Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

101 résultats 

fibrillation atriale familiale l.f.

familial atrial fibrillation

Forme rare de fibrillation atriale secondaire à une mutation du gène KCNE2.
Le remplacement de l’arginine par la cystéine en position 27 parmi les protéines produites par ce gène est à l’origine d’un accroissement du flux d’ions potassiques à travers les canaux.

KCNE2 gene, fibrillation atriale

[Q2,K2]

Édit. 2017

fibrillation atriale l.f.

atrial fibrillation

Trouble du rythme cardiaque caractérisé par la disparition d'une activité atriale ( auriculaire) organisée : sur l'électrocardiogramme elle est remplacée par des ondulations de fréquence élevée (400 à 600/min), irrégulières sur la ligne de base.
Il en résulte une irrégularité de la fréquence ventriculaire.
L'asynchronisme des activités électriques ventriculaire et atriale avec perte de la systole mécanique auriculaire amène une diminution de 10 à 20% du débit cardiaque. On parle généralement d'arythmie complète par FA (ACFA) pour l'un des troubles du rythme des plus fréquents. La plupart des cardiopathies peut à un moment donné de leurs évolutions se compliquer d'ACFA, mais il existe des causes extracardiaques (hyperthyroïdie) et de fréquentes formes «primitives» ou idiopathiques. Les risques courus sont l'augmentation de la fréquence cardiaque avec tachyarythmie menant à la défaillance cardiaque et la survenue possible d'embolies, dans la circulation générale, ce qui justifie l'anticoagulation préventive.
Le risque d'infarctus cérébral attribuable à la FA idiopathique est évalué à 5% par an, environ. Les facteurs augmentant ce risque sont : une insuffisance cardiaque récente, une hypertension artérielle, des antécédents thromboemboliques et, échographiquement, une dilatation de l'atrium gauche, un dysfonctionnement ventriculaire gauche. A l'inverse, les sujets jeunes (moins de 60 ans), ayant une FA isolée, ont un faible risque d'embolie artérielle.
Le traitement consiste à restaurer le rythme sinusal et à le maintenir par des médicaments anti-arythmiques (benziodarone), ou par fulguration endocardiaque. Les antivitamines K (AVK) ou les nouveaux anticoagulants oraux sont indiqués, en particulier chez les sujets à haut risque thromboembolique apprécié en tenant compte des scores CHA2DS2VASc et HAS-BLED

Syn. fibrillation auriculaire (désuet)

Sigle ACFA

flutter atrial, benziodarone, antivitamine K, nouveaux anticoagulants oraux,score CHA2DS2‐VASc, score HAS-BLED

[K2]

Édit. 2018 

fibrillation ventriculaire l.f.

ventricular fibrillation

Altération très grave du rythme cardiaque, remplaçant la contraction normale organisée par des contractions rapides, anarchiques et inefficaces de toutes les fibres myocardiques.
La fibrillation ventriculaire entraîne une inefficacité totale du cœur et un arrêt circulatoire spontanément mortel en quelques minutes. Le traitement représente donc une extrême urgence. Il consiste à appliquer à la masse ventriculaire un choc électrique délivré par un défibrillateur. Dans le cadre de la circulation extracorporelle pour chirurgie du cœur, est utilisée couramment une fibrillation ventriculaire provoquée volontairement par application d’un courant électrique, afin de supprimer les battements cardiaques et faciliter les gestes chirurgicaux.

flutter ventriculaire, défibrillateur, défibrillateur automatique implantable

[K2]

Édit. 2018 

fibrillation ventriculaire idiopathique type Brugada l.f.

P. Brugada, électrophysiologiste cardiaque belge (1992)

Brugada (syndrome de)

[C3,K2,Q2]

Édit. 2018

tachycardie ventriculaire l.f.

ventricular tachycardia

Trouble du rythme cardiaque prenant naissance dans les ventricules au-dessous de la bifurcation du faisceau de His.
Les complexes ventriculaires sont larges (durée supérieure à 120 ms), avec une dissociation auriculoventriculaire et des complexes de capture ou de fusion. La fréquence varie entre 140 et 220/min ou, au maximum, trois extrasystoles ventriculaires successives représentant l'équivalent mineur de ce trouble du rythme (tachycardie ventriculaire non soutenue). La tachycardie ventriculaire étant liée à une cardiopathie ischémique le plus souvent (infarctus du myocarde), la tolérance hémodynamique est souvent mauvaise avec chute tensionnelle et tendance à l'état de choc. D'autres cardiopathies peuvent être en cause : cardiopathie primitive dilatée, dysplasies «arythmogènes», formes «idiopathiques».Si la tolérance hémodynamique est mauvaise, la réduction d'urgence est indiquée, sous surveillance électrocardiographique, en unité de soins intensifs cardiologiques, si possible. La réduction fait appel à des antiarythmiques administrés par voie intraveineuse (xylocaïne→, amiodarone, β-bloquants, etc.) ou à la cardioversion par choc électrique externe sous anesthésie générale de courte durée. Le risque de récidives, voire de transformation en fibrillation ventriculaire même en l'absence de cardiopathie favorisante, indique la prescription au long cours d'un traitement antiarythmique prophylactique.

