Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

13 résultats :

immunité n.f.

immunity

1- En biologie, état de l’organisme réfractaire à une infection par un microorganisme ou aux effets toxiques d’une substance antigénique qu’elle soit d’origine microbienne ou non.
 L'immunité peut être spécifique ou non, innée ou acquise, humorale, cellulaire ou mixte. Elle peut résulter d’une première exposition à l'agent pathogène ou à ses antigènes, p. ex. après vaccination. On parle alors d’immunité spécifique ou adaptative. L’immunité peut être consécutive à l’injection d’anticorps produits dans un autre organisme. Il s’agit alors d’immunité passive. Elle peut être induite par injection de lymphocytes provenant d’un organisme résistant. On parle alors d’immunité adoptive et l’expérience est désignée sous le nom de transfert adoptif de lymphocytes T.
2- En droit pénal, exception prévue par la loi, interdisant la condamnation d’une personne qui se trouve dans une situation bien déterminée.
En droit international public, l’immunité diplomatique ou consulaire a pour but de favoriser le libre exercice de ces fonctions.
En droit constitutionnel, l’immunité parlementaire met  les représentants élus à l’abri des poursuites judiciaires en vue d’assurer le libre exercice de leur mandat.

Étym. lat. immunis : exempt de

vaccination, immunité passive

immunité à médiation cellulaire l.f.

cell mediated immunity, cellular immunity, delayed hypersensitivity, tuberculin type hypersensitivity

Immunité spécifique, acquise ou passive, reposant sur l’intervention de lymphocytes T sensibilisés, transmissible par ces lymphocytes, intervenant dans les phénomènes d’hypersensibilité retardée (type IV), dans la résistance à de nombreuses infections bactériennes, fongiques et virales ainsi que dans la réaction aux cancers, dans le rejet des greffes, dans les auto-immunités et dans certaines formes d’allergie (hypersensibilité ou dermite de contact, eczéma).

Étym. lat. immunis : exempt de

immunité à médiation humorale l.f.

Humoral immunity, antibody-mediated immunity

Immunité spécifique, acquise ou passive, dépendant de l’intervention d’anticorps produits par les lymphocytes B et les plasmocytes, transmissible par le sérum et intervenant dans les hypersensibilités de type I (hypersensibilité anaphylactique à IgE), de type II (cytotoxicité anticorps dépendante) et de type III (pathologie à complexes immuns).

Étym. lat. immunis : exempt de

immunité cellulaire l.f.

cell immunity

immunité à médiation cellulaire

immunité de transposition l.f.

transposition immunity

Phénomène par lequel, dans une cellule, un transposon inséré sur un réplicon empêche l'insertion sur celui-ci d'une autre copie de ce transposon.
Cette propriété ne concerne que certains transposons. La fréquence de transposition de ce transposon sur d'autres réplicons n'est pas affectée.

Étym. lat. immunis : exempt de

transposon, réplicon

immunité due aux traumatismes (baisse d' ) l.f.

decrease of immunity following trauma

Les mécanismes de défense contre l'infection sont globalement déprimés après un traumatisme.
L'inhibition de l'immunité non spécifique se traduit par l'altération du chimiotactisme, de l'opsonisation et de la phagocytose des lymphocytes. Elle correspond à un déséquilibre entre les monocytes facilitateurs (T-helpers) et inhibiteurs (T-suppressors) ce qui entraîne une limitation de la paralysie immunitaire consécutive à la perte de la fonction facilitatrice des monocytes, d'où suractivation des T-uppressors et réduction du système de défense contre l'inflammation.

Étym. lat. immunis : exempt de

chimiotactisme, opsonisation, phagocytose, T facilitant, T-suppressor

immunité maternelle l.f.

maternal immunity

Immunité passive naturelle de type humoral chez le fœtus et le nouveau-né, conférée par les anticorps maternels.
Chez l'Homme et les primates, cette immunité est essentiellement due au passage transplacentaire des anticorps maternels (IgG) mais aussi à l'allaitement (IgA sécrétoires).

