f.

amyloidosis interstitial lungwort spreads

Étym. gr. amulon : amidon ; eidos : forme

amylose pulmonaire interstitielle diffuse

[A3,K2,N3]

Édit. 2017

amylose pulmonaire interstitielle diffuse l.f.

diffuse interstitial pulmonary amyloidosis

Variété de l'amylose du tractus respiratoire par atteinte des septums alvéolaires.
Elle est rare, tantôt isolée, tantôt associée à une autre localisation respiratoire. Elle s'observe au cours de l'amylose primitive ou associée à un myélome multiple. Isolée, elle est difficile à différencier des autres pneumopathies interstitielles diffuses chroniques. Elle s'associe souvent à une amylose vasculaire pulmonaire. L'évolution est le plus souvent défavorable, liée à l'atteinte pulmonaire vasculaire et à la cardiomyopathie associée.

Étym. gr. amulon : amidon 

Syn. amyloïdose pulmonaire interstitielle diffuse

amylose, amylose pulmonaire

[A3,K2,N3]

Édit. 2017

aspergillose pulmonaire diffuse l.f.

pulmonary aspergillosis

Développement au sein du poumon de champignons du type Aspergillus, le plus souvent A. fumigatus, l'une des plus fréquentes mycoses du parenchyme pulmonaire.
Elle est favorisée par l'amoindrissement des défenses immunitaires de l'organisme (neutropénie, corticothérapie au long cours, SIDA, aplasie durable). Elle se manifeste par l'apparition d'anomalies radiologiques nodulaires ou infiltratives. Exceptionnellement elle survient chez des sujets apparemment sains, sous la forme de foyers denses de type pneumonique ou pseudo-tumoral.
Le traitement repose sur les antibiotiques spécifiques (amphotéricine B, itraconazole).
Elle doit être distinguée de l'aspergillose bronchique et de l'aspergillose intra-cavitaire, dite "aspergillome".

Étym. lat. aspergillum : goupillon

aspergillose, aspergillome

fibrose pulmonaire interstitielle diffuse l.f.

interstitial pulmonary fibrosis, diffuse interstitial fibrosis

Affection caractérisée par l'épaississement de l'interstitium pulmonaire par une prolifération progressive de fibroblastes et de tissu collagène.
Les conséquences sont que le poumon devient rigide, peu distensible : la courbe pression-volume est aplatie et déplacée vers le bas (diminution de la compliance) ; par contre, la pression de recul élastique maximale qui peut être générée à la CPT est typiquement supérieure à la normale. Ceci explique la conservation du rapport VEMS/CV qui peut même être augmenté : poumon hyperélastique. Les résistances des voies aériennes sont normales, voire basses, car les forces de rétraction s'exercent aussi sur la paroi des voies aériennes ; les conductances des voies aériennes sont en revanche élevées.

Syn. pneumopathie interstitielle diffuse

fibrose pulmonaire, fibroblaste

[K1]

Édit. 2018

oiseaux (pneumopathie due aux) l.f.

bird's allergy

Affection pulmonaire liée au contact avec les déjections d'oiseaux, pigeons en particulier ou plus rarement perroquets.
Les plumes sont très peu allergisantes, mais certains parasites des oiseaux de basse-cour tels l'Ornithonyssus sylvarium peuvent être responsables d'asthme professionnel chez les éleveurs de volailles. D'autre part, certains allergènes présents dans les déjections sont à l'origine d'alvéolite extrinsèque. La maladie des éleveurs d'oiseaux, particulièrement des éleveurs de pigeons, est assez répandue dans le nord de la France. Les malades sont allergiques à la poussière, abondante dans les élevages de pigeons, et le nettoyage des cages peut être une action dangereuse. Cette affection est reconnue par le tableau des maladies professionnelles n° 66 du régime général et le tableau n° 32 du régime agricole.

