Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

17 résultats :

convulsions fébriles de l'enfance l.f.p.

childhood febrile convulsions

Crise épileptique survenant à l'occasion d'une infection fébrile non spécifique, observée au-dessous de l'âge de 5 ans avec une incidence maximale dans la deuxième année et touchant environ 3% des enfants.
Le plus souvent, il s'agit d'un paroxysme clonique, apparemment généralisé d'emblée, de brève durée, chez des enfants normaux, et ne laissant aucun déficit postcritique : convulsions fébriles simples. Plus rares, des convulsions fébriles complexes, fréquemment latéralisées, peuvent être prolongées ou répétées en série, voire en salves, et entraîner des séquelles neurologiques transitoires ou permanentes.
Les récidives sont évaluées différemment, jusqu'à un tiers des cas, et le risque d'épilepsie-maladie ultérieure à seulement 4%. L'instauration d'un traitement prophylactique continu est considérée comme inopportune par la plupart des auteurs.
L'hérédité de certaines formes familiales est complexe, avec présence de plusieurs gènes.
En cas de convulsions prolongées, le diazépam intraveineux ou intra-rectal (0,3-0,5 mg/kg) doit être ajouté au traitement général. Une prévention discontinue lors des accès fébriles est souvent pratiquée avec cette même substance intra-rectale.

convulsions de l'enfance

[H1, P1]

convulsions de l'enfance l.f.p.

child convulsions

Locution souvent appliquée aux crises épileptiques occasionnelles, fréquentes chez le jeune enfant, liées à des stimulus variés dont le plus fréquent est un épisode fébrile : convulsions fébriles ou hyperpyrétiques.
Il est exceptionnel que les convulsions de l'enfant soient l'expression d'une épilepsie-maladie, dans laquelle les crises épileptiques tendent à se répéter sur le mode chronique, sans cause extracérébrale décelable. Le pronostic des convulsions de l'enfant est favorable et n'engage pas, en principe, l'avenir, mais la récidive est possible.
La plupart des auteurs ne considèrent donc pas opportun, sauf cas particulier, d'instaurer un traitement prophylactique continu.
En cas de convulsions prolongées, le diazépam intraveineux ou en injection intrarectale doit être ajouté au traitement général, une prévention discontinue lors des accès fébriles étant souvent pratiquée avec cette même substance intrarectale.

épilepsie, crise convulsive,convulsions fébriles de l'enfance

[H1, O1]

crise convulsive l.f.

acute convulsive disorder

Série de contractions involontaires dues à une augmentation anormale de l'activité musculaire entraînant des mouvements localisés ou généralisées.
Il peut s'agir de spasmes toniques interrompus parfois de quelques secousses ou d'une série de contractions musculaires rapides plus ou moins régulières donnant des mouvements cloniques d'une certaine ampleur.
La crise convulsive peut relever de causes multiples, méningite, ictus laryngé, intoxication (strychnine, solutions hypertoniques en excès, sulfamides hypoglycémiants, O2 hyperbare au-dessus de 3 ata, etc.), hyperthermie (surtout chez le jeune enfant), etc.
Si la crise dure, le traitement est symptomatique (diazépam, etc.).
Une crise convulsive isolée chez un adulte nécessite un examen neurologique soigneux pour en établir la cause. En effet une telle crise n'est qu'un symptôme traduisant la souffrance cérébrale, elle n'est pas pathognomonique de l'épilepsie : le diagnostic d'épilepsie ne doit jamais être porté sur une crise convulsive isolée.

épilepsie, HELP syndrome, hyperthermie, ictus laryngé

[H1]

crises comitiales fébriles familiales l.f.p.

familial febrile seizures 3B

Variété de crises comitiales déclenchées par une fièvre, en relation avec une mutation du gène SCN9A.

SCN9A gene

[Q2, H1]

Édit. : 2017

convulsions néonatales familiales bénignes l.f.p.

benign familial neonatal convulsions

Épilepsie généralisée idiopathique familiale de transmission autosomique dominante à pénétrance incomplète.
Les crises sont de type apnéique et tonicoclonique, brèves, uni ou bilatérales. Elles sont observées chez le nouveau-né de quelques jours. La guérison survient habituellement dans les six mois sans séquelles, notamment psychomotrices. Seulement 15% de ces enfants auront une épilepsie durable.
La localisation génétique se situe sur le bras long du chromosome 20 ou sur le chromosome 8 ; il s'agit de gènes codant pour des canaux potassiques.

[H1, P1, Q2]

abus sexuel dans l'enfance l.m.

child sexual abuse

Il convient en réalité de considérer que ce sont des sévices sexuels exercés par un adulte sur un enfant, incapable de résister physiquement et psychologiquement, dans une recherche de satisfactions sexuelles, s'accompagnant de contrainte et parfois de violences physiques.

sévice sexuel dans l’enfance, enfant maltraité (aspects socio-éducatifs et pénaux), inceste

[E3, H4]

Édit. : 2016

abus sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un) l.f.

psychic sequelae of child sexual abuse

Relation de cause à effet souvent bien difficile à établir entre une maltraitance dans l'enfance, ayant les caractères de sévices sexuels, et des troubles ultérieurs.

sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un)

[E3, H4]

Édit. : 2016

aide sociale à l'enfance l.f.

social support of children

Service départemental chargé d'accueillir les enfants ou adolescents des familles défaillantes, qui lui sont confiés sous protection ou sous tutelle.
Sont placés sous sa protection : les enfants surveillés, les enfants secourus, les enfants et adolescents recueillis temporairement, les enfants en garde.
Sont placés notamment sous sa tutelle : ceux pour lesquels les parents ne peuvent plus exercer ou n'exercent plus aucun attribut de leur autorité parce qu'ils sont décédés, déchus ou absents.
L'ASE dispose d'établissements propres (foyer départemental de l'enfance, maison maternelle, pouponnière) et d'un réseau de placements familiaux et d'internats. Elle s'appuie de plus en plus sur les structures de prévention : intersecteur psychiatrique, service d'assistance éducative en milieu ouvert.

