Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

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cellule géante l.f.

giant cell

Cellule de grande taille, plurinucléée, d’origine variable : épithéliale, mésenchymateuse, histiocytaire, qu’elle résulte de la fusion de cellules mononucléées, constituant un plasmode, ou d’une succession de caryodiérèses sans cytodiérèses, constituant un syncitium.
En pratique anatomopathologique, les termes cellule géante, cellule plasmodiale et cellule syncitiale sont devenus synonymes.
En dehors des cellules géantes que l’on trouve normalement, comme les mégacaryocytes de la moelle hématopoïétique et les ostéoclastes de la travée osseuse, c’est la pathologie qui en fournit les deux types classiques : la cellule géante à corps étranger, aux noyaux éparpillés ou groupés, et la cellule géante de type Langhans au noyau dessinant une couronne ou un fer à cheval.
La cellule géante, en association avec des cellules histiocytaires, peut constituer un granulome inflammatoire, spécifique ou non.

T. Langhans, anatomopathologiste allemand (1868)

Syn. cellule géante, cellule plasmodiale et cellule syncitiale

[A2]

apoptose n.f.

apoptosis

Processus de mort cellulaire« naturelle », sans réaction inflammatoire, caractérisée par une fragmentation de l’ADN et une condensation de la chromatine.
La cellule participe activement à sa propre destruction. C’est un mode de régulation du nombre de cellules d'un tissu normal, un moyen d'élimination de certaines cellules indésirables, notamment au cours du développement.
Au début de l'apoptose, la cellule se détache des cellules voisines puis se désintègre de façon ordonnée sous l'influence de l’activation par l’Apoptotic Protease-Activating Factor (Apaf) de la chaîne des caspases 8 qui clivent les protéines : le noyau se condense puis se fragmente, les chromosomes et le génome se brisent en morceaux réguliers, le cytoplasme se partage en «bulles» recouvertes d'une membrane. Ces corps apoptosiques sont rapidement ingérés par les cellules voisines ou par des polynucléaires, sans qu’apparaisse de réaction inflammatoire. Cette mort cellulaire isolée interrompt le cycle d’une cellule et ne laisse aucun débris cellulaire. Au cours de la nécrose, au contraire, les membranes cellulaires se rompent, relâchant des enzymes intralysosomiques lytiques qui lèsent les cellules voisines et entraînent une réaction inflammatoire.
Plusieurs gènes sont impliqués dans le déclenchement de l'apoptose : le gène CASP 1, dont l'expression permet la synthèse d'une cystéine-protéase, et le gène Bcl-2, qui s'oppose à cette expression. Ces gènes sont neutralisés par un gène répresseur, tant qu'il est activé par des signaux extérieurs. Lorsque ces derniers ne se manifestent plus, les gènes suicidaires libérés amorcent la destruction de la cellule : une cellule isolée ne peut survivre.
Dans certains cas, cette mort cellulaire est « programmée ». L'apoptose est naturellement observée au cours de l'embryogénèse (formation des organes creux par apoptose des cellules centrales des ébauches du tube digestif, des vaisseaux, etc.). Un dérèglement de ce processus peut intervenir dans diverses formes de la pathologie.
L’apoptose s'observe dans des cas de lésions virales ou toxiques (corps de Councilman hépatocytaires) ou par action des lymphocytes T cytotoxiques (rejet de greffe).
L'apoptose entraîne, au niveau de l'épiderme, un « égouttage » dans le derme superficiel de kératinocytes basaux transformés en corps ronds éosinophiles, aussi appelés corps hyalins, ou colloïdes, ou cytoïdes, ou corps de Civatte. Elle s'observe dans de nombreuses dermatoses, dont le lichen plan et le lupus érythémateux.
L'apoptose des cardiomyocytes s'observe au cours de la souffrance myocardique de toute origine.
Un certain nombre d'affections cérébrales telles que la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson et différentes neuropathies périphériques semblent liées à une induction inappropriée du suicide dans les cellules nerveuses. Le même phénomène a été observé dans la sclérose en plaques et l'ataxie-télangiectasie.
Lors d’une infection le nombre des lymphocytes augmentent brutalement, mais quand elle est jugulée, l’excès de lymphocytes est réduit par une apoptose massive qui n’épargne qu’un petit nombre de lymphocytes conservateurs de la mémoire immunologique. Inversement le blocage de l’apoptose joue un rôle dans le cancer en rendant «immortelle» la cellule cancéreuse.
Les connaissances déjà acquises dans ce domaine encouragent notamment la recherche d'inhibiteurs capables de modifier le dérèglement des programmes d'apoptose dans les affections tumorales, dégénératives, inflammatoires et vasculaires

