Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

77 résultats 

crise hypertensive l.f.

hypertensive fit

urgence hypertensive

[K2]

maladie hypertensive gravidique l.f.

hypertension of pregnancy

Ensemble nosologique qui regroupe trois formes différentes qui sont la prééclampsie, éclampsie, l'hypertension chronique avec une prééclampsie surajoutée, et l'hypertension tardive et transitoire.

Étym. gr. huper : au-dessus ; lat. tensio, déverbal de tendere :tendre, presser ; gravida : enceinte, de gravis : lourd

urgence hypertensive l.f.

- des signes d'insuffisance cardiaque gauche ;

La crise est favorisée par l'arrêt intempestif d'un traitement antihypertenseur et par l'alcoolisme. Elle est souvent déclenchée par l'effort physique et les émotions. Les crises apparaissent au cours de toutes formes d'hypertension. Le traitement entrepris sans délai a pour but de faire régresser les symptômes, d'abaisser la pression diastolique au-dessous de 100 mm de Hg et de maintenir une diurèse horaire supérieure à 20 mL. Il associe inhibiteurs calciques et diurétiques et doit être précoce pour obtenir un résultat : le pronostic cardiovasculaire et cérébral immédiat dépend de la précocité du traitement, le pronostic à long terme dépend en grande partie de la fonction rénale et de la maladie causale éventuelle et de l'observance d'un traitement efficace.

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

urgence

rétinopathie hypertensive l.f.

Affection de la rétine directement corrélée au niveau de pression artérielle ; elle associe un rétrécissement de calibre des vaisseaux, des nodules cotonneux (nodules dysoriques), des hémorragies intra-rétiniennes qui sont de deux types : des exsudats profonds et un œdème papillaire.
La classification de Kirkendall distingue les lésions de rétinopathie hypertensive qui régressent lors de la normalisation des chiffres tensionnels et des lésions d’artériosclérose.
Dans la rétinopathie hypertensive :
- stade I : rétrécissement artériel sévère et diffus
- stade II : stade I plus d’hémorragies rétiniennes et de nodules cotonneux
- stade III : stade II plus œdème papillaire
Dans les lésions d’artériosclérose rétinienne :
- stade I : signe du croisement artérioveineux
- stade II : stade I plus rétrécissement artériolaire localisé
- stade III : stade II plus thrombose veineuse et engainement artériel.

W. M. Kirkendall, médecin cardiologue américain (1962)

encéphalopathie hypertensive l.f.

hypertensive encephalopathy

Encéphalopathie induite par une hypertension artérielle sévère de survenue brutale.
Elle se traduit par des céphalées violentes, des vomissements, des crises d'épilepsie, des signes focalisés essentiellement visuels, une altération de la vigilance, des signes dysautonomiques (bradycardie et modifications du rythme respiratoire), auxquels s’associent une rétinopathie (spasme ou rétrécissement des artérioles rétiniennes, œdème papillaire, puis hémorragies focales et exsudats), une altération de la fonction rénale, parfois une anémie hémolytique microangiopathique.
Le diagnostic se fait sur les signes neurologiques, oculaires, les signes d'insuffisance ventriculaire gauche, d'insuffisance rénale aigüe avec oligurie, d'anémie par hémolyse et les signes digestifs avec soif ; ainsi que sur l’examen du fond d’œil.
L’IRM cérébrale met en évidence des hypersignaux en T2 et FLAIR, habituellement bilatéraux, symétriques ou non, traduisant une leuco-encéphalopathie affectant préférentiellement les régions pariéto-occipitales, parfois plus étendues dans les formes plus sévères. Il existe aussi des signes d’œdème vasogénique sur l’IRM de diffusio et parfois de petits foyers hémorragiques en T2*.
La physiopathologie de ce syndrome semble être l'association d'un vasospasme et d'une rupture de la barrière hématoencéphalique. Le traitement repose sur un abaissement progressif de l'hypertension artérielle.

