Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

19 résultats 

atrophie optique familiale l.f.

Leber optic atrophy

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1871)

Leber (atrophie optique de)

atrophie optique héréditaire de Leber l.f.

Leber optic atrophy

neuropathie optique héréditaire de Leber

Leber (amaurose congénitale de) l.f.

Amaurose qui se manifeste dans les premiers mois de la vie par un manque d'éveil visuel, avec un réflexe photomoteur absent ou faible, un fond d'œil normal ou légèrement "poivre et sel", un électrorétinogramme éteint, des potentiels évoqués visuels absents et souvent une hypermétropie importante (plus de 5 dioptries).
L’amaurose congénitale survient chez deux à trois nouveau-nés pour 100.000 naissances ; c’est la cause la plus fréquente de cécité chez l’enfant. L’affection atteint préférentiellement les garçons (80%). L’amaurose congénitale peut résulter de la mutation d’au moins 14 gènes, tous nécessaires pour une vision normale. Ces gènes jouent une variété de rôle dans le développement et la fonction de la rétine.
.Au moins 15 variétés d’amaurose congénitale ont été décrites ; elles se distinguent par leur cause génétique, leur mode de perte de vision et les anomalies oculaires associées. Les mutations des gènes CEP290, CRB1, GUCY2D, et RPE65 sont les causes les fréquemment reconnues ; des mutations d’autres gènes, CRX, RDH12… se rencontrent plus rarement et dans près de 30 pour cent des cas la cause reste inconnue.
.L'anomalie est isolée ou entre dans le cadre de syndromes dont le catalogue est en cours : Zellweger, adrénoleucodystrophie néonatale, forme infantile de Refsum, Santavuori, Joubert, Senior-Löcken, Jeune.

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1871)

CEP290, CRB1, GUCY2D, RPE65, CRX, RDH12.

Leber (atrophie optique de) l.f.

Leber's (optical atrophy), hereditary optic neuropathy

Maladie comportant particulièrement des mutations ponctuelles de l'ADN mitochondrial (mt ADN), transmise par la mère et marquée par une baisse rapide de l'acuité visuelle touchant les deux yeux en un ou deux temps chez un adulte jeune, surtout masculin, sans antécédents oculaires.
L'électrorétinograhie est normale. Des télangiectasies avec pseudo-œdème papillaire apparaissent au fond d'œil. Cet aspect est transitoire au début de l'affection. S'associent souvent : un syndrome extrapyramidal, des troubles pseudobulbaires, une neuropathie périphérique et des anomalies de la conduction cardiaque. En cas de nécrose striatale bilatérale, une hypodensité est visible à l'imagerie. L'évolution se fait vers une atrophie optique avec cécité totale.
Malgré une localisation seulement oculaire, des anomalies morphologiques mitochondriales musculaires sont signalées. Le déficit en complexe I de la chaîne respiratoire comporte une substitution d'arginine à l'histidine. En fait, au moins 11 points de mutation du mt ADN sont relevés. De plus, par suite de la présence conjointe de gènes nucléaires, l'hérédité mendélienne pourrait accentuer l'expression de la maladie et la pénétrance chez l'homme.

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1871)

Syn. neuropathie optique héréditaire de Leber

Leber (maladie de) l.f.

Atrophie optique bilatérale avec perte de l'acuité visuelle très importante (inférieure à 1/10), brutale, bilatérale d'emblée en quelques heures ou quelques jours, chez un sujet de sexe masculin, à l'adolescence ou chez un adulte très jeune.
Le fond d'œil est en général normal, mais, dans la région péripapillaire, existe une zone de microangiopathie télangiectasique qui ne s'injecte pas à l'angiographie fluorescéinique. Le champ visuel montre l'existence d'un volumineux scotome central. On a décrit des formes associées à des signes neurologiques. La maladie se transmet selon le mode autosomique dominant. Il s'agit sans doute d'une maladie mitochondriale (transmission d'origine maternelle). Une mutation de l'ADN a été mise en évidence chez les sujets atteints et chez les femmes conductrices. Des mutations des gènes mitochondriaux MT-ND1, MT-ND4, MT-ND4L, ou MT-ND6 sont responsables de cette affection.

