Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

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SERCA acr. angl. pour Sarcoplasmic or Endoplamic Reticulum Ca2+-ATPase (Ca2+-ATPase du réticulum endoplasmique ou sarcoplasmique.

Les SERCA sont une famille de protéines « pompes à calcium » membranaires catalysant le transport de Ca2+ du cytoplasme vers l’intérieur du réticulum endoplasmique ou, dans le muscle, du réticulum sarcoplasmique.
L’accumulation de calcium dans le réticulum sarcoplasmique est un préalable indispensable à la libération brutale de calcium dans le cytoplasme de la cellule musculaire, responsable de la contraction musculaire. Le transport de calcium vers le réticulum endoplasmique ou sarcoplasmique se fait contre un gradient de concentration et nécessite donc la consommation d’énergie sous forme d’hydrolyse de l’ATP. On dénombre actuellement quatre membres de cette famille : SERCA1 (la principale), SERCA2a, SERCA2b et SERCA 3
codées par le gène ATP2A1 situé sur le chromosome 16. Des mutations de ce gène sont à l’origine de formes autosomiques récessives de la Maladie de Brody caractérisée par une gêne à la relaxation musculaire au cours de l’exercice. SERCA2a contrôle la relaxation des myocytes cardiaques au cours de la diastole. Un déficit de cette molécule est observé dans l’insuffisance cardiaque.

Brody (maladie de), pompe à calcium

Marfan (maladie de) l.f.

Marfan’s disease

Maladie du tissu conjonctif avec malformations squelettiques, oculaires et cardiovasculaires.
Parmi les lésions squelettiques on note : une dolichosthénomélie avec une taille élevée et une arachnodactylie, une cyphose ou cyphoscoliose, des déformations thoraciques en carène ou en entonnoir, une hyperlaxité ligamentaire modérée. Les lésions pulmonaires peuvent s'accompagner de pneumothorax. Les lésions cardiovasculaires peuvent comporter prolapsus et insuffisance mitrale, dissection aortique, anévrysme de l'aorte abdominale. La rupture aortique est la complication la plus grave.
Les lésions oculaires sont habituelles ; la microphakie, l’ectopie et la luxation cristallinienne sont accompagnées d’iridodonésis ; il existe souvent des sclères bleues et une myopie axiale. Certaines associations sont parfois signalées telles que la rétinite pigmentaire, le colobome choroïdien, la persistance de l'artère hyaloïde, le staphylome myopique, les stries angioïdes, la mégalocornée, le kératocône et la microphtalmie.
Les porteurs à minima sont fréquents et 85% des cas sont familiaux ; la prévalence est de 4 à 6 pour 100 000 habitants. De nombreuses mutations ont été localisées, sans corrélation entre leur localisation et le phénotype. Le locus du gène (MFS1) est en 15q21.1, il s'agit d'une mutation du gène de la fibrilline (FBN1 ou MFS1). Un deuxième gène, MFS2 a été localisé en 3p24.2-25, codant pour le récepteur 2 du TGF bêta : TGFbetaR2 (Transforming Growth Factor beta-Receptor 2). La néomutation surviendrait dans 15 p. cent des cas. L’affection est autosomique dominante (MIM 154700).

A. B. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896) (1858-1942), E. Achard, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1860-1944), O. W. Madelung, chirurgien allemand (1846-1926)

Syn. syndrome de Marfan-Achard, syndrome de Marfan-Madelung

dolichosténomélie, arachnodactylie, ectopie du cristallin, pectus excavatum

[O1,Q2]

migraine hémiplégique familiale l.f.