J. F. R. Kerr, anatomopathologiste australien, A. H. Wyllie et A. R. Currie, anatomopathologistes britanniques (1972)

Étym. gr. apo : notion d'éloignement ; ptosis : chute

Apaf, caspase, CASP 1 gene, Bcl-2 gene, cystéine protéinase, corps de Councilman, corps hyalins, lymphocyte T, Civatte (corps de), nécrose, nécroptose, ferroptose, pyroptose

cellule digestive à mucus l.f.

mucus cell

Cellule dont la fonction est la sécrétion du mucus dont il existe dans le tube digestif deux variétés morphologiques.
La première est dite cellule à mucus à pôle fermé : le mucus est sécrété au pôle apical recouvert de la membrane cellulaire avec quelques microvillosités. Ces cellules se retrouvent tout le long du tractus digestif dans les glandes œsophagiennes, cardiales, antrales, duodénales (glandes de Brunner), péri-anales. Elles tapissent également les cryptes et la surface de l'estomac.
La seconde variété est constituée par la cellule caliciforme, cellule cylindrique où le mucus est contenu dans les deux tiers supérieurs de la cellule, dans une cavité en forme de calice. Les mucines paraissent s'échapper à l'apex. Cette cellule est caractéristique du grêle et du côlon : dans le grêle, elle alterne avec les cellules entérocytaires absorbantes, de plus en plus nombreuses du duodénum à l'iléon, dans le côlon elle constitue la presque totalité des cellules des cryptes.

J. Brunner, anatomiste suisse (1687)

Brunner( glandes de)

[A2, L1]

cytotoxicité n.f.

cytotoxicity

Phénomène caractérisé par la mort d’une cellule appelée cellule-cible sous l’effet d’une agression extérieure.
La cytotoxicité peut être déclenchée par l’action du complément ou de substances formant des pores dans les membranes (saponine, détergents). Il s’agit alors d’une mort par nécrose. La cytotoxicité peut être mise en jeu par l’action de cellules cytotoxiques. Dans le cas des lymphocytes T et des cellules NK, la cytotoxicité nécessite la formation d’un conjugué par accolement des membranes entre la cellule tueuse et la cellule-cible. La mort est déclenchée par agrégation des récepteurs membranaires CD95 (Fas ou Apo-1) ou bien par la formation de pores par polymérisation de la perforine dans la membrane de la cellule-cible, suivie de l’introduction de protéinases, les granzymes, qui activent les caspases. Dans les deux cas, ceci conduit à une mort par apoptose. Enfin la cytotoxicité peut être déclenchée par différentes cellules cytotoxiques (polynucléaires neutrophiles, éosinophiles, macrophages, cellules K) possédant des récepteurs de Fc et interagissant avec la cellule-cible par l’intermédiaire d’anticorps dirigés contre des épitopes membranaires de celle-ci. Ce dernier mécanisme correspond à la cytotoxicité cellulaire dépendant d’anticorps ou ADCC.

[A2, G4]

Langerhans (cellule de) l.f.

Langerhans’ cell

Cellule dendritique, très claire en microscopie optique (invisible avec les colorations habituelles et mise en évidence par imprégnation argentique), présentant, en microscopie électronique, des organites discoïdes (granules ou corps de Birbeck, ou encore bâtonnets de Langerhans) et qui exprime, à sa surface, des antigènes CD1a.
D'origine médullaire, siégeant dans le stratum spinosum de l'épiderme et dans l'ensemble des muqueuses, ces cellules, qui représentent de 2 à 4 % des cellules épidermiques, constituent un réseau de cellules présentatrices d'antigène intervenant dans les réactions d'allergie de contact. Cellules sentinelles, elles sont capables d’internaliser les exoantigènes et d’induire une réaction de défense immunitaire dans laquelle interviennent les lymphocytes T. Les granules de Birbeck qui se forment par invagination de la membrane cytoplasmique participent au processus d’internalisation et représentent probablement le mode d’adaptation réalisé par la cellule de Langerhans pour “traiter” dans un temps bref une quantité maximale d’exo-antigènes. La cellule de Langerhans quitte l’épiderme, devient dermique (cellule dendritique dermique) ; elle rejoint les ganglions proximaux par les voies lymphatiques (cellule voilée des lymphatiques), et y demeure dans les zones T ganglionnaires (cellule interdigitante). Son origine est discutée : la plus probable est le monocyte. Certaines histiocytoses, dont l'histiocytose X, sont des proliférations de cellules de Langerhans et sont appelées histiocytoses langerhansiennes.