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1840-1917)

Leber type I (amaurose congénitale de) l.f.

Dystrophie rétinienne congénitale sévère de type mixte entraînant une cécité infantile avec nystagmus et photophobie.
Le comportement de cécité chez le nourrisson contraste souvent avec un fond d'œil parfois normal ou avec une légère pâleur papillaire. On peut également trouver quelques pigments rétiniens et un aspect poivre et sel, ultérieurement la dystrophie sévère se confirme avec la rétinite pigmentaire, parfois une atrophie aréolaire centrale et exceptionnellement avec un aspect de taches marbrées en périphérie. Le nystagmus est présent à la naissance mais n'est pas toujours décelé. Il faut écarter du diagnostic toute autre association. L'ERG est toujours très altéré de type éteint. La vision, semble nulle au départ et s'améliore un peu dans la première décennie mais elle s’aggrave à nouveau ultérieurement. Le réflexe oculodigital, signe de Franceschetti, (se frapper l'œil avec la main pour donner des phosphènes) est parfois responsable de complications traumatiques et d’un kératocône. La fréquence est de 2 à 3/100 000 en Suède. Le gène GUCY2D (retinal guanylate cyclase, MIM 600179) est localisé en 17p13. L’affection est autosomique récessive (MIM 204000).

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1869)

Syn. amaurose congénitale, cécité rétinienne congénitale

GUCY2D

Leber type II (amaurose congénitale de) l.f.

Leber’s II amaurosis congenita

Dystrophie rétinienne congénitale sévère de type mixte entraînant une cécité infantile avec nystagmus et photophobie.
Deux parents présentant la maladie de Leber ont eu des enfants sains (J.P. Waardenburg 1963), il faut donc admettre l'existence de deux gènes. La première forme d'amaurose de Leber serait caractérisée par un déficit intellectuel plus net et un réflexe oculodigital. Certains enfants semblent plus sévèrement touchés avec une atrophie du vermis cérébelleux et une vision définitivement nulle alors que d'autres semblent s'améliorer un peu, ce qui permet tout de même une faible acuité visuelle centrale (peu chiffrable) avec un ERG éteint. L’affection est autosomique récessive (MIM 204100).

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1869)

Syn. amaurose congénitale, cécité rétinienne congénitale

aplasie rétinienne congénitale l.f.

retinal aplasia

Aplasie rétinienne de type amaurose congénitale de Leber à transmission dominante.
Une importante famille anglaise a été publiée en 1960 ; Heckenlively en 1988 a également observé une famille de ce type. Il s'agit d'une dystrophie extrêmement rare. L’affection est autosomique dominante (MIM 179900).

A. Sorsby et C.E. Williams, ophtalmologistes britanniques (1960)

Étym. gr. a privatif ; plassein : façonner

Syn. amaurose congénitale de type Leber mais dominante

néphronophtise juvénile avec amaurose de Leber l.f.

juvenile nephronophthisis with Leber amaurosis

Senior et Løken (syndrome de)

neuropathie optique héréditaire de Leber l.f.

