Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

41 résultats 

hépatite virale l.f.

Atteinte hépatique due à un virus hépatotrope

Les hépatites virales rassemblent les hépatites A, B, C, D, E ... celles du groupe herpès et d'autres. Rarement ictériques, ces hépatites exposent à un double risque :
1) d'hépatite fulminante au cours de l'infection aigüe par les virus A(VHA) ou B (VHB),
2) d'infection chronique pour les virus B, C (VHC), D (VHD), (les autres virus ne sont pas responsables de telles formes), et donc de cirrhose et d'hépatocarcinome.
L'atteinte hépatocytaire, liée à une toxicité directe des virus se multipliant dans l'hépatocyte (VHA, VHE, VHD, groupe herpesvirus, …) ou immuno-induite (VHB, VHC) explique l'hypertransaminasémie signant l'hépatite. La clairance virale, au décours de l'hépatite aigüe, s'accompagne d'une guérison hépatique ad integrum.
Les hépatites chroniques, avec persistance virale et expression à la surface des hépatocytes, des antigènes viraux (reconnus par les cellules du système immunitaire en conjonction avec les molécules HLA), entraînent une cirrhose dans 20% des cas. La cirrhose elle-même ainsi que les mécanismes moléculaires liés au virus (mutagénèse insertionnelle ou transactivation par la protéine X pour le VHB, mécanisme inconnu pour les VHC et (VHD), exposent au carcinome hépatocellulaire avec une incidence annuelle de 3%.
L'hépatite chronique justifie l'appréciation de son activité et de sa sévérité par une analyse virologique et une biopsie hépatique permettant l’indication de traitements antiviraux.

hépatite fulminante, cirrhose, carcinome hépatocellulaire, virus des hépatites, hépatite A, hépatite B, hépatite C, hépatite D, hépatite E, hépatite G

[D3,L1]

hépatite virale TTV l.f. sigle angl. pour Transfusion Transmitted Virus

TTV hepatitis

Hépatite aigüe posttransfusionnelle, qui serait liée au virus TTV identifié en 1997.
Il s'agit d'un virus à ADN, proche des Parvoviridae et du genre Parvovirus. Son rôle pathogène dans la survenue d'hépatites aigües post-transfusionnelles ou peut-être d'hépatites chroniques est encore discuté. Le diagnostic repose sur la biologie moléculaire.

Parvoviridae

[L1,F1,D3]

vaccin anti-hépatite virale A l.m.

viral hepatitis A vaccine

vaccin hépatite virale A

vaccin anti-hépatite virale B l.m.

viral hepatitis B vaccine

vaccin hépatite virale B

vaccin contre l'hépatite virale A l.m.

viral hepatitis A vaccine

vaccin hépatite virale A

vaccin contre l'hépatite virale B l.m.

viral hepatitis B vaccine

vaccin hépatite virale B

vaccin hépatite virale A l.m.

viral hepatitis A vaccine

Vaccin antiviral inactivé recommandé pour les voyageurs (adultes et enfants au-dessus de un an) non immuns se rendant en zone d’endémie, pour les adultes et les adolescents exposés à des risques particuliers ainsi que dans l’exercice de certaines professions (personnel soignant, services de voirie, compagnies des eaux, restauration, etc.).
Ce vaccin, efficace et bien toléré, ne nécessite qu’une injection suivie d’un rappel six à douze mois plus tard et confère une protection vaccinale d’au moins dix ans. Il est compatible avec les autres vaccins inactivés.

hépatite A

vaccin hépatite virale B l.m.

viral hepatitis B vaccine

Vaccin antiviral inactivé préparé à partir d’une fraction antigénique non infectante et conférant une immunité très satisfaisante, qui apparaît environ un mois après la deuxième injection et persiste bien au-delà de dix années.
La vaccination consiste en deux injections à un mois d’intervalle suivies d’une troisième à six mois. Ce vaccin est recommandé chez les nourrissons et les adolescents non immuns : administré dès la naissance, il permet de prévenir la transmission à partir de mères porteuses du virus de l’hépatite B. En l’absence d’immunisation antérieure, il est obligatoire pour les personnels de santé et vivement conseillé chez divers sujets exposés (voyageurs, utilisateurs de drogues, partenaires sexuels ou entourage d’un sujet infecté par le virus de l’hépatite B, patients susceptibles de recevoir des transfusions massives ou itératives, etc.). La vaccination contre l’hépatite B est compatible avec l ‘ensemble des vaccins inactivés. Certaines complications graves (affection démyélinisante) ont fait l’objet de vives polémiques et semblent maintenant infirmées.

hépatite B

virus de l'hépatite A l.m.

hepatitis A virus

Virus à ARN du genre Hepatovirus (famille des Picornaviridae), responsable des hépatites A à transmission féco-orale.
Il s'agit d'un virus icosaédrique, non enveloppé, à ARN monocaténaire, d'une taille de 28 à 30 nm, dont on ne connait qu'un seul sérotype infectant l'Homme. Il se multiplie dans les cellules de l'épithélium intestinal. Eliminé par les selles des sujets infectés, ce virus est très résistant dans le milieu extérieur.

Sigle : HAV

hépatite A, Hepatovirus 

virus de l'hépatite B l.m.

hepatitis B virus

Virus à ADN du genre Hepadnavirus (famille des Hepadnaviridae), responsable des hépatites B principalement transmises par le sang.
Ce virus est icosaédrique et enveloppé. Le virion complet mesure 42 nm (particule de Dane). On en connait 8 sérotypes. La transmission de ce virus intervient par le sang ou d'autres liquides corporels, le matériel d'injection souillé, ou à travers le placenta.

