Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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apnée (seuil d ’) l.m.

apneic threshold.
Pression partielle du gaz carbonique dans le sang artériel à partir de laquelle le patient reprend ses mouvements respiratoires.
Les médicaments dépresseurs du système nerveux central élèvent le seuil d'apnée.
Ce seuil se détermine de façon simplifiée en ventilation artificielle par une épreuve d’hyperventilation en recherchant seulement la valeur de la ventilation correspondant à la reprise de mouvements ventilatoires. Cela permet un meilleur réglage de la ventilation artificielle. L’épreuve se fait en augmentant progressivement par paliers la ventilation délivrée, ce qui abaisse de plus en plus la PaCO2. A partir d'une certaine valeur, dit seuil d'apnée, le patient ne reprend pas immédiatement de mouvement respiratoire spontané lors de l'arrêt du respirateur.
En mode de ventilation assistée, pour éviter une trop forte hypoxie en cas de pose respiratoire du patient, les respirateurs mécaniques perfectionnés sont dotés d'un déclencheur qui le remet en route dès l'ébauche du premier mouvement ventilatoire spontané ou dès qu'un temps préréglé est atteint (par ex. 30 secondes).

Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).

apnée (temps d'), ventilation assistée

apnée n.f.

apnea

Interruption de durée variable de la respiration.
Elle peut être volontaire, ou involontaire d'origine pathologique (apnée du sommeil, traumatisme du crâne ou de la moelle cervicale, etc.), médicamenteuse ou toxique. On distingue les apnées centrales, par dépression des centres respiratoires (morphine, etc.), et celles périphériques (curare ou, souvent, mécaniques par «chute de la langue»). Les apnées involontaires peuvent être mortelles, elles demandent d'intervenir d’urgence si elles se prolongent. Pendant l'arrêt des mouvements ventilatoires les échanges respiratoires entre le sang et l'air alvéolaire continuent à se faire tant que la circulation se maintient. Au bout de 30 secondes environ, la composition des sangs artériel et veineux deviennent voisines, l'hypoxémie et l'hypercapnie s'aggravent alors progressivement.
Si l'arrêt de la ventilation est actif (en position inspiratoire) on parle d'apneuse.

Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).

apnée, (temps d'), apneuse, ventilation x fréquence (diagramme)

apnée du nouveau-né ou du nourrisson l.f.

apnea of the newborn or infant

Apnée du jeune âge qui, si elle se répète souvent, risque de compromettre l'oxygénation du cerveau dès qu'elle dépasse vingt secondes.
Elle peut se voir d'emblée à la naissance, notamment en cas de mort apparente ou sous l'effet de médicaments dépresseurs administrés à la mère. Elle peut survenir dans les minutes qui suivent la naissance après césarienne ou en cas de détresse respiratoire. Tant qu'un prématuré n'a pas atteint 36 semaines d'âge fœtal, de courtes apnées sont quasi physiologiques, mais c'est un diagnostic d'exclusion qui justifie l’administration de caféine et le monitorage. Chez le nouveau-né à terme, elles peuvent être l’unique manifestation de convulsions ou révéler une hypoglycémie, une hypocalcémie, une hémorragie intracrânienne, une infection (méningite), une entérocolite nécrosante. Chez le nourrisson elles sont toujours pathologiques, révélant outre les causes précédentes, un hématome sous-dural, une coqueluche, un reflux gastro-œsophagien, un obstacle sur les voies aériennes supérieures. Elles accompagnent souvent les bronchopneumopathies infectieuses (surtout si l’enfant est né prématuré). La plupart des morts subites se produisent à l'occasion d'une apnée prolongée.

Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).

infection néonatale, mort subite du nourrisson

apnée du sommeil (syndrome d') l.f.

sleep apnoea syndrome

Forme grave du ronflement avec pauses respiratoires qui dépassent souvent la minute survenant pendant le sommeil à une fréquence horaire d’au moins 5 apnées de plus de 10 secondes, ou 10 hypopnées par heure, réduisant de 30 à 50% le volume courant avec une désaturation oxyhémoglobinée de l’ordre de 50% (PaO2 < 20 mm de Hg).
Les apnées, arrêt complet de la respiration sont distinguées des hypopnées, diminution d’au moins 50 % de la ventilation associée à une désaturation de 4 % ou à un microréveil.
L’apnée entraîne une hypoxémie-hypercapnie qui devient progressivement très importante et excite alors les centres respiratoires : la respiration reprend jusqu'à ce qu'une nouvelle apnée se produise.
L’origine est centrale ou plus souvent périphérique. Les apnées centrales correspondent à une interruption de la commande centrale. Les apnées obstructives, liées à une obstruction des voies aériennes supérieures, témoignent d’un collapsus inspiratoire du pharynx. Elles sont caractérisées par un arrêt du flux bucconasal avec persistance des mouvements ventilatoires thoraco-abdominaux.
Le patient présente des somnolences diurnes et des céphalées, des troubles cardiovasculaires peuvent se développer. En moins d’une minute, chaque apnée du sommeil produit :
- une crise cérébrale avec une activité intense (attestée par l'électroencéphalogramme) qui amène la fin du sommeil profond et la reprise des mouvements ventilatoires, ce qui rétablit rapidement l'hématose ;
- une hypertension pulmonaire qui entraîne à la longue un cœur pulmonaire chronique ;
- une crise hypertensive générale qui provoque à la longue la détérioration des petits vaisseaux fragiles, notamment ceux du cerveau.
La fragmentation du sommeil est responsable de somnolence diurne, d’hypoxémie, d’hypertension artérielle.
La répétition des apnées réduit la durée des phases de sommeil rapides et les crises hypertensives détériorent progressivement le fonctionnement cérébral (troubles de la mémoire, perte de la libido et évolution vers une détérioration de plus en plus grave).
Outre les recommandations hygiéniques (dormir couché sur le côté et non sur le dos, éviter l'alcool le soir et les prises de somnifères pour «mieux dormir»), le traitement est fonction des renseignements fournis par les enregistrements polygraphiques pris lors du sommeil. L’ensemble des évènements nocturnes enregistrés est comptabilisé et le nombre obtenu divisé par le nombre d’heures de sommeil indique un index. Sont pathologiques un index d’apnée supérieur à 5 par heure et un index d’apnée-hypopnée supérieur à 10 par heure.
Le traitement est surtout mécanique : ventilation en pression positive (CPAP) par masque nasal pendant le sommeil). Si nécessaire, la chirurgie peut être indiquée pour le traitement de la ronchopathie (résection de la luette).
Certains facteurs tels que l’existence d’une obésité sont souvent associés aux apnées. Une forme particulière est le syndrome de Pickwick. On a évoqué une relation entre le syndrome d’apnée du sommeil et la mort subite du nourrisson.

Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).

amnésie, CPAP, Fenn (diagramme de), Pickwick (syndrome de), hypnogramme, ronflement, rhonchopathie chronique

apnée en réanimation (épreuve d') l.f.

apnea in intensive care (test of)

débranchement (épreuve de)

apnée (oxygénation sous) l.f.

apneic oxygenation, diffusion respiration

Technique d'oxygénation utilisée en anesthésie générale pour certaines interventions chirurgicales, notamment en ORL, consistant en l'insufflation d'un petit débit d'oxygène dans la trachée du patient maintenu en apnée, ce qui laisse le thorax immobile tout en assurant une oxygénation convenable pendant une vingtaine de minutes.
On peut ainsi maintenir une PaO2 satisfaisante, mais l'élimination du CO2 est insuffisante en l’absence de mouvement ventilatoire, aussi la PaCO2 s'élève progressivement. On préfère la «jet ventilation» à cette technique car elle assure une meilleure épuration du CO2.
L'expression anglaise «respiration par diffusion» est incorrecte car, en apnée, les échanges broncho-alvéolaires se font par l'action des pulsations cardiaques qui brassent activement l'air bronchique et bronchiolaire («petite respiration cardiaque») et non par diffusion (elle n’agit que dans les alvéoles).

Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).

petite respiration cardiaque

apnée physiologique du nouveau-né l.f.

physiologic apnea of the neonate

Absence de respiration du nouveau-né immédiatement après la naissance qui peut s'interrompre au clampage de la circulation funiculaire avec établissement d'une respiration normale.

Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).

apnée (temps d') l.m.

breath holding test

Temps maximal pendant lequel un sujet peut suspendre sa ventilation.
Chez le sujet conscient en ventilation spontanée, l'épreuve d'apnée doit se faire en inspiration forcée (le temps d'apnée volontaire est d'autant plus long que l’inspiration préalable a été plus grande). Mais la volonté ne peut résister très longtemps aux pulsions des centres respiratoires excités par une PaCO2 trop élevée. Chez le sujet normal le temps d'apnée volontaire est d'au moins une minute, il est plus long chez les plongeurs entrainés et très court chez les dyspnéiques. La dépression des centres respiratoires (alcalose, certains médicaments - barbituriques, morphiniques, etc. - ou toxiques), l'hyperpnée ou l'oxygénation préalable la diminution du métabolisme allongent le temps d'apnée volontaire. Il est raccourci par l'excitation des centres (acidose, hypoxie, médicaments «analeptiques respiratoires», etc.), par l'augmentation du métabolisme ou par la réduction du volume d'air contenu dans les poumons (position expiratoire, syndromes restrictifs). L'épreuve d'apnée volontaire, difficile à conduire et peu fidèle, explore mal la fonction respiratoire.
Sous ventilation mécanique : à l’arrêt du respirateur (recherche du seuil d’apnée ou épreuve de débranchement), le temps mis par le patient (conscient ou non) à faire un premier mouvement respiratoire mesure le temps d'apnée tolérable par les centres respiratoires. Si ce temps dépasse une dizaine de secondes, le patient est hyperventilé, si les mouvements ventilatoires ne reprennent pas au bout de plusieurs minutes alors qu’une hypercapnie notable s’est installée, c’est que les centres sont anesthésiés ou lésés.

Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).

Syn. épreuve d’hypercapnie

débranchement (épreuve de)

apnée volontaire (temps d') l.f.

time of voluntary apnea

apnée (temps de)

sommeil (syndromes d'apnée du) l.m.p.

sleep apnea syndromes

Type de troubles surtout fréquents chez l'homme de la cinquantaine, obèse, dominés par une somnolence diurne de niveau variable et par un ronflement nocturne qu'interrompent des arrêts respiratoires répétés, sinon des hypopnées, survenant de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de fois dans la même nuit (au moins cinq par heure de sommeil).
Seul, l'enregistrement polysomnographique permet une certitude diagnostique. Il précise ou contribue à préciser le type et la durée des apnées, leurs répercussions, notamment cardiovasculaires (pic tensionnel et rythmique lors des reprises ventilatoires), l'hypoxémie et l'hypocapnie sanguine, la fragmentation et la désorganisation du sommeil, ces dernières en règle non perçues par le patient.
Parmi les complications ou associations, seront citées : l'hypertension artérielle, une ischémie cardiaque ou cérébrale, une hypertension artérielle pulmonaire et une atteinte cognitive. Elles peuvent inaugurer la scène clinique.
À des degrés divers, semblent intervenir deux ordres de facteurs : mécaniques (notamment étroitesse des voies aériennes supérieures) et centraux (troubles de la commande des muscles de celles-ci, anormalement hypotoniques, avec réduction accrue de la surface pharyngée, déjà physiologiquement diminuée lors du sommeil).
Premier traitement utilisé, la trachéotomie a restreint ses indications aux échecs des autres méthodes du fait de la gêne qu'elle apporte. Méthode de référence, la pression positive continue empêche l'obstruction pharyngée pendant l'inspiration. Le développement des procédés chirurgicaux (uvulopalato-pharyngoplastie, p. ex.) et orthodontiques nécessite des prises de décision interdisciplinaires. Des améliorations ont été relevées après une perte de poids.

