Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

63 résultats 

mini mental state examination (modèle d'interrogatoire) l.f.

 Orientation
10 questions à poser pour apprécier comment fonctionne la mémoire. Les unes sont très simples, les autres un peu moins.
Quelle est la date complète d’aujourd’hui ?
Si la réponse est incorrecte ou incomplète, posées les questions restées sans réponse, dans l’ordre suivant :
1. en quelle année sommes-nous ?
2. en quelle saison ?
3. en quel mois ?
4. quel jour du mois ?
5. quel jour de la semaine ?
Je vais vous poser maintenant quelques questions sur l’endroit où nous trouvons :
6. quel est le nom de l’hôpital où nous sommes ?
7. dans quelle ville se trouve-t-il ?
8. quel est le nom du département dans lequel est située cette ville ?
9. dans quelle province ou région est situé ce département ?
10. A quel étage sommes-nous ?
Apprentissage /3
Je vais vous dire trois mots ; je vous voudrais que vous me les répétiez et que vous essayiez de les retenir car je vous les redemanderai tout à l’heure :
11. cigare citron fauteuil,
12. fleur clé tulipe,
13. porte ballon canard.
Répéter les 3 mots.
Attention et calcul / 5
Voulez-vous compter à partir de 100 en retirant 7 à chaque fois ?
14. 93------15. 86------16. 79------17. 72------18. 65
Pour tous les sujets, même pour ceux qui ont obtenu le maximum de points, demander : voulez-vous épeler le mot MONDE à l’envers ?
Rappel / 3
Pouvez-vous me dire quels étaient les 3 mots que je vous ai demandés de répéter et de retenir tout à l’heure ?
11. Cigare citron fauteuil,
12. fleur clé tulipe,
13. porte ballon canard.
Langage / 8
22. Montrer un crayon.  Quel est le nom de cet objet ?
23. Montrer votre montre.  Quel est le nom de cet objet ?
24. Ecoutez bien et répétez après moi : « PAS DE MAIS-DE SI-NI DE ET »
Poser une feuille de papier sur le bureau, la montrer au sujet en lui disant : Ecoutez bien et faites ce que je vais vous dire :
25. Prenez cette feuille de papier avec votre main droite,
26. pliée la en deux,
27. et jetez-la par terre.
28. Tendre au sujet une feuille de papier sur laquelle est écrit en gros caractère : « FERMEZ LES YEUX » et dire au sujet : Faites ce qui est écrit.
29. Tendre au sujet une feuille de papier et un stylo, en disant : voulez-vous m’écrire une phrase, ce que vous voulez, mais une phrase entière.
Praxies constructives / 1
30. Tendre au sujet une feuille de papier et lui demander: voulez-vous recopier ce dessin en fermant les yeux ?
(Un dessin simple : deux rectangles prolongés par un triangle et se croisant à angle droit). Selon une recommandation de l'ANAES, un score (1 point par question) rendu en fin de test inférieur ou égal à 24 points permet d'évoquer un état de conscience altéré et d'orienter vers le diagnostic de la démence. Le score est modulé et pondéré en fonction d'une grille de points correspondants à l'origine socio-culturelle de la personne, son niveau d'étude et à la durée totale de l'examen. En fonction des sous-scores de chacune des parties, le type de démence peut être précisé : les troubles mnésiques orientent davantage sur le diagnostic de démence type Alzheimer, alors que les déficits de l'attention orientent sur le diagnostic d'une démence sous-corticale, un syndrome frontal ou encore une démence vasculaire.

Réf. version consensuelle du GRECO (Groupe de Réflexion sur les Evaluations Cognitives)

Folstein (minimental test de), ANAES, Alzheimer (maladie d'), démence sous-corticale, syndrome frontal, démence vasculaire

[H1, H3]

Édit. 2018

chirurgie mini-invasive l.f.

mini invasive surgery

Acte chirurgical utilisant une voie d'abord de taille réduite, nécessitant une instrumentation et une technique opératoire spécifiques.

[N2]

état dangereux dangerous state agressivité et criminologie, dangerosité en psychiatrie l.m.

dangerous state

agressivité et criminologie, dangerosité en psychiatrie

[H3]

Édit. 2018

Cox (modèle de) l.m.

Cox model

Méthode d’analyse multifactorielle pour des variables censurées. Les résultats s’expriment sous forme de risque relatif instantané avec leurs intervalles de confiance.

