Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

23 résultats 

hépatite virale l.f.

Atteinte hépatique due à un virus hépatotrope

Les hépatites virales rassemblent les hépatites A, B, C, D, E ... celles du groupe herpès et d'autres. Rarement ictériques, ces hépatites exposent à un double risque :
1) d'hépatite fulminante au cours de l'infection aigüe par les virus A(VHA) ou B (VHB),
2) d'infection chronique pour les virus B, C (VHC), D (VHD), (les autres virus ne sont pas responsables de telles formes), et donc de cirrhose et d'hépatocarcinome.
L'atteinte hépatocytaire, liée à une toxicité directe des virus se multipliant dans l'hépatocyte (VHA, VHE, VHD, groupe herpesvirus, …) ou immuno-induite (VHB, VHC) explique l'hypertransaminasémie signant l'hépatite. La clairance virale, au décours de l'hépatite aigüe, s'accompagne d'une guérison hépatique ad integrum.
Les hépatites chroniques, avec persistance virale et expression à la surface des hépatocytes, des antigènes viraux (reconnus par les cellules du système immunitaire en conjonction avec les molécules HLA), entraînent une cirrhose dans 20% des cas. La cirrhose elle-même ainsi que les mécanismes moléculaires liés au virus (mutagénèse insertionnelle ou transactivation par la protéine X pour le VHB, mécanisme inconnu pour les VHC et (VHD), exposent au carcinome hépatocellulaire avec une incidence annuelle de 3%.
L'hépatite chronique justifie l'appréciation de son activité et de sa sévérité par une analyse virologique et une biopsie hépatique permettant l’indication de traitements antiviraux.

hépatite fulminante, cirrhose, carcinome hépatocellulaire, virus des hépatites, hépatite A, hépatite B, hépatite C, hépatite D, hépatite E, hépatite G

[D3,L1]

hépatite virale TTV l.f. sigle angl. pour Transfusion Transmitted Virus

TTV hepatitis

Hépatite aigüe posttransfusionnelle, qui serait liée au virus TTV identifié en 1997.
Il s'agit d'un virus à ADN, proche des Parvoviridae et du genre Parvovirus. Son rôle pathogène dans la survenue d'hépatites aigües post-transfusionnelles ou peut-être d'hépatites chroniques est encore discuté. Le diagnostic repose sur la biologie moléculaire.

Parvoviridae

[L1,F1,D3]

vaccin anti-hépatite virale A l.m.

viral hepatitis A vaccine

vaccin hépatite virale A

vaccin anti-hépatite virale B l.m.

viral hepatitis B vaccine

vaccin hépatite virale B

vaccin hépatite virale A l.m.

viral hepatitis A vaccine

Vaccin antiviral inactivé recommandé pour les voyageurs (adultes et enfants au-dessus de un an) non immuns se rendant en zone d’endémie, pour les adultes et les adolescents exposés à des risques particuliers ainsi que dans l’exercice de certaines professions (personnel soignant, services de voirie, compagnies des eaux, restauration, etc.).
Ce vaccin, efficace et bien toléré, ne nécessite qu’une injection suivie d’un rappel six à douze mois plus tard et confère une protection vaccinale d’au moins dix ans. Il est compatible avec les autres vaccins inactivés.

hépatite A

vaccin hépatite virale B l.m.

viral hepatitis B vaccine

Vaccin antiviral inactivé préparé à partir d’une fraction antigénique non infectante et conférant une immunité très satisfaisante, qui apparaît environ un mois après la deuxième injection et persiste bien au-delà de dix années.
La vaccination consiste en deux injections à un mois d’intervalle suivies d’une troisième à six mois. Ce vaccin est recommandé chez les nourrissons et les adolescents non immuns : administré dès la naissance, il permet de prévenir la transmission à partir de mères porteuses du virus de l’hépatite B. En l’absence d’immunisation antérieure, il est obligatoire pour les personnels de santé et vivement conseillé chez divers sujets exposés (voyageurs, utilisateurs de drogues, partenaires sexuels ou entourage d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B, patients susceptibles de recevoir des transfusions massives ou itératives, etc.). La vaccination contre l’hépatite B est compatible avec l ‘ensemble des vaccins inactivés. Certaines complications graves (affection démyélinisante) ont fait l’objet de vives polémiques et semblent maintenant infirmées.