Leber’s optic atrophy, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Neuropathie optique familiale avec baisse de vision survenant brutalement sur un œil puis, en l'espace de quelques semaines ou quelques mois, sur l'autre ; accompagnée d'un large scotome central, d'une hyperhémie papillaire, d’une dilatation des capillaires péripapillaires (télangiectasies) et ultérieurement d'une atrophie optique.
La maladie débute entre 10 et 30 ans mais peut survenir plus tôt ou beaucoup plus tard. Le gène est situé sur l'ADN mitochondrial, il n'est transmis que par la mère, et les hommes, même atteints, ne transmettent pas la maladie. De nombreuses mutations sont décrites, les unes primaires sont directement responsables de l'affection, et les autres secondaires accompagnent une mutation primaire et ne peuvent donner à elles seules la maladie. Les mutations primaires sont : MT-ND6*LDYT14459A (1) rare accompagnée d'une dystonie, MT-ND4*LHON11778A (2) dans 50% des cas forme sévère avec baisse d'acuité visuelle définitive, MT-ND1*LHON3460A (3) dans 15% des cas forme sévère avec baisse d'acuité visuelle définitive, MT-ND6*LHON14484A (4) dans 15% des cas, MT-CYB*LHON15257AA (5) dans 9% des cas, MT-CO3*LHON9438A (6) dans 2,5% des cas, MT-CO3*LHON9804A (7) dans 1,5% des cas, MT-NDS5*LHON13730A (8) rare ; les mutations secondaires sont : MT-ND1*LHON4160C (9), MT-ND2*LHON5244A (10), MT-ND2*LHON7444A (11), MT-ND1*LHON3394C (12), MT-ND5*LHON13708A (13), MT-CYB*LHON15812A (14), MT-ND2*LHON4917G (15), MT-ND1*LHON4216C (16) ; la mutation positive MT-ND1*LHON4136G est parfois associée aux mutations 4 ou 9 et atténue la gravité de l'affection (McKusick 1994). Affection mitochondriale (MIM 535000).

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1871)

Syn. atrophie optique héréditaire de Leber, LHON, atrophie optique héréditaire de Leber

neuropathie optique héréditaire de Leber complexe 1 sous-unité ND1 l.f.

Leber’s optic atrophy MT-ND1, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Mutations de la maladie de Leber qui concernent la sous-unité ND1 de la NADH-déshydrogénase (5 mutations).
Le complexe I est responsable de la première étape de la chaîne de transport des électrons dans l'oxydation phosphorylante mitochondriale, qui a lieu à l'intérieur de la mitochondrie dans la membrane interne. Il prend les électrons au NADH et les transfère à la chaîne respiratoire (transformateur d'énergie). Il existe sept sous-unités d’ADN mitochondrial (MT-ND1, MT-ND2, MT-ND3, MT-ND4L, MT-ND5, MT-ND6) inclus parmi les quelques 41 polypeptides du complexe respiratoire I. On connait 5 mutations au niveau de la sous-unité ND1.
1) La mutation MT-ND1*LHON3460A, qui est une mutation primaire, et qui donne une forme sévère de neuropathie avec baisse d'acuité visuelle définitive (cause de maladie chez 15% des caucasiens).
2) MT-ND1 LHON4160C, mutation secondaire (qui peut être associée à la mutation primitive MT-ND6*LHON14484C).
3) MT-ND1 LHON4216C, mutation secondaire (trouvée chez 40% des Européens associée aux mutations primitives MT-ND4*LHON11778A, MT-ND1 LHON3460A, MT-ND6*LHON14484A et MT-CYB*LHON15257A).
4) MT-ND1, LHON3394C, mutation secondaire (associée à la mutation primitive MT-ND6 LHON14484A).
5) La mutation MT-ND1 LHON4136G dite "positive”, qui associée aux mutations MT-ND1 LHON4160C et MT-ND6 LHON14484C, aurait la particularité de diminuer partiellement les symptômes (MIM 516000).

MT-ND1gene, maladie de Leber, NADH-déshydrogénase

[P2]

Édit. 2018

neuropathie optique héréditaire de Leber complexe 1 sous-unité ND2 l.f.

Leber’s optic atrophy MT-ND2, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Mutations de la maladie de Leber qui concernent la sous-unité ND2 de la NADH-déshydrogénase (2 mutations).
1) Mutation secondaire MT-ND2*LHON4917G (n'est pas la cause de la maladie mais souvent associée avec la mutation MT-ND1*LHON4216).
2) Mutation secondaire MT-ND2*LHON5244A, cette mutation est souvent associée à d'autres mutations mitochondriales de Leber, et entre probablement en jeu pour cette affection (MIM 516001)

MT-DN2 gene

neuropathie optique héréditaire de Leber complexe 1 sous-unité ND4 l.f.

