Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

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amyloïde adj.

amyloid

1) Qui ressemble à l'amidon.
2) Qualifie une substance protéinique anormale, qui se dépose sous forme fibrillaire entre les cellules de certains tissus ou organes, tels que ganglions, rate, foie, cerveau, en provoquant des lésions dégénératives (amyloïdose), caractéristiques du vieillissement.
La substance amyloïde est formée de peptides issus de l'hydrolyse de protéines précurseurs telles que l'APP (amyloid precursor protein). La protéine SAA (serum amyloid associated), encore appelée apolipoprotéine S (apoS), dont la concentration plasmatique augmente au cours du vieillissement et de certaines affections inflammatoires et cancéreuses, est à l'origine de dépôts amyloïdes dans les reins, le foie ou les surrénales. La protéine b-SA (sérum-amyloïde) est parfois associée à l'allélomorphe de l'apolipoprotéine E (plaques séniles). Le peptide amyloïde Ab qui se dépose dans le cerveau au cours de la maladie d'Alzheimer a une masse moléculaire de 4 kDa, 39 à 43 acides aminés et une structure b-plissée. Deux formes d'Ab ont été décrites : l'Ab40, dite « soluble » est présente dans le liquide céphalorachidien ; l'Ab42 précipite sous forme amyloïde dans le système nerveux et les vaisseaux.
La substance amyloïde prend les colorants de l’amidon, ce qui explique le nom, elle est biréfringente en lumière polarisée spontanément et après action du rouge Congo.

Étym. gr. amulon : amidon

[A3,C1,C3,H1,N3]

Édit. 2017

Andrade (polyneuropathie amyloïde portugaise ou d') l.f.

amyloid polyneuropathy, Andrade or portuguese type

Andrade (maladie de Corino de), amyloïdose primitive familiale neuropathique de type I

[C3,H1,K2,M1,Q2]

Édit. 2017

angiopathie amyloïde cérébrale l.f.

cerebral amyloid angiopathy

Dégénérescence des vaisseaux cérébraux, dont l'incidence, évaluée à 40% dans la population de plus de 60 ans, croît avec l'âge.
Cliniquement, elle se caractérise par la survenue, chez des individus âgés, d'hématomes intracérébraux récidivants, lobaires et corticaux, de topographie variable, expliquant la possibilité d'hémorragies méningées ou sous-durales associées. Les accidents ischémiques sont rares. S'associe un tableau de démence soit artériopathique, soit progressive de type Alzheimer (DTA), voire un aspect pseudotumoral.
Histologiquement, le dépôt amyloïde s'observe dans les artères méningées de moyen et petit calibre, dans les artères et les capillaires du cortex. Une obstruction progressive est à l'origine des ischémies, et des micro-anévrismes sont susceptibles de se rompre, à l'origine des hémorragies multiples. Une leuco-encéphalopathie est aussi relevée. Le diagnostic repose sur l'étude neuropathologique des biopsies cérébrales.
La protéine le plus souvent en cause est la protéine A4, qui est aussi impliquée dans la pathogénie de la démence de type Alzheimer, suggérant un lien possible entre angiopathie amyloïde et DTA.
Parmi les formes familiales, beaucoup plus rares, on distingue le type islandais, lié à un dépôt de cystatine-C, et le type hollandais, lié à une variante de la protéine A4.

démence de type Alzheimer

[A3,H1,H3,K4,Q2]

Édit. 2017

dégénérescence amyloïde l.f.

amylose

[C1,H1,I1,J1,L1,M1,N3,Q2]

Édit. 2017

dégénérescence cornéenne amyloïde l.f.

dégénérescences cornéennes, amyloïde

Indiana (neuropathie amyloïde familiale de type) l.f.