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1868)

cellule dendritique, cellule présentant l'antigène, Birbeck (corps de)

cellule mésangiale l.f.

mesangial cell

Cellule du glomérule jouant un rôle dans la vasomotricité glomérulaire.
La cellule mésangiale est une cellule ayant des caractéristiques voisines de la cellule du muscle lisse. Par sa contraction, elle peut réduire la surface de filtration. Elle est la cible de nombreux médiateurs locaux et d'hormones. La cellule mésangiale peut être activée au cours des glomérulonéphrites et jouer un rôle dans le développement des lésions glomérulaires par les substances qu'elle libère.

[A2, M1]

cytokine n.f.

cytokine

Protéine ou glycoprotéine de masse moléculaire comprise entre 8 et 50 kDa intervenant comme médiateur soluble ou membranaire dans les interactions cellulaires.
Ce terme regroupe un ensemble hétérogène de molécules dont certaines sont appelées interleukines (IL, médiateurs agissant entre les leucocytes), lymphokines (médiateurs produits par les lymphocytes), interférons, facteur stimulant les colonies (CSF), facteurs de nécrose des tumeurs (TNFα et ß), facteurs transformants de croissance (TGFα et ß) auxquels s’ajoutent les facteurs de croissance dérivés des plaquettes (PGDF), les facteurs de croissance des fibroblastes (FGF) ou des cellules épidermiques (EGF, etc.).
À la différence des hormones dont le taux de sécrétion est continu bien que modifié par des signaux physiologiques, les cytokines sont synthétisées principalement en réponse à un signal activateur. Chaque cytokine peut être produite par de nombreux types de cellules. Les cytokines agissent sur des cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques de haute affinité, les concentrations actives étant de l’ordre de la nanomole ou de la picomole. Ces récepteurs sont, en général, exprimés en très faible densité sur différents types cellulaires, ce qui explique les effets pléiotropiques des cytokines. Selon la localisation de la cellule-cible par rapport à la cellule sécrétrice, les cytokines peuvent avoir une action autocrine (sur la cellule sécrétrice elle-même), paracrine (sur la cellule voisine) ou endocrine (sur des cellules situées à distance de la cellule productrice). L’action juxtacrine est exercée par les cytokines membranaires sur les cellules voisines.
La liaison d’une cytokine à son récepteur induit un ensemble de signaux d’activation, de prolifération, de différenciation ou de mort cellulaire.
La plupart des cytokines entrainent des réactions en cascade en induisant la production d’une autre cytokine par leurs cellules-cibles. Leurs effets sont très souvent redondants : l’induction d’une même réponse cellulaire peut être obtenue avec différentes cytokines se fixant chacune sur son récepteur spécifique.

Étym. gr. kutos : cellule ; kinein : stimuler

interleukine

[C1, C2]

cytokine n.f.

cytokine

Protéine ou glycoprotéine de masse moléculaire comprise entre 8 et 50 kDa intervenant comme médiateur soluble ou membranaire dans les interactions cellulaires.
Ce terme regroupe un ensemble hétérogène de molécules dont certaines sont appelées interleukines (IL, médiateurs agissant entre les leucocytes), lymphokines (médiateurs produits par les lymphocytes), interférons, facteur stimulant les colonies (CSF), facteurs de nécrose des tumeurs (TNF α et ß), facteurs transformants de croissance (TGFα et ß) auxquels s’ajoutent les facteurs de croissance dérivés des plaquettes (PGDF), les facteurs de croissance des fibroblastes (FGF) ou des cellules épidermiques (EGF, etc.).
À la différence des hormones dont le taux de sécrétion est continu bien que modifié par des signaux physiologiques, les cytokines sont synthétisées principalement en réponse à un signal activateur. Chaque cytokine peut être produite par de nombreux types de cellules. Les cytokines agissent sur des cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques de haute affinité, les concentrations actives étant de l’ordre de la nanomole ou de la picomole. Ces récepteurs sont, en général, exprimés en très faible densité sur différents types cellulaires, ce qui explique les effets pléiotropiques des cytokines. Selon la localisation de la cellule-cible par rapport à la cellule sécrétrice, les cytokines peuvent avoir une action autocrine (sur la cellule sécrétrice elle-même), paracrine (sur la cellule voisine) ou endocrine (sur des cellules situées à distance de la cellule productrice). L’action juxtacrine est exercée par les cytokines membranaires sur les cellules voisines.
La liaison d’une cytokine à son récepteur induit un ensemble de signaux d’activation, de prolifération, de différenciation ou de mort cellulaire.
La plupart des cytokines entraînent des réactions en cascade en induisant la production d’une autre cytokine par leurs cellules-cibles. Leurs effets sont très souvent redondants : l’induction d’une même réponse cellulaire peut être obtenue avec différentes cytokines se fixant chacune sur son récepteur spécifique.

