Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

10 résultats 

coma n.m.

coma

État défini par l'absence d'ouverture des yeux, spontanée ou provoquée, l'absence d'émission verbale cohérente et de réponse aux ordres, traduisant la perte de la conscience et de la vigilance, les fonctions végétatives (respiration, circulation) étant normales ou altérées.
La réponse aux différentes sollicitations (réflexes photopalpébral, cornéen, photomoteur, oculocéphalique, tendineux, stimulations nociceptives) est appropriée ou non (réaction de décortication en flexion, de décérébration en extension). La profondeur du coma est classée en obnubilation, coma et coma profond. Cet état traduit une souffrance de l'encéphale, soit primitive (d'origine vasculaire, traumatique, infectieuse, tumorale), soit secondaire (hypoxique, métabolique, toxique). Le pronostic dépend de la cause.

Étym. gr. kôma : sommeil profond

échelle de profondeur des comas, œdème cérébral, position latérale de sécurité

[H1]

coma carus pléonasme grec, à éviter

Étym. gr. koma : sommeil profond ; karos : sommeil profond, engourdissement

coma

[H1]

coma dépassé l.m.

mort cérébrale

[H1]

coma éclamptique l.m.

eclamptic coma

Perte de la conscience et de la vigilance propre à la dernière phase de la crise d'éclampsie.
Sa profondeur et sa durée sont conditionnées par l'intensité et la répétition des crises : une simple obnubilation de quelques minutes ou une abolition prolongée de la sensibilité, de la motricité et des réflexes pendant laquelle de nouvelles crises peuvent survenir, caractérisant alors l'état de « mal » éclamptique.

Étym. gr. eclampto : éclater

Syn. coma postcritique

[H1,O3]

coma hépatique l.m.

Hepatic coma

Trouble de la vigilance dû à une atteinte hépatique ou des anastomoses portocaves.
La pathogénie de cette encéphalopathie métabolique n'est pas élucidée, même si l’hyperammoniémie est impliquée. L'atteinte anatomique et fonctionnelle du système nerveux central est réversible.

encéphalopathie hépatique

[H1,L1]

coma hystérique l.m.

hysterical coma

Pseudocoma pouvant durer plusieurs heures, voire plusieurs jours, caricature comportementale du sommeil alors que le tracé électro-encéphalographique est normal Absence d'anomalies pupillaires, mais résistance à l'ouverture des paupières et syncinésies oculomotrices, souvent associées à une hypotonie musculaire, des contractures ou des mouvements anormaux.
Ce tableau fait partie des symptômes de conversion hystérique sans atteinte organique sous-jacente. Souvent spectaculaire, dramatisé, il peut être sensible à la suggestion.
C'est un mécanisme de défense de nature névrotique, avec refoulement d'une représentation mentale angoissante.
Le traitement est psychothérapique.

Syn. léthargie hystérique, sommeil cataleptique

aréactivité psychogène, catalepsie, hystérique (névrose), léthargie

[H1,H3]

coma vigile l.m.

vigile coma

Locution imprécise utilisée pour désigner un coma léger.
Cette locution est déconseillée.
L'expression associant les mots «coma» (sommeil) et «vigil» (éveil), autrement dit «dormeur éveillé», conviendrait plutôt au somnambulisme, notamment au vigilambulisme ou état d'automatisme comitial ambulatoire de Charcot, qui se voit après la crise d'épilepsie ou est équivalent au petit mal épileptique.

J -M. Charcot, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1825-1893)

Étym. lat. vigilatus : éveillé

végétatif (état), vigilance

[H1]

échelle du coma de Glasgow n.f.