R. T. Cox, physicien américain (1946) ;  D. Cox, Sir, mathématicien britannique (1972)

variable censurée, risque relatif, intervalle de confiance

[E1]

hasards proportionnels (modèle des) l.m.

proportional hasard model

Se dit d’une variable censurée dont la probabilité de survenue est la même à chaque instant de l’étude.
Cette hypothèse est généralement admise, mais rarement vérifiée. P. ex. elle est sous-tendue dans le modèle de Cox.
modèle de Cox

Jastreboff (modèle de) l.m.

Jastreboff’s pattern

Ce modèle neurophysiologique est actuellement largement utilisé pour expliquer l’origine et la physiologie des acouphènes.

P. F. Jastreboff, otorhinolaryngologiste américain (1990)

acouphène

[P1]

Édit. 2018

modèle n.m.

model

Représentation imagée d’un système ou mécanisme dont la nature n’est pas rigoureusement établie, p. par exemple modèle atomique, modèle de mort cellulaire.
Il rend compte des faits observés sans prétendre représenter la réalité. Il peut guider des recherches pour approcher celle-ci. Il permet éventuellement d’élaborer des formules mathématiques qui se prêtent à des calculs prévisionnels.

Étym. lat. modulus : modèle

modèle animal l.m.

animal model

Etat pathologique d'origine génétique ou induit expérimentalement qui, dans une espèce animale, présente des homologies plus ou moins étendues avec un état pathologique rencontré chez l'Homme.
On distingue les modèles homologues, dans lesquels les pathologies observées chez l'Homme et chez l'animal sont la conséquence d'un déterminisme génétique et de mécanismes physiopathologiques identiques, et les modèles analogues dans lesquels les mécanismes responsables sont différents mais conduisent à un état pathologique et une symptomatologie comparables.

modèle de Cox l.m.

Cox model

Méthode d’analyse multifactorielle pour des variables censurées. Les résultats s’expriment sous forme de risque relatif instantané avec leurs intervalles de confiance.

R. T. Cox, physicien américain (1946) ; D. Cox, Sir, mathématicien, statisticien britannique (1972)

variable censurée, risque relatif, intervalle de confiance

[E1]

modèle de la cassure-et-réunion l.m.

break and reunion model

Modèle moléculaire de recombinaison génétique de l'ADN selon lequel il y aurait successivement cassure des brins, échange entre les brins et réunion des brins échangés pour produire une ou deux molécules recombinées.
Si l'échange est symétrique, on parle de recombinaison réciproque.

choix de la copie (modèle du), enjambement

[C1,Q1]

modèle du choix de la copie l.m.

copy-choice model

Modèle moléculaire de recombinaison génétique de l'ADN selon lequel, lors de la réplication, l'ADN polymérase passerait d'un brin d'une molécule à un brin d'une autre molécule et produirait ainsi un nouveau brin recombiné.

cassure-et-réunion (modèle de la)

modèle atomique l.m.

atomic model

Représentation imagée de la structure de l’atome.
Au XIXe siècle, l'atome est considéré comme une petite boule de matière insécable, susceptible d’entrer en réaction chimique avec d’autres, de nature différente. En 1902 Thomson propose un modèle statique, agrégat de protons et d’électrons. En 1911 Rutherford élabore un modèle dynamique, avec un noyau très concentré, contenant la quasi-totalité de la masse, chargé positivement, et autour duquel gravitent des électrons. Ce modèle, perfectionné par Bohr (1913) avec la quantification des couches électroniques et Sommerfeld (1916) avec l’introduction des nombres quantiques, reste le plus courant. Des modèles plus perfectionnés dans la structure du noyau, les forces intranucléaires et leurs vecteurs, ont été développés par les spécialistes de la physique nucléaire et de la mécanique ondulatoire.

Joseph Thomson, Sir, physicien britannique (1856-1940) prix Nobel de physique 1906 
E. Rutherford, Sir, physicien britannique (1871-1937) prix Nobel de chimie 1908 ;
N. Bohr, physicien danois (1885-1962), prix Nobel de Physique 1922; A. Sommerfeld, physicien allemand (1868-1951

absence de cils et de sourcils avec retard mental l.f.

absent eyebrows and eyelashes with mental retardation

Syndrome associant l'absence de cils et de sourcils avec un retard mental, une microcéphalie, un petit nez crochu, une quadriplégie progressive spastique et un glaucome.
Une famille décrite avec deux frères dont les parents sont non-consanguins. L’affection est autosomique récessive (MIM 200130).

B. D. Hall, généticien américain (1974)

Syn. pseudoprogéria (syndrome de)

[Q2]

Édit. 2016

âge mental l.m.

mental age

Niveau du développement intellectuel d’une personne déterminé indépendamment de son âge chronologique, au moyen de tests normalisés.
Cette mesure comparée à l’âge réel permet de déceler un handicap mental éventuel.
L’âge mental ne rend pas compte du degré de développement psychologique que les textes mesurent difficilement.