D. S. Dane, antomopathologiste britannique (1970)

Sigle : HBV

hépatite B, Hepadnavirus

virus de l'hépatite B de la marmotte (WHBV) l.m.

Woodchuck (marmot) Hepatitis B Virus

Virus appartenant à la amille des Hepadnaviridae et au genre Orthohepadnavirus qui constitue l'un des principaux modèles d'étude des virus de l'hépatite B.
L'organisation de son génome est très proche de celle du virus de l'hépatite B humaine, caractérisée par un ADN partiellement bicaténaire d'environ 3,2 kb avec 4 phases de lecture ouverte codant pour des protéines d'enveloppe, la polymérase, les protéines capsidiques et une protéine X.
L'analyse du génome et de son mode de réplication originale a permis de mieux comprendre l'organisation structurale du génome du virus de l'hépatite B humaine ainsi que le mécanisme de l'hépatocarcinogénèse virale B : le WHBV induit fréquemment des atteintes hépatiques chroniques, responsables de cancer du foie (dans 100% des cas d'inoculation néonatale) par des mécanismes de mutagénèse insertionnelle, p. ex., par modification de l'expression de l'oncogène c-myc. Comme pour les autres Hepadnavirus animaux, le WHBV a permis d'approcher les différentes stratégies thérapeutiques antivirales utilisant les analogues nucléosidiques ou les oligonucléotides antisens.

Hepadnaviridae, hépatite B (virus de l'), carcinome hépatocellulaire

virus de l'hépatite C l.f.

hepatitis C virus

Virus à ARN du genre Hepacivirus (famille des Flaviviridae), responsable des hépatites C, transmises par voie sanguine ou sexuelle.
Ce virus enveloppé, dont le diamètre est de 80 nm, présente 7 génotypes dont les répartitions géographiques sont différentes. La transmission a surtout lieu lors de transfusions ou de transplantations, à l'occasion d'injections IV  chez les toxicomanes, par voie sexuelle ou encore par voie materno-fœtale.

Sigle : HCV

hépatite C, Hepacivirus

virus de l'hépatite D l.m.

hepatitis D virus

Virus à ARN du genre Deltavirus, classé parmi les virusoïdes, encore appelé virus ou agent delta, considéré comme satellite du virus de l'hépatite B.
On en connait au moins 3 génotypes. Ce virus, transmis par voie sanguine ou sexuelle, est responsable de l'hépatite D, ou hépatite delta.

Syn. : virus delta, agent delta

Sigle HDV

hépatite delta, virusoïde, delta (agent)

virus de l'hépatite E   l.f.

hepatitis E virus

Virus à ARN simple brin, non enveloppé, habituellement rattaché à la famille des Caliciviridae (cette position est discutée), responsable d'hépatites asymptomatiques ou aiguës.
On a proposé pour ce virus le genre Hepevirus. Sa transmission a lieu par voie féco-orale.

Sigle : HEV

hépatite E

virus de l'hépatite G   l.m.

hepatitis G virus

Virus à ARN appartenant à la famille des Flaviviridae, soupçonné d'être un agent étiologique d'hépatite.
La transmission de ce virus, isolé pour la première fois en 1995, se fait surtout par voie sanguine (notamment par aiguilles souillées chez les usagers de drogues par voie IV ou par transfusion), éventuellement par voie sexuelle et materno-foetale. La séropositivité chez les donneurs de sang est de 2 à 5 %. Sa responsabilité dans la survenue d’hépatites chroniques n’est plus admise. Il est donc tombé dans l’oubli, c’est-à-dire qu’il n’est recherché ni devant une hépatite chronique, ni chez les donneurs de sang.

Sigle : VHG

[D1,L1]

hépatite hypoxique l.f.

hypoxic hepatitis

L’hépatite hypoxique responsable d’une nécrose anoxique aigüe du foie est habituellement la conséquence d’une diminution brutale, importante et transitoire du débit cardiaque.
Les causes sont nombreuses, à titre d’exemple : une insuffisance cardiaque aigue par trouble du rythme, une insuffisance respiratoire aigüe, un choc septique ou hypovolémique. Dans les causes plus rares, citons le coup de chaleur. Les manifestations cliniques sont dominées par la cause de l’hépatite hypoxique, les malades étant souvent hospitalisés en réanimation. La biologie est dominée par l’élévation des transaminases ASAT et ALAT, le lendemain de l’épisode hypoxique, à plus de 20 fois la limite supérieure de la normale, pouvant même être supérieure à 100 fois. Leur régression rapide est très évocatrice du diagnostic. Les formes sévères se compliquent d’une insuffisance hépatocellulaire. Contrastant avec l’ampleur de l’élévation des transaminases et la chute des facteurs de la coagulation, la bilirubine est normale ou très peu élevée. Une élévation de la bilirubine s’observe en cas d’association à une insuffisance rénale, une hémolyse ou une infection. Les phosphatases alcalines et la gamma glutamyl transférase son normales ou peu augmentées. La lésion histologique caractéristique est une nécrose centrolobulaire qui n’est pas de type inflammatoire et qui s’associe souvent une congestion centrolobulaire avec dilatation des veinules centrales, des sinusoïdes et de l’espace de Disse. Le pronostic est le plus souvent défavorable (survie à un mois de 50 % des cas).

Syn. foie ischémique (terme le plus adapté), foie de choc, foie cardiaque aigu

Disse (espace de)

[L1]

Édit. 2018

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