Étym. gr. kutos : cellule ; kinein : stimuler

interleukine

[C1, C2]

histiocyte n. m. [F1]

histiocyte 

Cellule  ubiquitaire, naissant dans la moelle osseuse, d’une durée de vie longue, migrant dans le sang (monocyte) et/ou la lymphe vers les tissus périphériques où elle prend des formes et des fonctions variées : histiocyte dans les parties molles, cellule de Kupffer dans le foie, cellules endothéliformes dans la rate et les nœuds lymphatiques d’où l’ancien nom, donné par Aschoff, de système réticulo-endothélial. 
La phagocytose des grosses et des petites particules en est la fonction essentielle, d’où le nom de macrophages donné à ces cellules (par opposition à microphages, représentés par les granulocytes (polynucléaires) et le nom de « système mononucléé phagocytaire », attribué au réseau. Développant une intense activité de membrane, susceptible de former des cellules géantes ou polycaryocytes, possédant d’innombrables récepteurs, capables d’élaborer d’innombrables chemokines et interleukines, dont le TNF α, ces cellules sont capables de concentrer des antigènes et de prendre une part importante dans les premières étapes de l’immunité innée. Ces cellules sont nommées « cellules présentatrices d’antigènes ». Quand cette fonction est privilégiée, la cellule prend volontiers une forme dendritique, caractérisée par de nombreuses expansions membraneuses, multipliant ainsi les occasions de contacts et d’échanges (cellule de Langerhans de l’épiderme, cellule interdigitée située près des veinules post-capillaires dans les organes lymphoïdes). Les cellules histiocyto-macrophagiques prennent une part importante dans « la réaction inflammatoire » et la défense de l’organisme.

Étym. gr. istion : tissu ; kutos : cellule

réponse immunitaire, cellule dendritique, système des phagocytes mononucléés, histiocytose

macrophage n.m.

macrophage

Cellule monocytaire des tissus, dont le précurseur est issu de la moelle osseuse et du sang circulant, caractérisée morphologiquement par un noyau ovalaire réniforme et un cytoplasme légèrement basophile contenant des vacuoles et des granulations, riche en enzymes lysosomiaux et possédant des capacités de phagocytose.
De la moelle osseuse, le monocyte migre dans le tissu conjonctif de soutien où il devient macrophage. Il est présent dans tout tissu. Il peut se multiplier et être activé. Sa migration qui se fait par voie cytoplasmique est sous la dépendance d’un chimiotactisme ; elle est stoppée par un MIF (Macrophage migration Inhibition Factor). Sa mobilisation locale est illustrée, dans le poumon, par le passage des résidents de la paroi inter-alvéolaire dans la cavité alvéolaire. Son activation est favorisée par l’histamine, les opsonines, les extraits bactériens ; elle est entravée par les lécithines et l’irradiation. Le macrophage activé a un cytoplasme hypertrophié et le nombre de ses mitochondries est augmenté. Plusieurs macrophages peuvent fusionner pour former une cellule géante plurinuclée. Le processus de phagocytose se fait par adhérence ; il peut entraîner une accumulation de produits dans son cytoplasme. Selon le processus pathologique les macrophages peuvent devenir des cellules épithélioïdes, ou encore des lipophages, des mélanophages, des sidérophages qui phagocytent respectivement des lipides, de la mélanine ou du fer. Par son récepteur éboueur, le macrophage accumule dans ses vacuoles des lipoprotéines oxydées dont le cholestérol estérifié et devient alors une cellule spumeuse. Il libère des enzymes actifs, protéases et lipases, des facteurs chimiotactiques, des facteurs agissant sur la perméabilité vasculaire des protéines : lysozymes, interféron. Il joue un rôle important dans l’immunité en devenant une cellule présentatrice des antigènes aux lymphocytes.
Dans certaines circonstances l’activité de cette cellule est excessive ou incontrôlée réalisant un syndrome d’activation macrophagique ou hémophagocytaire. Entrent dans ces cas la lymphohistiocytose familiale, des lymphomes surtout T et le syndrome hémophagocytaire associé à certaines affections bactériennes (en particulier à germes Gram négatifs) ou virales, notamment lorsqu’il existe un déficit immunitaire.

