Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

78 résultats 

mélanome à cellules ballonnisantes l.m.

balloon cell melanoma

Mélanome contenant, dans sa masse tumorale épithélioïdes, des amas de cellules volumineuses à cytoplasme clair non pigmenté, légèrement granuleux et à noyau ovalaire plus ou moins irrégulier, qui parfois ressemble à celui des cellules ballonnisantes de certains nævus, ce qui rend le diagnostic histologique de mélanome parfois difficile.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

nævus à cellules ballonnisantes

mélanome achromique l.m.

amelanotic melanoma

Mélanome siégeant électivement aux pieds, aux malléoles, aux mains ou aux organes génitaux, consistant en un bourgeon érodé saignotant, de diagnostic difficile car non pigmenté et pouvant simuler une verrue irritée, un granulome pyogénique ou encore un porome eccrine.
À l'examen histologique, la nature nævique des cellules tumorales est parfois difficile à déterminer par suite de l'absence de mélanine, même sur des coupes colorées par la technique de Masson : une aide au diagnostic pourra être apportée par les techniques de marquage cellulaire. La nature de la lésion n'étant souvent reconnue que tardivement, il s'agit dans la plupart des cas de lésions infiltrantes à pronostic grave.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur ; a privatif ; chrôma : couleur

mélanome à extension superficielle l.m.

superficial spreading melanoma (SSM)

Variété fréquente de mélanome, représentant environ 70% des cas, survenant principalement chez l'adulte d'âge moyen et pouvant siéger en n'importe quel endroit du corps et se traduisant par une zone pigmentée, polychrome, lentement extensive, à contour arrondi et à bordure surélevée sur laquelle apparaissent secondairement des nodules tumoraux : l'élément caractéristique est en effet une évolution en deux temps puisque, à la phase de croissance horizontale, succède une phase d'invasion verticale.
C'est la découverte de la composante intraépidermique latérale adjacente à la masse tumorale intradermique qui précise histologiquement ce type de mélanome. Comme pour les autres types de mélanomes, le pronostic est fonction du niveau de pénétration de la tumeur dans le derme, de son épaisseur et du stade de l'affection.
Le mélanome pagétoïde en est une forme particulièrement superficielle.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur 

mélanome pagétoïde

mélanome bénin l.m.

melanocytic naevus

nævus nævocellulaire

mélanome choroïdien juxtapapillaire l.m.

paraoptic uveal malignant melanoma

Extension à la papille optique d'un mélanome malin de la choroïde. 
Le mélanome malin choroïdien juxtapapillaire peut envahir par contigüité la région papillaire, mais l'extension postérieure au nerf optique et à la lame criblée est rare.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur ; khoroeidês : en forme de membrane (de khorion : membrane)

mélanome cutané héréditaire malin l.m.

hereditary cutaneous malignant melanoma

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur 

nævus dysplasique héréditaire

mélanome de Dubreuilh l.m.

W. Dubreuilh, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1894)

mélanose circonscrite précancéreuse de Dubreuilh, mélanome sur mélanose de Dubreuilh

mélanome desmoplastique l.m.

desmoplastic melanoma

Mélanome pouvant survenir comme lésion primitive, mais surtout observé dans les récidives, envahissant profondément le derme et composé de cellules fusiformes à noyau irrégulier et hyperchromatique, souvent disposées en faisceaux, simulant un sarcome fibroblastique.
Par suite de l'infiltration profonde de la tumeur, le pronostic est sévère dans la plupart des cas.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur ; desmos : lien ; plassein : modeler, faconner

mélanome de Spitz l.m.

Spitz naevus

Sophie Spitz, anatomopathologiste américaine (1948)

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

nævus de Spitz

mélanome juvénile de Spitz-Allen l.m.

juvenile melanoma

A. C. Allen et Sophie Spitz, anatomopathologistes américains (1953)

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

nævus de Spitz

mélanome malin l.m. (obs.)

mélanome

mélanome malin de la conjonctive l.m.

conjunctival malignant melanoma

Tumeur mélanocytaire maligne rare de la conjonctive qui peut se développer soit de novo, soit sur un nævus préexistant, soit à partir d'une mélanose primitive acquise.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur 

mélanome malin de la vulve l.m.

vulvar malignant melanoma

Tumeur primitive ou secondaire formant une masse tumorale souvent polypoïde, siégeant de préférence au niveau des petites lèvres et du clitoris.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur 

mélanome métastatique d'emblée l.m.

