Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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dos de la main l.m.

dorsum manus

Partie postérieure de la main, le sujet étant en position anatomique.
On y trouve essentiellement les tendons extenseurs des doigts (extensores digitorum) et les veines assurant le drainage de la main. Contrairement à la paume de la main (palma manus), la peau y est mince et mobile d'où la gravité des lésions (plaies, brûlures)

paume

fascia dorsal de la main l.m.

fascia dorsalis manus (TA)

dorsal fascia of hand

Aponévrose mince qui recouvre les tendons extenseurs à la face dorsale de la main, du bord latéral du premier métacarpien au bord médial du cinquième.
Elle se continue en haut avec le rétinaculum des extenseurs et se confond en bas avec les tendons extenseurs. Outre ce fascia, dit superficiel, il existe un fascia profond très mince qui recouvre la face dorsale des muscles interosseux dorsaux de la main.

Syn. anc. aponévrose dorsale de la main

[A1]

Édit. 2018

gaine commune des tendons des muscles fléchisseurs de la main l.f.

vagina communis tendinum musculorum flexorum manus (TA)

common flexor sheath of hand

Gaine synoviale annexée aux tendons des muscles fléchisseur profond et fléchisseur superficiel des quatre derniers doigts au niveau de la paume de la main, et aux tendons fléchisseurs du cinquième doigt dans leur trajet digital.
Elle résulte de la confluence de la gaine séreuse carpienne médiale et de la gaine séreuse digitale du cinquième doigt. Elle forme à la paume trois culs-de-sac latéraux : prétendineux, intertendineux et rétrotenditneux. Son cul-de-sac supérieur est à quatre centimètres au-dessus du bord supérieur du rétinaculum des fléchisseurs.

Syn. anc. gaine digito-carpienne interne, gaine cubitale, synoviale digito-carpienne interne

gaines fibreuses des doigts de la main l.f.p.

vaginae fibrosae digitorum manus (TA)

fibrous sheaths of digits of hand

Tunnels ostéo-fibreux dans lesquels cheminent les tendons fléchisseurs sur toute la longueur des doigts.
Ils sont formés, en arrière, par la face antérieure des phalanges et des articulations interphalangiennes et, en avant, par des lames fibreuses demi-circulaires qui passent en pont en avant des tendons, d’un bord à l’autre des phalanges. Epaisse en regard du corps des phalanges (partie annulaire de la gaine fibreuse), chacune de ces lames fibreuses est beaucoup plus lâche en regard des articulations interphalangiennes (partie cruciforme de la gaine fibreuse).

Syn. anc. gaines ostéo-fibreuses digitales

gaines synoviales des doigts de la main l.f.p.

vaginae synoviales digitorum manus (TA)

synovial sheaths of digits of hand

Gaines séreuses annexées au segment distal des tendons fléchisseurs des trois doigts médians.
Le cul-de-sac proximal de chaque gaine est à un centimètre au-dessus de l’interligne métacarpo-phalangien ; le cul-de-sac distal répond à la base de la troisième phalange.

ligament annulaire des doigts de la main l.m.

partie annulaire de la gaine fibreuse des doigts de la main

ligaments collatéraux des articulations inter-phalangiennes de la main l.m.p.

ligamenta collateralia articulationis interphalangeae manus (TA)

collateral ligaments of interphalangeal joints of hand

Deux ligaments, l’un médial, l’autre latéral, unissant la tête de la phalange proximale au tubercule de la base de la phalange distale (faisceau phalangien) et aux faces antéro-latérales du fibro-cartilage d’agrandissement de l’articulation inter-phalangienne (faisceau glénoïdien).

Syn. anc. ligaments latéraux des articulations inter-phalangiennes de la main

ligaments latéraux des articulations inter-phalangiennes de la main l.m.p.

ligaments collatéraux des articulations inter-phalangiennes de la main

ligaments palmaires des articulations interphalangiennes de la  main l.m.p.

ligamenta palmaria articulations interphalangeae manus (TA)

palmar ligaments of interphalangeal joints of hand

Faisceaux de renforcement antérieur de la capsule des articulations interphalangiennes de la main.

main n.f.

manus (TA)

hand

Segment distal du membre supérieur, qui fait suite au poignet et finit à l’extrémité distale des doigts.

main bote l.f.

