Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

8 résultats :

enfant maltraité l.m.

ill-treated child

Enfant victime de négligences ou d'abandon, d'atteinte physique ou mentale, de mauvais traitements.
Les services départementaux d'aide sociale à l'enfance peuvent proposer des mesures éducatives au profit de mineurs en difficulté en les maintenant autant qu'il est possible dans leur milieu familial et en préparant leur retour s'ils doivent être confiés à un service ou à un établissement. Ces mesures peuvent être non plus proposées, mais ordonnées par le juge des enfants si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur sont en danger ou si les conditions de son éducation sont gravement compromises (article 375 du code civil). Le juge peut être saisi par les parents, le procureur de la République, le mineur lui-même ; il peut se saisir d'office.
En complément et pour mieux assurer le signalement et la prise en charge des mineurs maltraités (peut-être 50 000 cas annuels, dont 600 à 700 décès), la loi du 10 juillet 1989 prévoit une formation de toutes les personnes en contact avec le mineur et la mise en place dans chaque département d'un dispositif recueillant les informations relatives aux enfants maltraités.
Le nouveau code pénal en vigueur depuis le 1er mars 1994 maintient l'obligation aux personnes de signaler les mauvais traitements infligés à un mineur de quinze ans (article 434-3) et la faculté par le médecin de dénoncer ces faits (article 226-14).

F.N. Silverman, pédiatre et radiologue américain (1953)

inceste, maltraitant (parent), sévices physiques à enfant, sévices psychologiques à enfant, sévice sexuel dans l'enfance, Silverman (syndrome de), enfant secoué (syndrome de l')

[O1, E1, E3]

Édit. : 2018

aspects psychopathologiques de l’ulcère gastroduodénal l.m.

gastroduodenal ulcer

ulcère gastroduodénal (aspects psychopathologiques de l’)

dépression (aspects biologiques) l.m.p.

biological aspects of depression

Paramètres biologiques préexistants ou persistants au-delà de l'accès dépressif (marqueurs-traits), indices possibles de vulnérabilité, ainsi que ceux contemporains de l'accès (marqueurs-états), indices possibles de guérison biologique.
Parmi les paramètres statistiques contemporains de l'accès, ont été testés principalement :
- des modifications des catabolites des diverses monoamines cérébrales. La distinction entre dépressions déficitaires en catécholamines ou en sérotonine n'a pas fait progresser la compréhension physiopathologique ni les moyens thérapeutiques ;
- des modifications des taux de certains enzymes impliqués dans ce catabolisme, avec pour seul avantage possible un meilleur ajustement de la posologie d'antidépresseurs IMAO ;
- un excès de sécrétion du cortisol, qui pourrait surtout refléter un état de stress sans être spécifiquement lié à la dépression ;
- une augmentation de la proportion du sommeil paradoxal et un raccourcissement de son délai d'apparition, inférieur à 90 minutes.
Parmi les tests dynamiques neuroendocriniens, l'épreuve à la dexaméthasone, avec absence de freination de la sécrétion de cortisol après administration de cette substance chez les déprimés, avait suscité de grands espoirs.
Dans l'ensemble, deux ordres de faits sont apparus : d'une part la multitude des paramètres biologiques perturbés chez les déprimés, qui pourrait aussi concerner le système immunitaire et les débits sanguins intracérébraux régionaux ; d'autre part l'impossibilité actuelle de cerner la signification de la plupart de ces anomalies et leur usage éventuel dans le diagnostic, la prévention ou la thérapeutique.

masochisme sexuel (aspects cliniques du) l.m.p.

clinical aspects of sexual masochism

Association habituellement chronique de la jouissance érotique à la souffrance physique et/ou morale subie avant ou pendant des relations sexuelles ou leurs substituts.
Bien que souvent assorties de simulacres ou de mises en scène, ces conduites comportent la recherche d'une douleur physique (fessée, flagellation, coups de ceinture, etc.) et/ou de tourments moraux (mépris, humiliations, souillures) dans une attitude de soumission passive. Elles peuvent s'accompagner d'autres paraphilies comme le fétichisme, le voyeurisme ou l'exhibitionnisme. Les formes majeures, avec notamment mutilations, sont rares.
Dans ses approches génétiques, le masochisme est difficilement séparable du sadisme, dont il constitue un aspect symétrique et, comme ce dernier, il demeure le plus souvent caché, accentuant d'autant la dimension cruauté-souffrance désirée. Du reste, le rôle des partenaires est parfois interchangeable.