Étym. lat. immunis : exempt de

IgG, IgA sécrétoire

immunité naturelle l.f.

natural immunity

immunité naturelle ou innée

immunité naturelle ou innée l.f.

innate immunity, natural immunity

Ensemble des mécanismes permettant à un hôte de résister à un microorganisme pathogène, à l'exclusion des mécanismes de l'immunité adaptative ou spécifique.
Les principaux effecteurs de l’immunité innée sont cellulaires (monocytes, macrophages, polynucléaires, cellules NK (natural killer) et moléculaires (protéines plasmatiques telles que les composants du complément appartenant à ses voies d’activation alterne et lectinique (lectin-pathway), certaines cytokines, les toll-like receptors de description plus récente. La mise en jeu de l’immunité acquise commence par la reconnaissance par ses effecteurs de structures communes à de nombreux agents pathogènes. Ces structures, les PAMPs (Pathogen-Associated-Molecular-Patterns), sont phylogénétiquement très anciennes et ont été conservées tout au long de l’Evolution. La reconnaissance de ces structures par les effecteurs de l’immunité innée entraîne l’activation de nombreux gènes pro-inflammatoires. À la différence de ce qui se passe dans l’immunité adaptative, la mise en jeu de l’immunité innée est immédiate, sans phase de latence, intervenant dès la reconnaissance de l’agent déclenchant. Elle n’est pas non plus inductrice de mémoire, la réaction à une réexposition à l’agent déclenchant se déroulant comme la première exposition, c'est-à-dire qu’elle n’est ni plus rapide, ni plus intense que la réponse à la première exposition.

Étym. lat. immunis : exempt de

monocytes, macrophages, polynucléaires, cellules NK, complément, cytokine

immunité passive l.f.

passive immunity

État de résistance vis-à-vis d'un microorganisme pathogène consécutif à l'injection d'anticorps produits dans un organisme autre que l'hôte infecté.

Étym. lat. immunis : exempt de

auto-immunité n.f.

autoimmunity

État dans lequel un organisme fabrique des anticorps contre les constituants de ses propres cellules ou tissus.
Le système immunitaire contient des lymphocytes T et B potentiellement autoréactivés mais normalement contrôlés par des mécanismes de tolérance périphérique évitant la réaction contre l'auto-antigène. De nombreux mécanismes et étapes sont impliqués dans les cascades complexes de sélection et d'inactivation
L’auto-immunité existe à l’état normal et n’entraîne pas en elle-même de désordre pathologique. Dans les affections auto-immunitaires, le plus souvent chroniques et pouvant toucher divers organes, les défenses immunitaires anormalement développées s'écartent de leur rôle de défense contre les agents infectieux et s'attaquent aux propres constituants de l'organisme, pathogénie volontiers invoquée. Certaines maladies auto-immunes humaines sont associées à la présence d’auto-anticorps pathogènes ou de lymphocytes T autoréactifs à l’origine de lésions inflammatoires ou cytotoxiques.

réponse immunitaire, tolérance immunitaire, maladie auto-immune

lipocaline 2 (NGAL : lipocaline associée à la gélatinase des neutrophiles) l.f

Protéine identifiée dans les granules des polynucléaires neutrophiles, puis dans de nombreux types de cellules épithéliales dont les cellules tubulaires de la partie distale du néphron, impliquée dans l’immunité innée en séquestrant le fer, ce qui limite

La NGAL est détectée, chez l’Homme, dans le sang et dans les urines. L’augmentation de sa concentration est un signe précoce d’insuffisance rénale aiguë, associée à un mauvais pronostic. Elle est spécifique de l’atteinte tubulaire rénale précédant l’élévation de la créatinine sérique qui, elle, mesure la fonction rénale globale. Son utilisation permet ainsi de réduire le délai avant le traitement.

insuffisance rénale aigüe

paranéoplasiques (syndromes neurologiques et auto-immunité) l.m.p.

paraneoplastic neurological syndromes and auto-immunity

Manifestations neurologiques non métastatiques ni liées à des complications métaboliques, infectieuses, toxiques, vasculaires ou iatrogènes, cependant associées à une affection maligne.
Malgré leur relative rareté, l'intérêt en est double : clinique, lié à l'antériorité possible de leurs signes par rapport à ceux d'une néoplasie latente, permettant la révélation de celle-ci ; pathogénique, avec notamment les progrès de la recherche neuro-immunologique. Relevée dans un grand nombre de cas, cette notion d'auto-immunité présente un double intérêt : pratique, par l'aide ainsi apportée au diagnostic de syndrome paranéoplasique ; théorique, par l'exemple particulier de mimétisme moléculaire qu'offrent très probablement ces syndromes, à savoir une autoréactivité suscitée par des néo-antigènes tumoraux ayant une parenté ou une identité structurale avec des autoantigènes neuronaux.

atrophie cérébelleuse paranéoplasique, coagulopathie intravasculaire disséminée, dermatomyosite, dysautonomie, encéphalite limbique, encéphalomyélonévrite paranéoplasique, homme raide (syndrome de l'), Lambert-Eaton (syndrome myasthéniforme, myasthénique,