Étym. gr. macros : grand ; phagos : mangeur

Syn. histiocyte, hystiocyte-macrophage

MIF, phagocytose, pinocytose

cellule de Merkel l.f.

Merkel’s cell

Cellule claire présente dans l’épiderme et l’épithélium malpighien de la muqueuse orale, le plus souvent en position basale, isolée ou groupée en petits amas avec d’autres au dessus du disque pilaire.
Alors que l’imprégnation argentique ne permet de reconnaître en microscopie optique que la terminaison neurale en forme de disque coiffant la partie basale de chaque cellule ou disque de Merkel auquel aboutit une fibre nerveuse sensitive, la microscopie électronique montre également la présence de grains ronds très denses et de filaments intracytoplasmiques. Cette cellule possède des filaments intermédiaires de cytokératine et des protéines desmosomiques. Elle exprime une immunoréactivité de type synaptophysine et contient une énolase neurospécifique dans son cytoplasme. Il s’agirait donc d’une cellule épithéliale neuroendocrine possédant une fonction neurosécrétoire.
Sa prolifération donne naissance à la tumeur de Merkel.

F. Merkel, anatomiste allemand (1875)

cellule immunitaire l.f.

immunocyte, immune cell

Cellule support de l'immunité dans le type digestif, principalement lymphocyte B et T, plasmocyte mais aussi macrophage, cellule dendritique et mastocyte.
L'ensemble de ces cellules constitue un tissu lymphoïde très important par son volume, souvent désigné comme Galt (Gut Associated Lymphoid Tissue). Il fait partie du MALT (Mucosa Associated Lymphoid Tissue).
Le tissu lymphoïde normal du tube digestif comprend :
1) les éléments lymphoïdes disséminés dans la muqueuse au niveau du chorion qui contient principalement des plasmocytes et des lymphocytes T4, mais aussi dans l'épithélium de surface qui contient principalement des lymphocytes T8.
2) les follicules lymphoïdes et les plaques de Peyer, en relation étroite avec la lumière intestinale par la cellule M. Entre l'épithélium et le follicule lymphoïde, la zone du dôme contient des lymphocytes T et B ainsi que des macrophages. Le follicule présente la même structure que dans le reste de l'organisme, avec une zone B centrale et entre les follicules une zone thymodépendante T activatrice.
3) Les ganglions mésentériques de structure identique à celle des autres ganglions lymphatiques.
Il existe, de plus, dans les muqueuses malpiphiennes œsophagienne et anale, des cellules de Langerhans analogues à celles de la peau et qui jouent dans ces muqueuses le rôle de la cellule M intestinale. Elles appartiennent au système des cellules dendritiques.

Galt (Gut Associated Lymphoid Tissue), MALT (Mucosa Associated Lymphoid Tissue), Peyer (plaques de), cellule M, lymphocytes T et B

[A2, F3]

cellule LE l.f.

LE cell

Cellule, le plus souvent un polynucléaire neutrophile, contenant une inclusion cytoplasmique arrondie et homogène ayant des affinités tinctoriales comparables mais non tout à fait superposables à celles d’un noyau de polynucléaire normal.
Ces cellules ont été observées au départ dans les frottis de moelle de sujets atteints de lupus érythémateux (LE) disséminé mais leur formation peut être obtenue in vitro par l’incubation de polynucléaires normaux mis en présence d’un sérum contenant du facteur lupique. La positivité de la recherche des cellules LE est très évocatrice du diagnostic de lupus érythémateux disséminé.
La formation de la cellule LE ou cellule de Hargraves est un phénomène complexe de nucléophagie se produisant en deux temps. Dans un premier temps, le facteur lupique ou facteur de Haserick qui est un autoanticorps anti-nucléoprotéines réagit avec le noyau d’un polynucléaire normal, cette réaction entraînant la mort du polynucléaire et des modifications de structure de son noyau. Dans un second temps, le noyau de ce premier polynucléaire est phagocyté par un autre polynucléaire demeuré normal et donc viable, ce qui aboutit à la formation de la cellule de Hargraves.