familial hemiplegic migraine

Crises récurrentes de douleurs crâniennes ou hémicraniennes de type migraineux précédées d'hémiplégie et d'hémiparésie pouvant durer plusieurs jours.
Elles peuvent être accompagnées d’ataxie, d’incoordination, de nystagmus, de surdité de perception, de dysarthrie et parfois de coma. L’EEG est perturbé dans l’hémisphère opposé au déficit. Deux groupes sont distingués : une forme pure où l’examen neurologique est normal entre les crises et les formes avec troubles cérébelleux permanents (30% des familles). C’est probablement la même entité que la migraine familiale. Une famille a été décrite avec dégénérescence rétinienne.
La transmission est autosomique dominante avec pénétrance incomplète (86%). Plusieurs gènes ont été identifiées : 1- le gène CACNA1A – locus en 19p13- noté dans la moitié des cas (et 100% en cas de troubles cérébelleux) code pour la sous unité α1A principal constituant des canaux calciques dépendant du voltage P/Q : P, à inactivation lente, étant le principal courant calcique des cellules de Purkinje du cervelet et le type Q à inactivation rapide jouant un rôle dans la libération des neurotransmetteurs. c’est une mutation « gain d’activité » qui entraîne une excitation cérébrale. 2- Le gène ATP1A2 – locus en 1q25-q31 code pour la protéine Na+/K+ATPase, transporteur ionique qui utilise l’ATP comme énergie pour extraire le Na+ et entrer le K+ dans les cellules à travers la membrane. Ce gène  est trouvé dans les formes avec épilepsie (10à 20% des cas). 3- Un autre locus a été décelé en 6p12.2-p21.1.

J. M. Clarke, neurologue britannique (1910)

Étym. gr. hêmi : demi : kranion : crâne ; hemi- : moitié : plêssein : frapper

CADASIL

myotonie atrophique l.f.

myotonic dystrophy

Myopathie avec myotonie associée à des troubles oculaires, endocriniens, cardiaques et à une détérioration mentale.
La myotonie est moins forte que dans la maladie de Thomsen et elle apparaît habituellement plus tardivement, mais il y a anticipation avec les générations et cette anticipation peut aller jusqu'à la forme néonatale. L'atrophie musculaire débute aux extrémités et sur la face et se généralise lentement. Le visage est inexpressif, avec une inertie, une apathie, souvent une calvitie, des troubles de conduction cardiaque, un hypogonadisme et une impuissance. La détérioration mentale vient progressivement. L'examen ophtalmologique montre : ptosis bilatéral, hypotonie, difficultés à relâcher une convergence forcée ou soutenue, pupillotonie, cataracte capsulaire postérieure ou cataracte de Vogt (stellaire) ou en écusson ou polychrome. L'ophtalmoplégie est exceptionnelle ; on peut trouver au fond d'œil une pigmentation réticulée de la macula.
Le gène responsable, DMPK, est situé sur le chromosome 19 (gène de la protéine kinase) en 19q13.2-q13.3. Il s'agit d'une mutation dynamique avec répétition instable au niveau du gène d'un codon CTG, et corrélation clinique entre le nombre de copies et la gravité de la maladie ; ce qui permet de dépister les porteurs par simple PCR (normal jusqu'à 35 triplets, pathologique de 90 à 500 ou plus). L'anticipation est corrélée à l'augmentation du nombre de triplets et la transmission maternelle constitue un biais défavorable puisqu'elle donne plus de risque pour l'apparition de forme néonatale. L’affection est autosomique dominante (MIM 160900) à pénétrance variable.

G. I. Rossolimo, neurologue russe (1902) ; H. G. Steinert, anatomopathologiste allemand (1909) ; A. J. Thomsen, médecin danois (1875/76)

Étym. gr. mus : muscle ; tonos : tension ; atrophia (a- privatif et trophein : nourrir, développer) :  atrophie

Syn. Steinert (maladie de), dystrophie myopathique myotonique de Steinert, dystrophie myotonique, myopathie myotonique

myotonie de Thomsen

nécrose striatale bilatérale de l'enfant (IBSN) l.f.