ASE

[E1, E3,O1]

Édit. : 2017 

atrophie musculaire spinale de la mi-enfance et de l'adolescence l.f.

spinal muscular atrophy, mild childhood and adolescent form

amyotrophie spinale juvénile pseudomyopathique

centre régional pour l’enfance et l’adolescence inadaptées l.m.

Organisme privé, agréé par l’administration, chargé de la protection, des soins de l’éducation et de la réinsertion sociale des enfants et adolescents inadaptés, quels que soient la nature et le degré de l’inadaptation.
Il contribue à l’animation et à la coordination des organismes ayant des buts similaires, il forme des personnels utiles à sa mission, il peut créer et gérer des établissements.

CREAI

[E, O1, H4]

crises partielles migratrices malignes de l’enfance l.f.p.

malignant migrating partial seizures of infancy (MMPSI)

crises partielles migrantes malignes du nourrisson

Fanconi forme infantile et de l'enfance sans cystinose (syndrome de) l.m.

childhood and infantile form of Fanconi syndrome without cystinosis

G. de Toni, pédiatre italien(1933) ; R. Debré, pédiatre français, membre de l’Académie de Médecine, membre de l’Académie des Sciences (1934) ; G. Fanconi, pédiatre helvétique (1936)

De Toni-Debré-Fanconi (syndrome de)

[M1,O1]

Édit. : 2018

frontale (épilepsie - bénigne de l'enfance) l.f.

childhood benign frontal lobe epilepsy

Forme rare d'épilepsie de l'enfant s'exprimant par des crises comportant une obnubilation de conscience, des troubles végétatifs, en particulier une rougeur de la face, et une déviation forcée de la tête et des yeux pouvant entrainer un mouvement giratoire.
Les crises et le foyer disparaissent entre 8 et 12 ans.

Syn. : épilepsie partielle idiopathique à paroxysmes frontaux, à paroxysmes rolandiques

hypercalcémie idiopathique de l'enfance l.f. [Q2,O1,M1,P2,2015]

familial hypercalcemia with nephrocalcinosis

K.N. Drummond, pédiatre américain (1964)

Syn. : hypercalcémie à visage d'elfe

Drummond (syndrome de), calcémie, hypercalcémie

petite enfance l.f.

Enfant jusqu’à l’âge de sa première dentition, soit trente mois environ.
Pour d’autres, elle s’applique à l’enfant de moins de cinq ou six ans n’ayant pas encore fréquenté l’école.

sévice sexuel dans l'enfance l.m.

child sexual abuse

Action d'un adulte visant, sous la contrainte, à l'exploitation sexuelle d'un enfant, qui peut s'accompagner de violences physiques, alors que l'enfant est incapable d’y résister psychologiquement et physiquement.
Dans le cadre familial, il s'agit d’un adulte exerçant un rôle et une autorité parentaux. Sont considérées comme incestueuses de telles relations avec les parents, les beaux-parents ou d'autres substituts parentaux. L'inceste père-fille et beau-père-fille est de loin le plus fréquent. Tenus initialement pour "la source du Nil de la psychiatrie" par S. Freud, qui en arriva bientôt à la notion de fantasmes constituant une véritable réalité psychique défensive, ces abus sexuels sont actuellement de plus en plus souvent invoqués, "a posteriori" dans diverses affections mentales de l'adulte. En fait, les cas de fabulation sont rares. À court terme, ces traumatismes sexuels suscitent en particulier une atteinte narcissique majeure et une perte de l'estime de soi. Chez l'agresseur, une structure perverse semble toujours d'actualité. Reste la fragilité du témoignage de l'enfant, suscitant bien souvent le doute des adultes et pouvant provoquer des attitudes de rejet ou même de rétorsion favorisées par le silence familial, voire par la complaisance de la mère. Peuvent s'y ajouter les souffrances psychiques induites par l'enquête. De toute façon, la "dévictimisation" de l'enfant est un processus complexe.

sévices physiques à enfant, enfant maltraité (aspects socioéducatifs et pénaux), inceste, sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un), sévices psychologiques à enfant

sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un) l.f.

psychic sequelae of child sexual abuse

Relation de cause à effet, souvent bien difficile à établir, entre une maltraitance à caractère sexuel subie dans l'enfance et des troubles ultérieurs.
Dans l'enfance et l'adolescence ont été surtout décrits : des troubles anxieux à type de peurs, altérations du sommeil, plaintes somatiques, phobies diverses, conduites d'évitement, et parfois des signes liés au traumatisme psychique, des signes hystériques, une dissociation névrotique et quelquefois, forme majeure, une personnalité multiple, des états dépressifs avec conduites suicidaires possibles, ; des troubles du comportement sexuel tels qu'une sexualité et une prostitution précoces, un exhibitionnisme ou, a contrario, un refus de la sexualité.
À l'âge adulte peuvent notamment s'ajouter : la soumission à l'alcool et aux drogues, une personnalité-limite, des dysfonctionnements sexuels variés, des conduites d'agression sexuelle, probablement une "revictimisation" sous forme d'une vulnérabilité particulière aux actes de violence subis par les femmes dans l'enfance.

sévice sexuel dans l'enfance, sévices physiques à enfant, sévices psychologiques à enfant