Mélanome dont le premier signe clinique est l'apparition de métastases d'emblée, comme une adénopathie ou des métastases viscérales hépatiques, cérébrales ou autres.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur : methistêmein : changer de place

mélanome nodulaire l.m.

nodular melanoma (NM)

Variété de mélanome, frappant l'adulte, siégeant n'importe où sur la surface cutanée et caractérisée par l'apparition sur la peau normale d'une tumeur noire, isolée, bien délimitée, plus ou moins volumineuse, à surface lisse et pouvant évoluer vers l'ulcération.
Histologiquement, elle consiste en une prolifération bien délimitée envahissant d'emblée le derme et ne présentant aucune activité jonctionnelle autour de la tumeur. Le pronostic est redoutable et l'évolution rapide. Par opposition au mélanome à extension superficielle, la tumeur est d'emblée envahissante en profondeur et ne comporte pas de phase préalable de croissance horizontale.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur ; lat. nodosus : noueux, de nodus : nœud

mélanome pagétoïde l.m.

 pagetoid melanoma

Mélanome à extension superficielle localisé à la partie profonde de l’épiderme et dans la zone de jonction dermo-épidermique, envahissant peu le derme et pouvant plus ou moins simuler histologiquement une maladie de Paget.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur :  eidein : ressembler à

mélanome à extension superficielle

mélanome sur mélanose de Dubreuilh l.m.

lentigo maligna melanoma (LMM)

Mélanome malin survenant sur une mélanose circonscrite précancéreuse de Dubreuilh et se manifestant cliniquement par l'apparition, sur la plaque lentement extensive de la mélanose, d'un ou de plusieurs nodules durs intradermiques de teinte bleutée qui correspondent histologiquement à un envahissement du derme par des cellules tumorales.
Dans l'ensemble, l'évolution est plus lente et de pronostic moins sombre que dans les autres types de mélanome. Ici aussi, le pronostic dépend du niveau d'infiltration dans le derme et de l'épaisseur de la tumeur.

W. Dubreuilh, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1894)

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

mélanose circonscrite précancéreuse de Dubreuilh

mélanome sur nævus bleu l.m.

malignant blue nævus

Mélanome résultant de l’exceptionnelle transformation maligne d'un nævus bleu, se traduisant cliniquement par une augmentation progressive de la tumeur préexistante.
Du point de vue histologique, la lésion a les caractéristiques du nævus bleu, associées aux critères cellulaires de malignité et souvent à des plages de nécrose. En ce qui concerne l'évolution, on distingue une forme à métastases limitées aux nœuds lymphatiques régionaux et une forme avec des métastases généralisées. La première guérit après excision de la tumeur et des nœuds lymphatiques, tandis que la seconde a un pronostic sévère.

Étym. gr. melas : noir ; - ome : suffixe indiquant la tumeur : lat. naevus : tache sur le corps

pagétoïde (mélanome)

mélanome pagétoïde

mélanome familial l.m.

Syn. nævus dysplasique (syndrome du)

nævus dysplasique (syndrome du)

[J1]

Édit. 2018

mélanome n.m.

