Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

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Pelizaeus-Merzbacher (maladie de) chez les femmes porteuses (PM) l.f.

Forme de la maladie de Pelizaeus-Merzbacher que présentent certaines femmes qui ont des mutations sur le gène PLP1 (Xq22).
La prévalence est inconnue.
La maladie de PM est liée à l'X, et généralement, seuls les hommes sont affectés. Les femmes hétérozygotes appartenant à des familles avec les formes plus sévères de PM, risquent de développer les symptômes, à l'âge adulte,. Dans certaines familles, les femmes hétérozygotes peuvent présenter des signes neurologiques passagers similaires à ceux des garçons, dont elles récupèrent à la fin de l'enfance ou à l'adolescence.
La PM est due à des mutations ou des excès de quantité sur le gène PLP1 à l'origine d'une hypoméylinisation du système nerveux central. PLP1 code pour la protéine protéolipide ( la protéine la plus importante de la gaine de myéline) et de sa protéine isoforme à épissage alternatif.  Chez les femmes hétérozygotes, les oligodendrocytes dégénérescents sont remplacées par des oligodendrocytes ayant inactivé l'allèle PLP1. Dès lors, à moins que l'inactivation de l'X soit faussée, ces femmes ne seront pas affectées, et la maladie se transmettra sur un mode récessif lié à l'X. Au contraire, dans les familles où les mutations PLP1 ne causent que peu ou pas d'apoptose, comme dans la maladie de Pelizaeus-Merzbacher, mutation non-sens de PLP1, les oligodendrocytes défectueux survivent chez les femmes hétérozygotes, qui sont alors plus susceptibles de développer des signes neurologiques, le plus souvent à l'âge adulte. Dans ce cas, on peut supposer que la transmission est dominante liée à l'X avec pénétrance variable.

Réf. Orphanet, J. Garbern (2011)

Pelizaeus-Merzbacher (maladie de), protéine protéolipide

[H1]

Édit. 2018

dysembryoplasie neuro-épithéliale l.f.

dysembryoplastic neuroepithelial tumor

Prolifération anormale de cellules neuroépithéliales, entité bénigne décrite récemment sur un ensemble de corrélations anatomocliniques.
Il en existe deux formes, simple et complexe, toutes deux observées chez des sujets jeunes qui présentent au long cours une épilepsie isolée, souvent partielle, rebelle au traitement. L'imagerie montre le caractère cortical, hémisphérique, surtout temporal, de la lésion, avec parfois des lésions osseuses en regard.
La forme simple ou composante glioneuronale spécifique, comporte des faisceaux d'axones disposés en colonnes perpendiculairement à la surface, bordés d'oligodendrocytes et de neurones situés dans un tissu lâche présentant un œdème interstitiel. La forme complexe associe, en plus, des foyers de dysplasie corticale et des nodules gliaux qui ressemblent aux tumeurs astrocytaires et oligodendrogliales. L'index de prolifération cellulaire peut être élevé.
Après résection, le pronostic de ces lésions est excellent, ce qui contre-indique radiothérapie et chimiothérapie.

Catherine Daumas-Duport, anatomopathologiste française (1988)

macroglie n.f.

macroglia

Ensemble des astrocytes et des oligodendrocytes, ces derniers à la base de la myéline.

NF1 gene sigle angl. pour neurofibromin 1

Gène situé sur le locus chromosomique 17q11.2 codant pour la neurofibromine. Cette protéine produite par les oligodendrocytes et les cellules de Schwann forme une gaine de myéline protectrice des cellules nerveuses et agit également comme suppresseur de tumeur.
Des mutations de ce gène provoquent la neurofibromatose de type 1 et certains cancers.