M. Hargraves, médecin américain (1948), J. R. Haserick, médecin américain (1949)

Syn. cellule lupique, Hargraves (cellule de), Haserick (facteur de)

[A2, N3]

mort cellulaire (après irradiation) l.f.

cell death

Disparition d'une cellule causée par son irradiation.
Elle peut se produire lors de la première tentative de division. Plus fréquemment la cellule irradiée peut présenter quelques divisions successives et son atteinte se manifeste par la disparition de la totalité de sa descendance. On désigne cette condamnation de la descendance sous le nom de mort différée ou mort mitotique de la cellule irradiée. Le mécanisme biologique en cause n'est pas établi ; on l'attribue à une aggravation progressive de lésions de l'ADN au cours des quelques divisions successives qu'elles autorisent.
La cellule est considérée survivante si sa descendance dépasse la 6ème génération, c'est-à-dire un effectif d'une centaine de cellules. Ce test est utilisé pour évaluer le taux de survie des cellules irradiées avec les techniques de clonage.

clone (cellulaire)

PKD1 gene sigle angl. pour polycystic kidney disease, adult type I

Gène, situé sur le locus 16p13.3, codant la polycistine 1, une protéine membranaire impliquée dans des interactions cellule-cellule ou matrice-cellule.
La polycystine 1 interagit avec le réseau de filaments intermédiaires intracellulaires et est également considérée comme un composant des desmosomes des cellules épithéliales. La polycystine-1 interagit aussi avec la polycystine-2 (qui est un canal cationique) et toutes deux se localisent dans les cils primaires de l'épithélium rénal. Ces cils primaires détecteraient le mouvement du fluide à travers les tubules rénaux, et aideraient à maintenir leur taille et leur structure.
Des centaines des mutations dans le gène PKD1 ont été identifiées chez la plupart (85%) des personnes atteintes de polykystose rénale autosomique dominante (ADPKD), qui est le type le plus fréquent. Des délétions, insertions et mutations ponctuelles ont été décrites. La plupart des mutations aboutissent à une version tronquée et non fonctionnelle de la protéine. Cela nuirait à la fonction de signalisation de cette dernière, dans la cellule et dans les cils primaires, conduisant à une prolifération cellulaire anormale et à l’apparition des kystes.
Édit. 2017

Syn. TRPP1 (sigle. angl. pour transient receptor potential channel interacting, polycystic).

polykystose rénale autosomique dominante, polykystose rénale autosomique récessive

[M1, Q2]

plasmide F l.f.

F plasmid

Plasmide conjugatif présent chez certaines souches d'E. coli.
Si le plasmide est libre dans la cellule (comme un épisome), la cellule est dite F+, s'il est intégré au chromosome bactérien, elle est dite Hfr (High frequency of recombination). La lettre F (pour fertilité) indique que ce plasmide peut être le vecteur du transfert de gènes d'une cellule à une autre.
La cellule dépourvue de plasmide F est dite F—.

Syn. facteur F, facteur de fertilité

plasmide, conjugaison bactérienne, mobilisation d'un génome, plasmide F,' plasmide conjugatif

[D1, Q1]

Édit. 2018 

récepteur n.m.

1) En physiologie, cellule ou terminaison nerveuse ayant pour fonction de recevoir divers stimulus et de les transmettre aux organes correspondants : récepteurs et effecteurs

