Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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Hallpike (manœuvre de) l.f.

Hallpike’s test

Manœuvre clinique visant à confirmer le diagnostic de vertige paroxystique positionnel bénin.
Elle consiste, le sujet étant assis sur une table d’examen, tête tournée de 30° du côté que l’on veut tester, en un mouvement rapide de bascule de son corps du côté à tester, tête en-dehors de la table, en extension de 30°, afin de mettre en évidence, sous lunettes grossissantes ou vidéonystagmoscopie, un vertige de position ou un nystagmus battant vers le sol (géotropique), s’inversant lorsque le sujet est relevé.

C. S. Hallpike, otologiste britannique (1952 voir Dix)

vertige paroxystique positionnel bénin, vidéonystagmoscopie, nystagmus

[H1,P1]

Édit. 2015

Heimlich (manœuvre d') l.m.

Heimlich's manœuvre

Manœuvre destinée à provoquer l'expulsion d'un corps étranger inhalé dans les voies aériennes afin d'en assurer la désobstruction immédiate par une compression brusque de la base du thorax et de l'abdomen supérieur.
Après une prise d'aliments, l'obstruction des voies aériennes par un corps étranger bloquant la glotte (ex. inhalation d'un gros morceau de viande par un glouton) ou une bronche (ex. inhalation d'une cacahuète par un jeune enfant) amène une détresse respiratoire aigüe d'apparition brutale. Alors que la victime n'émet aucun son, l'aspect caractéristique de suffocation, implique l'exécution immédiate de cette manœuvre.
Chez l'adulte elle consiste à se placer derrière la victime, à la serrer entre ses bras en plaçant un poing dans le creux épigastrique et l'autre main par-dessus, puis à pousser d'un coup sec les viscères abdominaux dans le thorax pour obtenir une surpression pulmonaire capable d'expulser le corps étranger. Si la victime est couchée à terre en décubitus, le sauveteur à cheval sur elle appuie directement sur l'épigastre. Enfin la victime peut elle-même pratiquer la manœuvre en s'appuyant sur le dos d'une chaise. Chez le jeune enfant, mettre la tête et le thorax en proclive, il suffit alors de prendre la base du thorax entre les deux mains, placer les pouces sur le creux épigastrique et de faire la manœuvre de compression par un geste brutal des pouces. Immédiatement après le rejet du corps étranger la victime revit et parle ou crie.
Si le corps étranger n’est pas délogé, répéter cette manœuvre jusqu’à 5 fois ;
Si le corps étranger n’est pas rejeté, il peut être resté dans la bouche de la victime ; dans ce cas, il faut le rechercher et le retirer prudemment avec les doigts.
Cette manœuvre est à proscrire tant que la victime respire encore avec une dyspnée à composante expiratoire montrant que le corps étranger est situé au-delà du larynx : si le corps étranger était volumineux on risquerait de le bloquer au niveau du cricoïde.

H. J. Heimlich, chirurgien américain (1975)

inhalation d'un corps étranger chez l'enfant, obstruction des voies aériennes, bronchoscopie

[H1,H3,P2]

Édit. 2015

Hon (manœuvre de) l.f.

Hon's manoeuvre

Pression exercée intentionnellement sur le fond utérin pour tenter d'identifier l'origine d'un ralentissement du rythme cardiaque fœtal.
Si la pression reproduit le ralentissement et si celui-ci cesse à l'arrêt de la pression, le ralentissement est a priori dû à une compression du cordon ombilical.

E. H. Hon, pédiatre américain (1963 et 1974)

[O3]

Hoover (manœuvre de) l.f.

Hoover’s test

Manœuvre destinée à affirmer la simulation d’une paralysie d’un membre inférieur.
Une main de l’examinateur est placée sous chaque talon d’un sujet en décubitus dorsal, le soulèvement d’un talon provoque normalement une pression vers le bas de l’autre côté ; son absence signe la simulation.

C. F. Hoover, médecin interniste américain (1865-1927)

[,H3]

Jacquemier (manœuvre de) l.f.

Jacquemier's manoeuvre

Manœuvre obstétricale, pratiquée en cas de dystocie des épaules, consistant à abaisser le bras postérieur du fœtus pour supprimer le relief des épaules.
Après une large épisiotomie, l'opérateur introduit sa main dans la concavité sacrée pour remonter jusqu'au détroit supérieur. Le bras postérieur est alors saisi, puis abaissé jusqu'à la vulve, permettant de transformer un diamètre bi-acromial en un diamètre acromiothoracique plus petit. Il peut être nécessaire de renouveler l'opération sur le bras antérieur du fœtus après l'avoir transformé en bras postérieur par rotation fœtale de 180°.

J. M. Jacquemier, gynécologue accoucheur français, membre de l'Académie de médecine (1846)

Kocher (manœuvre de) l.f.

Kocher’s maneuver

Technique de réduction de la luxation antéro-interne de l’épaule.
Elle consiste en une traction longitudinale sur le bras en rotation externe, coude fléchi, suivie d’une adduction et rotation interne. La manœuvre doit être faite prudemment.