hypertension artérielle, anémie hémolytique microangiopathique, engagement cérébral, œdème cérébral, hypertension intracrânienne, accident vasculaire cérébral, insuffisance ventriculaire gauche, insuffisance rénale aigüe

[H1, K4]

Édit. 2019

centre de crise l.m.

crisis centre

Structure psychiatrique légère et souple comprenant un hébergement, définie par l'arrêté du 14 mars 1986 : "centre d'accueil permanent disposant de quelques lits permettant une prise en charge intensive et de courte durée pour répondre aux situations d'urgence et de détresse aigües".
De tels centres sont apparus il y a quelques années, sur un modèle anglo-saxon, dans certains secteurs psychiatriques. Leur avantage sur les services d'urgence des hôpitaux généraux est de maintenir la continuité des soins à l'intérieur du secteur.
Leurs indications sont limitées par l'absence de plateau technique et par la durée des crises, qui ne cèdent pas souvent dans le temps limité, fixé par les conventions en vigueur.

[E,H3]

crise n.f.

crisis, fit

1) Changement subit et généralisé dans l'évolution d'une maladie qui se manifeste par divers symptômes (ex. polyurie soudaine au cours d'une pneumonie - crise de diurèse - annonçant souvent une évolution favorable).
2) Par extension, accident subit survenant chez une personne en bonne santé apparente (ex. crise d'appendicite) ou aggravation brutale et passagère de l'état d'un malade (par ex. crise d'asthme).

Étym. gr. krisis : action ou faculté de distinguer, d'où phase décisive de l'évolution d'une maladie (Hippocrate)

[N1]

crise akinétique l.f.

akinetic seizure

Crise épileptique caractérisée par un arrêt complet des mouvements, malgré la conservation du tonus musculaire.

Étym. gr. akinesis : immobilité

crise atonique

[H1,H3]

crise amygdalienne l.f.

amygdalian seizure

Crise épileptique partielle, liée à des décharges au niveau de l'amygdale dite aussi complexe amygdalien, structure sous-corticale qui fait partie de la portion limbique du lobe temporal.
Elle se manifeste par une gêne épigastrique ascendante, des sensations nauséeuses, des automatismes oro- alimentaires, des mâchonnements, des signes végétatifs marqués (rougeur de la face, dilatation pupillaire, éructations, borborygmes), une réaction de peur et de panique, des hallucinations olfactogustatives.
Ses étiologies sont communes aux autres crises du lobe temporal.

Étym. gr. amygdalê : amande 

crise atonique l.f.

atonic seizure

Crise brève, d'une à quatre secondes, manifestée parfois seulement par une chute brutale de la tête ou un fléchissement des genoux, avec blessure fréquente, mais souvent retour d'emblée à la station debout en cas de chute.
Un trouble de la conscience ou une confusion post-critique est difficilement prouvé. Une secousse myoclonique prémonitoire est fréquente.

crise blastique l.f.

blast crisis

Terme évolutif de la leucémie myéloïde chronique (LMC), caractérisé par l'apparition dans le sang et la moelle osseuse de blastes leucémiques dont l'origine myéloïde est nettement plus fréquente que la lymphoïde, la mégacaryocytaire ou l’érythrocytaire.
De nouvelles anomalies cytogénétiques s'ajoutent le plus souvent au chromosome Philadelphie. Les cellules malignes qui jusque-là étaient encore capables de différentiation perdent cette capacité pour laisser place à une « progression clonale » de blastes immatures, porteurs d'anomalies cytogénétiques additionnelles. La crise blastique est dans 80% des cas précédée pendant quelques mois par une période intermédiaire dite phase accélérée. Il n'existe pas de traitement véritablement efficace de la transformation aigüe. Les formes lymphoblastiques sont encore sensibles à la chimiothérapie. La prolifération peut alors toucher des organes extra-hématopoïétiques. Mais l'évolution est inexorablement fatale sauf pour les malades qui ont la possibilité de recevoir une greffe de moelle allogénique ou de cellules souches hématopoïétiques.