Étym. : du nom de Sacher Masoch romancier autrichien du XIX siècle.

sadisme sexuel (aspects cliniques) l.m.

clinical aspects of sexual sadism

Recherche de la satisfaction érotique par la souffrance physique et/ou morale infligée à autrui avant ou pendant des relations sexuelles ou leurs substituts, sans se préoccuper des conséquences pour la victime.
Il s'agit de conduites agressives comme des morsures, piqûres, flagellations, blessures au niveau des organes génitaux, ou des situations humiliantes, infligées à des adultes ou à des enfants. L'habituelle mise en scène théâtrale qui les accompagne peut contribuer à rendre moins marquées les souffrances de l'autre. De même que leur symétrique, le masochisme, elles restent le plus souvent cachées, accentuant d'autant la dimension cruauté-souffrance recherchée.
Surtout rencontré chez l'homme, le sadisme sexuel est fréquent chez la femme sur un mode mineur.
Très anciennement connu, il peut exceptionnellement s'exercer sous des formes extrêmes comme des crimes fréquemment précédés de viol (assassinats par lubricité, R. von Kraft-Ebing, en fait surtout psychotiques). Le risque de récidive est encore plus élevé dans cette éventualité.

sadisme 

syringomyélie (aspects anatomiques de la) l.m.p.

syringomyelia (anatomical aspects of)

Aspect caractérisé par la présence d’une cavité intramédullaire, habituellement développée au niveau cervical ou cervicodorsal, indépendante du canal épendymaire, ce qui la différencie de l’hydromyélie.
La cavité se situe généralement au niveau de la moelle cervicale moyenne, en arrière de l'épendyme. Elle peut se prolonger vers le bulbe (syringobulbie) et vers la moelle dorsolombaire.
S'il y a une extension bulbaire, on parle de syringobulbie. Il existe fréquemment de nombreux cloisonnements incomplets à l'intérieur de la cavité syringomyélique, qui lui donnent un aspect multilobé.
Les formes malformatives (ou congénitales) sont le plus souvent associées à une malformation de Chiari de type I et doivent être distinguées de celles qui sont secondaires à d'autres étiologies (traumatiques, inflammatoires ou tumorales).
Elle peut être en rapport avec des malformations vertébrales et des scolioses.

H. Chiari, anatomopathologiste autrichien (1891)

ulcère gastroduodénal (aspects psychopathologiques de l’) l.m.

psychopathological approach of gastroduodenal ulcer

Actuellement, l’intervention de facteurs psychologiques dans la survenue de certaines poussées est complètement niée (ou abandonnée).
Bien qu’il n’y ait aucune évidence basée sur les faits, on peut encore parler d’ulcères de stress chez les patients hospitalisés en réanimation.
Les relations affectives de l'ulcéreux, aussi bien avec son monde intérieur qu'avec son entourage familial et social, sont singularisées par la présence d'un système adaptatif, l'oscillation entre l'expression de tendances actives et de tendances passives réceptives (F. Alexander). Selon la prédominance de l'un ou de l'autre pôle, ou le compromis qui s'est établi, on a pu décrire quatre types cliniques principaux (équilibré, hyperactif et indépendant, passif et dépendant, instable), avec des formes de passage.
Des corrélations ont été observées entre le niveau sécrétoire gastrique et l'aspect psychologique du patient : hypersécrétion chez l'hyperactif, p. ex.

S. Bonfils, gastroentérologue français (1984)

Étym. : lat. ulcus : ulcère

ulcère

aspects psychologiques des cancers l.f.

Problèmes psychologiques liés au cancer, tant en ce qui concerne son origine que ses conséquences

L'hypothèse d’un trouble psychique (dépression, stress) favorisant l'apparition d'un cancer, notamment par affaiblissement immunitaire, reste controversée. Une relation avec des traits alexithymiques a été également discutée.
Le diagnostic de cancer porté peut avoir des répercussions psychologiques. De ce bouleversement existentiel, dominent initialement les sidérations émotionnelles, puis les états dépressifs, surtout en cas de douleurs mal contrôlées, de handicaps fonctionnels, d'atteinte de l'état général, et aux stades terminaux. Divers troubles à type d'irritabilité, de déni de la maladie, d'anxiété souvent majeure, etc., s'y associent le plus souvent. Le repli et le retrait des adolescents dans la rêverie les font paraître plus "à risque" que les adultes, qui semblent réagir davantage par une recherche de l'information et par une attitude d'affrontement et d'action.
Les familles, notamment les parents d'enfants atteints, sont souvent touchées au plan psychique. Sera également cité l'effet pathogène des investigations ayant pour objectif le pronostic du cancer.
Une prise en charge globale, répondant à la personnalité du patient, notamment une information individualisée, progressive et cohérente, une utilisation mieux adaptée des soins palliatifs, au besoin des thérapies de groupe, comportementales et/ou l'appel à des psychotropes, principalement antidépresseurs, ont un effet bénéfique sur l'ajustement émotionnel du malade et même sur son évolution. La psycho-oncologie, discipline clinique qui lie oncologues et psychiatres, contribue à ces progrès.

cancer

[F2, H4]