Leber’s optic atrophy MT-ND4, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Mutation de la maladie de Leber qui concerne la sous-unité ND4 de la NADH-déshydrogénase.
Une mutation primaire connue pour la neuropathie optique de Leber, MT-ND4*LHON11778A (50% des formes caucasiennes). Il s’agit d’une forme sévère avec baisse d'acuité visuelle définitive, elle peut être homoplasmique ou hétéroplasmique. (MIM 516003).

MT-ND4 gene

neuropathie optique héréditaire de Leber complexe 1 sous-unité ND5 l.f.

Leber’s optic atrophy MT-ND5, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Mutations de la maladie de Leber qui concernent la sous-unité ND5 de la NADH-déshydrogénase (2 mutations).
1) Mutation MT-ND5*LHON13708A (n'est pas la cause de la maladie de Leber mais est souvent associée).
2) MT-ND5*LHON13730A rarissime (1 cas), serait de même type que la mutation primitive MT-ND6*LHON14484C, donc forme avec possible réduction du scotome central (MIM 516005).

MT-ND5 gene

neuropathie optique héréditaire de Leber complexe 1 sous-unité ND6 l.f.

Leber’s optic atrophy MT-ND6, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Mutations de la maladie de Leber qui concernent la sous-unité ND6 de la NADH-déshydrogénase (2 mutations).
Deux mutations sont actuellement connues dans la sous-unité 6.
Première mutation MT-ND6*LHON14484A, de type primaire (peut être associée à la mutation MT-ND1*LHON4160C et à la mutation MT-ND5*LHON13708A). Les patients qui ont cette mutation peuvent récupérer une partie de leur acuité visuelle (dans 37% des cas).
La deuxième mutation MT-ND6*LDYT14459A également de type primaire donne une neuropathie optique de Leber et une dystonie (MIM 516006).

MT-ND6 gene

neuropathie optique héréditaire de Leber complexe III sous-unité cytochrome b l.f.

Leber’s optic atrophy MT-CYB, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Mutations de la maladie de Leber qui concernent le cytochrome b, qui est le seul ADN mitochondrial codant pour la sous-unité du complexe respiratoire III (2 mutations).
1) Mutation MT-CYB*LHON15257A. Il s'agit d'une mutation avec les caractéristiques primaires et secondaires, en effet elle est souvent associée à une mutation primaire, mais elle peut à elle seule, dans 9% des cas, donner la maladie. Les patients qui ont cette mutation peuvent récupérer une partie de leur acuité visuelle dans 28% des cas. 2) Mutation MT-CYB*LHON15812A, mutation secondaire associée (MIM 516020).

MT-CYB gene

neuropathie optique héréditaire de Leber complexe IV sous-unité I cytochrome c l.f.

Lebe’s optic atrophy MT-CO1, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Mutations de la maladie de Leber qui concernent la sous-unité I cytochrome c oxydase, qui est un des trois ADN codant pour les sous-unités du complexe respiratoire IV.
Seule la mutation MTCO1*LHON7444A a été localisée dans cette sous-unité. Il s'agit d'une mutation secondaire (MIM 516030).

MTCO1gene

neuropathie optique héréditaire de Leber sous-unité III cytochrome c oxydase du complexe IV l.f.

Leber’s optic atrophy MT-CO3, Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Mutations de la maladie de Leber qui concernent la sous-unité III cytochrome c oxydase l'un des trois ADN codant pour les sous-unités du complexe respiratoire IV.
Il existe des variations de polymorphisme dans la position des nucléotides. La mutation MT-CO3*LHON9438A homoplasmique et la mutation MT-CO3*LHON9804A également homoplasmique sont des mutations primaires qui à elles seules sont susceptibles de provoquer une cécité (MIM 535000).

neuropathie optique héréditaire de Leber (susceptibilité à la) l.f.

Leber’s optic atrophy (susceptibility to) , Leber hereditary optic neuropathy (LHON)

Il existerait un gène, agissant de façon liée au sexe récessive, favorisant l'apparition de la neuropathie optique de Leber.
Le locus de ce gène nucléaire serait proche du marqueur DXS7. L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 308905).

Johanna Vilkki, généticienne finlandaise (1991)