Glasgow's coma scale

Échelle d'évaluation clinique de l'état de conscience utilisée après un traumatisme cranio-encéphalique et au cours d’un coma, permettant d’apprécier rapidement l’état initial et d’en suivre l’évolution.
Une cotation est attribuée à la meilleure réponse obtenue dans l'étude de trois paramètres : "E", ouverture des yeux (4 : spontanée ; 3 : au bruit ; 2 : à la douleur ; 1, absente) ; "V", réponse verbale (5, orientée ; 4, confuse ; 3, inappropriée ; 2, incompréhensible ; 1, absente) ; "M", réponse motrice (6, obéit ; 5, flexion adapté ; 4, flexion orientée ; 3, flexion réflexe ; 2, extension réflexe ; 1, absente).
La somme de ces constations définit un score qui varie de 3 à 15 (E+V+M). Le pronostic est d’autant plus grave que le score est bas. 15 correspond à un état lucide, de 14 à 10 à une somnolence ou à un coma léger, de 9 à 7 à un coma de plus en plus profond, 3 à un coma probablement irréversible. Cette classification est simple dans son application. Les corrélations sont bonnes entre observateurs différents. Ce test rapide, utile pour une orientation en urgence, ne dispense pas d’un examen neurologique complet. Il comporte une variante adaptée à l’enfant de moins de 5 ans ; une autre a été complétée par l’étude des réflexes du tronc cérébral.

G. Teasdale et B. Jennett, neurochirurgiens britanniques (1974 et 1979)

Étym. Glasgow : ville d’Ecosse

Syn. Glasgow (score de)

échelle originelle de Glasgow complétée par les réflexes du tronc cérébral, échelle de Glasgow-Liège , échelle de Glasgow pédiatrique

[G1,H1]

Édit. 2018

coma myxœdémateux l.m.

myxoedema coma

Expression superlative des carences en hormones thyroïdiennes, il complique des hypothyroïdies anciennes méconnues ou négligées, souvent à l’occasion d’un événement déclenchant ou d’une prise médicamenteuse, et demeure d’une extrême gravité.
Une exposition prolongée au froid, une infection, un traumatisme, une hyperhydratation, la prise de sédatifs… rendent compte de la décompensation de l’hypothyroïdie. Progressivement s’installent ralentissement moteur et de l’idéation, somnolence, hébétude, torpeur…. Au stade de coma, l’aspect du patient est caricatural : infiltré, peau froide, bradycardie, hypoventilation. La température corporelle est très basse (moins de 36°C, jusque 34°). On constate une hypoxémie, une hyponatrémie de dilution qui contribue à l’aggravation des troubles de la conscience. La baisse de la T4 circulante n’est pas nécessairement corrélée à la gravité du tableau clinique. Le décès survient dans plus de la moitié des cas du fait d’un collapsus, infarctus myocardique, arrêt cardiaque…
L’hospitalisation se fait dans un service de réanimation respiratoire et métabolique. La qualité de la prise en charge symptomatique (réchauffement lent et progressif, ventilation assistée, hydrocortisone par voie intraveineuse) importe plus que les modalités de l’hormonothérapie thyroïdienne (lévothyroxine intraveineuse ou par sonde de gavage, avec ou sans association à la triiodothyronine).

hypothyroïdie, myxœdème, hormones thyroïdiennes, hypothyroïdies, cortisol, thyroxine, triiodothyronine

[G1, O4]

Édit. 2018

coma hypopituitaire l.m.

coma in hypopituitarism

Résultat de la défaillance aigüe des différentes fonctions à dépendance antéhypophysaire, il constitue une urgence vitale dans laquelle la correction de la carence en glucocorticoïde constitue l’impératif le plus impérieux.
Il complique un hypopituitarisme ou insuffisance  antéhypophysaire connue (tumeur hypophysaire, craniopharyngiome, hypophysectomie…) ou en est le mode de révélation (nécrose pituitaire liée au syndrome de Sheehan, hypophysite du postpartum ou médicamenteuse, métastase…). L’arrêt des thérapeutiques, une intervention chirurgicale, un traumatisme peuvent en expliquer l’occurrence. Il se manifeste par des troubles digestifs, une extrême asthénie, précédant un collapsus cardiovasculaire, avec hypoglycémie, contractures. Biologiquement, existe une hyponatrémie avec parfois hyperkaliémie, éosinophilie, hypercalcémie. S’impose l’administration immédiate d’hémisuccinate d’hydrocortisone, relayée par voie intraveineuse ou intramusculaire et l’hospitalisation en milieu de réanimation métabolique et endocrinienne.

hypopituitarisme , insuffisance surrénale aigüe, syndrome de Sheehan, craniopharyngiome, hypophysite auto-immune du postpartum

[G1, O4]

Édit. 2018