bilateral striatal necrosis of the child

Plusieurs syndromes de dégénérescence spongieuse symétrique bilatérale du noyau caudé, du putamen et du globus pallidus sont caractérisés par une régression développementale, une choréo-athétose et une dystonie évoluant vers une quadriparésie spastique.
L'IBSN peut être familiale ou sporadique.
La prévalence de la forme sporadique est estimée à 1 à 9/1 000 000 et celle de la forme familiale à moins de 1/1 000 000.
L'âge d'apparition de l'IBSN familiale varie entre 7 et 15 mois, tandis que la forme sporadique peut se manifester à tout moment à partir de la période néonatale jusque dans l'enfance et même l'adolescence.
Les caractéristiques cliniques incluent choréo-athétose, dystonie, rigidité, spasticité, dysphagie, atrophie optique, déficit intellectuel, régression développementale des aptitudes motrices et verbales, retard de croissance staturo-pondérale, myoclonie, quadriparésie, ataxie cérébelleuse et nystagmus.
La forme familiale a un début insidieux et une évolution défavorable avec progression lente, tandis que la forme sporadique est associée à une dysfonction neurologique brutale secondaire à une maladie fébrile systémique aigue telle qu'une infection à mycoplasme, à streptocoque ou la rougeole.
Le scanner et l'IRM mettent en évidence la dégénérescence des ganglions de la base.
Le diagnostic différentiel inclut la maladie de Wilson, l'encéphalomyélite aiguë disséminée, la neurodégénérescence avec surcharge cérébrale en fer, la maladie de Leigh, la maladie de Huntington juvénile, l'acidurie méthylmalmonique, le déficit en guanidinoacétate méthyltransférase, l'acidurie glutarique type 1 (voir ces termes), l'intoxication au monoxyde de carbone, l'artérite des petits vaisseaux et les traumatismes.
L'IBSN autosomique récessive est due à une mutation du gène NUP62 (19q13.33) et l'IBSN mitochondriale à une mutation du gène ATP synthase-6 gene MTATP6.
Le test prénatal et le conseil génétique sont proposés aux familles des patients.
Il n'existe pas de thérapie standard. Le traitement par biotine orale a été reconnu pour ralentir l'évolution des premiers stades de la maladie.
Le pronostic de la forme familiale est généralement mauvais avec des patients évoluant vers une quadriparésie spastique suivie du décès, généralement secondaire à une infection. Le pronostic de la forme sporadique est variable, avec soit une amélioration progressive des symptômes et une récupération complète observée après la guérison de l'infection, soit des séquelles neurologiques graves.

Réf. Orphanet, Rachel Straussberg (2010)

nécrose striatale bilatérale de l'enfant, forme sporadique nécrose striatale bilatérale de l'enfant, forme familiale, MT-ATP6

néoplasie endocrinienne multiple (MEN 2B ou 3) l.f.

multiple endocrine neoplasia, type 2B or 3

Neuromatose des muqueuses et adénomatose pluri-endocrinienne néoplasique avec phéochromocytome, cancer de la thyroïde et aspect Marfanoïde asthénique.
Affection de nombreuses muqueuses (lèvres, langue, paupières, conjonctive). Au niveau des yeux, on recherchera des paupières épaissies et éversées avec nodules, un épaississement conjonctival avec petites tumeurs lisses jaunâtres bulbaires et tarsales, une hypertrophie constante des nerfs intracornéens (nerfs élargis et non myélinisés), visible en lampe à fente et bilatérale. Les nerfs sont blanchâtres, radiaires et centripètes ; ils partent du limbe et se dichotomisent. Les points lacrymaux peuvent être déplacés. Le locus du gène associé à la prédisposition, gène oncogène (MEN 2A ou RET), est sur le bras long du chromosome 10 en 10q11.2. L’étude des exons de ce gène permet de dépister les sujets à risque. Le syndrome MEN 3 (neuromatose muqueuse et tumeurs endocriniennes) est déterminé par le même locus. L’affection est autosomique dominante (164761,.00013ff (2B), 162300 (3)).

R. J. Gorlin, stomatologue et généticien américain (1968)

Syn. adénomatose pluriendocrinienne IIb, endocrinopathie néoplasique multiple 2B, neuromatose muqueuse et tumeurs endocriniennes, Froboese (syndrome de)

RET gene

Niemann-Pick (maladie de) l.f.