Syn. transformation aigüe, phase blastique

[F1]

crise cataméniale l.f.

catamenial epilepsy

Crise épileptique déclenchée par des modifications hormonales de la fin du cycle mensuel et survenant exclusivement à cette période.
Syndrome en fait très discuté.
L'hormonothérapie est souvent décevante. La prescription de clobazam (20-30 mg/j, pendant 10 jours autour des règles) a été considérée comme efficace.

Syn. épilepsie cataméniale

[H1,O3]

crise colloïdoclasique l.m.

colloidoclasic shock

choc colloïdoclasique

[G2]

crise convulsive l.f.

acute convulsive disorder

Série de contractions involontaires dues à une augmentation anormale de l'activité musculaire entraînant des mouvements localisés ou généralisées.
Il peut s'agir de spasmes toniques interrompus parfois de quelques secousses ou d'une série de contractions musculaires rapides plus ou moins régulières donnant des mouvements cloniques d'une certaine ampleur.
La crise convulsive peut relever de causes multiples, méningite, ictus laryngé, intoxication (strychnine, solutions hypertoniques en excès, sulfamides hypoglycémiants, O2 hyperbare au-dessus de 3 ata, etc.), hyperthermie (surtout chez le jeune enfant), etc.
Si la crise dure, le traitement est symptomatique (diazépam, etc.).
Une crise convulsive isolée chez un adulte nécessite un examen neurologique soigneux pour en établir la cause. En effet une telle crise n'est qu'un symptôme traduisant la souffrance cérébrale, elle n'est pas pathognomonique de l'épilepsie : le diagnostic d'épilepsie ne doit jamais être porté sur une crise convulsive isolée.

épilepsie, HELP syndrome, hyperthermie, ictus laryngé

[H1]

crise d'angoisse l.f.

anxiety crisis

angoisse, anxiété aigüe, peur

crise d'éclampsie l.f.

eclamptic fit

Complication paroxystique de la pré-éclampsie, survenant pendant la grossesse ou dans les suites de couches, avec successivement une phase invasive tonique puis clonique et enfin un coma résolutif.
Elle peut être mortelle ou laisser des séquelles à type de cécité, de section de la langue ou d'anurie par nécrose corticale des reins.

[O3]

crise de rejet l.f.

rejection crisis

rejet de greffe

[F3]

crise de sevrage l.f.

withdrawal seizure

Crise épileptique survenant soit dans le contexte d'une intoxication alcoolique, soit lors de l'arrêt de certains médicaments surtout anti-épileptiques comme le phénobarbital ou les benzodiazépines.
Les crises de sevrage lors d'une intoxication alcoolique surviennent après un sevrage absolu ou relatif suivant une consommation chronique ou non de quantités importantes d'alcool : crises généralisées de type tonicoclonique, soit uniques, soit plus fréquemment en salves. Elles s'accompagnent d'autres signes en rapport avec le sevrage alcoolique et peuvent inaugurer un delirium tremens.
L'arrêt brusque de médicaments anti-épileptiques réalise le même tableau. Un état de mal est possible.

alcoolique (traitement de la maladie), sevrage, sevrage (syndrome de)

crise d'originalité juvénile l.f.

adolescent crisis

Ensemble des comportements d'opposition de l'adolescent aux normes de l'adulte.
Crise décrite par M. Debesse, qui se produit lorsque l'adolescent, à la conquête de son identité, manifeste son indépendance et son désir d'autonomie de façon ostentatoire en s'opposant aux normes sociales.
L'adolescence est dominée par une tendance à l'abstraction, à la rationalisation, aux préoccupations métaphysiques, qui est liée à l'entrée dans le stade de l'intelligence formelle, c'est-à-dire de l'accession à un fonctionnement intellectuel et conceptuel débarrassé de tout support concret.
Certaines bizarreries du comportement, certaines interrogations anxieuses sur l'identité, d'éventuelles idées suicidaires souvent en rapport avec des inquiétudes d'ordre métaphysique, peuvent faire craindre un mode d'entrée dans un état schizophrénique.

