Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

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collagène injectable l.m.

Produit utilisé dans la technique de comblement servant à la correction temporaire des rides profondes du visage (sillon nasogénien, rides péribuccales, intersourcillères et de la patte d’oie) ou pour gonfler les lèvres.
Présenté en ampoules à usage unique, à concentrations différentes selon les rides à traiter et destiné à être injecté sous l’épiderme, seul le collagène américain, d’origine bovine et extrait du derme, est actuellement disponible sur le marché français. Jusqu’à ce que soit discutée l’éventuelle responsabilité du collagène bovin dans la transmission de l’encéphalite spongiforme, la principale complication connue de cette intervention cosmétologique était le possible déclenchement de réactions allergiques, d’où l’obligation de réaliser un double test préalable dont la positivité contrindiquait l’injection. Quelques effets indésirables transitoires peuvent néanmoins survenir, tels que érythème ou réaction granulomateuse. Le comblement obtenu persiste de 3 à 9 mois.

hyaluronique (acide)

[G5]

collagènes n.m.

collagens

Famille de glycoprotéines présentes dans la matrice extracellulaire des tissus conjonctifs, synthétisées principalement par les cellules mésenchymateuses, en particulier les fibroblastes.
La famille des collagènes comporte actuellement 28 types différents, numérotés en chiffres romains de I à XXVIII. Ils représentent environ un tiers du total des protéines du corps humain. La molécule élémentaire de collagène est constituée de l’association de trois chaînes polypeptidiques appelées chaînes alpha, dont il existe une quarantaine de types différents. Tous les collagènes comprennent au moins un domaine en triple hélice. Ils sont répartis en trois  grandes catégories.
- La première catégorie est celle des collagènes formant des fibres. Au sein de celle-ci, le type I est le plus répandu, présent principalement dans la peau, les tendons , les ligaments et l'os. Le type II est spécifique du cartilage et du vitré. Le type III est associé aux fibres de type I et il est particulièrement abondant dans la paroi des vaisseaux. Les types V et XI sont des collagènes mineurs associés respectivement aux fibres de collagènes de types I et II.
- La deuxième catégorie est celle des collagènes associés aux fibres, appelés FACIT (« Fibril-Associated Collagens with Interrupted Triple Helix »). Ces collagènes mineurs, présents à la surface des fibres, permettent l’ancrage de celles-ci dans la matrice qui les entoure. Il s’agit du collagène IX pour les fibres de collagène type II, et des collagènes XII et XV pour les fibres de collagène types I et III.
- La troisième catégorie est celle des collagènes formant des réseaux. Le plus abondant est le collagène IV, constituant majeur des membranes basales. On y trouve également des collagènes mineurs : les collagènes VIII et X qui forment des réseaux hexagonaux dans la membrane de Descemet de la cornée de l’œuil, le collagène VI qui forme des filaments perlés au sein des tissus conjonctifs et le collagène VII qui forme des fibrilles d’ancrage unissant l’épiderme au derme sous-jacent.
Les collagènes exercent de multiples fonctions biologiques : outre leur rôle structural, joué essentiellement par les collagènes formant des fibres qui contribuent à l’architecture des tissus et à leurs propriétés mécaniques, ils interagissent avec des récepteurs spécifiques de la membrane cellulaire pour réguler des fonctions essentielles comme la prolifération, la différenciation et la migration cellulaires

Étym. gr. kolla : colle ; genos : origine

fibre de collagène, maladie du collagène, membrane basale

[C1]

COL9A3 gene sigle angl. pour COLlagen type IX Alpha 2

Gène localisé en 20q13.33 qui code pour le collagène de type IX, dont la mutation est à l’origine de la dysplasie épiphysaire multiple de type 3.

colite collagène l.f.

collagenous colitis

Maladie inflammatoire colique atteignant le plus souvent la femme entre 40 et 60 ans, responsable d'une diarrhée chronique aqueuse résistant aux traitements anti-diarrhéiques conventionnels.
Le côlon est endoscopiquement sain. L'étude des biopsies montre un épaississement de la bande collagène sous-épithéliale colique supérieure à 10 mm associé à un infiltrat inflammatoire lymphoplasmocytaire du chorion.

