Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

15 résultats 

apraxie constructive l.f.

constructional apraxia

Incapacité de réaliser des activités graphiques comme le dessin de figures bi- ou tridimensionnelles, ou bien leur reconstruction au moyen de cubes ou de pièces à assembler.
Certains auteurs rattachent à ce cadre les troubles de l'écriture, que d'autres individualisent sous le nom d'apraxie de l'écriture. Actuellement, la nature de ces perturbations n'est plus considérée comme strictement apraxique. Aussi sont-elles désignées sous le nom de troubles visuoconstructifs.

Étym. gr. apraxia : inaction (a : privatif ; praxis : action)

apraxie de l'écriture

apraxie constructive de la main gauche l.f.

left hand constructional apraxia

Incapacité spécifique à dessiner avec la main gauche un objet sur commande verbale, observée lors des lésions calleuses.
L'hémisphère gauche, qui reçoit une consigne verbale, ne peut transmettre à l'hémisphère droit l'information nécessaire à la programmation du geste.
La copie d'un dessin avec la main gauche ne pose aucune difficulté, démontrant l'absence de réel trouble constructif. Du fait d'un mécanisme semblable, certains auteurs lui rattachent l'agraphie de la main gauche.

Étym. gr. apraxia : inaction (a : privatif ; praxis : action)

syndrome du corps calleux

péricardite n.f.

pericarditis

Inflammation aigüe ou subaigüe, avec ou sans épanchement, du péricarde, pouvant survenir au cours de diverses maladies infectieuses.
Les péricardites aigües bénignes d’étiologie virale (à entérovirus, Myxovirus, Herpes virus) sont les plus fréquentes, mais on observe aussi des péricardites, suppurées ou non, au cours d’infections bactériennes, parasitaires ou fongiques. La péricardite tuberculeuse est devenue rare.

péricardite adhésive l.f.

symphyse cardiaque

péricardite aigüe l.f.

acute pericarditis

Inflammation aigüe du péricarde dont les causes sont très diverses.
La péricardite aigüe bénigne, virale ou présumée telle, est la plus fréquente : le tableau est fait :
- de douleurs thoraciques pseudo-angineuses, mais exacerbées par les mouvements ventilatoires ;
- d'un frottement péricardique inconstant à l'auscultation de l'aire précordiale, hautement suggestif ;
- de modifications de caractère diffus, transitoires et cycliques de la repolarisation ventriculaire à l'électrocardiogramme.
Un épanchement péricardique peut être montré par la radiographie et surtout par l'échographie transthoracique, mais il est inconstant car l'épanchement peut être minime ou inexistant (forme dite péricardite «sèche»).
La guérison sans séquelles, spontanée ou après traitement antiinflammatoire non stéroïdien est la règle. Il est exceptionnel qu'on voie une tamponnade nécessitant un drainage en urgence dans cette forme bénigne.
Mais la péricardite aigüe peut relever de bien d'autres causes : rhumatisme articulaire aigu, connectivite, infarctus du myocarde, cancer, hémopathies, suite de chirurgie cardiaque, infections purulentes à germes divers (tuberculose, gonococcie, etc.). Dans certains cas, en particulier après une péricardite tuberculeuse, il peut y avoir des séquelles lointaines avec constitution de fibrose et calcification progressive aboutissant à une péricardite constrictive.
Dans les péricardites à évolution prolongée et à origine peu claire, le diagnostic et le traitement peuvent être orientés par une biopsie péricardique »

péricarde (ponction du), tamponnade cardiaque

péricardite chyleuse l.f.

chylous pericarditis

Présence de chyle dans le péricarde.

péricardite constrictive l.f.

constrictent pericarditis

Péricardite chronique avec épaississement fibreux ou calcifié du péricarde, séquelle tardive d'une péricardite aigüe, tuberculeuse le plus souvent.
Elle entraîne une insuffisance cardiaque par gêne au remplissage diastolique du cœur.
Il en résulte une élévation permanente des pressions diastoliques du capillaire pulmonaire jusqu'à l'oreillette droite. Ce tableau d'«adiastolie» permet de confirmer un diagnostic que faisaient suspecter les signes cliniques évoquant une insuffisance ventriculaire droite, un électrocardiogramme microvolté, des calcifications du péricarde visibles sur la radiographie du thorax et, parfois, la connaissance d'antécédents tuberculeux. La péricardectomie chirurgicale, de technique délicate, est justifiée lorsque le bilan hémodynamique confirme le diagnostic : elle a transformé le pronostic de cette affection.

