Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

59 résultats 

arthrite à Salmonella l.f.

Salmonella arthritis
Arthrite englobant deux ordres de faits différents : d’une part, les arthrites suppurées à Salmonella avec présence du germe dans l’articulation qui sont en fait le plus souvent des ostéo-arthrites et surviennent avec prédilection chez les sujets atteints de drépanocytoses, d’autre part les arthrites réactionnelles à Salmonella typhymurium qui, comme les autres formes d’arthrites réactionnelles, sont surtout le fait de sujets porteurs de l’antigène HLA- B27.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

arthrite réactionnelle, Salmonella

arthrite réactionnelle l.f.

reactive arthritis

Atteinte articulaire inflammatoire aseptique relevant d’une infection extra-articulaire, le plus souvent intestinale ou génitale.
Les germes incriminés dans le déclenchement des arthrites réactionnelles ont une porte d’entrée digestive (Shigella flexneri, Salmonella typhimurium et enteritidis, Yersinia enterocolitica et pseudotuberculosis, Campylobacter jejuni, Clostridium difficile) ou génitale (Chlamydia trachomatis) et, de manière discutée, Ureaplasma urealyticum. Les arthrites réactionnelles se caractérisent cliniquement par la fréquence des manifestations extra- articulaires initialement décrites dans le cadre du syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, par leur association étroite avec l’antigène HLA-B27 et la survenue possible dans leur évolution d’une pelvispondylite rhumatismale.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

Syn. arthrite réactive

arthrites de l'acné conglobata, Fiessinger-Leroy-Reiter (Syndrome de)

réactionnelle (arthrite) l.f.

reactional arthritis

arthrite réactionnelle

Salmonella

Salmonella
Genre de bacilles à Gram négatif de la famille des Enterobacteriaceae, regroupés en une seule espèce, Salmonella enterica, elle-même subdivisée en sérotypes et sérovars, sur la base des constituants antigéniques O, H et Vi.
Les salmonelles colonisent le tube digestif de l’homme et des animaux. La contamination résulte de la consommation de produits d’origine animale : viandes crues, lait ou fromages non pasteurisés, coquillages, préparations à base d’œufs. Ces bactéries peuvent également être retrouvées dans le milieu extérieur, en particulier dans les eaux de surface et les eaux usées. Après avoir été malades, certains sujets restent porteurs sains et vont éliminer des salmonelles dans leurs selles.
Les infections à salmonelles, cosmopolites, sont polymorphes :
- fièvres typhoïde (Salmonella enterica sérotype Typhi) et paratyphoïdes (Salmonella enterica sérotypes Paratyphi A, B, C),
- toxi-infections alimentaires,
- formes extradigestives, rares, (cholécystites, méningites, ostéites, etc.) qui s’observent dans les immunodépressions et au cours des drépanocytoses.
Le diagnostic biologique des salmonelloses repose sur l’identification de la souche à partir d’hémocultures ou de coprocultures, avec détermination des antigènes O, H, et Vi assurant l’identification des principaux sérovars. La sérologie (sérodiagnostic de Widal-Félix) a des indications limitées aux fièvres typhoïde et paratyphoïdes.
La sensibilité des salmonelles aux antibiotiques varie selon les souches. Salmonella typhi et paratyphi sont généralement sensibles aux aminopénicillines, aux céphalosporines de troisième génération, aux fluoroquinolones, au triméthoprime-sulfaméthoxazole. La vaccination préventive (vaccin polyosidique injectable) ne protège que vis-à-vis de la fièvre typhoïde.

fièvres typhoïde et paratyphoïdes, vaccin fièvre typhoïde

Salmonella enterica

Salmonella enterica
Espèce de bactérie à Gram négatif de la famille des Enterobacteriaceae, dont on connait plusieurs sérotypes.
Cette bactérie est notamment responsable de toxi-infections alimentaires et des fièvres typhoïde (S. enterica sérotype Typhi ou bacille d'Eberth) et paratyphoïdes (S. enterica sérotypes Paratyphi A, B ou C).

C.J. Eberth, bactériologiste allemand (1880)

fièvres typhoïde et paratyphoïdes

Salmonella paratyphi

Salmonella paratyphi
Bacilles à Gram négatif appartenant à l’espèce Salmonella enterica et responsables des fièvres paratyphoïdes A, B et C.

Salmonella typhi

Salmonella typhi
Bacille à Gram négatif appartenant à l’espèce Salmonella enterica et responsable de la fièvre typhoïde.

C.J. Eberth, bactériologiste allemand (1880)

Syn. bacille d’Eberth

angiolipomatose réactionnelle l.f.