M. Debesse, psychologue français (1937)

crise du transplant l.f.

transplant crisis

Ensemble des manifestations cliniques et biologiques caractéristiques d'un rejet aigu réversible observé après transplantation rénale.

rejet de greffe

[F3]

crise dysmnésique l.f.

dysmnesic fit, seizure

Crise partielle comportant dès son début ou assez rapidement un décalage entre la réalité et les souvenirs.
Le patient ressent alors :
- une impression que le moment présent a été déjà vu, déjà entendu ou plus souvent déjà vécu, sans qu'il soit toujours possible de faire la part de telle ou telle modalité sensorielle ;
- une impression de désorientation passagère, d'étrangeté, de jamais vu, entendu ni vécu ;
- une vision panoramique, "au cours de laquelle le sujet a un aperçu panoramique très rapide d'épisodes plus ou moins étendus de sa vie passée" (H. Gastaut, 1972) ;
- des hallucinations ecmnésiques, "dans lesquelles le sujet se représente, se remémore dans le moindre détail, des expériences antérieurement vécues par lui" (H. Gastaut, 1972).
Ces manifestations impliquent une désorganisation paroxystique simultanée de la corne d'Amon et du cortex temporal externe. Elles sont classées dans les phénomènes illusionnels (aperceptifs), hallucinatoires, idéatoires, dysmnésiques.

H. Gastaut, neurophysiologiste français, membre de l'Académie de médecine (1915-1995)

crise dysphasique l.f.

arrest speech, ictal aphasia

Crise épileptique partielle, souvent de brève durée, se traduisant par un trouble de l'expression ou de la compréhension du langage.
Souvent difficile à reconnaître s'il existe une perturbation de la conscience, elle est en rapport avec une décharge dans la région frontale inférieure ou temporopariétale de l'hémisphère dominant.

Étym. gr. dus : difficulté ; phagein : manger

crise en psychiatrie l.f.

crisis in psychiatry

Réponse à une demande excessive imposée par le milieu, et qui dépasse les mécanismes habituels d'adaptation de l'individu.
Les évènements éprouvants susceptibles de précipiter une crise en fonction de la personnalité du sujet et de son "seuil de résistance psychologique" (H.H. Garner), sont très nombreux : depuis les traumatismes psychiques de guerre jusqu'aux effets de la maladie et du travail de deuil. S'en rapprochent à un moindre degré les constantes rééquilibrations exigées par la vie. La relation étiologique est davantage circulaire que linéaire.
Si la crise représente un danger, elle est également considérée comme une occasion positive possible pour l'individu, avec l'aide de sa prise en soins. Dans la meilleure hypothèse, sont confortés son aptitude générale à résoudre ses problèmes, ainsi que son équilibre adaptatif.

H. H. Gartner, psychiatre américain (1945)

[H3]

crise épileptique l.f.

epileptic fit, seizure

Phénomène purement clinique, en rapport avec une décharge brutale et massive, excessive et hypersynchrone, d'une population de neurones organisés en réseaux plus ou moins complexes.
Ce dysfonctionnement correspond à une rupture de l'état d'équilibre existant entre les mécanismes excitateurs et inhibiteurs contrôlant le fonctionnement neuronal normal. Parfois aigu il est habituellement éphémère, la crise restant alors unique et ne représentant qu'un phénomène réactionnel face à une agression cérébrale. La répétition des crises définit l'épilepsie.
Sémiologiquement, les crises ont été classées sur des critères cliniques et électro-encéphalographiques. Elles peuvent être en rapport avec une affection cérébrale ou générale aigüe (crise symptomatique aigüe) ou une pathologie cérébrale plus ancienne, fixe ou évolutive (crise provoquée), ou bien sans cause démontrable (épilepsie idiopathique, cryptogénétique).
Les corrélations EEG sont inconstantes. Une décharge critique sans phénomène clinique apparent est quelquefois dénommée "crise infraclinique" (terme critiquable).

épilepsie

[H1]

crise épileptique abdominale l.f.

abdominal epileptic fit, seizure

épilepsie

[H1]

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