Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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narcotique adj.

narcotic

Qualifie un produit qui provoque le sommeil.

narcotique n.m.

narcotic

Produit qui entraîne un état psychique d'euphorie et d'excitation suivi de torpeur si une dose suffisante est atteinte.
La sensibilité est assoupie et le tonus musculaire est relâché.
Un tel produit psychotrope, généralement illicite, est appelé «drogue» ou « stupéfiant » en français.
Les drogues ont une action dépressive sur les centres respiratoires dont elles diminuent l'automatisme. Il en résulte une oligopnée qui peut être grave et entraîner la mort (par ex. accident d'overdose). Bien qu'ils perdent progressivement leur automatisme, les centres restent longtemps sensibles aux excitations auditives (syndrome d'Ondine) de telle sorte que, si l'on incite fortement la victime à respirer lors d'une pause respiratoire, l'inspiration se fait et l'hypoxie cesse.

drogue, Ondine (syndrome d'), overdose

hypoxie n.f.

hypoxia

Insuffisance d'alimentation en oxygène des tissus, pouvant conduire à une acidose lactique.
Chez le sujet conscient, les premiers signes d'hypoxie sont psychiques (euphorie, hilarité puis indifférence avec perte d'attention et de mémoire - amnésie rétrograde et antérograde), la motricité est modifiée, surtout pour les gestes fins tels l'écriture qui devient plus grosse et finit par être incohérente pour une PaO2 < 95 hPa = 70 mm de Hg (l'hypoxie cérébrale est l'un des principaux facteurs des modifications séniles de l'écriture). Le sujet se plaint de céphalée, de vertiges puis il somnole ; la perte de conscience survient pour une PaO2 < 50 hPa = 37,5 mm de Hg. La perte de vision nocturne commence très précocement, vers une PaO2 = 100 hPa = 75 mm de Hg), ce qui, chez le sujet non adapté, correspond à une altitude de 2 000 mètres.
Les signes objectifs d'hypoxie sont la mydriase, la cyanose du visage et des ongles. Elle peut entraîner des altérations conduisant à la mort cellulaire. La surveillance de l'oxygénation par la seule fréquence cardiaque à partir des signaux électriques du cœur peut être trompeuse (dissociation électromécanique), par contre l'oxymétrie de pouls est fidèle. Dans l'hypoxie ischémique on n'observe pas de cyanose car il n'y a pas d'hypoxémie.
Le traitement de l'hypoxie est essentiellement étiologique. L'inhalation d’O2 n'est que palliative, elle ne corrige pas toutes les hypoxies, mais elle fait gagner du temps et réduit les complications ultérieures.

Étym. gr. hupo : sous ; oxus : pour oxygène

cyanose, hypoxie (causes de l'), oxymètre de pouls, hypoxémie, anoxie, acidose lactique

[K1,K2,H1]

hypoxie (causes de l') l.f.p.

aetiology of the hypoxia

Les principale cause d'hypoxie sont les pneumopathies, les cardiopathies cyanogènes, les troubles ischémiques cérébraux et périphériques, les accidents par atmosphère viciée (incendie, etc.), l'inhalation de mélanges pauvres en oxygène et la vie en altitude.
L'hypoxie peut être la conséquence de l'hypoxémie, ou d'une ischémie par obstruction vasculaire liée à l'artériosclérose, à une thrombose ou à une compression, d'une diminution de la diffusion de l'oxygène dans le tissu, d'une oxygénation incomplète du sang par insuffisance cardiorespiratoire, d'une diminution de la capacité de transport de l'oxygène du sang en cas d'anémie ou d'intoxication par l'oxyde de carbone ou encore d'un exercice musculaire intense, entrainant une glycolyse lactacidogène
En suivant le passage de l'oxygène de l'air ambiant jusqu'à l'intérieur des cellules, on peut distinguer des causes exogènes ou endogènes d'hypoxie, chacune correspond à un aspect clinique un peu différent.
Dans cette énumération, à partir de l'hypoxie ischémique on n'observe pas de cyanose car il n'y a pas d'hypoxémie.
Hypoxie exogène : manque d'oxygène dans l'air inspiré (respiration en altitude, inhalation de mélanges pauvres en O2 ou n'en contenant pas du tout (gaz inertes), par ex. en anesthésie, l'inhalation d'oxyde nitreux pur (erreur humaine, appareillage défectueux). Au-dessus de 2 500 m d'altitude environ on commence à voir des signes nets d'hypoxie, au-dessus de 8 à 9 000 m il est impossible de survivre sans un apport d'O2.
Hypoxies endogènes générales, entraînant une hypoxémie artérielle :
- par consommation excessive d'oxygène, se voit la plupart du temps au cours d'exercices physiques exténuants, de l'agitation et de l'état de mal convulsif ou d'une hyperthermie grave et prolongée ;
- par oligopnée centrale : traumatisme du bulbe, action sur le centre respiratoire des anesthésiques généraux ou intoxication ;
- par insuffisance de la mécanique ventilatoire : curarisation, traumatisme du thorax, obstruction des voies aériennes ;
- par trouble de la distribution intrapulmonaire de l'air : p. ex. respiration paradoxale du volet thoracique ;
- par trouble de la diffusion alvéolocapillaire : lésion de la paroi alvéolaire par des gaz ou des vapeurs toxiques, œdème aigu du poumon ;
- par contamination veineuse : court-circuit de la circulation pulmonaire ;
- par anémie par manque d'hémoglobine (anémie, hémorragie) ;
- par hémotoxicité : par diminution de l'affinité ou destruction de l'hémoglobine (hypothermie, hémolyse, oxyde de carbone, substances méthémoglobinisantes).
Hypoxies endogènes locales (n'entrainant pas d'hypoxémie artérielle) :
- de stase : par insuffisance cardiaque ralentissant le retour veineux dans de larges secteurs ou par compression partielle des veines d'un territoire ;
- ischémique : obstruction artérielle plus ou moins complète (embolie, compression) ;
- par trouble de la distribution capillaire (fermeture des sphincters précapillaires au cours du choc) ;
- par œdème tissulaire entravant la diffusion extracellulaire ;
- histotoxique par blocage des chaines d'enzymes respiratoires (acide cyanhydrique, etc.). Il est classique de parler d'hypoxie dans ces intoxications bien qu'il s'agisse en réalité d'un défaut d'utilisation de l'oxygène au niveau des cellules.
Le traitement de l'hypoxie est essentiellement étiologique. L'inhalation de O2 n'est que palliative, elle ne corrige pas toutes les hypoxies, mais elle fait gagner du temps et réduit les complications ultérieures.