T. Kocher, chirurgien suisse, prix Nobel de médecine en 1909 (1870)

Kristeller (manœuvre de) l.f.

Kristeller’s manœuvre

Manœuvre utilisée en obstétrique lors des accouchements du siège.
Les cuisses fœtales sont saisies après le passage des omoplates, pour relever le tronc vers le haut en exerçant une traction modérée. On rabat ensuite le dos de l'enfant sur le ventre de la mère. L'originalité de cette manœuvre consiste à se faire aider par une tierce personne qui exerce au-dessus du pubis une pression sur le sommet du crâne fœtal.

S. Kristeller, gynécologue obstétricien allemand (1867)

Lachapelle (manœuvre de Madame) l.f.

Lachapelle's manœuvre

Méthode de rotation de la présentation de la face engagée dans l'excavation en mentopostérieure.
Un ou deux doigts introduits dans la bouche du fœtus ou placés en arrière de son menton exercent au moment d'une contraction utérine une pression d'arrière en avant pour entraîner la rotation de la tête.

Marie-Louise Lachapelle, sage-femme parisienne (1821)

Laffont (manœuvre de) l.f.

Laffont’s manoeuvre

Méthode de diagnostic de la rupture utérine au cours de la révision utérine : les doigts peuvent pincer les brèches de la rupture alors que ceci s'avère impossible en cas de simple distension segmentaire.

A. Laffont, gynécologue obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1946)

Lasègue (manœuvre de) l.f.

Lasegue’s test

En décubitus dorsal, l’élévation du membre inférieur par flexion sur le pelvis, jambe en extension sur la cuisse, peut faire apparaître, par mise en tension-élongation du nerf sciatique, une douleur irradiée à la face postérieure du membre inférieur, témoin d’une irritation ou d’une compression du nerf sciatique ou de ses racines.
Cette manœuvre entraîne une douleur dont la topographie est fonction du niveau de la lésion du tronc ou des racines du nerf. L’angle d’élévation du membre inférieur par rapport au plan horizontal a une valeur indicative de la sensibilité anormale du nerf ou de l’importance d’une compression. Lors de la manœuvre, la flexion du genou diminue ou fait disparaître la douleur par diminution de la tension du nerf ; la flexion dorsale du pied, genou étendu, accentue son étirement et augmente ou fait apparaître la douleur. La manœuvre faite du côté sain peut déclencher la douleur du côté opposé : signe de Lasègue controlatéral.

J. J. Forst, médecin français (1881) ; Ch. Lasègue, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1964)

Lasègue (signe de), Lasègue controlatéral

Leclerc (manœuvre de) l.f.

Leclerc's technique

Manœuvre consistant à mettre le bras en abduction contrariée à 20°, pour réaliser l'incidence de l'épaule de face.
En accentuant le pincement de l'espace sousacromial, elle permet de mieux détecter une rupture de la coiffe des rotateurs.

Løvset (manœuvre de) l.f.

Løvset manoeuvre

Manœuvre propre à prévenir ou traiter le relèvement des bras dans l'accouchement en présentation du siège.
Lorsque l'abaissement du bras antérieur n'est pas aisé, une rotation axiale imprimée au fœtus dos en avant, éventuellement répétée à deux ou trois reprises en alternant les rotations dans un sens puis dans l'autre, permet progressivement d'abaisser le bras postérieur devenu antérieur, de le dégager en avant sous la symphyse pubienne et finalement de dégager le deuxième bras ramené en avant par un dernier mouvement de rotation.

J. Løvset, gynécologue obstétricien norvégien (1937)

abaissement des bras (en obstétrique)

Løvset (manœuvre de double rotation de)

Løvset’s manœuvre

J. Løvset, gynécologue obstétricien norvégien (1896-1981)

Pajot (manœuvre de)

Mahon (manœuvre de) l.f.

Mahon's manoeuvre

Manœuvre destinée à traiter la dystocie des épaules en plaçant l'index dans le creux de l'aisselle postérieure afin d'abaisser l'épaule postérieure sous le détroit supérieur.

R. Mahon, gynécologue obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1902-1990)

dystocie des épaules

manœuvre de Champetier de Ribes l.f.

Champetier de Ribes’ manœuvre

Manœuvre d'extraction de la tête fœtale dans la présentation du siège, par traction sur la bouche du fœtus et pression sur l'occiput.

C. Champetier de Ribes, obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1888)

[O3]

manœuvre de Credé l.f.

Credé's technique

1) En urologie, manœuvre utilisée dans le cadre des vessies acontractiles, neurogènes ou non, consistant en une expression manuelle de la vessie pour la vider.
C’est la seule possibilité de vider la vessie quand elle ne peut pas se contracter ou que sa vidange ne peut être obtenue par une hyperpression abdominale. Le patient doit être assis, penché en avant ; il utilise ses deux mains pour exprimer la vessie de haut en bas tout en maintenant simultanément si possible une poussée abdominale. Cette manœuvre est employée lorsque la musculature abdominale insuffisante ou paralytique ne peut apporter aucune aide à la miction. La pratique de l'auto-sondage a remplacé dans de nombreux cas cette manœuvre qui peut être nuisible pour le périnée.
2) En obstétrique maintien de la pression de la main sur le fond utérin dès l’expulsion du fœtus  pour favoriser l’expulsion précoce du placenta.
Le pouce est placé au dessus de l’utérus et la paume de la main en avant ; les pressions doivent accompagner les contractions spontanées de l’utérus. La manœuvre est surtout utilisée en cas de risque d’hémorragie. (1854)

C. S. F. Credé, gynécologue allemand (1881)

Syn. méthode de Credé

neurovessie, vessie autonome

[M3,O1]

manœuvre de Cüppers l.f.

