Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

4 résultats 

bradycardie n.f.

bradycardia

Fréquence cardiaque lente, inférieure à 60 battements/mn chez le sujet adulte.
Chez le nouveau-né la limite inférieure de la fréquence cardiaque normale est de 90 /mn, elle est de 80 /mn chez le nourrisson et de 75 /mn à l'âge d'un an.
La fréquence est inversement proportionnelle à la taille, du fait de l'isométrie. Le produit de la fréquence cardiaque par minute x taille en mètres (dimension L/T, biologiquement unitaire), est voisin de 100 chez le sujet normal. La limite de la bradycardie est plus haute chez l'enfant que chez l'adulte (60 /mn pour 1,70 m correspond à 85 /mn, pour une taille de 1,20 m) et plus basse pour les sujets de grande taille (55 /mn pour un sujet de 1,90 m).
On distingue les bradycardies sinusales (ex. sportif entraîné) ou neurovégétatives par hypertonie vagale ou encore secondaires à une cause extracardiaque (hypothyroïdie, hypoxie, hypothermie, ictère) et les bradycardies en rapport avec un trouble conductif, soit par bloc auriculoventriculaire, soit par échappement jonctionnel consécutif à une défaillance de la conduction de l'influx sinusal à l'oreillette (bloc sino-auriculaire).
Lors de certains traitements médicamenteux bradycardisants (β-bloquants, digitaliques), la bradycardie sinusale peut faire place à un trouble conductif plus ou moins grave en cas de surdosage médicamenteux ou de réaction anormale du patient au produit administré.
L’électrocardiogramme permet l’analyse exacte de la nature de la bradycardie, qu’elle soit temporaire ou permanente, physiologique ou pathologique, associée ou non à d’autres troubles du rythme (brady-arythmie).

Étym. gr. bradus : lent ; kardia : cœur

bradycardie hypoxique, isométrie, pouls (fréquence du), tachycardie, brady-arythmie

Édit. 2017

bradycardie fœtale l.f.

fetal bradycardia

Ralentissement prolongé de la fréquence cardiaque fœtale au-dessous de 120 battements par minute (bpm).
Selon la nomenclature du Comité d'Amsterdam de 1972, on distingue les bradycardies légères avec un rythme compris entre 100 et 119 bpm, et les bradycardies marquées avec un rythme inférieur ou égal à 99 bpm. Le pronostic fœtal est d'autant plus sévère que la bradycardie est profonde et prolongée, et qu'elle s'associe à un aplatissement des oscillations, d'une amplitude inférieure à 5 bpm. Pendant le travail, elle est due soit à une compression funiculaire soit à une contracture utérine, exceptionnellement à une hémorragie fœtale aigüe, et elle exige une extraction fœtale. Pendant la grossesse, une bradycardie fœtale prolongée, inférieure à 60 bpm, reconnue sur l’échographie ou la cardiotocographie, peut être à l'origine d'une insuffisance cardiaque ou de troubles du rythme ventriculaire à l'origine d'une anasarque. Dans 50% des cas ces troubles sont associés à une malformation cardiaque type canal atrioventriculaire, atrésie pulmonaire, ou dus à un bloc auriculo-ventriculaire d'origine auto-immune comme dans le lupus avec anticorps RO/SSA ou anticorps SSB.

Étym. gr. bradus : lent ; kardia : cœur

bradycardie

Édit. 2017

bradycardie hypoxique l.f.

hypoxic bradycardia

Ralentissement de la fréquence cardiaque (auriculaire ou ventriculaire) sous l'influence de l'hypoxie.
La bradycardie devient alarmante quand la fréquence du pouls devient inférieure à 50/min chez un adulte (de 1,70 m) et 80/min chez le nouveau-né : l'hypoxie est souvent la cause des arrêts cardiaques anesthésiques.
L'hypoxie induit une bradycardie en modifiant l'équilibre entre le tonus sympathique et celui parasympathique au niveau du cœur. De plus, elle altère le fonctionnement des tissus de conduction auriculaire et ventriculaire. La bradycardie précède souvent de quelques minutes l'arrêt cardiaque en asystole.
La bradycardie hypoxique ne doit pas être confondue avec la bradycardie vagale ou celle du choc dont les mécanismes sont différents. Le seul traitement efficace est le rétablissement immédiat d'une oxygénation normale, l'injection d'atropine est alors le plus souvent inefficace.

Étym. gr. bradus : lent ; kardia : cœur

bradycardie, hypoxie, isométrie

Édit. 2017

oreillette (maladie de l') l.f.

tachycardia-bradycardia syndrome, rythmic atrial disease

Cardiopathie caractérisée par l’alternance, sur un cœur apparemment sain, de crises de tachycardie et de bradycardie toujours supraventriculaires.
Les manifestations cliniques neurologiques associent des lipothymies et des syncopes en rapport avec une hypoperfusion globale et des accidents ischémiques focalisés de nature embolique ou hémodynamique. Le traitement réunit antiarythmiques et pacemaker. L'indication de substances antithrombotiques reste discutée.
Répondant à des mécanismes mal connus et probablement multiples, la maladie de l’oreillette manque d’unité nosologique, d’où la variabilité de ses manifestations cliniques, l’irrégularité de son évolution et la difficulté de son traitement.

Syn. maladie rythmique auriculaire, syndrome bradycardie-tachycardie

Édit. 2017