Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

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abandon d'enfant l.m.

child abandonment

Acte par lequel la mère abandonne ses droits parentaux et remet son enfant à l'Aide sociale à l'enfance.
Il implique secondairement le consentement à l'adoption de l'enfant. Un délai de réflexion de trois mois est possible. L'abandon administratif peut survenir lorsque l'enfant a été abandonné par son père ou sa mère depuis un an.
L’enfant devient ainsi pupille de l'Etat. Il est adoptable, soit dès la naissance, déclaré à l'état civil né de mère inconnue, soit plus tard, déclaré abandonné par le tribunal de grande instance

aide sociale à l'enfance, névrose d'abandon

[E3]

Édit. 2018

angoisse (névrose d') l.f.

anxiety neurosis

Selon S. Freud (1893-5), état d'anxiété flottante isolée, qui associe sur le plan sémiologique des accès d'angoisse, un fond anxieux chronique et une anxiété anticipatoire permanente, le sujet vivant dans la peur de la répétition des accès.
Les conséquences sociales peuvent être importantes, avec vie socioprofessionnelle réduite et conduites d'évitement des situations anxiogènes. Elle est souvent associée à des attaques de panique, à une agoraphobie, un état dépressif, voire un alcoolisme.
Les traitements sont d'ordre psychothérapique, directifs ou non, et anxiolytiques pendant de courtes périodes en raison du risque de dépendance.

[H3,H4]

Édit. 2017

caractère (névrose de) l.f.

character neurosis

névrose de caractère

[H3,H4]

destinée (névrose de) l.f.

fate neurosis

névrose de destinée

échec (névrose d') l.f.

failure neurosis

névrose d'échec

[H3]

Édit. 2018

effroi (névrose d') l.f.

fright neurosis

Actuellement, névrose traumatique.
Cette affection dont la dénomination par E. Kraepelin (1899) correspond, malgré des similitudes cliniques, à la première distinction nosologique conceptuelle entre l'hystérie et une pathologie autonome liée à un traumatisme psychique, n'a jamais fait autorité et celle de névrose traumatique s'est imposée pour désigner ces états.

E. Kraepelin, psychiatre allemand (1856-1926)

[H3,H4]

Édit. 2018

infantile (névrose) l.f.

infantile neurosis

Étym. lat. infans, in fari : enfant, qui ne parle pas

névrotiques (troubles) de l'enfant

névrose n.f.

Variété de troubles mentaux, très répandus qui n’altèrent pas les fonctions essentielles de la personnalité et dont le sujet est généralement conscient.
Les symptômes, expressions d’un conflit psychique inconscient, peuvent être divers : angoisses, obsessions, phobies, difficultés de relations avec autrui, trouble du sommeil, de l’activité, de la sexualité, etc. Les névroses ne sont pas considérées comme de véritables maladies, leur thérapeutique est essentiellement psychologique. On distingue différents types de névroses ; névrose obsessionnelle, hystérie, névrose phobique, etc.

psychose

névrose actuelle l.f.

actual neurosis

S. Freud opposait deux grands types de névroses : les névroses actuelles (névrose d'angoisse et neurasthénie, puis hypocondrie), qu'il référait à une étiologie somatique, et les psychonévroses, liées à des évènements importants de la vie passée. L'insuffisance de décharge de l'énergie actuelle ou son inadéquation (impuissance, abstinence, coïtus interruptus, masturbation, etc.) étaient à l'origine des névroses actuelles.
Cette distinction n'est plus retenue aujourd'hui. Mais la prise en compte du conflit infantile dans toute névrose n'empêche pas de porter attention aux facteurs "actuels", en particulier dans la pathologie psychosomatique.

[H3,H4]

névrose (choix de la) l.m.

choice of a neurosis

Problème sur lequel bute la théorie psychanalytique des névroses.
Certes, le symptôme névrotique est toujours lié à la conversion du fantasme inconscient en un acte, qu'il s'agisse d'un geste comme le symptôme hystérique ou d'un acte mental comme le symptôme obsessionnel. De plus, le choix de la névrose est initialement en relation avec le stade du développement infantile auquel sont liés les conflits et fantasmes et la personnalité sous-jacente.
Toutefois, il convient de tenir compte aussi des facteurs génétiques ou éducatifs, plus généralement familiaux, des interactions sociales, culturelles, etc. En tout cas, il apparait que le symptôme sert d'expression substitutive à certains fantasmes inconscients qui représentent une part excessive de l'organisation de la vie pulsionnelle du sujet.

