Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

14 résultats 

corps étranger articulaire l.m.

loose body

1) Fragment ostéocartilagineux provenant d'un foyer de nécrose osseuse localisée, séquelle d'une ostéochondrite disséquante au stade de séquestration et libéré dans l'articulation.
Son revêtement fibrocartilagineux et sa forme ovalaire lui donnent une mobilité intraarticulaire qui lui vaut son nom de souris articulaire.
2) Élément libre ou fixé situé dans une articulation, d'origine intrinsèque (fracture ostéochondrale, synovite) ou extrinsèque (par pénétration accidentelle).

Syn. ostéochondrite disséquante

arthrophyte

[I1,I2]

corps étranger du cœur l.m.

foreign bodies of the heart

Objet ou fragment d’objet non biologique anormalement placé dans une paroi ou une cavité du cœur.
Les corps étrangers pariétaux sont en règle d’origine externe, ont pénétré par la paroi thoracique, et se trouvent fichés dans le myocarde : aiguilles ou fragments d’aiguille, projectiles, balles ou éclats. Les corps étrangers intracavitaires peuvent également venir de l’extérieur après un trajet transpariétal, mais ils sont parfois d’origine embolique par migration veineuse. Certains corps étrangers peuvent être parfaitement tolérés. Ceux qui représentent un danger soit par leur localisation ou leur importance, soit par un risque embolique, doivent être enlevés chirurgicalement. Leur localisation exacte est alors très importante et peut s’avérer difficile.

[K2]

corps étranger du conduit auditif externe l.m.

external ear foreign body

Objet ou matériel, de nature variable, introduit dans le conduit auditif externe.
Il s’observe chez l’enfant chez qui l’introduction est volontaire, il est plus rare chez l’adulte chez qui la pénétration est accidentelle.

conduit auditif externe

[P1]

corps étranger du larynx l.m.

larynx foreign body

Objet ou matériel, de toute nature, venant s’arrêter dans le larynx.
Si le corps étranger est volumineux il entraîne la mort rapide par asphyxie, s’il est acéré (épingle, clou) il peut se ficher entre les cordes vocales entraînant une dysphonie puis une dyspnée. L’exérèse d’un corps étranger doit être faite par les voies naturelles.

[P1]

corps étranger du nez l.m.

nose foreign body

Objet ou matériel de toute nature qui entraîne une obstruction de la fosse nasale puis un écoulement purulent unilatéral.

[P1]

corps étranger du pharynx l.m.

pharyngeal foreign body

Corps le plus souvent d’origine alimentaire, acéré, (arête de poisson, petit os), qui se pique dans la base de langue, l’amygdale palatine, le sinus piriforme.
La douleur et la dysphagie, souvent immédiates, donnent l’alarme et imposent un examen clinique souvent difficile. L’exérèse à l’aide d’une pince appropriée évite souvent le recours à une anesthésie générale.

[P1]

corps étranger intra-oculaire (repérage d'un - par déplacement du regard) l.m.

intraocular foreign body (physiological method of localisation by eye moving projection)

Technique radiologique de repérage d’un corps étranger intraoculaire radio-opaque. Des clichés sont réalisés en incidence d’orbite dans les quatre directions cardinales du regard, qui permettent de différencier un corps étranger situé dans le segment antérieur de l’œil (déplacement du corps étranger dans le même sens que les mouvements oculaires) par rapport à un corps étranger situé dans le segment postérieur de l’œil (déplacement du corps étranger dans le sens contraire des mouvements oculaires).
Cette technique est devenue désuète avec la facilité d’obtention d’une tomodensitométrie en coupes millimétriques selon le plan neuro-oculaire.

[P2]

corps étranger pulmonaire l.m.

pulmonary foreign body

Corps étranger inclus dans le parenchyme pulmonaire, souvent métallique (projectile, éclats d'obus, de mine, de grenade) plus rarement végétal, voire vestimentaire.
Vu précocement, le corps étranger doit être extirpé du fait du risque de suppuration, d'hémoptysie.
Vu tardivement, devant une de ces complications, il faut enlever le territoire pulmonaire altéré avec le corps étranger. En l'absence d'atteinte du parenchyme, après un parfait repérage radioscannographique, le plus souvent on peut réaliser une extraction simple.
Cas exceptionnel, un corps étranger logé dans les vaisseaux du poumon impose son exérèse (par thoracotomie), sous clampage vasculaire, suivie de réparation du vaisseau. Le plus souvent, il s'agit de cathéters veineux rompus et migrés, dont l'extirpation est une semi-urgence.

[K1]

corps étranger trachéobronchique l.m.

tracheobronchial foreign body

Corps étranger inhalé siégeant dans la trachée ou les bronches.
L'inhalation d'un corps étranger, fréquente, est dangereuse surtout chez les tout petits entre 6 mois et 3 ans.
Pour les enfants, les corps étrangers les plus dangereux sont les corps végétaux : graines apéritives, cacahuètes, etc. entraînant une suppuration bronchique très rapide avec destruction du poumon en quelques jours. Les objets en matière plastique aussi sont fréquents. Il est essentiel de retrouver le « syndrome de pénétration » fait de toux avec brève asphyxie, pour imposer la bronchoscopie d'urgence permettant le diagnostic et le traitement. Chez l'adulte, l'accident est plus rare : dent, tire-nerf, fragment de prothèse, etc.
Un corps étranger volumineux donne une obstruction trachéale aigüe imposant la manœuvre d’Heimlich
Le siège des corps étrangers est trachéal une fois sur dix, bronchique droit 6 fois sur 10, bronchique gauche 3 fois sur 10.