Syn. Neurofibromatosis-related protein NF-1, Neurofibromatosis Type 1 Protein, neurofibromin 1 (neurofibromatosis, von Recklinghausen disease, Watson disease), NF1-, AP-Related Protein, NF1 GRP, NF1 Protein, NF1_HUMAN

neurofibromatose de type 1

nogo acr.angl. m. pour Neurite OutGrowth inhibitor

Protéine présente surtout dans le système nerveux, dont on connait plusieurs formes, principalement nogo-A, -B et –C, et dont la propriété essentielle parait être l’inhibition de la croissance des prolongements axonaux. Normalement absente dans les muscles, sa présence chez les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique a été proposée comme test diagnostique de cette affection.
Nogo-A qui est impliqué dans l’inhibition de la régénération des axones est une grosse protéine de 250 kDa ; elle est exprimée dans les oligodendrocytes de la myéline. nogo-B et nogo-C sont des formes beaucoup plus courtes d’environ 35 kDa possédant la même extrémité C-terminale.

oligodendrogliome n.m.

oligodendroglioma

Tumeur gliale infiltrante qui naît des oligodendrocytes et atteint le plus souvent les lobes temporaux ou frontaux de l’adulte.
Selon le système de classification histologique de l’OMS, les oligodendrogliomes se divisent en tumeurs de bas grade (grade II) ou haut grade (grade III, ou anaplasique). Les premières se manifestent le plus souvent par des céphalées et/ou une épilepsie. Les secondes, qui peuvent survenir de novo ou, le plus souvent, sont issues d’une transformation lente des précédentes, sont à l’origine de signes neurologiques focaux et d’une hyperpression intracranienne.
Les oligodendrogliomes représenteraient jusqu’à 30% des tumeurs gliales de l’adulte.
Microscopiquement, les cellules se disposent en nids d'abeille avec un noyau régulier, arrondi, un cytoplasme clarifié, une vascularisation à paroi fine donnant un aspect endocrine, des micro-calcifications libres et le long des capillaires. L'étude ultrastructurale peut être nécessaire dans les formes atypiques. Outre les microtubules et les structures cristallines, les cellules peuvent présenter des prolongements cytoplasmiques enroulés, ébauchant une disposition à type de myéline très lâche.
Au scanner, peu sensible et peu spécifique, la tumeur se traduit par une masse infiltrante, hypodense, contenant dans 90% des cas des calcifications. En IRM c’est une masse très infiltrante hypo-intense en T1, hyperintense en T2 et en FLAIR, homogène (60/% des cas) ou en nid d’baeilles (20% des cas), ne prenant pas le contraste. Un rehaussement de signal après injection de gadolinium est en faveur d'une dégénérescence. Le PETscan à la méthionine montre une hyperfixation des oligodendrogliomes grades 2 et 3 et permet le diagostic différentiel avec les astrocytomes qui ne fixent pas.
Après une biopsie à ciel ouvert ou stéréotaxique, le traitement chirurgical, au mieux par neuronavigation ou IRM opératoire, a pour but de réaliser une exérèse aussi large que possible sans léser les zones fonctionnelles, ce qui est délicat compte tenu du caractère particulièrement infiltrant de la tumeur. Une radiothérapie et une chimiothérapiecomplémentaires peuvent être indiquées.
Les formes qui comportent une délétion 1p 19q (50 à 70% des cas), une mutation IDH1/IDH2 (isocitrate déshydrogénase) ont une meilleure réponse à la radiothérapie et la chimiothérapie et un meilleur pronostic. La délétion 9p10q, ou 1q isolée, la délétion homozygote du locus 16, une amplification du gène EGFR, la mutation MIB1, la diminution de l’expression RARbéta sont de moins bon pronostic.
Le pronostic est en général meilleur que celui des autres tumeurs gliales

oligodendrocyte

[F2,H2]

Édit. 2017

sclérose en plaques l.f.