éleveurs d'oiseaux (maladie des)

Édit. 2017

pneumopathie n.f.

pneumopathy, pneumonopathy

Inflammation, d’origine infectieuse ou non, atteignant le parenchyme pulmonaire dans la partie distale des voies aériennes comprenant les bronchioles respiratoires et les alvéoles.
Elle est le plus souvent interstitielle associant infiltration cellulaire et œdème pouvant aboutir à une fibrose. On en exclut par définition les lésions d'origine infectieuse. Cependant le terme "pneumopathy" est utilisé par les auteurs américains au sens de pneumonie et l'est parfois en France par transposition du mot.

pneumopathie abcédée l.f.

pneumonie abcédée

pneumopathie à cholestérol l.f.

pneumopathie lipidique endogène

pneumopathie à éosinophiles l.f.

eosinophilic pneumonia

Pneumopathie avec éosinophilie sanguine accrue et/ou un taux d'éosinophiles supérieur à 20% dans le liquide de lavage broncho-alvéolaire, et/ou sur les biopsies pulmonaires.
Plusieurs tableaux cliniques sont individualisés :
a) L’éosinophilie pulmonaire simple ou syndrome de Löffler est peu symptomatique avec ses opacités pulmonaires à caractère migratoire et spontanément résolutif ;
b) L'aspergillose bronchopulmonaire allergique : réaction d'hypersensibilité à la présence d'un champignon (Aspergillus fumigatus) dans l'arbre bronchique d'un sujet asthmatique.
c) La pneumopathie chronique idiopathique à éosinophiles ou maladie de Carrington. Chez un sujet asthmatique, la symptomatologie fonctionnelle et générale est modérée, avec des opacités pulmonaires bilatérales, périphériques. Un traitement corticoïde est nécessaire après avoir éliminé toute parasitose.
d) La pneumopathie aigüe à éosinophiles donne un tableau de pneumopathie interstitielle diffuse aigüe, idiopathique, développée chez des sujets non asthmatiques. Elle est corticosensible avec un traitement court.
e) L'angéite allergique et granulomateuse (syndrome de Churg et Strauss). La maladie débute par un asthme ou une sinusite. Suivent des signes extrathoraciques : cardiaques, cutanés, neurologiques périphériques. La présence dans le sérum d'anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles, de type périnucléaire antimyéloperoxidase, est fréquente. Une corticothérapie pendant un an est nécessaire.

aspergillose bronchopulmonaire allergique, Carrington (maladie de), Churg et Strauss (syndrome de), Löffler (syndrome de)

pneumopathie à l'amiodarone l.f.

amiodarone pulmonary toxicity

Pneumopathie médicamenteuse induite par l'amiodarone.
Après quelques semaines, mois ou années de traitement, elle s'installe de façon insidieuse et progressive : toux, fièvre, dyspnée, râles crépitants et frottements pleuraux. L'aspect radiologique habituel est celui d'une pneumopathie interstitielle, bilatérale, asymétrique avec parfois épanchement pleural. On observe plus rarement des opacités lobaires ou nodulaires denses. La biopsie pulmonaire met en évidence une pneumopathie interstitielle plus ou moins fibrosante, avec une surcharge phospholipidique des cellules alvéolaires assez caractéristique.
Le traitement par l'amiodarone doit être arrêté. La corticothérapie est souvent nécessaire pour éviter l'évolution vers la fibrose irréversible. La régression des lésions est lente de un à six mois et peut demeurer incomplète.
Beaucoup plus rarement, l'amiodarone peut entraîner un œdème pulmonaire à pression capillaire normale, ou une BOOP.

pneumopathie atypique l.f.

pneumonie atypique

pneumopathie communautaire l.f.

pneumonie communautaire

pneumopathie d'aspiration l.f.

aspiration pneumonia

Ensemble des pneumopathies en relation avec une introduction dans la trachée du contenu pharyngé par défaillance des mécanismes physiologiques protecteurs du système respiratoire (pneumonie par inhalation du contenu gastrique alimentaire ou chimique ou d'autre nature).

pneumonie d'inhalation

pneumopathie des batteurs en grange l.f.

thresher's lung

Pneumopathie d'hypersensibilité ayant quasi disparu.
À rapprocher de la pneumopathie des faneurs.

pneumopathie d'hypersensibilité des professions agricoles et leurs causes.

pneumopathie des cracheurs de feu l.f.

hydrocarbon pneumonitis, fire-eater pneumonia

Pneumopathie aigüe dyspnéisante fébrile et pseudo-infectieuse, induite par l'inhalation accidentelle de kérosène chez les cracheurs de feu, habituellement résolutive en quelques semaines, mais parfois fatale.
Du fait de sa fluidité extrême, le kérosène accidentellement inhalé se répand rapidement dans les bronches déclives, puis gagne les alvéoles, provoque une pneumonie chimique avec probable déficit en surfactant. La haute volatilité de cet hydrocarbure entraîne immédiatement une saturation de l'air alvéolaire expliquant la cyanose d'installation rapide. Il apparaît d'abord une bronchiolite progressive. Une alvéolite fibrinoleucocytaire et des microabcès se développent. Les anomalies radiologiques pulmonaires apparaissent moins de 24 heures après l'inhalation. Ce sont des opacités macronodulaires des bases dont la disparition se fait en 2 semaines à 8 mois lentement progressive. Le traitement, purement symptomatique, a bénéficié des progrès de la réanimation respiratoire. Les corticoïdes et les antibiotiques, jadis largement prescrits en pareil cas, semblent inefficaces.