Sigle TV

fibrillation n.f.

fibrillation

Au sens strict, contraction isolée d'une fibre musculaire, invisible sur la peau mais parfois perceptible au niveau de la langue.
L'EMG montre la présence de potentiels très fins et très brefs, indiquant l'existence d'une dénervation musculaire, avec acquisition par là-même d'une activité autonome.
Ce terme est cependant plus rarement utilisé, au profit de celui de fasciculation, bien que ce dernier réponde plus particulièrement à l'activation spontanée d'une unité motrice.

fasciculation

[C2]

Édit. 2018 

fibrillation auriculaire l.f. (désuet)

atrial fibrillation

Syn. fibrillation atriale

fibrillation atriale

[K2]

Édit. 2018 

fibrillation cardiaque l.f.

cardiac fibrillation

Contractions rapides et désordonnées des fibres myocardiques qui entraînent l’inefficacité des cavités cardiaques intéressées.

fibrillation atriale, fibrillation atriale familiale, fibrillation ventriculaire, Brugada (syndrome de), fibrilloflutter

[K2]

Édit. 2018 

potentiel de fibrillation l.m.

fibrillation potential

Activité électrique spontanée des fibres musculaires observée lors de l'enregistrement électromyographique avec une aiguille coaxiale, et qui apparaît le plus souvent à l'enfoncement ou lors du déplacement de l'aiguille.
Biphasiques, de durée brève, (<5 ms), battant à fréquence régulière, ces potentiels témoignent habituellement d'une dénervation dite aigüe ou évolutive.

anastomose méso-atriale l.f.

mesoatrial shunt

Anastomose chirurgicale entre la veine mésentérique supérieure et l'oreillette droite par l'intermédiaire d'une prothèse vasculaire.
Cette intervention est utilisée dans le traitement du syndrome de Budd-Chiari lorsqu'il existe une obstruction complète ou un rétrécissement très serré de la veine cave inférieure rétrohépatique.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

shunt portosystémique

[K3,L2]

Édit. 2017

temps de conduction sino-atriale l.m.

sino atrial conduction time

Intervalle de temps séparant le début de l’onde P de l’électrocardiogramme de surface, et le sommet de l’onde de l’auriculogramme enregistrée sur l’électrocardiogramme endocavitaire.
Cet intervalle représente le temps de conduction sinusonodal et a normalement une durée de 30 à 55 millisecondes.
Son allongement témoigne d’un trouble de la conduction intraauriculaire.

veine atriale oblique gauche l.f.

veine oblique de l'atrium gauche

hypertrophie atriale droite l.f.

Augmentation de volume de l’atrium droit.
Elle peut être secondaire à une sténose tricuspidienne, une bronchopneumopathie chronique obstructive, une hypertension artérielle pulmonaire primitive, à une surcharge cardiaque droite.
Elle se traduit sur l’électrocardiogramme par une augmentation de la hauteur de l’onde P, supérieure à 2,5 mm (2,5 mV) sur les dérivations inférieures, avec une haute partie initiale sur V1, supérieure à 1,5 mm.

Syn. ancien hypertrophie auriculaire droite

Sigle HAD

rétrécissement tricuspidien, bronchopneumopathie chronique obstructive, hypertension artérielle pulmonaire

[K2]

Édit. 2019

hypertrophie atriale gauche l.f.

Augmentation de volume de l’atrium gauche.
Elle peut être secondaire à une sténose mitrale ou, plus souvent, à une hypertrophie apparaître cours de l’évolution des cardiopathies gauches : hypertension artérielle, rétrécissement aortique…
Elle se traduit sur l’électrocardiogramme par une onde P allongée, d’une durée supérieure ou égale à 120 ms (trois carreaux ou 3 mm). En DII, l’onde P a souvent un aspect bifide,en double bosse supérieure ou égale à 40 ms. Une onde P à forte polarité négative en VI est fréquente. 

Syn. ancien hypertrophie auriculaire gauche

Sigle HAG

rétrécissement mitral, rétrécissement aortique

[K2]

Édit. 2019

Belhassen (tachycardie de) l.f.