Affection angioproliférative rare, caractérisée par une hyperplasie des cellules endothéliales du derme et une prolifération intravasculaire sans atypie cellulaire significative, d’expression cutanée polymorphe caractérisée par des macules, des papules siégeant sur le tronc, le visage, les membres.
Elle est observée chez des patients atteints de diverses maladies systémiques sous-jacentes : maladies à évolution thrombosante comme des hémopathies malignes, des insuffisances rénales terminales, un syndrome des antiphospholipides, des valvulopathies.

insuffisance rénale chronique, syndrome des antiphospholipides

Édit. 2018  

collagénose perforante réactionnelle l.f.

reactive perforating collagenosis

Dermatose caractérisée par une éruption posttraumatique de papules disposées de façon serpigineuse, dont l'histologie montre un phénomène d'élimination trans-épidermique de tissu collagène dégénéré.
Elle peut être familiale ou associée à une dystrophie élastique, à un syndrome de Down ou à une insuffisance rénale chronique traitée par dialyse. Décrite par Mehregan (1967), elle est très proche du collagénome perforant verruciforme de Laugier et Woringer.

J. L. H. Down, médecin britannique (1866) ; A. H. Mehregan, dermatologue américain (1967) ; P. Laugier, F. Woringer, dermatologues français (1963)

collagénome perforant verruciforme

[J1]

dépression réactionnelle l.f.

reactive depression

État dépressif directement lié à un évènement objectivement traumatisant, vécu comme tel par le patient, et qui survient rapidement après celui-ci : deuil, abandon, échec sentimental ou professionnel, conflit interpersonnel, etc. En règle, il doit s'estomper avec la disparition de l'évènement déclenchant (sauf à retenir des "rechutes anniversaires" éventuelles).
La notion d'un possible terrain psychique prédisposé doit évidemment être évoquée (dépression névrotico-réactionnelle).
La dépression dite d'épuisement est aussi une situation pathologique secondaire à un stress répété et souvent à une réduction du temps de sommeil : l'expression de "syndrome du pavillon de banlieue" a été proposée pour illustrer ces pathologies dépressives.
Dans le DSM IV, la dépression réactionnelle correspond à la catégorie : troubles de l'adaptation avec humeur dépressive.

réaction, réaction névrotique

Mehregan (collagénose perforante réactionnelle de) l.f.

A. H. Mehregan, dermatologue américain (1967)

collagénose perforante réactionnelle

psychose réactionnelle l.f.

réaction psychotique

réactionnelle (formation) l.f.

reaction-formation

Trait de caractère ou type répétitif de comportement par lequel le conscient s'oppose à la réalisation d'un désir inconscient. Il se reconnaît cliniquement à un aspect rigide ou compulsionnel marquant fortement la personnalité d'un sujet.
S. Freud a décrit initialement les formations réactionnelles chez des obsessionnels aux vertus morales intransigeantes, au regard de la permanence chez eux de désirs sadiques anaux infantiles. Cet exemple montre que celles-ci peuvent néanmoins servir de façon masquée à la satisfaction du désir interdit : le sujet peut exercer une tyrannie morale sur son entourage. Elles se retrouvent dans d'autres structures cliniques.

arthrite n.f.

Atteinte articulaire inflammatoire

Une arthrite peut être aigüe, subaigüe ou chronique, porter sur une articulation (mono- arthrite), un petit nombre d’articulations (oligo-arthrite) ou de nombreuses articulations (polyarthrite), être d’étiologie infectieuse, immunitaire ou métabolique. L’atteinte articulaire des arthrites est initialement synoviale, pouvant s’étendre ensuite aux autres structures de l’articulation (cartilage, fibrocartilages, os sous-chondral).

Étym. gr. arthron : articulation ; ite : inflammation

arthrite bactérienne, polyarthrite

arthrite à bactérie à Gram négatif l.f.

arthritis with Gram-negative bacterium

Arthrite infectieuse causée par une bactérie à Gram négatif.
Chez l’adulte la plupart des arthrites à bactéries Gram négatif sont dues à des bacilles : Escherichia coli le plus souvent mais aussi Proteus, Serratia et, chez les sujets atteints d’hémoglobinopathies, Salmonella.

Étym. gr. arthron : articulation ; ite : inflammation

arthrite bactérienne

arthrite à l'adjuvant l.f.

arthritis in the adjuvan

Arthrite expérimentale produite dans certaines souches de rat par l’injection dans les coussinets plantaires des pattes d’adjuvant complet de Freund.
L’arthrite à adjuvant considérée au départ comme un modèle expérimental voisin de la polyarthrite rhumatoïde est surtout utilisée maintenant dans l’évaluation pharmacologique de l’action des substances anti-inflammatoires.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

arthrite à mycobactéries atypiques l.f.

atypical mycobacteria arthritis

Arthrite pouvant causer une suppuration chronique, le plus souvent mono-articulaire.
Les mycobactéries atypiques constituent un groupe particulier de mycobactéries qui sont occasionnellement pathogènes, parmi lesquelles on distingue des formes photochromogènes, des formes scotochromogènes et des formes à croissance rapide.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