hépatite B

vaccin contre l'hépatite virale A l.m.

viral hepatitis A vaccine

vaccin hépatite virale A

vaccin contre l'hépatite virale B l.m.

viral hepatitis B vaccine

vaccin hépatite virale B

hépatite chronique  l.f.

chronic hepatitis

Atteinte chronique du parenchyme hépatique, associée généralement à une infiltration inflammatoire du foie, pouvant entraîner une cirrhose après plusieurs années.
Les hépatites chroniques peuvent être dues à un mécanisme auto-immun (hépatites auto-immunes: de type I avec anticorps antinoyau et/ou antimuscle lisse, de type II avec anticorps antimicrosome), à une infection virale chronique (hépatite B ou C) et plus rarement à la prise prolongée de certains médicaments.

hépatite chronique auto-immune, hépatite C

arthrite virale l.f.

viral arthritis

Arthrite causée par une infection virale.
Au cours d’une infection virale, la survenue d’arthrite, généralement une polyarthrite non érosive et spontanément régressive, peut relever soit de la présence du virus dans l’articulation (ce serait le cas dans le rhumatisme rubéoleux), soit d’un mécanisme indirect de type immunitaire (pathologie par complexes immuns comme c’est le cas pour la polyarthrite pré-ictérique de l’hépatite virale). Parmi les autres virus susceptibles de causer une arthrite, on trouve le virus des oreillons, certains entérovirus, le parvovirus B-19, les virus d’Epstein-Barr, de l’herpès, de la varicelle et de la cinquième maladie, certains adénovirus et, en pathologie tropicale, certains arbovirus (Chikungunya, O’nyong-nyong, etc.), les virus Ross river, Mayaro, Sindbis, etc.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

bronchopneumonie virale l.f.

viral pneumonia

Infections virales fréquentes des voies respiratoires basses dont les virus responsables sont le virus influenzae A (agent de la grippe), le virus respiratoire syncytial, les virus para-influenzae et les adénovirus, le virus de la rougeole, l'herpès virus, plus rarement les rhinovirus.
Les bronchopneumonies virales sont une cause importante de décès au cours du premier âge, chez l'enfant, chez les personnes âgées et les immunodéprimés.
Le tableau clinique de ces bronchopneumonies virales est progressif avec des signes rhinopharyngés, de la fièvre, un malaise avec adynamie, une toux sèche et quinteuse, quelques râles à l'auscultation, une leucopénie à l'hémogramme. Le diagnostic repose sur la détection des antigènes viraux à l'aide d'anticorps monoclonaux sur un écouvillonnage nasal ou pharyngé.
La chimiothérapie antivirale a fait d'importants progrès, limités cependant par la cytotoxicité, la variabilité génétique du virus, l'incurabilité des infections virales latentes.
adénovirus, herpesviridae

pneumocoque, Haemophilus influenzae, parainfluenza virus, virus respiratoire syncytial,

Édit. 2017

charge virale plasmatique l.f.

Quantification de l’ARN plasmatique, par amplification génomique, du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), exprimée en nombre de copies par ml de plasma.
Une charge virale supérieure à 100.000 copies /mL est considérée comme élevée. Cette technique constitue un mode objectif d’appréciation de la réplication du VIH dans l’organisme. L’objectif d’un traitement est de rendre la charge virale indétectable.
Cet examen fait également partie du bilan biologique de l'hépatite C.

[D1,Q1]

cirrhose posthépatite virale l.f.

cirrhosis due to chronic viral hepatitis

Cirrhose liée à l'évolution d'une hépatite chronique due au virus de l'hépatite B, de l'hépatite C, et de l'hépatite D.
Le rôle d'autres virus compliquant une atteinte hépatique d'origine médicamenteuse ou toxique est possible. Les lésions peuvent ressembler à celles d'une cirrhose posthépatitique (isoniazide, papavérine, clométacine p. ex.), d'une cirrhose alcoolique (maléate de perhexiline, amiodarone p. ex.), d'une cirrhose biliaire (phénothiazine p. ex.), d'une cirrhose congestive (alcaloïdes du senecio, chimiothérapie antinéoplasique). Le diagnostic repose sur l'anamnèse.

hépatite B, hépatite C, hépatite D, cirrhose hépatique

[L1,D1]

encéphalite virale aigüe l.f.

acute viral encephalitis

Encéphalite provoquée par de nombreux virus, dont plusieurs ne sont pas encore identifiés.
On doit rechercher une immunodépression congénitale ou acquise (VIH, chimiothérapie, etc.). Les traitements étiologiques connus sont l'aciclovir pour les encéphalites herpétiques, et les médicaments rétroviraux pour le VIH.