Récepteurs tactile, auditif, olfactif, gustatif. Thermorécepteur. Nocicepteur.
2) En biochimie molécule, ou ensemble de molécules, capable de se lier spécifiquement à une molécule exogène, dite « ligand », et de permettre son internalisation ou de transmettre un signal à l'intérieur de la cellule.
P. ex. les protéines intégrines qui reçoivent un signal hormonal à la surface d'une cellule ont un domaine extra-membranaire susceptible de fixer l'hormone, un domaine hydrophobe transmembranaire et un domaine intra-membranaire en relation immédiate avec des systèmes enzymatiques susceptibles de répondre au signal hormonal.
Il existe des récepteurs dans la membrane plasmique qui ne quittent pas la membrane et qui transmettent ainsi le signal par « transduction » ; c'est généralement le cas pour les hormones peptidiques et les facteurs de croissance : ce sont les récepteurs dits de classe I. Mais certains récepteurs pénètrent dans le cytoplasme avec leur ligand (internalisation) : ce sont les récepteurs membranaires de classe II ; ils permettent à la cellule de capter spécifiquement des macromolécules circulantes, comme les lipoprotéines p. ex. D'autres récepteurs existent dans les différents compartiments de la cellule : les récepteurs cytoplamiques des hormones stéroïdes et des hormones thyroïdiennes sont transportés sur la chromatine du noyau et peuvent agir directement sur les gènes ; les membranes des mitochondries ont des récepteurs pour les molécules qu'elles peuvent capter, etc. Les récepteurs sont rarement constitués d'une simple protéine, serait-ce une glycoprotéine ou une lipoprotéine, ou un glycolipide (certains gangliosides sont des récepteurs de virus) ; ils se présentent souvent comme des édifices dimériques et même comme des systèmes à plusieurs sous-unités.
Des récepteurs spécifiques particuliers existent sur la membrane de cellules participant aux réactions immunologiques : récepteurs pour les antigènes, pour certaines fractions du complément, pour la partie Fc des immunoglobulines etc.

TCR, TCB, dégranulation des basophiles, ADCC, ligand

sodium / potassium adenosyltriphosphatase (Na/K ATPase, pompe à sodium) n.f.

sodium / potassium adenosyltriphosphatase (Na/K ATPase, sodium pump)

Enzyme transmembranaire présente dans la membrane de toutes les cellules animales, catalysant l’hydrolyse de l’adénosine triphosphate (ATP) en adénosine diphosphate (ADP) et phosphate, permettant le maintien du potentiel de membrane par le transfert, contre leur gradient de concentration, de trois Na+ hors de la cellule associé à celui de deux K+ vers la cellule, d’où le nom de pompe à sodium.
La Na+/K+ ATPase est un tétramère formé de la répétition de deux sous-unités, α (masse moléculaire 120kDa) et β (glycoprotéine de masse moléculaire 50 kDa). La sous-unité α, la plus volumineuse, possède l’activité catalytique et les sites de liaison à l’ATP, au sodium et au potassium. La sous-unité β est impliquée dans le routage de la protéine à la membrane et l’accessibilité des ions K+ à leur site de liaison. Ces deux sous-unités sont codées par des gènes différents. Le gradient électrique créé par le transport d’un nombre de cations hors de la cellule supérieur à celui vers la cellule résulte en l’électronégativité du cytoplasme. Cette électronégativité va permettre les potentiels d’action responsables de la propagation de l’influx nerveux, la contraction musculaire, les transferts des électrolytes dans les reins et l’intestin et la réabsorption de glucose et d’acides aminés par un mécanisme appelé transport actif secondaire. La Na/K ATPase est également responsable du volume cellulaire qui dépend directement de l’osmolalité intracellulaire. Elle est inhibée par l’ouabaïne et la digoxine.

Syn. pompe du sodium et du potassium

Sternberg (cellule de) l.f.

Sternberg-Reed’s cell, Sternberg-Dorothy Reed’s cell, Paltauf’s cell

Cellule tumorale géante signant la maladie de Hodgkin classique.
Son aspect est facile à identifier au sein d'un adénogramme ou d'une coupe histologique devant une volumineuse cellule de 30 à 100 µm, à haut rapport nucléocytoplasmique. Son cytoplasme est fortement chromophile, le noyau est énorme, typiquement bilobé, en « masque de carnaval ». Les mitoses sont nombreuses, souvent monstrueuses ; la chromatine lâche laisse apparaître un ou deux volumineux nucléoles.
Dans les formes fibreuses de maladie de Hodgkin, les cellules de Sternberg sont rares et à rechercher avec minutie, car seule leur présence permet d'affirmer le diagnostic. L'utilisation des marqueurs immunohistochimiques de cette cellule facilite grandement sa recherche.
Syn : cellule de Dorothy Reed, de Sternberg-Reed, de Reed-Sternberg, de Paltauf-Sternberg

C. Sternberg, anatomopathologiste autrichien (1898), Dorothy Reed Mendenhall, pédiatre américaine (1902) T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1832) ; R. Paltauf, anatomopathologiste et bactériologiste autrichien (1897)

Hodgkin (maladie de), lymphome hodgkinien médiastinal

ACVR1 gene , sigle angl. pour activin A receptor type 1

Gène situé sur le locus chromosomique 2q24.1, qui active la protéine activin receptor type 1 faisant partie de la famille des récepteurs morphogénétiques de l’os.
Ces récepteurs enjambent la membrane cellulaire : la partie terminale restant à l’intérieur de la cellule et l’autre extrémité se projetant à l’extérieur de la membrane cellulaire. Cette disposition permet à ces récepteurs de transférer vers l’intérieur de la cellule les signaux reçus et conduire au développement de la cellule et à sa fonction. Ces récepteurs sont présents dans différents tissus et en particulier dans les muscles squelettiques et les cartilages.
La mutation de ce gène provoque la fibrodysplasie ossifiante progressive.