acidose lactique, choc (physiopathologie du), défaillance multiviscérale (syndrome de), hypoxie, respiration

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017/1

hypoxie endogène locale l.f.

hypoxie (causes de l')

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017/1

hypoxie fœtale l.f.

fetal hypoxia

Diminution de la quantité d’oxygène distribuée par le sang aux tissus dans l’unité de temps chez le fœtus.
Les caractéristiques métaboliques du tissu fœtal permettent une relative adaptation à l'anaérobiose.

hypoxie réfractaire l.f.

refractory hypoxia

Hypoxie rebelle à tout traitement usuel (ventilation en oxygène pur avec les meilleurs réglages mécaniques possibles).
Le seuil tolérable d'hypoxie est de 67 hPa = 50 mm de Hg chez le nouveau-né et le petit nourrisson et de 80 hPa = 60 mm de Hg chez l'adulte. L'hypoxie réfractaire se voit dans les atteintes alvéolaires majeures (maladie des membranes hyalines, syndrome de détresse respiratoire, syndrome d'inhalation, pneumopathies).
L'utilisation de l'hypercapnie contrôlée est souvent insuffisante, l'augmentation considérable des résistances vasculaires pulmonaires autorise alors l'emploi de certains traitements vasodilatateurs (inhalation contrôlée d'un mélange enrichi en NO). La circulation extracorporelle prolongée peut être efficace. Le pronostic dépend de la réversibilité des désordres pulmonaires : si l'on n'y remédie pas rapidement, le développement de lésions fibreuses limite les espoirs de succès.

hypercapnie contrôlée, inhalation méconiale, maladie des membranes hyalines, détresse respiratoire aigüe (syndrome de)

hypoxie rétinienne l.f.

retinal hypoxia

Réactions à l’hypoxie ont en commun une souffrance des cellules nerveuses du cortex et de la rétine.
Cet état perturbe la fonction visuelle en altitude.

Étym. gr. hupo : sous ; oxus : oxygène

hypoxie sans hypoxémie l.f.

Syn. territoire de non perfusion, territoire d'hypoxie

hypoxémie, hypoxie (causes de l')

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017/1

territoire d'hypoxie l.m.

Syn. hypoxie sans hypoxémie, territoire de non perfusion

hypoxémie, hypoxie (causes de l')

[G1,G2,H1,K1,K2,K4]

Édit. 2017

Facteur induit par l'hypoxie l.m.

hypoxia-induce factor

protéines agissant comme facteurs de transcription dans tous les tissus et régulés par l’absence de dioxygène.
D’un point de vue physiologique, l’hypoxie tissulaire est traitée en stimulant la sécrétion de l’hormone érythropoïétine (EPO) qui engendre la production de globules rouges, et, par conséquent, améliore le transport du dioxygène aux tissus cibles. Au niveau moléculaire, ce travail est majoritairement assuré par HIF-1, soit le complexe le plus actif de la famille des HIFs. Cette protéine a été découverte en 1992 par un chercheur du nom de Gregg Semenza qui étudiait le gène de l’EPO. En fait, il a découvert une séquence située en position 3’ non-codante dans le promoteur de l’EPO, qui porte le nom d’hypoxia response element (HRE) et qui fixe la protéine HIF-1 en situation d’hypoxie.

G. L. Semenza, pédiatre américain, prix Nobel de médecine en 2019 (1992)

[C1, G5]

Édit. 2020

facteur induit par l'hypoxie l.m.

hypoxia inducible factor

Facteur de transcription qui régule l'apport et la consommation d'oxygène dans les cellules. 
Le facteur induit par l'hypoxie (hypoxia inducible factor, HIF) est constitué de deux sous unités appelées alpha et beta. Il existe deux sous types de sous-unités alpha appelées HIF 1 alpha et HIF 2 alpha et une sous unité bêta appelée HIF 1 bêta. En cas d'hypoxie, une sous-unité HIF alpha s'associe avec HIF 1 bêta. Le complexe formé est alors transloqué dans le noyau cellulaire et active une série de gènes dans le but de rétablir une normoxie. Ainsi, HIF stimule l'angiogénèse, la synthèse du facteur de croissance de l'endothélium vasculaire (Vascular Eendothelial Growth Factor, VEGF), de l'érythropoïétine, l'activité mitochondriale, ainsi que la fréquence respiratoire. Lorsque la normoxie est rétablie, HIF est complexé par une protéine appelée VHL (ou protéine de Von Hippel-Lindau) puis le complexe est dégradé par le sytème ubiquitine-protéasome.

Sigle HIF

angiogenèse, facteur de transcription, facteur de croissance endothélial vasculaire, érythropoïétine, mitochondrie, protéine de Von Hippel-Lindau, ubiquitine, protéasome

[C1, C3, K4]

Édit. 2019