multiple sclerosis

Affection inflammatoire démyélinisante atteignant des sites dispersés de la substance blanche du cerveau, respectant donc le cortex, et de la moelle, qui évolue de façon discontinue dans ses formes communes.
Le nom de cette affection fréquente (40 à 60 pour 100 000 habitants des climats tempérés, trois femmes pour deux hommes) procède des premières descriptions anatomocliniques. Les lésions consistent en plaques disséminées qui correspondent à des foyers de démyélinisation élective des gaines myéliniques des oligodendrocytes, respectant les axones (dissociation myélinoaxonale) et qui, perdant par la suite leur caractère inflammatoire, évolueront vers la gliose astrocytaire (sclérose), puis s'accompagneront d'une atteinte axonale relative.
Débutant surtout entre 20 et 40 ans, sa symptomatologie est très polymorphe : pyramidale, sensitive, cérébelleuse, visuelle (névrite optique rétrobulbaire). Elle s'associe à des atteintes d'autres nerfs crâniens, sphinctériennes et génitales, psychiques (classique "euphoria sclerotica") et neuropsychologiques.
Il n'y a pas de parallélisme entre les symptômes, les signes d'examen et les données de l'IRM, examen essentiel au diagnostic, qui retrouve des foyers disséminés sous-corticaux bien visibles dans les séquences en T2 et en FLAIR (FLuid Attenuated Inversion Recovery). De nombreuses plaques sans expression clinique sont réparties notamment dans les régions périventriculaires des deux hémisphères. Dans le LCR, une biosynthèse intrathécale d'immunoglobulines, voire une réaction cellulaire, témoigne de l'activité de la maladie. La notion d'anomalies des potentiels évoqués (PEV, PEA, PES) est en faveur de la dissémination du processus.
L'évolution se fait par poussées (formes rémittentes), puis selon des formes dites régulièrement progressives. Certaines sont progressives d'emblée.
La pathogénie met en jeu des facteurs de prédisposition génétiques et des facteurs environnementaux (peut-être de nature infectieuse), expliquant la répartition géographique prédominante dans les régions tempérées et les populations "caucasiennes".
Les glucocorticoïdes sont utilisés lors des poussées. Les traitements de fond utilisent les immunosuppresseurs, ainsi que les antiviraux et immunomodulateurs comme les interférons ß-1a et ß-1b.

sclérose en plaques et troubles psychiques, mitoxantrone, Uthoff (phénomène d'), FLAIR

spongioblaste n.m.

spongioblast

Cellule ou ensemble de cellules embryonnaires d’origine neuro-ectodermique qui se différencient en astrocytes ou en oligodendrocytes.

Étym. gr. spongos : éponge

krabbe (maladie de) l.f.

Krabbe's disease

Maladie lysosomale affectant la substance blanche des systèmes nerveux central et périphérique caractérisée par des symptômes musculaires et encéphaliques.
Il existe des formes infantiles (à début variable) et adultes. La maladie débute très souvent (85 % - 90 %) dans les premiers mois de vie par une irritabilité importante de l'enfant, des contractures musculaires et un arrêt du développement. Les troubles de l'alimentation sont importants. Les troubles toniques aboutissent à une authentique décérébration avec absence totale de mouvement volontaire. Le décès est souvent secondaire à des atteintes infectieuses. Beaucoup plus rarement, la maladie débute entre 6 mois et 5 ans. Les signes comprennent des faiblesses musculaires, perte de la vision et détérioration intellectuelle. La progression de la maladie est très variable même chez les personnes d'une même famille.
La maladie est due à des mutations du gène GALC (14q31) codant pour l'enzyme lysosomale galactocérébrosidase qui catabolise l'hydrolyse du galactose à partir du galactocérébroside et de la galactosylsphingosine (psychosine). L'accumulation de psychosine cytotoxique conduit à l'apoptose des oligodendrocytes et à la démyélinisation des systèmes nerveux central et périphérique. Dans certains cas, la forme infantile est causée par une mutation du gène de la prosaposine PSAP (10q21-q22) codant pour la saposine-A, protéine activatrice des sphingolipides, nécessaire pour l'activité de GALC.
Le diagnostic est suspecté devant le tableau clinique, la faible vitesse de conduction nerveuse, l'électroencéphalogramme anormal et l'IRM cérébrale révélant des anomalies de la substance blanche (démyélinisation, gliose, atrophie cérébrale dans le stade avancé, calcifications). La déficience de GALC est établie à partir de tests enzymatiques sur des leucocytes ou des fibroblastes en culture. A l’examen histologique, des cellules globoïdes (souvent des cellules plurinucléées d'origine macrophagique contenant du galactocérébroside non hydrolysé) sont présentes dans la substance blanche.
Le diagnostic différentiel inclut la leucodystrophie métachromatique, la gangliosidose à GM1, la gangliosidose à GM2, la maladie de Canavan, l'encéphalopathie due à un déficit en prosaposine, l'adrénoleucodystrophie liée à l'X, la maladie de Pelizaeus-Merzbacher et la maladie d'Alexander.
Pour les patients ayant une forme infantile pré-symptomatique et une forme tardive légère, le traitement est limité à la transplantation des cellules souches hématopoïétiques qui ralentit la progression de la maladie.
Un décès précoce (<2-3 ans) survient dans la plupart des cas infantiles mais dans les formes à début tardif, la maladie est généralement fatale après deux à sept ans. Les patients avec la forme adulte peuvent survivre plusieurs années.
La maladie se transmet selon un mode autosomique récessif. Le diagnostic prénatal est possible pour les familles à risque. Si les mutations causant la maladie sont identifiées dans la famille, un dépistage génétique préimplantatoire est possible. Un conseil génétique doit être proposé aux couples à risque.