H. J. Heimlich, chirurgien américain (1974)

Heimlich (manœuvre de), bronchoscopie

[K1]

cellule géante à corps étranger l.f.

foreign body giant cell

cellule géante

[A2]

granulome à corps étranger l.m.

foreign body granuloma

Granulome constitué autour d'un corps étranger introduit volontairement ou accidentellement dans la peau, qu'il s'agisse de particules inertes (fil de suture, silice, métal, huile minérale, etc.) ou de matériel biologique (piqûre animale ou végétale).
Par extension, on décrit des granulomes à corps étrangers endogènes. Cliniquement, le délai d'apparition de la lésion, parfois très long, et son aspect sont très variables. L'image histologique de ce granulome de résorption peut varier depuis celle d'un granulome macrophagique, le plus courant, à celle d'un granulome lipophagique, sarcoïdosique ou palissadique, voire réaliser l'image d'un pseudo-lymphome cutané.

Syn. granulome xénique, réaction à corps étranger

granulome à corps étranger endogène, granulome silicotique, granulome talcique

granulome à corps étranger endogène l.m.

endogenous foreign body granuloma

Granulome provoqué par la présence dans le derme d'éléments endogènes susceptibles de déclencher la formation d'un granulome à corps étranger autour d'eux.
Il s'agit souvent d'une conséquence de la rupture de kystes intradermiques, en général folliculaires, qui libèrent cristaux de cholestérol, débris de poil ou de kératine ou de parasites comme l'acarien Demodex folliculorum. On observe aussi des granulomes lipophagiques, liés à la résorption de lésions d'hypodermite, ainsi que des formations granulomateuses autour de foyers d'altérations du conjonctif dermique.

granulome macrophagique, granulome lipophagique

inhalation d'un corps étranger chez l'enfant l.f.

foreign body inhalation and emergency in children

Passage d'un corps étranger, obstruant plus ou moins les voies aériennes supérieures ou les bronches, responsable, en règle, de détresse respiratoire.
Il se traduit par le syndrome de pénétration : brusquement l'enfant, qui avait un objet ou un aliment dans la bouche (ce qui a pu passer inaperçu), étouffe dramatiquement et cherche de l'air désespérément. Il ne pleure ni ne crie, mais porte la main à son cou tout en faisant de très violentes secousses inefficaces de toux. Cela peut aussi tourner court et la situation semble redevenir normale. Mais on constate souvent une dyspnée avec des signes de lutte. La dyspnée peut être uniquement inspiratoire avec tirage et cornage, traduisant un obstacle laryngé. Purement expiratoire, avec des sibilances, ces signes orientent vers un siège bronchique ou «bronchiolaire». Lorsque la dyspnée porte sur les deux temps de la respiration l'obstacle est localisé entre le cricoïde et les grosses bronches.
En cas de détresse grave avec une gêne purement inspiratoire il est possible de chercher à expulser le corps étranger par deux ou trois tapes violentes dans le dos, l'enfant étant placé en procubitus, tête en bas. Sinon l'extraction peut être faite à la pince sous laryngoscopie. Faute de mieux, une trachéotomie ou la pose d'une ou deux grosses aiguilles dans la trachée cervicale permettent de sauver l'enfant de l'asphyxie. Les manœuvres coincer le corps étranger au niveau du cricoïde. Une intubation trachéale refoulant le corps étranger dans une externes d'expulsion sont contre-indiquées quand la dyspnée se manifeste surtout à l'expiration, car elles peuvent grosse bronche permet de sauvegarder provisoirement une ventilation acceptable.
Si le corps étranger est passé au-delà de la carène, l'enfant peut présenter secondairement un tableau clinique moins inquiétant mais l'existence d'un syndrome de pénétration doit être recherchée avec insistance devant un pneumothorax, un emphysème sous-cutané, une dyspnée asthmatiforme, une atélectasie ou une infection localisées.
Dans tous les cas, même si tout semble être redevenu normal, une endoscopie s'impose, en urgence s'il y a asphyxie, sinon dans les heures qui suivent. Elle réclame un opérateur entraîné, un bronchoscope oxygénateur et un jeu de pinces d'extraction adaptées afin de rétablir la liberté des voies aériennes. Après l'extraction, un contrôle endoscopique soigneux doit être fait.
Un volumineux corps étranger œsophagien peut induire une dyspnée en comprimant la face postérieure de la trachée qui se laisse déprimer.
Étant donné le risque de fausse route il ne faut pas laisser des cacahouètes ou objets analogues à la portée des jeunes enfants et, avant l'âge de trois ans, il est interdit d'administrer des comprimés ou gélules sans les écraser ou les vider au préalable.

H. J. Heimlich, médecin américain (1975)

Étym. lat. inhalare : souffler

asphyxie, dyspnée laryngée, Heimlich (manœuvre d'), inhalation (syndrome d')

réaction à corps étranger l.f.

foreign body reaction

Réaction provoquée par l'introduction d'un corps étranger dans ou sous la peau et qui peut être banale et très transitoire, ou bien chronique, aboutissant alors le plus souvent à la constitution d'un granulome dit à corps étranger.

Syn. réaction xénique

granulome macrophagique, granulome lipophagique