Syn. arthrite à bacilles paratuberculeux

arthrite à parvovirus l.f.

parvovirus arthritis

Polyarthrite aigüe pouvant compliquer chez l’adulte une infection par le parvovirus humain (HPV).
Responsable chez l’enfant de la cinquième maladie ou érythème infectieux, le parvovirus B19 peut chez l’adulte être responsable d’une polyarthrite aigüe ou subaigüe, plus fréquente chez la femme que chez l’homme, touchant les mains et les genoux mais aussi les poignets, les pieds, les coudes et les épaules, accompagnée parfois d’un discret qyndrome pseudo-grippal et d’un rash érythémateux. Rapidement résolutives le plus souvent, ces arthrites peuvent parfois persister des semaines ou des mois, ce qui peut poser un problème diagnostique délicat avec une polyarthrite rhumatoïde débutante. Dans certains cas, le virus a pu être isolé directement à partir du sang ou d’une articulation atteinte ; la présence d’anticorps IgM spécifiques, au décours de la phase aigüe ou pendant la convalescence, est très en faveur du diagnostic.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

parvovirus B19

arthrite à Pasteurella multocida l.f.

Pasteurella multocida arthritis
Atteinte mono-articulaire inflammatoire contigüe à une cellulite, elle-même déclenchée par une morsure ou une griffure par un animal infecté par Pasteurella multocida.
Pasteurella multocida est un coccobacille à Gram négatif présent dans la flore orale de près de la moitié des Chiens et des Chats. Après la contamination, l’infection humaine se développe, en 48 heures, sous la forme d’une cellulite locale avec parfois tendinite ou arthrite de voisinage, fébricule, voire bactériémie. La pénicilline en est le traitement de choix.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

pasteurellose

arthrite à Streptobacillus moniliformis l.f.

Streptobaccillus moniliformis arthritis

Atteinte polyarticulaire inflammatoire touchant les grosses articulations, survenant au cours des septicémies à Streptobacillus moniliformis secondaires à une morsure de rat et guérissant sans séquelles, même en l’absence de traitement antibiotique.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

arthrite avec enthésite l.f.

enthésite

[I1,I4]

Édit. 2017

arthrite bactérienne l.f.

bacterial arthritis

Arthrite infectieuse causée par une bactérie présente dans l’articulation.
Les arthrites bactériennes peuvent être dues surtout à des pyogènes (staphylocoque, gonocoque, streptocoque, pneumocoque, méningocoque, bactéries à Gram négatif, Salmonella, Hemophilus influenzae surtout chez l’enfant, etc.), au bacille tuberculeux, à Brucella melitensis et, exceptionnellement, à des germes tels que Pasteurella multocida ou Streptobacillus moniliformis. L’infection articulaire résulte le plus souvent d’une diffusion hématogène. Elle peut aussi résulter d’une inoculation directe de l’articulation au cours d’une ponction ou d’une infiltration articulaire ou encore de la diffusion d’une infection de voisinage (ostéomyélite par ex.). Il faut enfin rapprocher des arthrites infectieuses l’infection survenant sur une prothèse articulaire de remplacement.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

arthrite brucellienne l.f.

brucellar arthritis

Ensemble des manifestations articulaires survenant au cours des brucelloses.
S’observant surtout dans les brucelloses à Brucella melitensis, il peut s’agir d’arthralgies fréquentes au cours de la période fébrile (d’où le terme de fièvre sudoro-algique), de mono- arthrites, de polyarthrites aigües, de spondylodiscites et d’arthrites chroniques suppurées pouvant ressembler aux arthrites tuberculeuses, touchant sacro-iliaque, hanche, poignet, etc., mais moins destructrices que ces dernières.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

arthrite chronique juvénile (OMS 1977) l.f.

Still’s disease

arthrite juvénile idiopathique

[I1,O2]

Édit. 2017

arthrite de l'acné conglobata l.f.

Arthrite destructive survenant chez des malades atteints d’acné conglobata.
Les arthrites de l’acné conglobata débutent généralement après l’acné ; elles peuvent être périphériques ou axiales touchant alors les sacro-iliaques et la colonne lombaire; elles peuvent continuer à évoluer alors que l’acné est apparemment guérie. L’acné conglobata peut s’accompagner également d’atteintes osseuses : hyperostose sternocostoclaviculaire, ossifications intersterno-costoclaviculaires, atteinte condensante localisée à un os (sternum, manubrium, clavicule, côte, os plat tel que le pubis, l’aile iliaque, os long, voire un corps vertébral). Certains ont proposé le regroupement de ces manifestation osseuses et articulaires sous le terme de SAPHO (Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose, Ostéite).

Étym. gr. akmê : pointe, efflorescence (faute de copistes pour acmé devenu acné) ; lat. conglobatus : mis en boule

[I1,J1]

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