Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

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Dejerine-Roussy (syndrome de) l.m.

Dejerine-Roussy's syndrome

Syndrome thalamique du type le plus fréquent, lié à une lésion des noyaux ventral postérieur et ventral postérolatéral.
Il est dominé par des troubles sensitifs : hémianesthésie controlatérale portant sur toutes les modalités de la sensibilité, principalement profonde, avec réactions excessives aux excitations douloureuses et thermiques ; algies spontanées souvent très intenses, du côté anesthésié ; hyperpathie, élément caractéristique du syndrome, avec sensation douloureuse retardée et durable, déclenchée par une stimulation tactile ou mécanique.
Parmi les autres signes, on relèvera : une hémiparésie discrète, rapidement régressive ; une hémichorée majorée au membre supérieur ; des mouvements anormaux de la main, surtout digitaux, instables, incessants, "crampoïdes".
Un infarctus thalamique postérolatéral est généralement en cause. Il porte sur le territoire du pédicule thalamogenouillé qui nait de l'origine de l'artère cérébrale postérieure, juste en aval de la communicante postérieure.

J. J. Dejerine neurologue et G. Roussy, neuropathologiste français, membres de l'Académie de médecine (1906)

Darier-Roussy (sarcoïde de) l.f.

Darier-Roussy’s sarcoid

F. J. Darier, dermatologiste français et G. Roussy, anatomopathologiste français, membres de l’Académie de Médecine (1904)

sarcoïde hypodermique de Darier-Roussy

nerf pédonculaire de l'hypophyse de Roussy l.m.

G. Roussy , anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1874-1948)

tractus hypothalamo-hypophysaire

sarcoïde hypodermique de Darier-Roussy l.f. (obs.)

Darier-Roussy’s sarcoid, subcutaneous nodular sarcoidosis

Terme considéré comme synonyme de lésion souscutanée de la sarcoïdose.
La localisation hypodermique de ces nodules profonds explique leur caractère mal délimité; indolents et chroniques, ils ne peuvent être confondus avec les autres lésions à type d'hypodermite nodulaire, mais non spécifiques, telles que l'érythème noueux.

J. Darier, dermatologiste français et G. Roussy, anatomopathologiste français, membres de l’Académie de Médecine (1904)

échelle de la douleur de l'enfant Gustave Roussy l.f.

Evaluation de la douleur, après une observation de 4 heures, selon 10 items cotés de 0 à 4 qui se regroupent en 3 parties.

ITEM Cotation 0 Cotation 1 Cotation 2 Cotation 3 Cotation 4
1. Position antalgique
au repos
absence de position antalgique : l'enfant peut
se mettre n'importe comment.
l'enfant semble éviter certaines positions. l'enfant évite certaines
positions mais n'en paraît pas gêné.
l'enfant choisit une position antalgique évidente, qui lui apporte un certain soulagement. l'enfant recherche
sans succès
une position
antalgique
et n'arrive
pas à être bien
installé.
2. Manque d'expressivité l'enfant est
vif, dynamique, avec un visage animé.
l'enfant paraît
un peu terne, éteint.
au moins un
des signes suivants : traits du visage peu expressifs,
regard morne, voix marmonnée et monotone, débit verbal lent.
plusieurs des signes ci-dessus sont nets. visage figé,
comme agrandi.
Regard vide.
Parle avec effort.
3. Protection spontanée des zones douloureuses l'enfant ne montre aucun souci de se protéger. l'enfant évite
les heurts violents.
l'enfant
protège son corps,
en évitant et en écartant ce qui pourrait le toucher.
l'enfant se préoccupe visiblement
de limiter
tout attouchement d'une région de son corps.
toute l'attention
de l'enfant est
requise pour
protéger la zone atteinte.
4. Plaintes somatiques pas de plainte : l'enfant n'a pas dit qu'il a mal. Plaintes "neutres" : - sans expression affective
(dit en passant "j'ai mal") ;
- et sans effort pour le dire
(ne se dérange pas exprès).
au moins
un des signes suivants :
- a suscité la question
"Qu'est-ce que
tu as, tu as mal ?";
- voix geignarde pour dire qu'il a mal;
- mimique expressive accompagnant la plainte .
en plus de la cotation 2, l'enfant :
- a attiré l'attention
pour dire qu'il
a mal;
- a demandé
un médicament.
c'est au milieu
de gémissements, sanglots
ou supplications
que l'enfant dit qu'il a mal.
5. Attitude antalgique dans le mouvement l'enfant ne présente
aucune gêne
à bouger tout
son corps.
Ses mouvements sont souples et aisés.
l'enfant montre une gêne,
un manque
de naturel
dans certains de ses mouvements.
l'enfant
prend des précautions
pour certains gestes.
l'enfant
évite
nettement de faire certains gestes, il se mobilise avec prudence et attention.
l'enfant
doit être aidé,
pour lui éviter
des mouvements
trop pénibles.
6. Désintérêt pour le monde extérieur l'enfant
est plein d'énergie, s'intéresse à son environnement,
peut fixer
son attention
et est capable
de se distraire.
l'enfant s'intéresse
à son environnement mais sans enthousiasme.
l'enfant s'ennuie facilement
mais peut
être stimulé.
l'enfant
se traîne, incapable de jouer, il
regarde passivement.
l'enfant est apathique et indifférent à tout.
7.Contrôle exercé par l'enfant quand on le mobilise (mobilisation passive) l'enfant se
laisse mobiliser
sans y accorder d'attention
particulière.
l'enfant a un regard attentif quand on le mobilise. en plus
de la cotation 1, l'enfant montre qu'il faut faire attention en le remuant.
en plus
de la cotation 2, l'enfant retient
de la main
ou guide les gestes du soignant.
l'enfant
s'oppose
à toute initiative du soignant
ou obtient qu'aucun geste ne soit fait sans son accord.
8. Localisation de zones douloureuses par l'enfant Pas de localisation :
à aucun moment,
l'enfant ne désigne
une partie de son
corps comme
gênante.
l'enfant signale, uniquement verbalement, une sensation pénible dans une région vague sans autre précision. en plus de la cotation 1, l'enfant montre avec un geste vague cette région. l'enfant
désigne avec
la main une région douloureuse précise.
en plus de la cotation 3, l'enfant décrit, d'une manière assurée et précise, le siège de sa douleur.
9. Réactions à l'examen des zones douloureuses aucune réaction déclenchée
par l'examen.
l'enfant manifeste,
juste au moment où on l'examine, une certaine réticence.
lors de l'examen,
on note au moins un de ces signes : raideur de la zone examinée, crispation du visage, pleurs brusques, blocage respiratoire.
en plus de la cotation 2,
l'enfant change
de couleur, transpire,
geint ou
cherche à arrêter l'examen.
l'examen,
de la région douloureuse est quasiment impossible,
en raison des réactions de l'enfant.
10. Lenteur et rareté des mouvements les mouvements
de l'enfant sont larges, vifs, rapides, variés,
et lui apportent
un certain plaisir.
l'enfant est
un peu lent, et bouge sans entrain.
un des signes suivants : - latence du geste, - mouvements restreints, - gestes lents; - initiatives motrices rares. plusieurs
des signes
ci-dessus
sont nets.
l'enfant est comme figé, alors que
rien ne l'empêche de bouger.

 

Annie Gauvain-Piquard, pédiatre française (1991)

Réf. Gauvain-Piquard A., Rodary C., Lemerle J. :Une échelle d’évaluation de la douleur du jeune enfant. Journées parisiennes de pédiatrie 1991:95‐100

[F2, O1]

Édit. 2019