clubhand

Position anormale de la main, déviée latéralement et en flexion.
1) Selon la position on distingue :
- la main bote radiale ou latérale, inclinée du côté radial.
- la main bote ulnaire ou médiale, inclinée du côté médial.
- la main bote palmaire où l'inflexion de la main et des doigts se fait vers la face antérieure de l'avant-bras.
- Les mains botes radiopalmaire et ulnopalmaire sont les plus fréquentes.
2) Selon l’étiologie on distingue:
- la main bote congénitale avec malformation osseuse par aplasie congénitale du radius ou de l’ulna ou sans lésion osseuse primitive, p. par exemple dans l’arthrogrypose.
- la main bote acquise d’origine paralytique ou traumatique.

Étym.  germ. butta : émoussé

main botte radiale l.f.

Syn. hémimélie radiale

hémimélie radiale

[A4,O6,Q2]

main bote ulnaire l.f.

manus vara

Malposition de la main associant une déviation vers le bord ulnaire (médial) de l'avant-bras et une flexion palmaire.
La main bote ulnaire par malformation congénitale est associée à des rétractions musculo-tendineuses  et souvent à des aplasies ou des déformations du rayon médial de l’avant-bras.

Étym.  germ. butta : émoussé ; ulna : avant-bras

main bote

main bote radiale l.f.

manus valga

Malformation congénitale de la main associant sa déviation vers le bord radial (latéral) de l'avant-bras, une absence du radius, un raccourcissement de l'avant-bras et une saillie de la tête  de l’ulna.
Elle s'observe surtout dans un contexte polymalformatif : malformation cardiaque, atrésie de l'œsophage, malformation vertébrale, etc.

Étym.  germ. butta : émoussé ; radius : rayon de roue, baguette

main bote

main creuse (signe de la) l.f.

hollow hand sign

Aspect anormal de la paume, qui est creusée dans certaines affections neurologiques.
Lorsqu'on demande au patient de se tenir les avant-bras fléchis, verticalement devant lui, paumes en avant, mains et doigts en extension dans l'axe de l'avant-bras et doigts fortement écartés, on voit la paume se creuser du côté concerné par extension, flexion et adduction lègère du premier métacarpien.
Il peut s'agir de chorée, d'athétose (main creuse tonique) ou d'une atteinte pyramidale (main creuse parétique).

R. Garcin, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1955)

main d'accoucheur l.f.

accoucheur's hand

Forme que revêt la main pour l'introduire dans l'utérus avec les doigts allongés et le pouce placé en adduction.
La même attitude de la main s'observe au cours du spasme tétanique.

main de fer de Palfyn l.f.

J. Palfyn, chirurgien et obstétricien belge (1721)

Palfyn (main de fer de)

main de prédicateur l.f.

Attitude particulière de la main, étendue sur l'avant-bras alors que les phalanges sont fléchies

Il s'agit d'une paralysie des muscles innervés par le cubital et le médian, alors que les extenseurs, innervés par le radial, sont préservés.

main de singe l.f.

monkey hand

Aspect particulier de la main, dû à l'atrophie des muscles des éminences thénar et hypothénar.
Le pouce se place sur le même plan que les autres doigts et l'opposition n'est plus possible. La préhension ne peut s'effectuer que par flexion des doigts dans la paume de la main, comme chez le singe. Cette amyotrophie neurogène, qui touche aussi les muscles interosseux, caractérise l'atrophie de type Aran-Duchenne, rencontrée p. par exemple au cours de la sclérose latérale amyotrophique.

F. A. Aran, médecin interniste français (1850) et G. B. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1849)

Aran-Duchenne (syndrome d')

main en lorgnette l.f.

"main en lorgnette" deformity, opera-glass hand

Image radiologique consistant en une association complexe de raccourcissement des phalanges et d'érosions, de destructions et de dislocations des articulations métacarpophalangiennes.
Elle caractérise les formes avancées de polyarthrite rhumatoïde ; on la trouve également dans l'arthrite psoriasique et la lèpre.