pneumopathie des immunodéprimés l.f.

pneumonie des immunodéprimés

pneumopathie d'hypersensibilité (PHS) l.f.

hypersensitivity pneumonitis

Pneumopathie interstitielle diffuse résultant de la réaction, d'un individu prédisposé, à l'inhalation répétée de particules organiques : actinomycètes thermophiles (poumon de fermier), champignons (poumon des travailleurs du bois), protéines animales (maladie des éleveurs d'oiseaux).
Les PHS comportent des formes aigües après exposition importante et intermittente (poumon de fermier) ; le tableau clinique est fait d'une pneumopathie interstitielle diffuse aigüe fébrile, spontanément résolutive après arrêt de l'exposition et récidivant en cas de réexposition ultérieure.
Les formes subaigües chroniques s'observent après exposition modérée continue, telle la maladie des éleveurs d'oiseaux avec, cliniquement, une bronchopneumopathie chronique obstructive ou une fibrose pulmonaire interstitielle diffuse irréversible.
Deux éléments immunologiques les caractérisent : présence dans le sérum d'anticorps précipitants dirigés contre l'antigène organique, anomalies de l'immunité à médiation cellulaire attestées par une augmentation du taux des T lymphocytes CD8+ dans le liquide de lavage bronchoalvéolaire, et par la présence histologique dans le poumon d'éléments mononucléés et granulomateux.

Syn. alvéolite allergique extrinsèque

éleveurs d'oiseaux (maladie des), poumon du fermier, alvéolite

pneumopathie d'inhalation l.f.

inhalation pneumopathy

Mendelson (syndrome de)

pneumopathie huileuse l.f.

exogenous lipoid pneumonia, exogenous lipid pneumonia, mineral oil pneumonia

Pneumopathie lipidique exogène chronique et pseudotumorale, induite par l'inhalation accidentelle et répétée de petites quantités d' »huiles minérales » (hydrocarbures).
Les lipoïdoses pulmonaires exogènes aux huiles animales (huile de foie de morue, graisse de lait), apanage du nourrisson, ont de nos jours presque complètement disparu. Les huiles d'origine végétale ne sont pratiquement jamais en cause. Les « huiles minérales » en sont presque toujours responsables. Il s'agit habituellement de paraffine liquide absorbée par voie buccale dans un but laxatif, souvent pendant de nombreuses années consécutives. Plus rarement, la pneumopathie huileuse est d'origine professionnelle : inhalation chronique d' «huile de coupe » ou de vapeurs huileuses dans un environnement industriel.
Souvent cliniquement asymptomatiques ou peu symptomatiques, ces pneumopathies sont dépistées sur des anomalies radiologiques pulmonaires : opacités bilatérales intéressant préférentiellement le poumon droit et les bases pulmonaires. En tomodensitométrie, les opacités sont déclives et souvent fortement hypodenses (de densité graisseuse), ce qui est évocateur. Envisagé sur l'histoire clinique et les anomalies radiologiques, le diagnostic repose sur le lavage bronchoalvéolaire (LBA) et la biopsie pulmonaire. Le LBA est blanchâtre, d'aspect huileux et les macrophages alvéolaires contiennent de nombreuses vacuoles lipidiques. Dans les cas typiques, la biopsie pulmonaire n'est pas indispensable. Elle montrerait une fibrose interstitielle ou mutilante, infiltrée par des vacuoles lipidiques avec souvent une réaction inflammatoire pouvant prendre l'aspect d'un granulome à cellules géantes. Le traitement se borne à arrêter les huiles minérales, et à traiter un reflux gastroœsophagien s'il existe.
Les pneumopathies huileuses, pneumopathies lipidiques exogènes, doivent être distinguées des pneumopathies lipidiques endogènes.

pneumopathie lipidique endogène

pneumopathie immunoallergique l.f.

pneumopathie d'hypersensibilité, pneumo pathie à éosinophiles

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