Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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CTLA4 sigle angl. pour  Cytotoxic T-Lymphocyte-Associated protein-4 

Molécule exprimée à la surface des lymphocytes T auxiliaires « helper » agissant comme un puissant inhibiteur de leur activation.
Les lymphocytes T auxiliaires interviennent dans la réponse immunitaire consécutive à la présence de cellules infectées ou de cellules tumorales. Ils sont activés lorsque leurs récepteurs (TCR ou « T cell receptor ») reconnaissent des peptides dérivés des protéines virales ou tumorales associés aux molécules HLA du complexe majeur d’histocompatibilité à la surface des cellules présentatrices d’antigènes. Cette activation est freinée par CTLA-4. Elle est stimulée lorsque CTLA-4 est inhibée. D’où l’idée d’utiliser à titre thérapeutique un anticorps monoclonal spécifique de CTLA-4 pour stimuler la réponse antivirale ou antitumorale des lymphocytes T.
Une insuffisance germinale en CTLA4 conduit à un déficit en CTLA4, dénommé CHAI disease ( CTLA4 haploinsufficiency with autoimmune infiltration) un désordre rare du système immunitaire responsable d'une dérégulation du système immunitaire qui entraîne une prolifération lymphatique, des phénomènes auto-immunitaires, de l'hypogammaglobulinémie, des infections récidivantes et des risques accrus de lymphome malin. 

mélanome, CTLA4 gène

[F1, Q3]

Édit. 2020

ipilimumab n.m.

Anticorps monoclonal spécifique de CTLA-4 pour stimuler la réponse antivirale ou antitumorale des lymphocytes T, efficace dans le traitement du mélanome métastatique.
CTLA-4.

mélanome

anergie n.f.

anergy

1) In vitro état d'une cellule rendue incapable de répondre à un signal activateur spécifique.
2) Incapacité de l’organisme à se défendre contre les infections.
3) Perte de la capacité de l’organisme humain de réagir à un antigène vis-à-vis duquel il était antérieurement sensibilisé.
2) Caractéristique d'un animal incapable de développer des réactions d'hypersensibilité retardée vis-à-vis d'un ou plusieurs antigènes.
L’anergie est l’un des mécanismes de la tolérance périphérique des cellules T. Elle peut être induite par des peptides modifiés par substitution d’un ou de plusieurs acides aminés, ce qui diminue l’affinité de l’interaction entre le peptide et le récepteur d’antigènes des lymphocytes T. L’anergie peut être aussi provoquée par inhibition du signal de co-activation des lymphocytes T (anticorps dirigés contre les corécepteurs CD4 ou CD8, blocage du signal d’amplification de la voie CD28 par administration de la molécule CTLA-4 soluble).

[C1,C3,D1,F3]

Édit. 2017

CD 27, CD 30, CD 40, CD 95, CD 120 sigles pour Cluster of Differentiation

Protéines transmembranaires de la famille des récepteurs de NGF (nerve growth factor) ou des récepteurs de TNF.
Ces molécules membranaires sont oligomérisées lors de l’association avec leur ligand trimérique, membranaire ou soluble et elles induisent des signaux d’activation cellulaire ou d’apoptose.
CD27 (récepteur de CD70) est exprimé sur les lymphocytes T, B et NK et délivre un signal de costimulation.
CD30. est exprimé sur les lymphocytes T et B. C’est le récepteur de CD153 (CD30L) ; il contrôle l’activation et l’apoptose.
CD40, récepteur de CD154 (CD40L), est exprimé sur les lymphocytes B, les cellules de Langerhans et les monocytes. L’interaction avec son ligand induit un signal de commutation isotypique des lymphocytes B dans les centres germinatifs, et induit en outre l’expression de CD80 (B7.2) et CD86 (B7.1) sur les cellules présentatrices d’antigène. Ces molécules interagissent avec CD28 pour délivrer un signal d’amplification de la synthèse d’IL-2, puis avec CTLA-4 qui inhibe la prolifération des lymphocytes T activés. Le déficit de CD154 s’accompagne d’un syndrome d’hyper-IgM avec absence d’IgA et d’IgG.
CD95. (Syn Fas, Apo-1). Induit un signal d’apoptose notamment au cours de la délétion périphérique des lymphocytes T et B activés.
CD120A est le récepteur de type 1 des TNFα et ß ; CD120B le récepteur de TNF de type 2.
Six autres molécules de la même famille ont été récemment identifiées.

[C3,F3]

immunosuppresseur n.m.

immunosuppressor

Substance diminuant ou supprimant la réponse immunitaire.
Tous les médicaments génotoxiques et les antimétabolites utilisés dans le traitement des leucémies et des cancers sont des immunosuppresseurs. Les agents alkylants (cyclophosphamide, melfalan, chlorambucil) sont utilisés comme immunosuppresseurs dans les formes sévères de maladies auto-immunes bien qu’ils soient tératogènes et mutagènes. Les inhibiteurs du métabolisme des purines et des pyrimidines, sont largement utilisés comme immunosuppresseurs chimiques (azathioprine, méthotrexate, mycophénolate mofétyl, déoxyspergualine). Les ligands des immunophilines inhibent la biosynthèse de certaines cytokines (ciclosporine A, tacrolimus ou FK506) ou bien inhibent la transduction du signal au niveau des récepteurs de cytokines (rapamycine ou sirolimus). Les glucocorticoïdes de synthèse inhibent la biosynthèse des cytokines et exercent divers effets antiinflammatoires. Les immunosuppresseurs biologiques comprennent des anticorps polyclonaux (globulines antilymphocytaires ou anticorps antithymocytes) et des anticorps monoclonaux (anticorps CD3 ou OKT3, anticorps CD25...) ainsi que des protéines hybrides obtenues par fusion génétique telles que les formes solubles de récepteur de TNF ou de CTLA-4. D’autres protéines de fusion associent une cytokine ou un anticorps monoclonal à une toxine bactérienne (Pseudomonas, toxine diphtérique) ou végétale (ricine). Ces substances sont appelées des immunotoxines.
Les traitements immunosuppresseurs sont très largement utilisés dans les greffes et dans certaines maladies auto-immunes ou inflammatoires chroniques. Ces traitements provoquent un déficit immunitaire iatrogène qui peut être à l’origine de complications infectieuses particulières, telles que les syndromes lymphoprolifératifs associés au virus d’Epstein-Barr observés chez les transplantés, les tumeurs et cancers de la peau et des muqueuses génitales associés aux virus des papillomes (HPV), les hépatocarcinomes associés au virus B de l’hépatite et les maladies de Kaposi associées au virus HHV8.

M. Kaposi, dermatologue austro-hongrois, membre de l'Académie de médecine (1872)

Étym. lat. immunis : exempt de

présentation croisée
l.f.

cross presentation

Fonction spécialisée des cellules dendritiques leur permettant d’apprêter et de présenter, aux lymphocytes T CD8+, sur leurs molécules d’histocompatibilité de classe 1, des antigènes tumoraux des cellules voisines conduisant à des réponses immunes vis-à-vis de la tumeur.
Un nombre important de médicaments immunothérapeutiques vise à lever les freins moléculaires «checkpoints » PD-1, PD-L1 ou CTLA-4 exercés par les tumeurs sur les lymphocytes T CD8+, et à restaurer ainsi la capacité cytotoxique de ces cellules effectrices de l’immunité. La présentation croisée dépasse le cadre de la réponse antitumorale, les antigènes internalisés pouvant provenir aussi de cellules infectées.

[C1, F3]

Édit. 2020