Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2021

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Ogilvie (syndrome d') l.m.

Ogilvie’s syndrome

Syndrome de pseudo-obstruction aigüe du côlon réalisant un tableau d’occlusion sans obstacle mécanique.
Cette affection survient habituellement chez des patients âgés. Les facteurs favorisants sont les médicaments : neuroleptiques et morphine, toute intervention chirurgicale, un traumatisme, une ventilation mécanique, un sepsis. Elle a été décrite aussi au cours du grand myxœdéme et chez des patients ayant une infiltration cancéreuse métastatique du réseau ganglionnaire sympathique abdominal interrompant l’innervation sympathique du colon.
Correspondant à une ectasie colique, elle est caractérisée par un météorisme toujours considérable, une interruption du transit intestinal ; les douleurs abdominales sont absentes ou modérées. La distension, qui peut être monstrueuse, fait courir le risque d’une perforation diastatique du côlon, surtout au niveau du cæcum. A l’examen clinique, l’abdomen est sonore à la percussion, il n’y a ni défense, ni contraction, les bruits hydro-aériques sont rares et au toucher rectal l’ampoule est vide. La radiographie de l’abdomen sans préparation montre la présence d’air dans le colon surtout dans sa partie droite et dans le cæcum. Un diamètre du cæcum de plus de 9 cm est évocateur du diagnostic, la spécificité augmente lorsqu’il est supérieur à 12 cm et le risque de complications est accrue. Il n’y a pas de niveaux hydro-aériques. Le scanner élimine un obstacle, permet de mesurer la dilatation colique et élimine une complication (perforation, ischémie, péritonite stercorale).
L’aspiration gastro-duodénale, l’arrêt de l’apport entéral et des traitements favorisants, la correction des troubles hydro-électrolytiques constituent le traitement consevateur. En cas d’échec, la prostigmine, parasympathomimétique anticholinestérasique, est utilisée en première intention et en l’absence de contrindication. En seconde intention, la coloscopie avec aspiration, menée prudemment, permet de diminuer cette distension mais ne dispense pas d’une surveillance rigoureuse tant clinique que radiographique de l’abdomen. En dernier recours ou en cas de complications, la chirurgie est indiquée.

H. Ogilvie, Sir, chirurgien britannique (1948)

perforation cœcale postopératoire, pseudo-occlusion colique aigüe, perforation diastatique du cœcum

[L1]

Édit. 2017