Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

14 résultats 

interféron (traitement par l') l.m.

interferon treatment

Utilisation thérapeutique de deux types d’interféron : l’interféron "classique" et l’interféron pégylé, dans le traitement des hépatites virales B et C.
L’interféron "classique", α 2a ou 2b et alphacon 1, est prescrit dans les formes chroniques actives de l’hépatite B, par voie injectable, en cures prolongées de plusieurs mois. L’interféron pégylé ou peg-interféron α 2a ou 2b, forme retard d’interféron, est utilisé, par voie injectable, dans certaines formes évolutives d’hépatite C, en monothérapie ou associé à la ribavirine et aussi, très récemment, au cours de l’hépatite B.
Dans ces deux indications, ce traitement, en dépit de contraintes importantes et d’effets indésirables fréquents, a fait la preuve de son efficacité.

hépatite B, hépatite C

lithium (traitement par) l.m.

lithium (treatment)

Traitement qui doit respecter les indications, et l'absence de contrindications : régime désodé, insuffisance rénale ou cardiaque sévère, usage de contraceptifs.
Il est de règle d'augmenter progressivement la posologie avec des contrôles lithiémiques hebdomadaires puis mensuels, permettant d'atteindre un taux plasmatique de 0,4 à 1,2 mmol/1, en fonction du rapport effets thérapeutiques/effets indésirables chez chaque patient. Ensuite, un contrôle de ce taux est effectué toutes les quatre à huit semaines.
La survenue d'effets indésirables peut inciter à revoir la posologie (les tremblements sont dose-dépendants), les conditions de prescription (plus grande fréquence du syndrome polyuropolydipsique en prises fractionnées qu'en monoprise vespérale), la nature de celle-ci (coprescription nécessaire devant certains effets secondaires, par exemple d'hormones thyroïdiennes pour une hypothyroïdie litho-induite).
L'évaluation de l'action de la lithiothérapie se fait après 10 à 15 jours dans un syndrome maniaque, après 12 à 24 mois d'un traitement prophylactique. Chaque année, seront vérifiées certaines fonctions hormonales (thyroïdienne, parathyroïdienne), l'état cardiaque (ECG) et rénal (créatininémie).
L'arrêt brutal du traitement de maintenance ou une chute brusque des taux sériques comportent un risque de récidive, notamment sous la forme d'épisode maniaque. L'arrêt doit donc être progressif en deux à quatre semaines. Le risque de rechute est important pour les troubles bipolaires de type I dans les six mois à un an suivant l'arrêt. Un risque de résistance secondaire à l'arrêt après six à 15 ans de lithium a été rapporté.

ondes de choc (traitement des affections musculo-squelettiques par l.m.p.

A côté du traitement des calculs urinaires ou biliaires (lithotripsie) les ondes de choc peuvent être utilisées dans le traitement de diverses affections de l’appareil moteur : tendinopathies chroniques calcifiantes ou non, enthésopathies, aponévropathies

Le principe du traitement est d’occasionner un traumatisme du tendon ou de son enthèse par le moyen d’une forte et brutale augmentation de pression, pour susciter une réaction physique et chimique bénéfique,
Deus sortes d’ondes de choc peuvent être utilisées : extra-corporelles et radiales.
Les ondes de choc extra-corporelles sont produites par des dispositifs piézo-électriques, électro-magnétiques ou électro-hydrauliques. Très puissantes (jusqu’à 1000 bars), elles sont extrêmement brèves, et émises en rafales. Leur épicentre est situé en profondeur. Un repérage échographique peut être utilisé.
Les ondes de choc radialessont dues à une masse, propulsée par air comprimé, qui vient percuter la peau. L’augmentation de pression est moins importante que précédemment (1 à 10 bars), mais plus prolongée (5ms en moyenne). Maximale en superficie, elle diffuse de façon conique en profondeur en perdant progressivement de sa puissance.
Quelques séances sont réalisées. Les résultats, différés, sont variables en fonction des affections.

lithotripsie extracorporelle, lithotripsie

[B3,I3]

Édit. 2017

sels d'or (traitement par) l.m.

chrysotherapy, gold treatment

Administration par voie parentérale de composants auriques, polymères hydrophiles, dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.
L'auranofin qui est un monomère apolaire, liposoluble, pouvant traverser la barrière intestinale, est prescrit par voie orale.
On ignore le mécanisme de l'efficacité des sels d'or, pourvus de nombreuses propriétés in vitro et in vivo, dans cette affection. La posologie la plus répandue consiste à pratiquer à titre d'essai une injection de 25 mg, suivie d'une injection hebdomadaire de 50 à 100 mg jusqu'à une dose totale 1,20 à 1,25 g. La forme orale est administrée à raison de 6 mg/jour. La rémission n'apparaît en général qu'au bout de deux mois. La recherche d'une éventuelle albuminurie doit être pratiquée avant toute injection. Une surveillance de la formule sanguine et une recherche de protéinurie sont instaurées tous les 15 jours en début de traitement,  puis tous les mois.

  néphrotoxicité des sels d' or

traitement hygiénique des mains par friction l. m.