Indiana type amyloid hereditary neuropathy

J. G. Rukavina, dermatologiste américain (1956)

Étym. Cette affection a été décrite chez des personnes d’origine helvétique demeurant dans l’État d’Indiana aux États-Unis

amyloïdes (neuropathies)

infiltration amyloïde l.f.

amylose

[C1,H1,I1,J1,L1,M1,N3,Q2]

Édit. 2017

lichen amyloïde l.m.

lichen amyloidosis ou amyloidosus

amylose cutanée papuleuse

maladie amyloïde l.f.

amylose

[C1,H1,I1,J1,L1,M1,N3,Q2]

Édit. 2017

néphropathie amyloïde l.f.

amylose rénale

neuropathie amyloïde crânienne et dystrophie grillagée cornéenne l.f.

amyloid cranial neuropathy with lattice corneal dystrophy

amyloïdose V

polyneuropathie amyloïde familiale l.f.

neuropathie amyloïde familiale portugaise

protéine amyloïde A l.f.

amyloid protein A

Protéine faisant partie d'une famille d'apolipoprotéines proches des apoC dont on connaît au moins quatre membres chez l'Homme et qu'on désigne par les sigles SAA (SAA1, SAA2, SAA3, SAA4) pour serum amyloid A.
Les SAA sont des petites protéines dont l'affinité pour les lipides est comparable à celle des apolipoprotéines A-I et qui sont un constituant des HDL3, dont la concentration plasmatique augmente pendant les états inflammatoires.

apolipoprotéine S ou apoS

protéine précurseur de l'amyloïde l. f.

amyloid precursor protein (APP)

Protéine transmembranaire fortement exprimée par les neurones dont l'hydrolyse peut conduire à la formation des peptides amyloïdes.
Plusieurs APP de tailles différentes dérivent d'un même gène du chromosome 21. Elles présentent une extrémité COOH-terminale extracellulaire de grande taille. Les APP ont surtout été étudiées dans le système nerveux central, dans lequel elles donnent naissance au cours du vieillissement normal ou pathologique à des peptides amyloïdes A-bêta. Elles peuvent subir deux voies métaboliques principales : la voie sécrétoire, qui comporte une protéolyse par une alpha-sécrétase dont le site d'action est localisé dans la séquence de l'Abêta et qui n'est donc pas amyloïdogène, et la voie endosomique-lysosomique, qui par des bêta- et gamma-sécrétases libère les peptides amyloïdes A-bêta 42 qui forme des dépôts dans le tissu cérébral, provoquant la maladie d’Alzheimer

peptide amyloïde A-bêta, peptide bêta-amyloïde, Alzheimer (maladie de)

[C1,H1]

Édit. 2018

substance amyloïde l.f.

amyloid

Substance protéique extracellulaire, anhiste, homogène, de coloration rose pâle sur les coupes colorées par l'hématéine-éosine, se déposant dans la paroi des petits vaisseaux, sur les membranes basales et dans les espaces intercellulaires.
Elle est responsable de l'atrophie progressive des tissus dans lesquels elle se dépose, notamment coeur et foie. Elle a la propriété de se colorer en rose par le rouge Congo et de devenir, par cette méthode, biréfringente en lumière polarisée, propriété spécifique. Le violet de Paris la colore en rose ; avec la thioflavine T se produit une fluoresence verte en lumière ultraviolette.
Elle est faite de fibrilles protéiques constituées soit de chaînes légères d'immunoglobulines dérivées des plasmocytes, ou amyloïde AL, soit de protéines non immunoglobuliniques synthétisées par le foie, ou amyloïde AA. La maladie qu'elle détermine, dénommée amylose, ou amyloïdose, comporte deux formes : 1) la forme systémique ou généralisée, qui atteint plusieurs organes et est elle-même subdivisée en amylose secondaire, le plus souvent à une inflammation chronique, et en amylose primitive, associée à une dyscrasie plasmocytaire et en amylose familiale ; 2) la forme localisée, qui est limitée à un seul organe.

R. Virchow, anatomopathologiste allemand (1853)

Étym. lat. amylum (du grec amulon) : amidon

amyloïde, amylose, fibrilles amyloïdes

TEP-amyloïde sigle pour Tomographie par Emission de Positons-amyloïde l.f.

Amyloid-PET imaging

Nouvelle imagerie fonctionnelle permettant de visualiser les plaques amyloïdes cérébrales impliquées dans la maladie d’Alzheimer.

TEP, Alzheimer (maladie d'), Alzheimer (biomarqueurs de la maladie d'), amyloïdose cérébrale, peptide amyloïde A-bêta  

[B1,B3,H1]

Édit. 2018

neuropathie amyloïde familiale portugaise l.f.