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

VIH, chimiothérapie anticancéreuse

[H1,D1]

Édit. 2018

enveloppe virale n.f.

envelope

Membrane lipoprotéique qui forme la couche externe de la nucléocapside de certains virus et joue un rôle dans la fixation du virion sur la cellule-hôte.
Les virus dits nus sont dépourvus d'enveloppe.

[D1]

Édit. 2018

kératite virale l.f.

viral keratitis

Atteinte cornéenne d'origine virale.

myringite virale l.f.

viral myringitis

Inflammation du tympan, en général d'origine grippale, caractérisée par la présence de phlyctènes hémorragiques pouvant chevaucher la paroi postérieure du conduit auditif externe.
L'incision de la phlyctène soulage la douleur.

Étym. lat. myringa : tympan, corruption du gr. menigx : membrane ; -ite : suffixe indiquant l’inflammation

myringite

néphropathie virale l.f.

viral nephropathy

Ensemble de manifestations rénales observées au cours de l'évolution de multiples affections virales : hépatite B et C, herpès, mononucléose infectieuse, cytomégalovirus, virus d'Epstein Barr, virus du Sida etc.
Un lien direct entre l'infection virale et l'atteinte rénale ne peut être formellement établi. L'effet d'une immunodépression est souvent invoqué. La lésion rénale est habituellement de type glomérulaire avec des formes histologiques diverses : lésions glomérulaires minimes, glomérulonéphrites membrano-prolifératives, focales avec hyalinose, etc. Des lésions tubulaires et des néphrites interstitielles ont été signalées. Au cours de l'évolution du sida l'atteinte rénale peut être particulièrement sévère avec évolution vers l'insuffisance rénale justifiant le recours aux méthodes de dialyse.

particule virale l.f.

virus particle

Syn. virion

péricardite virale l.f.

viral pericarditis

Infection du péricarde par un virus.
Depuis le recul considérable de la tuberculose et du rhumatisme, les péricardites virales représentent le groupe le plus important des infections du péricarde. Encore faut-il souligner que ce groupe pathologique n’est pas entièrement clarifié, et qu’on soupçonne l'origine virale de certaines péricardites dites péricardites non spécifiques, idiopathiques, ou cryptogénétiques. C’est pourquoi le pourcentage des péricardites virales vraies est amené à augmenter avec l’identification de formes authentiques. Ce groupe est actuellement dominé par trois étiologies principales : la maladie de Bornholm (virus coxsackie du groupe B), la grippe et la mononucléose infectieuse. De nombreuses autres maladies virales peuvent donner des péricardites : hépatite B, sida, zona, varicelle, oreillons, rougeole, variole, etc.). De ces péricardites virales on rapproche les péricardites rickettsiennes (fièvre Q, typhus murin, typhus exanthématique, fièvre boutonneuse).

pleurésie virale l.f.

viral pleurisy

Pleurésie dont la cause est un virus.
Maladie très rare quoique souvent évoquée. Une réaction pleurale radiologique se voit parfois lors d'une atteinte pulmonaire virale associée à une infection pulmonaire. Chez l'enfant, elle peut s'observer après une infection par un adénovirus.

pneumonie virale l.f.

viral pneumonia

pneumonies et bronchiolites virales

réplication virale l.f.

viral replication

Phase de synthèse d'un virus faisant suite à sa pénétration dans une cellule et à la perte de son enveloppe protéique ou capside.
Cette synthèse de nouvelles particules virales se produit soit dans le noyau, soit dans le cytoplasme de la cellule hôte, suivant qu'il s'agit d'un génome viral à ADN ou à ARN.