Syn. syndrome de Pickwick, décrit en hommage à Ch. Dickens (1836) par C.S. Burwell et coll. (1956), sous forme d'obésité, insuffisance cardiorespiratoire et somnolence

Sigle SAS

syndrome d'apnée du sommeil l.m.

sleep apnea syndrome

Sigle : SAS

apnée du sommeil, rhonchopathie, ronflement chronique,

dose-seuil l.f.

threshold dose

Dose à partir de laquelle s'observe un effet biologique particulier.
Du fait de la forme sigmoïde de la relation entre la fréquence de l'événement et la dose, elle est difficile à déterminer; une valeur plus précise est obtenue en se référant à une faible fréquence définie, p. ex. 5% ou 10%.

Étym. gr. dosis : action de donner, ce qui est donné (déverbal de didômi : donner)

Polaillon (seuil de) l.m.

Polaillon’s threshold

Valeur de la pression intra-utérine à partir de laquelle la contraction utérine est douloureusement perçue.
Variable d’une femme à l’autre elle est de l’ordre de 30 mmHg à 40 mmHg.

J. Polaillon, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1880)

Syn. point de Polaillon

seuil achromatique l.m.

achromatic threshold

Plus petite énergie lumineuse pour laquelle un sujet perçoit la luminance sans pouvoir en préciser la tonalité.

Syn. seuil lumineux absolu

seuil anaérobie l.m.

anaerobic threshold

Syn. seuil de lactate

seuil de lactate

seuil choanal l.m.

Partie inférieure de la choane correspondant au bord postérieur de la lame horizontale du palatin et continuant, sans démarcation franche, le plancher de la fosse nasale.

choane

seuil chromatique l.m.

chromatic threshold

Plus petite énergie lumineuse pour laquelle un sujet peut reconnaître une couleur.

intervalle photochromatique

seuil de densité l.m.

représentation 3 D de surface

seuil de lactate l.m.

lactate threshold

La concentration d’acide lactique augmente faiblement et progressivement au cours de l’effort, puis s’élève brutalement, avec une cassure  dans la courbe de concentration de lactate en fonction du temps : c’est le seuil de lactate ou seuil anaérobie.
Durant un exercice progressif à charge croissante, au cours d’un travail musculaire, l’accumulation de lactate dans le sang est une fonction linéaire du travail fourni et de la consommation d’oxygène (V’O2).
L’insuffisance d’apport en oxygène limite l’activité de la chaîne respiratoire mitochondriale. Elle est responsable d’une modification du métabolisme périphérique, la glycolyse anaérobie. Ce seuil est utilisé dans l’évaluation  de la condition physique des sportifs et des thérapeutiques chez l’insuffisant cardiaque depuis les travaux de Wasserman.

Syn. seuil anaérobie

seuil de l'insula l.m.

limen insulae (TA)

limen insulae ; insular threshold

Pli de l’écorce cérébrale séparant le sommet de l’insula de la substance perforée antérieure.
Il correspond à la portion intermédiaire du sillon latéral du cerveau entre le segment transversal de la face inférieure de l’hémisphère et le segment oblique de la face latérale de l’hémisphère.

Syn. anc. pli falciforme, région pré-insulaire

seuil de Polaillon l.m.

Polaillon’s threshold

J. Polaillon, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1836-1902)

Polaillon (seuil de)

seuil ischémique l.m.

Durant un exercice progressif à charge croissante chez un patient coronarien  le seuil ischémique est le niveau de fréquence cardiaque, de pression artérielle et de charge auquel

apparaissent la douleur angineuse et /ou les signes électriques d’une ischémie myocardique.
L’entraînement physique , les traitements antiangineux, les techniques de revascularisation améliorent la tolérance à l’effort et augmentent le seuil ischémique.

seuil lumineux absolu l.m.

achromatic threshold

seuil achromatique

seuil narinaire l.m.

limen nasi (TA)

Limite entre le revêtement cutané du vestibule nasal et la muqueuse nasale.

signification (seuil de) l.m.

Lors de la réalisation d’un test statistique, valeur à partir de laquelle la différence observée entre deux ou plusieurs mesures (moyennes, pourcentages, etc.) ne peut être raisonnablement expliquée par les seules fluctuations d’échantillonnage.
En pratique, on déclare une différence significative lorsque sa probabilité de survenue est inférieure ou égale à 5%. On peut alors préciser son degré de signification.