A. Binet et Th. Simon, psychologues français (1905)

quotient intellectuel, psychométrie

[E1,E3,H3,H4]

Édit. 2017

alpha-thalassémie liée à l'X avec retard mental l.f.

alpha thalassemia mental retardation X linked

Association de troubles morphologiques, en particulier cranio-céphaliques et génitaux avec un retard psychomoteur et les anomalies sanguines de la thalassémie alpha.
Les principaux symptômes sont: retard de développement, petite taille, microcéphalie avec dysmorphie faciale: nez large à base aplatie et narines antéversées, philtrum court, lèvre supérieure en accent circonflexe découvrant des incisives écartées, lèvre inférieure épaisse, hypertélorisme, épicanthus. Les anomalies génitales sont présentes dans 80% des cas: ectopie testiculaire, hypospadias, ambigüité sexuelle. Le déficit intellectuel est profond avec des crises d’épilepsie dans un tiers des cas. L’hémoglobine est anormale mais les troubles sanguins souvent discrets ou absents. L’hémoglobine H est décelée par électrophorèse. L’affection récessive liée à l’X atteint les garçons, les filles hétérozygotes ont peu ou pas de symptômes ou un simple retard statural; elles sont vectrices. Dans 90% des cas il s’agit d’une mutation du gène ATRX en Xq21.1; le caryotype est normal. Il existe de nombreuses variations phénotypiques et intrafamiliales.
L’alpha-thalassémie avec retard mental liée au chromosome 16, où dominent les roubles sanguins, ne comporte pas la morphologie typique de cette affection.

Sigle angl. ATRX

alpha-thalassémie, retard mental lié à l'X, ATRX gene, syndrome d'alpha-thalassémie-déficience intellectuelle associée au chromosome 16, ATR 16, philtrum, hypertélorisme, épicanthus, hémoglobine H

[F1, Q2]

Édit. 2018

amblyopie avec retard mental et retard de croissance l.f.

mental and growth retardation with amblyopia

Syndrome associant un retard mental, un retard de croissance et une amblyopie sévère.
Il concerne une famille (3 sœurs et un père) avec aberration chromosomique en 11p15.1 (translocation réciproque équilibrée). Les signes oculaires de la délétion de cette zone sont connus et multiples : ptosis, strabisme divergent, nystagmus, glaucome, cataracte, et aniridie. La transmission de cette délétion peut prendre un aspect autosomique dominant (MIM 156190).

H. Sato, pédiatre japonais (1989)

Étym. gr. amblus : affaibli ; ops : œil

[H1,P2,Q2]

Édit. 2017

automatisme mental l.m.

de Clérambault's Syndrome

Production spontanée, involontaire, "dissidente" par rapport au contrôle psychique habituel, d'images et de sensations survenant malgré le sujet, étrangères à lui mais au centre de lui. Par exemple :"ça parle, ça pense, ça agit en moi ...il y a des commentaires, des échos de ma pensée, de mes actes, des ratés".
Alors que la fine description par G. de Clérambault à partir de 1921 dans ses articles, est restée familière au clinicien, son postulat organiciste et mécaniciste a été vite rejeté. Selon l'auteur, les phénomènes, notamment l'écho de la pensée, initialement subtils, non sensoriels, sans projection ni réaction émotionnelle (hallucinations psychiques), peu à peu deviennent esthésiques, passent du "petit" au "grand automatisme mental" pour aboutir à une construction délirante hallucinatoire polysensorielle que l'auteur nomme "psychose à base d'automatisme". C'est à l'éclosion spontanée d'un tel processus fondamental, "neutre" et "anidéique", sans signification psychologique, que se résumerait une grande partie de la pathogénie des psychoses. Mais cette gradation elle-même est fortement discutée.
À côté de l'automatisme mental proprement dit, il convient de dégager le syndrome d'influence : "on me fait parler, on me fait penser, on me fait agir ... on exerce une emprise sur moi". Il s'agit alors essentiellement d'hallucinations psychiques.

G. G. de Clérambault, psychiatre français (1920)

Étym. gr. automatos: spontané

cataracte-ataxie-surdité et retard mental (syndrome) l.f.

cataract, deafness, ataxia, mental delay syndrome

Association d’une cataracte congénitale avec un léger retard mental, qui secondairement dans la troisième décennie se complète d’une surdité neurosensorielle et d’une ataxie.
L’affection est autosomique récessive.