[L1]

fibres collagènes l.f.p.

collagen fibers

Structure fibrillaire, présentée par le collagène produit par les fibroblastes, constituant l’armature des tissus conjonctifs.
Les fibres sont formées par juxtaposition de fibrilles, faites de molécules de protocollagène, grâce  aux liaisons établies par les allysines et les hydroxylysines qui se combinent entre fonctions aldéhydes et amines ou par aldolisation. Les acides aminés qui constituent les ponts protègent le collagène contre les enzymes protéolytiques, les collagénases, et stabilisent les tissus de soutien.
Les protofibrilles ont une structure périodique avec des striations parallèles régulièrement espacées de 64 nm. Les fibres de collagène représentent le constituant le plus important du tissu conjonctif, et notamment du derme, où elles se groupent en faisceaux safranophiles, formant une trame lâche dans le derme papillaire et, dans le derme réticulaire, un réseau plus dense de fibres entrecroisées formées de collagène I associé aux types III, IV et V.
Les fibres de l’os, des tendons et des ligaments  sont surtout formées de collagène I (col I) à partir des trois chaînes disposées en hélice du tropocollagène.
Le cartilage est formé de fibres épaisses de col II, doublées en superficie de collagène IX avec un axe central de collagène XI. Dans la couche superficielle du  cartilage articulaire les fibres sont disposées parallèlement à la surface. Dans la couche profonde, où le collagène II est associé au collagène VI, les fibres ont une disposition irrégulière.

Syn. fibres de collagène

tropocollagène, collagène

[A2]

Édit. 2018 

hamartome collagène l.m.

collagen hamartoma, collagen nævus

Forme d'hamartome conjonctif intéressant le réseau collagène du derme, qui s'observe dans différents syndromes comme le collagénome familial, le collagénome éruptif, la sclérose tubéreuse de Bourneville.

D-M. Bourneville, neurologue français (1880)

Étym. gr. hamartein : se tromper , manquer

Syn. nævus collagène (obs.)

collagénome familiale, collagénome éruptif, sclérose tubéreuse de Bourneville

[A3,F5,Q2,J1,N3]

Édit. 2015

hydroxylysyl-piridinoline n.f.,

Type de liaison croisée trouvée dans les molécules de collagène

Les liaisons hydroxlysyl-pyridinoline sont formées à partir d’hydroxylysines et de lysines présentes dans des molécules de collagène voisines. Elles renforcent la solidité des fibres de collagène.

liaison croisée, lysine, collagène

lentille collagène l.f.

collagen lens

Coque de contact en collagène utilisée dans un but thérapeutique.

maladie du collagène l.f.

connectivite

[N3]

préprocollagène n.m.

preprocollagen

Protéine précurseur du procollagène telle qu'elle est synthétisée dans les fibroblastes, les ostéoblastes et d'autres cellules du mésenchyme au niveau des ribosomes à partir d'un ARN messager comportant plus de 4500 bases.
Cette protéine subit un clivage protéolytique qui détache le peptide signal, puis les effets de plusieurs enzymes avant de pouvoir être sécrétée sous forme de procollagène : détachement de la séquence signal, hydroxylations par des prolyl-4- et 3-hydroxylases, par une lysyl-hydroxylase, fixation d'unités glucidiques sur des hydroxylysines.

procollagène n.m.

procollagen

Protéine précurseur du tropocollagène, de masse moléculaire élevée (3 chaînes de 150 kDa), formée de 2 chaînes alpha 1 et d'une chaîne alpha 2, liées 2 à 2 par trois ponts disulfure, et enroulées par leur partie médiane en triple hélice.
Le procollagène est sécrété par les cellules (fibroblastes, ostéoblastes ou autres) après un cheminement dans l'appareil de Golgi, où sont ajoutés des unités glucidiques, et les microtubules. C'est après la sortie de la cellule que le procollagène subit les actions protéolytiques le transformant en tropocollagène, puis en fibres insolubles de collagène.

Étym. gr. pro : devant ; kolla : colle ; génês : qui produit

tropocollagène n.m.

tropocollagen

Sous-unité de collagène de masse moléculaire 285 kDa, formée de trois chaînes polypeptidiques de 1 050 acides aminés comportant un résidu glycine tous les trois acides aminés, ainsi que des acides aminés hydroxylés (hydroxyproline, hydroxylysine).
Les hydroxylysines sont soit des sites de ponts interchaînes, car l'hydroxylysine forme avec l'allysine des liaisons croisées très stables, soit des sites de glycosylation par fixation de β-galactose ou de α-glucosyl-2β-galactose. Les trois chaînes sont entortillées en triple hélice, formant un bâtonnet de 300 nm pour 1,5 nm d'épaisseur. C'est l'accolement de ces bâtonnets qui donne naissance aux fibrilles de collagène. Il est sécrété notamment par les fibroblastes.

Étym. gr. tropos : tour