D. Widlöcher, A. Guédeney, psychiatres français (1990)

névrose (CIM et DSM) l.f.

neurosis, ICD and DSM

Entreprise au nom d'une démarche descriptive et athéorique sur le plan étiologique, la tentative d'élimination du concept de névrose dans ces deux manuels demeure quelque peu ambigüe.
Dans son chapitre V (F) : "Troubles mentaux et troubles du comportement", la CIM 10 ne reconnait plus la distinction traditionnelle entre névroses et psychoses. Cependant, sous le titre : "Troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes", la section F 40-48 réunit ces trois types de manifestations car liées par le concept historique de névrose et associées (pour une part encore mal déterminée) à une origine psychologique. Un éclatement est toutefois intervenu. Sont décrits successivement : troubles anxieux phobiques ; autres troubles anxieux (trouble panique et anxiété généralisée, en particulier) ; trouble obsessionnel-compulsif ; troubles dissociatifs (de conversion), avec abandon du terme d'hystérie en raison de ses significations nombreuses et différentes ; troubles somatoformes ; autres troubles névrotiques (neurasthénie et syndrome de dépersonnalisation-déréalisation, principalement).
Le DSM-IV redistribue ces troubles en quatre catégories principales : troubles anxieux, somatoformes, dissociatifs et, de façon plus discutable, psychosexuels. Malgré des controverses probables, dues surtout à leur fréquent éclatement en sous-groupes (comme dans la névrose hystérique), il reste que la description de chacune des entités névrotiques classiques est en général retrouvée de façon précise.

névrose d'angoisse l.f.

anxiety neurosis

Selon S. Freud (1893-5), état d'anxiété flottante isolée, qui associe sur le plan sémiologique des accès d'angoisse, un fond anxieux chronique et une anxiété anticipatoire permanente, le sujet vivant dans la peur de la répétition des accès.
Les conséquences sociales peuvent être importantes, avec vie socioprofessionnelle réduite et conduites d'évitement des situations anxiogènes. Elle est souvent associée à des attaques de panique, à une agoraphobie, un état dépressif, voire un alcoolisme.
Les traitements sont d'ordre psychothérapique, directifs ou non, et anxiolytiques pendant de courtes périodes en raison du risque de dépendance.

angoisse

névrose de caractère l.f.

character neurosis

Groupe nosologique discuté, d’ordre psychodynamique, dans lequel les symptômes névrotiques sont remplacés par des traits de caractère répétitifs et fixes qui, comme les symptômes, traduisent le conflit défensif.
Ces traits correspondent: soit à une des grandes organisations névrotiques symptomatiques (formes - ou "caractères", par abréviation - orale, phobique, obsessionnelle, paranoïaque, etc.); soit à une fixation à une étape du développement libidinal (oral, urétral, phallique).
Le caractère est alors une formation réactionnelle stable, qui protège le sujet contre l’angoisse mais irréalise et touche ses relations à l’autre, perçu a priori comme une menace. En fait, des symptômes mineurs peuvent se rencontrer, de même qu’un certain degré d’angoisse libre.
Les névroses de caractère sont souvent difficilement accessibles à une psychothérapie car les anomalies sont profondément inscrites dans la personnalité. Les formes graves peuvent évoquer un état limite.

[H3,H4]

névrose de destinée l.f.

fate neurosis

Organisation pathologique de l'existence en elle-même, sans symptôme spécifique apparent, considérée cependant comme névrotique et liée principalement à l'inexorable de la compulsion de répétition (S. Freud, à partir de 1920).
La répétition régulière de séries d'évènements négatifs ne dépend pas ou peu d'une fatalité externe, d'un destin, mais de la réalisation par ces sujets de leur désir inconscient, qui renvoie aussi à la pulsion de mort.
Une prise de conscience préliminaire de tels mécanismes est un moment important de la cure psychanalytique.

névrose de rente l.f.

pension neurosis

sinistrose

névrose d'imitation l.f.

imitation neurosis

Trouble du langage et de la communication qui consiste à répéter de façon immédiate et quasi automatique des mimiques, des gestes ou des paroles d'autrui.
Il en serait ainsi du latah du sud-est asiatique, souvent décrit chez la femme comme d'allure épidémique, mais dont la pathogénie reste discutée.

névrose expérimentale l.f.

experimental neurosis

modèles expérimentaux et psychiatrie, psychose et névrose expérimentales

névrose gravidique l.f.

