Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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hystérie d'angoisse l.f.

anxiety hysteria

Selon S. Freud, névrose phobique, offrant des analogies structurales avec l'hystérie de conversion.
Toutefois, l'hystérie d'angoisse diffère de cette dernière, où l'investissement libidinal d'une représentation refoulée conduit à un symptôme de type somatique. Ici, l'angoisse due à une représentation angoissante liée à la sexualité, apparaît en soi-même. Elle produit une fuite qui déplace l'investissement vers une représentation substitutive. Celle-ci joue à la fois le rôle de signal d'angoisse et d'écran devant la signification réelle de cette angoisse.

névrose hystérique

hystérie (histoire de l') l.f.

hysteria history

Concept dont la longue histoire et les avatars remontent à l'Antiquité, avec l'attribution de divers troubles à la migration de l'utérus vers le haut du corps (papyrus égyptien de Kahun, il y a environ 4000 ans).
Au cours des siècles, les femmes hystériques ont provoqué des controverses et des passions dont elles ont été souvent victimes (les hommes hystériques, moins). À leur encontre, persistent réticences, voire rejet. Actuellement, du moins en France, la grande hystérie de tous sexes semble être revenue dans le contexte de l'hôpital général, qui lui offre une belle scène.
Ce sont les psychanalystes, et tout particulièrement S. Freud, qui ont apporté la réflexion la plus riche, en montrant que l'angoisse est alors neutralisée par son déguisement, sa conversion en une "pathologie d'emprunt", surtout somatique. Dans ce processus de transformation du conflit psychique, intervient la dissociation, clivage entre une personnalité restée intacte et un état quasi hypnoïde, avec vécu intense d'images, de souvenirs, de fantasmes et fascination de la conscience, que la patiente réalise plastiquement : "elle agit ses idées fixes inconscientes" (P. Janet).
Ainsi sont réalisés à la fois des bénéfices primaires (liés à l'apaisement des tensions internes par le compromis défensif réalisé), et secondaires (procurés par le réseau d'interdépendance créé avec l'entourage et par les gratifications affectives, financières, voire statutaires, surtout si le symptôme a reçu du médecin un sceau d'organicité). C'est dire la fréquence de la chronicisation.

J-M. Charcot, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1825-1893)

Étym. gr. hustera : matrice

névrose hystérique, état hypnoïde, fantasmes

[H3]

Édit. 2018

hystérie traumatique l.f.

traumatic hysteria

État pathologique consécutif à un traumatisme psychique, constitué de signes pseudoneurologiques et psychiques de la série hystérique, selon une conception assignant au traumatisme un rôle révélateur des terrains hystérique et neurasthénique (J.M. Charcot).
Ces tableaux cliniques comprenant une "période de méditation" (période de latence) et des cauchemars à répétition, sont maintenant intégrés dans le cadre de la névrose traumatique. Ils se distinguent de l'hystérie posttraumatique, développée à partir d'un point d'appel somatique à la suite d'un accident ou d'une blessure physique.

névrose hystérique

conversion n.f.

Tentative de transposition, dans l'hystérie, d'un conflit psychique non résolu par le sujet en des symptômes somatiques de la vie de relation à haute charge symbolique

Les investigations somatiques restent négatives devant des manifestations souvent bruyantes mais atypiques, notamment : motrices (paralysies, contractures, dyskinésies), sensorielles (troubles de la vue, de l'audition), dysphoniques.
Néanmoins, l'accent est parfois mis sur la fréquence d'une affection organique ultérieurement révélée (plus de 30% des cas selon certains).
Reprenant divers concepts antérieurs, la dissociation est jointe à la conversion dans la CIM 10, en tant que "réaction dissociative" (en tout cas un état voisin de l'hypnose) au moment de l'installation de la conversion.

S. Freud, neuropsychiatre autrichien (1854-1939)

complaisance somatique, dissociatif (trouble)

[H3]

dissociatif (trouble) et hystérie l.m.

dissociative trouble and hysteria

Désintégration habituellement provisoire des fonctions de conscience, mémoire, identité ou perception de l'environnement, selon la CIM IO (in 40-48 : "troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes") et le DSM IV (in chapitre particulier : "troubles dissociatifs").
Variant d'un jour à l'autre, voire d'une heure à l'autre, ce trouble comporte un clivage entre une personnalité restée intacte et un état de type hypnoïde. P. Janet, chez l'hystérique, l'avait appelé primitivement désintégration psychologique et il l'imputait à une faiblesse de la synthèse des éléments psychologiques.
Le trouble dissociatif est considéré comme intervenant dans le processus de conversion, qui s'attache à neutraliser l'angoisse née du conflit psychique en une "pathologie d'emprunt", surtout somatique. La CIM IO lie les deux dans son intitulé et elle retient une grand nombre de manifestations, notamment hystériques classiques.
La notion d'une origine psychogène -psychotraumatisme, problème ou conflit insoluble- est admise pour autant qu'existe une relation temporelle. Principalement dans ces circonstances, peut survenir une sédation, le plus souvent en quelques semaines à quelques mois.

P. Janet, médecin et psychologue français (1903)

Étym. lat. dissociatio : séparation

conversion, état hypnoïde, hystérie, personnalité multiple

névrose gravidique l.f.

Ensemble des manifestations névrotiques, dépression, angoisse, phobie, hystérie, survenant pendant la grossesse