J. H. Begeer, neuropédiatre néerlandais (1991)

Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)

Syn. polyneuropathie-cataracte-surdité (syndrome de)

cataracte, ataxie cérébelleuse cataracte, surdité et démence ou psychose

[P2,Q2]

cataracte juvénile, atrophie cérébelleuse, retard mental et myopathie l.m.

juvenile cataract, cerebellar atrophy, mental retardation, and myopathy

G. Marinesco, neurologue roumain (1931) ; T. Sjögren, psychiatre suédois (1935) 

Marinesco-Sjögren-like (syndrome de)

[P2,H1,I4]

cécité corticale, retard mental et polydactylie post-axiale l.m.

cortical blindness, retardation and postaxial polydactyly

Association syndromique avec cécité d'origine corticale, retard mental et faciès caractéristique.
Cécité avec altération des PEV. Le retard mental est sévère, il s'y ajoute hypertonie, rigidité, spasticité et hyperréflexie. Il existe par ailleurs un nanisme, avec front proéminent, large et bosses frontales. Le philtrum est long, il y a un rétromicrognatisme et un palais ogival. La polydactylie touche les membres supérieurs et inférieurs. Le décès a lieu dans l'enfance. Une famille de trois enfants a été signalée. L’affection est autosomique récessive (MIM 218010).

A. Hernández, généticien mexicain (1985)

[P2,Q2]

cheveux cassants et retard mental l.m.

brittle hair and mental deficit

R. R. Howell, pédiatre américain (1981)

Étym. Sabinas, petite communauté du Nord du Mexique

syndrome de Sabinas

[J1,Q2,H1]

cils longs et retard mental l.m.

eyelashes, long, with mental retardation

trichomégalie avec retard mental, nanisme, et dégénérescence pigmentée de la rétine, trichomégalie-cataracte-sphérocytose, syndrome des cils longs

[Q2]

colobome de l'iris avec ptosis, hypertélorisme et retard mental l.m.

iris coloboma with ptosis, hypertelorism, and mental retardation

Association colobome irien, ptosis, hypertélorisme, large ensellure nasale, et replis d'épicanthus proéminent.
Syndrome d'existence probable en raison de plusieurs publications confirmant cette association. L’affection est autosomique récessive (MIM 243310).

M. Baraitser et R. Winter, pédiatres britanniques (1988)

[Q2,P2]

Dandy-Walker avec retard mental, macrocéphalie, myopie et brachytéléphalangie (malformation de) l.f.

Dandy-Walker’s malformation with mental retardation, macrocephaly, myopia, and brachytelephalangy

Malformation de Dandy-Walker avec macrocéphalie et myopie extrême.
Le retard mental est sévère, il existe une dysmorphie faciale, une brachytéléphalangie avec ongles courts et larges. Une seule famille, un frère et deux sœurs, a été signalée. L’affection est autosomique récessive (MIM 220219).

M. Buttiens, généticien belge (1989)

diagnostic and statistical manual of mental disorders (DSM) l. angl.

Classification des maladies mentales.
Publiée en 1952, la première édition de cette classification nationale américaine était principalement marquée par l'influence de Adolf Meyer et de son concept étiopathogénique de réaction et de même que la neuvième édition de la classification internationale des maladies (CIM-9), le DSM-II (1968), mêlait encore des éléments symptomatiques, évolutifs et étiopathogéniques.
Sous la direction de R.L. Spitzer, les principaux procédés utilisés dans le DSM-III (1980) pour répondre à des objectifs prioritaires de pragmatisme et de recherche d'un langage minimal commun destiné à améliorer la fidélité interjuges des diagnostics, ont été : un "athéorisme" proclamé, l'utilisation systématique du procédé dit des critères diagnostiques, en ne retenant que ceux simples, clairs, dénués le plus possible de toute ambigüité sémantique ; l'enregistrement des informations disponibles selon un système de cotations dit multiaxial. Ainsi sont enregistrés, à côté des syndromes (axe I), les troubles spécifiques du développement (axe II), les troubles somatiques concomitants (axe III), la sévérité globale des stress psychosociaux (axe IV) et le niveau d'adaptation et de fonctionnement le plus élevé du sujet au cours de la dernière année (axe V).
Après le DSM-III-R (1987) et avec le DSM-IV (1994), les critères diagnostiques révisés tiennent compte non seulement des avis des commissions de consensus, mais aussi des premiers résultats des études sur le terrain concernant les problèmes les plus controversés, enfin des revues récentes de la littérature.
On donne au sigle DSM tantôt le genre masculin puisque c'est un manuel, tantôt le féminin puisque c'est une classification.

R. L. Spitzer, psychiatre américain (1981) ; A. Meyer, psychiatre américain (1866-1950)

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