Ensemble des manifestations névrotiques, dépression, angoisse, phobie, hystérie, survenant pendant la grossesse

névrose institutionnelle l.f.

institutional neurosis

asilisme

névrose obsessionnelle l.f.

obsessional neurosis

Se dit de la plus fixe, la plus structurée et aussi la plus rare des névroses, forme majeure de l'ancienne psychasthénie de P. Janet.
Elle répond, sur le plan dynamique, à des moyens de défense successifs : déplacement de l'accent affectif, isolation, annulation rétroactive. Il y a régression à un stade "sadique-anal", et la problématique de l'agressivité mortifère en est l'élément central. Malgré l'absence de modèle parfait, les comportementalistes retiennent le rôle de l'apprentissage, de l'habituation, du pseudoconditionnement et d'un état d'activation pathologique. Jusqu'à présent, les données de l'imagerie médicale ne sont pas concordantes.
Des symptômes obsessionnels de l'enfance sont habituels, transitoires et sans signification pathologique. Plus fréquente chez l'homme, la névrose s'installe au début de l'âge adulte. La clinique est dominée par des idées obsédantes avec activité compulsionnelle parfois ritualisée, jointes au doute et à la rumination mentale, dont le patient mesure l'absurdité, voire l'inutilité. Une personnalité de base anancastique ou obsessionnelle-compulsive, voire psychasthénique, est fréquente. Le pronostic est très réservé, avec un retentissement social souvent important, sans ouverture vers l'extérieur.
Les anxiolytiques peuvent calmer la tension anxieuse. Les antidépresseurs, Par ex. les inhibiteurs du recaptage de la sérotonine, semblent efficaces, notamment sur les rituels conjuratoires. Parmi les psychothérapies, les thérapies comportementales paraissent les mieux adaptées.

névrose phobique l.f.

phobic neurosis

phobique (névrose)

névrose post-traumatique l.f.

posttraumatic neurosis

traumatisme somatique et névrose

phobique (névrose) l.f.

phobic neurosis

État névrotique caractérisé par la triade : phobie(s), conduites phobiques, personnalité anxieuse ou évitante, dite classiquement phobique.
S. Freud, en 1895, attribua l'anxiété phobique au déplacement et à la fixation de l'angoisse d'origine conflictuelle sur un "alibi" symbolique constitué par un objet ou une situation phobique. Les comportementalistes retiennent une réaction de peur conditionnée.
Courante dans l'enfance, disparaissant souvent spontanément, la névrose phobique peut aussi débuter vers l'âge de 20 ans. Sa clinique est dominée par l'association d'angoisse élective incoercible, évitement, essai de réassurance par un objet contraphobique et conscience du caractère irrationnel des troubles.
Souvent relativement bénigne, elle est parfois invalidante.
Selon les cas, seront envisagés : psychothérapies de soutien, comportementales (immersion) dans les phobies isolées, ou psychanalytiques dans les formes majeures et fixées ; chimiothérapies surtout anxiolytiques ou par des antidépresseurs, ceux-ci notamment dans les agoraphobies avec attaques de panique, les crises d'angoisse et les dépressions secondaires.

Étym. gr. phobos : crainte

Syn. états névrotiques anxieux et phobiques, troubles anxieux phobiques

hystérie d'angoisse

rente (névrose de) l.f.

compensation neurosis, pension neurosis

sinistrose

transfert (névrose de) l.f.

tranference neurosis

Effet de la relation analytique selon lequel les symptômes ou les conduites pathologiques du patient acquièrent une nouvelle fonction, une nouvelle signification. Le conflit infantile se joue maintenant dans le cadre dynamique du transfert sur l'analyste et se prête mieux à l'élucidation.
À l'intérieur du groupe des "névroses", S. Freud distinguait les névroses de transfert et les névroses narcissiques (les psychoses). Dans les premières (hystérie d'angoisse, hystérie de conversion, névrose obsessionnelle), la libido cherchait toujours son objet à l'extérieur et, dans la cure, mettait l'analyste à cette place. Dans les deuxièmes, la libido était tournée vers le moi et ne pouvait établir une relation transférentielle. On admet aujourd'hui que, contrairement à ce que Freud pensait, les psychotiques nouent des relations transférentielles, parfois très intenses.

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