P. Marie, membre de l’Académie de médecine et A. Léri, médecins français (1913)

main en miroir l.f.

mirror hand, ulnar dimelia

Malformation congénitale complexe de la main, caractérisée par une duplication du squelette et des parties molles, comme si la main en comportait une autre la doublant.
Les deux parties sont le plus souvent incomplètes et soudées par la région médiale avec une polydactylie de 6 à 8 doigts, le plus souvent à sept doigts, trois latéraux et quatre médiaux. A l’avant-bras l’ulna peut être dédoublé et le radius absent. Les mouvements du coude sont limités ; des anomalies de autres membres ou viscérales peuvent également se voir. Le traitement chirurgical consiste en la réduction à cinq doigts et la pollicisation du doigt latéral le plus fonctionnel.

Syn. dimélie ulnaire

main en moufle l.f.

mitten hand

malformation congénitale de la main dont les quatre derniers doigts sont en syndactylie, le pouce restant séparé.
La main et les doigts sont hypoplasiques ; les métacarpiens et les phalanges peuvent être en synostose ; les tendons forment une lame sans séparation pour les différents doigts. La malformation est associée à d’autres anomalies du membre supérieur et du thorax telle que l’aplasie du grand pectoral (m. pectoralis major) (syndrome de Poland)

A. Poland, Sir, chirurgien britannique (1841)

Étym. bas lat. muffala : mitaine

Poland (syndrome de)

main fendue l.f.

cleft hand, split hand

Malformation congénitale dans laquelle la main présente une absence d'un ou de plusieurs doigts ou rayons médians associée à une fente divisant la main plus ou moins loin en haut.
La déformation est souvent bilatérale ; elle est familiale et peut exister au niveau du pied. Le type morphologique est très varié : associé à une syndactylie, symétrique ou non d’un côté à l’autre, limité à un seul doigt. De nombreuses anomalies sont souvent associées : hypoplasie  d’un des os de l’avant-bras ou de la jambe, dysmorphie faciale en particulier oculaires. L’affection est  d’hérédité autosomique dominante d’expressivité variable et de pénétrance incomplète. Plusieurs gènes SHFM peuvent être en cause ; le plus fréquemment modifié est le gène SHFM 1, locus en 7q21.

Sigle : SHFM pour Split Hand split Foot Malformation

ectrodactylie

main fendue avec nystagmus congénital, modifications au fond d'œil et cataracte l.m.

split-hand with congenital nystagmus fundal changes and cataracts

Syndrome malformatif atteignant l’œil (nystagmus-cataracte), la main et le pied (fente et parfois monodactylie).
A l’examen ophtalmologique, on trouve un strabisme, un nystagmus, des anomalies au fond d'œil et une cataracte. Une surdité est possible Les mains et les pieds sont fendus, les lésions sont bilatérales et les mains n'ont parfois qu'un seul doigt ; il peut également exister une camptodactylie. La cataracte peut manquer. Trois familles ont été décrites. L’affection est autosomique dominante (MIM 183800) avec pénétrance incomplète et expressivité variable. Elle est liée à une lésion du chromosome 7, délétion, translocation ou inversion  en 7q21, modifiant l’action du gène SHFM 1 (Split Hand Foot Malformation) et provoquant la perte d’activité de la zone apicale du bourgeon des membres.

J. Karsch, ophtalmologiste allemand (1936) ; H. Neugebauer, chirugien autrichien (1962)

Syn. syndrome main fendue-nystagmus, Karsch-Neugebauer (syndrome de)

ectrodactylie

main instable ataxique l.f.

unstable ataxic hand

Tendance à la chute des doigts, chacun pour son compte, interrompue par de brusques contractions tendant à rétabir la position primitive, lors de l'épreuve de la main tendue avec occlusion des yeux (Alajouanine et Akerman).
Il s'agit d'un des signes d'une ataxie éventuellement unilatérale (hémiataxie), caractérisée par une hypotonie, un talonnement à la marche et un ajustement défectueux du geste quand il est effectué les yeux fermés. S'ajoutent à ces signes négatifs des réactions toniques d'évitement et des syncinésies d'imitation, manifestations positives.
Le diagnostic avec une syndrome cérébelleux devient d'autant plus difficile en cas d'association d'hypotonie, d'augmentation du ballant et de réflexes pendulaires.
Les lésions en cause se situent au niveau des cordons postérieurs, du thalamus et du cortex pariétal.

T. A. Alajouanine,  neurologue français, membre de l’Académie de médecine et A. Akerman, neurologue brésilien (1931)

Étym. gr. a, privatif : taxis : ordre

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