Syn. activin A receptor type I, activin A receptor type II, activin A receptor, type II-like kinase 2, activin A type I receptor, activin A type I receptor precursor, ActR-IA protein, human, ACTRI, ACVR1_HUMAN, ACVR1A, ACVRLK2, ALK2, hydroxyalkyl-protein kinas

fibrodysplasie ossifiante progressive

[Q1, Q2]

Édit. 2018

apprêtement de l'antigène l.m.

antigen processing

Processus selon lequel une cellule présentatrice d'antigène dégrade cet antigène en peptides, associe ces peptides à des molécules du CMH et les présente sur sa membrane cellulaire.
Les mécanismes de l’apprêtement diffèrent selon que les peptides dérivés de l’antigène seront associés à des molécules de classe I ou de classe II. Les peptides associés aux molécules de classe I sont en général synthétisés par la cellule présentatrice (ou bien d’origine exogène, mais alors transloqués dans le cytoplasme par macropinocytose, ou par fusion membranaire). Ils sont dégradés par le protéasome et transportés vers le réticulum endoplasmique par un transporteur formé des molécules TAP-1 et TAP 2.
Les peptides associés aux molécules de classe II sont synthétisés par la cellule présentatrice ou issues du milieu extracellulaire par endocytose, dégradation au sein des endosomes, et association aux molécules de classe II par l’action des molécules HLA-DM.

protéasome,TAP-1, TAP-2, complexe majeur d’histocompatibilité

cellule antrale l.f.

antral cell

Cellule constitutive de la muqueuse glandulaire de l'antre de l'estomac, soit cellule à mucus tapissant les cryptes, soit cellule qui forme les acinus glandulaires de l'antre également appelés glandes pyloriques.
Ces glandes sont composées de cellules à mucus et de cellules endocrines.

[A2, L1]

cellule déciduale l.f.

decidual cell

Grande cellule polyédrique provenant de la transformation, dès l’implantation de l’œuf fécondé, de la cellule stromale de l’endomètre ou cellule du chorion cytogène.

caduque utéroplacentaire, chorion cytogène

[A2, O3]

cellule M l.f.

M cell, microfold cell

Cellule appartenant à l'épithélium qui recouvre les follicules lymphoïdes du tube digestif ou les plaques de Peyer.
Cette cellule difficile à identifier en microscopie optique se caractérise en microscopie électronique par l'absence de microvillosités et l'existence d'un repli cytoplasmique contenant lymphocyte et/ou macrophage. De par sa situation entre les antigènes de la lumière intestinale et la zone du dôme des follicules, elle a une fonction de cellule présentatrice d'antigène. Elle est spécifique du tractus digestif.

J. Peyer, anatomiste suisse (1677)

plaques de Peyer.

[A2, L1]

cellule musculaire lisse vasculaire l.f.

vascular smooth muscle cell

Cellule présente dans les artères et les veines, allongée, fusiforme, de petite taille, à noyau central ovalaire indenté.
Elle se présente sous deux phénotypes, soit contractile, au cytoplasme pauvre en ergatoplasme mais riche en myofilaments ancrés sur la membrane plasmique par de nombreux corps denses, soit sécrétant collagènes, élastine, glycosaminoglycanes, de même aspect cellulaire mais avec peu de myofilaments et un ergastoplasme développé. Ce dernier type peut migrer, se multiplier et acquérir des propriétés de phagie vis à vis des lipoprotéines de faible densité, devenant une cellule spumeuse. La cellule musculaire lisse est entourée d'une membrane basale discontinue. Au cours de la genèse des parois vasculaires, le phénotype, d'abord sécrétant, assure la construction de la média par ses sécrétions, puis devient contractile et assure la contractilité de la paroi ; au cours du vieillissement, la média contient progressivement de plus en plus de cellules musculaires lisses de type sécrétant des collagènes et devient scléreuse.

[A2, K4]

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