K. Krabbe, neurologue danois (1916)

Réf. Orphanet, Paola Luzi, D. Wenger (2013)

enzyme lysosomale galactocérébrosidase, galactose, galactocérébroside, galactosylsphingosine, apoptose, oligodendrocytes, saposine
A
, sphingolipides, gliose, leucodystrophie métachromatique, gangliosidose, maladie de Canavan, encéphalopathie due à un

[H1, Q3]

Édit. 2018

myélinisation n.f.

myelinization

Processus de la formation de la myéline où interviennent les oligodendrocytes dans le système nerveux central et, dans le système nerveux périphérique, les cellules de Schwann dont les membranes s’enroulent autour des axones.
On connaît des anomalies congénitales de la myélinisation comme la maladie de Pelizaeus-Merzbacher. Sous le terme de leucodystrophies sont groupées des affections cérébrales caractérisées par des lésions surtout endogènes de la substance blanche hémisphérique sans signes inflammatoires, notamment par une démyélinisation progressive liée à des troubles congénitaux du métabolisme de certains lipides : certains sphingolipides s’accumulent par suite d’un défaut d’enzymes lysosomiques chargé de leur métabolisme.
Ce sont surtout les neuropathies dites tomaculaires (ou allantoïdiennes) qui se caractérisent par une hypermyélinisation.

F. Pelizaeus (1885) et L. Merzbacher (1910), neurologues allemands

Étym. gr. muelos : moelle

hypermyélinisation, hypomyélinisation congénitale (neuropathies avec), démyélinisante (neuropathie congénitale), leucodystrophies ou lésions myéliniques présumées secondaires, Pelizaeus-Merzbacher (maladie de), sclérose en plaques, tomaculaires (neuropath

névroglie n.f.

neuroglia (TA)

neuroglia

Ensemble des cellules gliales qui, dans le système nerveux, constituent l’environnement des neurones.
Représentant environ 50 % du volume cérébral ; elles assurent l’homéostasie, produisent la myéline et assurent le soutien nutritif.
Parmi les cellules gliales, on distingue les astrocytes, les oligodendrocytes, les cellules de  Schwann et la microglie.

R. Virchow, anatomopathologiste allemand (1856)

Étym. gr. neuron : nerf ; gloios : gluant

Syn. anc. basilemme, glie, glu nerveuse

astrocyte, oligodendrocyte, cellule de Schwann, microglie

[A1, A2, H1]

Édit. 2018