Belhassen’s tachycardia

Tachycardie ventriculaire idiopathique d’origine fasciculaire issue de l’hémibranche postérieure, plus rarement antérieure gauche ou septale haute.
Les complexes ventriculaires ont l’aspect d’extrasystoles fasciculaires, moins larges que des extrasystoles ventriculaires, avec retard droit et axe hypergauche le plus souvent (origine dans l’hémibranche postérieure gauche), parfois hyper droit (si la tachycardie ventriculaire (TV) naît de l’hémibranche antérieure gauche). Le mécanisme est probablement une réentrée (rythme réciproque entre les deux hémibranches).
Les tachycardies fasciculaires surviennent plutôt chez l’adulte jeune sans cardiopathie sous-jacente avec une prédominance masculine. Elles n’évoluent pas vers une arythmie ventriculaire maligne et ont les caractéristiques cliniques d’une tachycardie de Bouveret.
La réduction de la TV est facilement obtenue par le vérapamil injectable, en revanche le traitement préventif des récidives fait appel aux antiarythmiques de classe Ic avec une efficacité souvent limitée. Une ablation ciblée sur le site de naissance de la tachycardie est possible comme traitement curatif.

B. Belhassen, médecin cardiologue israélien (1981)

tachycardie ventriculaire, extrasystole fasciculaire, Bouveret (maladie de), vérapamil, ablation endo-cavitaire

Édit. 2017

Coumel (tachycardie de) l.f.

Tachycardie réentrante jonctionnelle dont le substrat est une voie accessoire à conduction lente/décrémentielle.
Son insertion est en général atriale postéroseptale droite proche de l’ostium du sinus coronaire.
Les caractéristiques de l’ECG sont :
- une onde P rétrograde négative en D2, D3,VF avec un RP’ long,
– une conduction décrémentielle dans la voie accessoire,
– une extrasystole ventriculaire en période réfractaire de la voie nodohissienne qui avance l’activation atriale (on peut l’obtenir lors d’une exploration électrophysiologique),
– la primodépolarisation atriale rétrograde proche de l’ostium du sinus coronaire.

P. Coumel, médecin cardiologue français (1967)

tachycardie n.f.

tachycardia

Fréquence cardiaque supérieure à 100 battements par minute chez l'adulte.
On distingue les tachycardies sinusales normales, liées à l'effort ou à une stimulation sympathique excessive (émotion, absorption de substances dites «excitantes») ou pathologiques, secondaires soit à une insuffisance cardiaque, soit à une stimulation hormonale (hyperthyroïdie, sécrétion médullosurrénalienne excessive) ou encore réactionnelle à un état d'anémie, aigüe ou chronique, et les tachycardies ectopiques prenant naissance soit dans la paroi auriculaire (tachycardie supraventriculaire) en amont du faisceau de His, soit dans les parois ventriculaires (tachycardie ventriculaire).

pouls (fréquence du

tachycardie de Belhassen l.f.

B. Belhassen, médecin cardiologue israélien (1981)

Belhassen (tachycardie de)

tachycardie de Coumel l.f.

P. Coumel, médecin cardiologue français (1967)

Coumel (tachycardie de)

tachycardie fœtale l.f.

fetal tachycardia

Elévation anormale et constante du rythme cardiaque du fœtus au-dessus d’une fréquence de 160 ou 180 battements par minute.
Elle est considérée comme l’indicateur d’une infection fœtale. Elle peut être induite par le passage transplacentaire d’atropine injectée à la mère.

tachycardie, hypertension, microphtalmie et hyperglycinurie l.f.

tachycardia, hypertension, microphtalmia, and hyperglycinuria

Tachycardie paroxystique, hypertension, syncopes, convulsions avec microphtalmie, cataracte, hyperglycinurie et calculs rénaux.
La microphtalmie serait dominante dans la famille et le reste récessif (une seule publication avec un frère et une sœur). L’affection est autosomique récessive (MIM 272550).

C.W. Adams et W.E. Nance, médecins américains (1967) 

tachycardie jonctionnelle l.f.

junctional tachycardia

jonctionnel

tachycardie nodale l.f.

nodal tachycardia

nodal

tachycardie paroxystique l.f.

paroxystic tachycardia

Variété de tachycardie survenant par épisodes aigus et brutaux.

L. Bouveret, médecin interniste français (1889)

Bouveret (maladie de)

tachycardie paroxystique supraventriculaire fœtale l.f.

paroxystic fetal supraventricular tachycardia

Brusque élévation du rythme cardiaque fœtal au-dessus de 180 battements par minute, dépassant parfois 250 battements par minute, durant plusieurs dizaines de minutes, et pouvant entrainer une insuffisance cardiaque fœtale.
Elle se traite par la digitaline intraveineuse qui, injectée à la mère, traverse le placenta.

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