péricardectomie

péricardite lupique l.f.

lupus pericarditis

Atteinte du péricarde dans le tableau d’un lupus érythémateux disséminé.
Il s’agit généralement d’une péricardite sèche mais parfois d’une péricardite avec épanchement, souvent inaugurale de la maladie. Elle passe par un stade initial aigu suivi d’une évolution chronique à récidive sans jamais de constriction péricardique. Elle est très sensible à la corticothérapie.

péricardite rhumatismale l.f.

rheumatic pericarditis

Atteinte du péricarde au cours de la maladie rhumatismale (rhumatisme articulaire aigu).
Elle peut être la seule manifestation cardiaque de la maladie de Bouillaud, plus souvent elle est associée à une atteinte endomyocardique que donne le pronostic. Elle commence par une phase exsudative aigüe, le liquide citrin, étant généralement peu abondant mais avec parfois des dépôts fibreux épais. Le liquide se résorbe ensuite, spontanément ou sous l’influence de la corticothérapie. Bien que des récidives soient possibles, la péricardite rhumatismale guérit habituellement sans séquelles cliniques. Il est exceptionnel qu’elle aboutisse à une constriction péricardique.

Bouillaud (maladie de)

péricardite «sèche » l.f.

"dry" pericarditis

péricardite aigüe

péricardite septique l.f.

septic pericarditis

Infection purulente de la cavité péricardique.
Elle s’observe surtout chez le nourrisson et l’enfant jeune, et sa fréquence a beaucoup diminué depuis l’avènement des antibiotiques. Le germe responsable est le plus souvent le staphylocoque, mais il peut être plus rarement le pneumocoque, le méningocoque ou un autre bacille. L’infarctus du péricarde peut survenir dans des conditions très diverses : infection pleuropulmonaire, septicémie, foyer infectieux de voisinage (abcès du foie, abcès sousphrénique, abcès péri-œsophagien), plaie pénétrante de poitrine, corps étrangers perforants de l’œsophage, foyers infectieux à distance bactérienne. Outre l’antibiothérapie, le traitement recourt le plus souvent à un drainage péricardique souvent préféré à la ponction péricardique.

péricardite symphysaire l.f.

symphyse cardiaque

péricardite tuberculeuse l.f.

tuberculous pericarditis

Infection du péricarde par le bacille de Koch.
La tuberculose était naguère considérée comme la cause dominante (avec le rhumatisme) des péricardites. Elle est beaucoup plus rare aujourd’hui. L’atteinte péricardique survient dans la phase primo-secondaire du cycle de l’infection tuberculeuse, la séreuse étant atteinte par voie lymphatique dans la primo-infection ou par voie sanguine dans la période secondaire. La péricardite tuberculeuse peut revêtir une forme sèche (inflammation avec réaction fibrineuse et parfois granulations miliaires) ou liquidienne (épanchement plus ou moins abondant sérofibreux ou sérohématique). Elle peut évoluer vers la formation de foyers caséeux ou vers un épaississement fibreux du péricarde plus ou moins vite compressif et susceptible de se calcifier (péricardite chronique constrictive). L’évolution et le pronostic des péricardites tuberculeuses ont été transformés par le traitement spécifique (chimiothérapie quadruple), auquel doit parfois s’ajouter un traitement chirurgical de décortication d’un cœur comprimé (péricardectomie).

tuberculose

péricardite urémique l.f.

uremic pericarditis

Épanchement péricardique observé à la phase terminale de l'insuffisance rénale, en association souvent avec des états de grande dénutrition.

péricardite virale l.f.

viral pericarditis

Infection du péricarde par un virus.
Depuis le recul considérable de la tuberculose et du rhumatisme, les péricardites virales représentent le groupe le plus important des infections du péricarde. Encore faut-il souligner que ce groupe pathologique n’est pas entièrement clarifié, et qu’on soupçonne l'origine virale de certaines péricardites dites péricardites non spécifiques, idiopathiques, ou cryptogénétiques. C’est pourquoi le pourcentage des péricardites virales vraies est amené à augmenter avec l’identification de formes authentiques. Ce groupe est actuellement dominé par trois étiologies principales : la maladie de Bornholm (virus coxsackie du groupe B), la grippe et la mononucléose infectieuse. De nombreuses autres maladies virales peuvent donner des péricardites : hépatite B, sida, zona, varicelle, oreillons, rougeole, variole, etc.). De ces péricardites virales on rapproche les péricardites rickettsiennes (fièvre Q, typhus murin, typhus exanthématique, fièvre boutonneuse).