Cüppers' maoeuvre

Procédé d'examen mettant en évidence le blocage d'un muscle oculomoteur principalement le droit interne dans une ésotropie avec nystagmus.
La manœuvre consiste à faire suivre des deux yeux par le sujet une cible mobile partant du champ temporal de l'œil fixateur pour aller progressivement vers le champ temporal de l'œil dévié : normalement, les deux yeux se déplacent de façon conjuguée pour suivre le déplacement de la cible ; en cas de blocage, l'œil dévié reste immobile en adduction ou ne suit que très imparfaitement la cible ; puis, après quelques mouvements nystagmiques, il prend brusquement la fixation. Si l'œil qui, au départ, avait pris la fixation, se met brutalement en adduction exagérée quand l'autre œil prend la fixation, le blocage est dit bilatéral. Pour éviter la mise en jeu de la convergence accommodative, il faut placer devant les deux yeux la correction positive nécessaire en fonction de la distance d'examen. La manœuvre peut être exécutée avec un prisme de forte puissance base externe devant l'œil fixateur.

C. Cüppers, ophtalmologiste allemand (1956) ; L. Corcelle, ophtalmologiste français (1962)

test du prisme base externe de Cüppers, Corcelle (signe de)

[P2]

manœuvre de Hallpike l.f.

Hallpike’s test

Manœuvre clinique visant à confirmer le diagnostic de vertige paroxystique positionnel bénin.
Elle consiste, le sujet étant assis sur une table d’examen, tête tournée de 30° du côté que l’on veut tester, en un mouvement rapide de bascule de son corps du côté à tester, tête en-dehors de la table, en extension de 30°, afin de mettre en évidence, sous lunettes grossissantes ou vidéonystagmoscopie, un vertige de position ou un nystagmus battant vers le sol (géotropique), s’inversant lorsque le sujet est relevé.

Margaret R. Dix et C. S. Hallpike, otologistes britanniques (1952)

vertige paroxystique positionnel bénin, vidéonystagmoscopie, nystagmus

[P1]

Édit. 2015

manœuvre de Heimlich l.f.

H. J. Heimlich, chirurgien thoracique américain (1975)

Heimlich (manœuvre de)

manœuvre de Saxtorph l.f.

Saxtorph's maoeuvre

M. Saxtorph, obstétricien danois (1740-1800), Ch. Pajot, obstétricien français (1816-1896)

Syn. manœuvre de Pajot

Saxtorph (manœuvre de), Pajot (manœuvre de)

Schatz (manœuvre de) l.f.

Schatz manoeuvre

F. Schatz, gynécologue obstétricien allemand (1873)

Schatz (manœuvre de)

manœuvre de secouement rapide de la tête l.f.

head shaking test

Manœuvre de secouement rapide de la tête, dans les plans horizontal et vertical, ayant pour but d’explorer la symétrie des circuits vestibulo-oculaires.
Pour l’exploration dans le plan horizontal, le praticien fait effectuer à la tête du patient des mouvements rapides de rotation de droite à gauche durant 10 allers et retours environ. Les mouvements oculaires sont observés à l'arrêt de la tête en position médiane. Tout nystagmus déclenché dans de telles conditions est pathologique car il indique une asymétrie sur les circuits vestibulo-oculaires. Il bat vers le côté le plus puissant.
Pour l’exploration dans le plan horizontal, le mouvement de la tête est effectué de haut en bas mais le nystagmus observé n'a pas de valeur sémiologique univoque. En effet, un nystagmus vertical peut être observé chez des sujets indemnes de toute pathologie des récepteurs ou des voies vestibulaires.
La réalisation de ce test est améliorée par la vidéonystagmographie :

vestibulaire (examen)

[P1]

manœuvre de Sellick l.f.

Sellick's manoeuver, cricoid pressure

B. A. Sellick, médecin anesthésiste britannique (1961)

Sellick (manœuvre de)

manœuvre de soutien et de protection du périnée l.f.

pelvic floor support and protection

Procédé manuel protégeant le périnée contre le risque de déchirure au cours du dégagement.
La main placée sur le périnée exerce à travers lui une pression sur la tête fœtale pour éviter un dégagement trop rapide. Les doigts limitent la distension périnéale en ramenant les tissus périnéaux vers la ligne médiane.

manœuvre de Suzor et Pelleray l.f.

Suzor-Pelleray’s manoeuvre

R. A. Suzor et J. Pelleray, gynécologues accoucheurs français (1950)

Suzor et Pelleray (manœuvre de)

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