hygienic handrub

Traitement des mains par un produit bactéricide approprié dont l’activité est ciblée sur les micro-organismes de la flore transitoire, afin de prévenir leur transmission, sans tenir compte de l’action sur la flore résidente de la peau.
La friction hydro-alcoolique peut être utilisée en remplacement du lavage hygiénique sur des mains visuellement propres, non souillées par des liquides ou matières organiques, sèches et en l’absence de talc et poudre. Elle ne dispense pas du port de gants (non talqués) pour la protection du personnel lors de soins exposant à un contact avec du sang ou des liquides biologiques. Une friction hydro-alcoolique doit être effectuée immédiatement après le retrait des gants. La procédure d’application de la friction est décrite dans la norme européenne EN 1500.

tuberculose pulmonaire chez les sujets infectés par le VIH (traitement de la) l.m.

pulmonary tuberculosis in AIDS patients (treatment)

Traitement antituberculeux des patients infectés par le VIH.
Il est aussi efficace que chez les autres patients tuberculeux.
Dans le cas d'une tuberculose à bacilles sensibles, la quadrithérapie est faite pendant 2 mois, puis l'on passe à une bithérapie et la durée totale du traitement est de 10 mois. Si les cultures de crachats, après 2 mois de traitement, restent positives, il faut poursuivre la quadrithérapie jusqu'à négativation, puis l'on passe à une bithérapie pour les 9 mois suivants.
Si le patient a un chiffre de lymphocytes CD4 inférieur à 200/mm3 et n'est pas déjà traité pour son Sida, il faut toujours commencer par le traitement antituberculeux. Le traitement antirétroviral ne doit pas être instauré avant 15 jours de traitement antituberculeux, mais le mieux est d'attendre 2 mois, lorsque la situation de la tuberculose est stabilisée.
Du fait des interactions médicamenteuses, des adaptations de la posologie des antiviraux et des antituberculeux sont nécessaires. Il faut donc que les décisions soient prises par des spécialistes de ces problèmes.

œuf de caille (traitement par l') l.m.

quail egg

Base ancienne du traitement des états allergiques, consistant en la prise matinale de séries d'œufs de caille.
Ce traitement était prôné en particulier en Europe de l'Est, en Russie, en Pologne. Aucune étude contrôlée de l'effet clinique de l'œuf de caille n'a été possible. Certains allergiques à l'œuf de poule peuvent présenter des accidents d'allergie immédiate à la prise d'œuf de caille.

Édit. 2017

interféron n.m.

interferon

Molécule protéique sécrétée par les cellules leucocytaires ou surtout fibroblastiques sous l'influence d'infections bactériennes ou surtout virales et dont l'action peut s'exercer à distance sur d'autres cellules où elle bloque le développement des virus.
L'effet des interférons est rapide car il se manifeste 3 heures après leur fixation sur les récepteurs, à des doses aussi faibles que 10-14 mol/L. Leur mode d'action comporte la stimulation du gène d'une protéine-kinase qui inactive le facteur d'initiation de la biosynthèse des protéines eIF2, et qui active la 2',5'-oligo-adénylate-synthétase et, par cet oligo-adénylate, une ribonucléase qui dégrade les ARNm. Les interférons sont des glycoprotéines de masse moléculaire 15 à 20 kDa. On distingue des interférons alpha sécrétés par les macrophages et les lymphocytes, les interférons bêta provenant des fibroblastes, les interférons gamma produits par les cellules lymphoïdes. Les interférons confèrent aux cellules un état de résistance à l'infection virale, en ayant une activité soit antivirale (interférons alpha et bêta), soit immunomodulatrice (interférons gamma).

interféron (effets indésirables de l') l.f.p.

psychiatric side-effects of interferon

La prescription croissante de cette substance dans les hépatites chroniques actives, en carcinologie et comme immunomodulateur, fait craindre des effets indésirables.
Sont observés : des états dépressifs anxieux relativement fréquents (environ 25 % des cas), souvent en relation étroite avec les injections du produit ; des délires de persécution à type de bouffée délirante ; un mélange ou une alternance de ces deux ordres de troubles.
La notion d'antécédents psychiatriques n'est plus tenue pour constante.

hépatite B, hépatite C

interféron alpha-2b pégylé l.m.

pegyle interferon

Interféron dont la demi-vie est prolongée grâce à la pégylation.
Il est utilisé dans le traitement de l’hépatite C chronique (une seule injection sous-cutanée par
semaine), le plus souvent en association avec la ribavirine.

pégylation, hépatite C, ribavirine, interféron, interféron (traitement par l')

interferon regulatory factor 6 l.f.

interferon regulatory factor 6

facteur de régulation de l'interféron 6

Peg-interféron n.m.

interféron (traitement par l')

déficit en chaînes alpha du récepteur de l'interféron γ l.m.

interferon gamma receptor alpha chain deficiency

Déficit immunitaire caractérisé par des infections sévères par le BCG (BCGite) et les mycobactéries atypiques.

facteur de régulation de l'interféron 6 l. f.

interferon regulatory factor 6

L’interferon regulatory factor 6 (IRF 6) est une protéine nucléaire ayant une fonction de facteur de transcription qui régule l’expression de plusieurs gènes impliqués dans le développement.
Des mutations d’IRF 6 sont responsables du syndrome de van der Woude, caractérisé par des anomalies labiales, palatines et dentaires.

van der Woude (syndrome de)

[C1,F3]

Édit. 2018