Forme autosomique dominante la plus fréquente de neuropathie amyloïde familiale, qui débute habituellement vers l'âge de 30 ans par une polyneuropathie d'aggravation progressive, et dont le pronostic est sévère.
L'anomalie biochimique est constituée par une modification structurale de la transthyrétrine (préalbumine : protéine de 127 acides aminés, synthétisée par le foie). Les signes dermatologiques sont discrets sinon absents. Le gène TTR est situé sur le chromosome 18.

C. Andrade, neurologue portugais (1952)

Syn. neuropathie amyloïde héréditaire de type I, paramyloïdose portugaise, paramyloïdose polynévritique des portugais, polyneuropathie amyloïde familiale

amylose, TTR gene

[H1,N3,Q2]

Édit. 2017

C peptide n.m.

peptide C

[C1]

peptide n.m.

peptide

Composé résultant de la condensation d'un nombre variable de molécules d'acides aminés.
Cette condensation crée des liaisons peptidiques -CO-NH- par suite de l'élimination d'une molécule d'eau entre la fonction carboxylique d'un acide aminé et la fonction amine de l'acide aminé voisin. Dans le cas général, chaque peptide possède une extrémité aminée (NH2-terminale) et une extrémité carboxylique (COOH-terminale).
On peut distinguer les oligopeptides, assemblage de moins de quatre molécules d'acides aminés, et les polypeptides, dont la limite supérieure a été fixée arbitrairement à des composés de masse molaire 10 kDa et ne dialysant pas, les polypeptides plus gros étant des protéines. On connaît de nombreux peptides naturels comme l'insuline, l'ACTH, l'angiotensine et le glutathion, ou comme différents antibiotiques. Les peptides sont aussi des produits d'hydrolyse partielle des protéines.

Étym. gr. peptos : digéré

peptide antibiotique l.m.

antibiotic peptide

Peptide naturel ou de synthèse,doué de propriétés bactériostatiques vis-à-vis de certaines espèces bactériennes.
Parmi les peptides antibiotiques les plus connus on trouve les pénicillines, les gramicidines, les actinomycines, les bacitracines, la colistine. Ils sont généralement caractérisés par la présence dans leur structure d'acides aminés de la série D.

peptide antiopioïde l.m.

antiopioid peptide

Peptide ayant des propriétés antagonistes des opioïdes.
De tels peptides peuvent agir en se fixant sur les récepteurs des peptides opioïdes.

peptide opioïde

peptide C n.m.

C peptide

Peptide de connexion, qui fait partie de la molécule de pro-insuline, et qui est détaché par le clivage enzymatique qui achève la synthèse de l'hormone dans le pancréas.
Le peptide C contient 33 acides aminés, dont l'extrémité NH2-terminale (Arg) est liée dans la proinsuline à l'acide aminé COOH-terminal (Thr) de la chaine B (par l'intermédiaire d'un résidu d'arginine qui est détaché secondairement), et l'extrémité COOH-terminale (Lys) est liée à l'acide aminé NH2-terminal (Gly) de la chaine A, également par l'intermédiaire d'un résidu d'arginine qui est détaché secondairement. Le peptide C peut être dosé dans le plasma par électrochimioluminescence. Sa concentration chez le sujet normal est comprise entre 0,9 et 7 ,1 ng/mL. Elle reflète la quantité d'insuline synthétisée. Sa mesure permet donc d’apprécier la secrétion d’insuline résiduelle chez un patient diabétique sous insulinothérapie.

peptide cryptique n.f.

cryptic peptide

Peptide d'une chaîne polypeptidique qui ne s'associe pas aux molécules du complexe majeur d’histocompatibilité d'un organisme, et qui, dès lors, ne peut pas induire une réponse immunitaire dépendant des lymphocytes T.

peptide cyclique l.m.

cyclic peptide

Peptide dépourvu d'acide aminé NH2- et COOH-terminal, du fait d'une liaison peptidique qui assure la fermeture d'un cycle.
De tels peptides existent chez les végétaux et les bactéries ; ils peuvent avoir des propriétés antibiotiques.

peptide-déformylase n.f.

peptide-deformylase

Enzyme qui catalyse l'élimination d'un radical formyle fixé sur l'acide aminé N-terminal d'un peptide ou d'une protéine, enzyme nécessaire à la fin de sa biosynthèse.

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