melanoma

Tumeur maligne fréquente, de cause inconnue, représentant 5%, mais le plus grave, des cancers cutanés et 1% des tumeurs malignes, se développant après la puberté, plus souvent chez la femme que chez l'homme, siégeant principalement aux membres inférieurs, mais s'observant aussi au tronc, à la tête ou aux membres supérieurs, et se développant à partir, soit de mélanocytes épidermiques, c'est-à-dire apparemment de novo, soit d'un nævus préexistant.
Son diagnostic, clinique comme histologique, est plus facile lorsqu'il s'agit d'une lésion pigmentée. Certains cas sont familiaux et l'exposition solaire est un facteur favorisant. On distingue plusieurs variétés dont la fréquence, l'évolution et le pronostic sont différents et dont les principales sont : a) le mélanome sur mélanose précancéreuse de Dubreuilh; b) le mélanome à extension superficielle; c) le mélanome nodulaire ; d) le mélanome des extrémités ou mélanome lentigineux acral ; e) le mélanome des muqueuses.
La structure histologique de la tumeur varie avec le type de lésion mais montre généralement une agression marquée de l'épiderme par les cellules tumorales, une intense activité jonctionnelle et, dans le derme, des amas de cellules volumineuses à noyau irrégulier, clair, boursoufflé et à cytoplasme abondant souvent rempli de mélanine; les mitoses sont nombreuses et l'infiltrat inflammatoire péritumoral important. Dans les cas difficiles, l'histopathologiste pourra s'aider de marqueurs des cellules tumorales tels que protéine S100, vimentine, HMB45.
L'évolution se fait schématiquement en trois stades cliniques, le premier étant celui de la tumeur primitive, le second celui de métastases locorégionales et le troisième celui de la généralisation. Le pronostic est principalement fonction, d'une part, du niveau de Clark de la tumeur, reflétant sa pénétration intradermique, et de l'indice de Breslow correspondant à son épaisseur et, d'autre part, de la présence ou non de métastases. Le traitement consiste en l'exérèse précoce et large de la néoformation. La radiothérapie, l'immunothérapie et la chimiothérapie sont peu efficaces.

W. Dubreuilh, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1894) ; A. Breslow, anatomopathologiste américain (1970) ; W. H. Clark Jr, anatomopathologiste américain (1967)

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

Syn. mélanome malin (obs.), nævocarcinome (obs.), mélanosarcome (obs.), mélanoblastome (obs.)

Breslow (indice de), Clark (niveau de)

Spitz-Allen (mélanome juvénile de) l.m.

Sophie Spitz et A. C. Allen, anatomopathologistes américains (1948 et 1953)

naevus de Spitz

mélanome lentigineux acral l.m.

acral lentiginous melanoma

Mélanome siégeant sur les paumes, les plantes et les extrémités digitales où il se localise sous ou autour de l'ongle, réalisant dans ce dernier cas l'aspect du panaris mélanique d'Hutchinson.
Si, pour certains, il n'est qu'une localisation particulière du mélanome, en fait, il en a été initialement décrit comme une variété spéciale également par son aspect anatomoclinique qui l'apparente à la mélanose de Dubreuilh ou lentigo maligna des anglosaxons.

J. Hutchinson, Sir, chirurgien britannique (1857) ; W. A. Dubreuil, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1912)

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur : akros : extrème ; lat : lens, lentis :

mélanome malin intraoculaire familial l.m.

malignant intraocular melanoma

Mélanome intraoculaire familial.
L'incidence familiale du mélanome malin intraoculaire ou du mélanome intraoculaire avec le mélanome cutané a été décrite par plusieurs auteurs, mais cette incidence est rarissime et peut être fortuite. L’affection serait autosomique dominante (MIM 155700).

R. C. Davenport, ophtalmologiste britannique (1927)

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

mélanome uvéal (facteurs génétiques du) l.m.

uveal melanoma

Le nævocarcinome intraoculaire est pratiquement toujours sporadique mais il existe des facteurs génétiques de prédisposition.
Les recherches, en biologie moléculaire et en cytogénétique, de facteurs communs génétiques pour les patients atteints de mélanome uvéal (comme cela a été fait pour le rétinoblastome et la tumeur de Wilms), ont montré que le chromosome 3 est porteur d'un gène suppresseur et le chromosome 8 d'un gène oncogène (MIM 155720).

S. Mukai et T. P. Dryja,  ophtalmologistes américains (1985)

Étym. gr. melas, melanos : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur : lat. uva : grappe

| /4 | page suivante