Niemann-Pick’s disease

Génopathie humaine caractérisée par une accumulation anormale de sphingo-myélines dans les tissus, liée à un déficit enzymatique de la sphingo-myélinase qui entraîne une dégénérescence nerveuse progressive et la mort en quelques années.
Les caractères cliniques et biologiques constatés chez les malades ont entraîné récemment l'individualisation de plusieurs formes cliniques et métaboliques différentes.
Dans le type A infantile, le trouble porte classiquement sur la sphingomyélinase lysosomique qui peut être totalement déficiente. La maladie débute dès la première année par des troubles digestifs avec hépatosplénomégalie, et parfois ictère, des signes pulmonaires et dysmorphiques. A partir du deuxième semestre apparaît une hypotonie avec une régression psychomotrice, des crises d’épilepsie myoclonique. Une tache rouge cerise est observée au fond d’œil sans anomalie de l’électrorétinogramme, associée parfois à un trouble cornéen et à une coloration brunâtre du cristallin. La mort survient avant l’âge de 3 ans.
Dans le type B tardif, l'activité de la sphingomyélinase est diminuée et la maladie se manifeste par une splénomégalie, une atteinte pulmonaire, un retard de croissance, une hyperlipidémie d’apparition tardive et la mort survient vers l’âge de 15 ans.
Les types C1 et C2, dit "nova Scotia", constituent des maladies tout à fait distinctes : où il n'y a pratiquement pas de déficience en sphingomyélinase et l'accumulation lipidique porte surtout sur le cholestérol, dont l'estérification apparaît déficiente. Le type C1 deuxième maladie hépatique d’origine génétique au Royaume Uni (après le déficit en alpha 1 antitrypsine), est lié à un défaut cellulaire du transport et du métabolisme du cholestérol provenant de la captation par les macrophages de cellules ou de lipoprotéines sanguines altérées dans la circulation. Pendant la période néonatale, apparaît un ictère cholostatique conduisant à la mort avant six mois dans un tiers des cas tandis que les autres développent une cirrhose asymptomatique puis une régression psychomotrice et une atteinte cérébelleuse. Une asynergie oculocéphalique dans le regard vers le haut est un signe d’orientation. Une tache rouge cerise peut s’observer moins fréquemment que dans la forme A. La mort survient entre 2 et 6 ans. La forme C2 se présente comme la C sans signes ophtalmologiques.
Le diagnostic de ces affections se fait :
-par la découverte d’infiltrats lipidiques dans la moelle osseuse et les neurones ;
-par la recherche du déficit enzymatique ;
-par la mise en évidence d’une anomalie de l’estérification du cholestérol en culture de fibroblastes ;
-par l’amniocentèse en période prénatale.
Il n’existe aucun traitement efficace.
Le gène SMPD1 des types A et B est localisé dans le chromosome 11 (11p15.1-p15.4). Le gène, NPC1 localisé dans le chromosome 18 (18q11-q12) est responsable e la variété C1 et le gène NPC2, localisé en 14q24.3 est responsable de la variété C2. L’affection est autosomique récessive (MIM 257200etMIM 257250).

A. Niemann, pédiatre allemand (1914) ; L. Pick, anatomopathologiste allemand (1926)

histiocytose lipoïdique essentielle, lipoïdose sphingomyélinique, neurolipidose, déficit en sphingomyélinase, sphingolipidose, SMPD1, NPC1, NPC2

[Q2,N3,H1,O1,F1,K1,L1,R1]

phénylcétonurie n.f.

phenylketonuria (PKU)

Génopathie humaine à transmission autosomique récessive, due à un blocage de la transformation de la phénylalanine en tyrosine par déficit de la de l’enzyme phénylalanine hydroxylase.
Biologiquement il existe une accumulation plasmatique et urinaire de phénylalanine et de ses métabolites, avec élimination dans les urines d’acide phénylpyruvique (odeur de souris ou de moisissure).
Les enfants, le plus souvent hypopigmentés et à cheveux blonds, à la peau d’odeur de « moisi », sont atteints d’une déficience mentale progressive aboutissant à l’oligophrénie phénylpyruvique. Il peut exister une microcéphalie, des calcifications intracrâniennes, une hyperréflexie, des crises d’épilepsie, une agitation, une catatonie. Outre la cataracte présente une fois sur dix, on rencontre des sclères bleues, une photophobie intense, des opacités de la cornée, un albinisme oculaire partiel et une macula atrophique.
La fréquence en France est de 1 sur 17000 naissances (0,5% seulement restent asymptomatiques). Le diagnostic prénatal est possible. Le dépistage néonatal, légalement obligatoire, se fait avec le dépistage de l’hypothyroïdie entre le 3ème et le 6ème jour de la vie par appréciation systématique de la phénylalaninémie (test de Guthrie effectué sur une goutte de sang du nouveau-né) qui permet une prévention précoce. En effet, cette affection perturbe le développement myélinique dès le début de la vie et surtout pendant la période de myélinisation active.
La prévention de l’évolution repose exclusivement sur un régime institué précocement, réduisant l’apport alimentaire de phénylalanine. Si la forme de la maladie y est sensible, cette diététique assure un développement psycho-intellectuel normal sous réserve d’un régime bien suivi.
Trois formes avec déficit enzymatique différent ont été identifiées. Pour la plus fréquente, la phénylcétonurie de type 1 (PKU 1), c’est un déficit en phénylalanine-hydroxylase (PAH). Le gène de la PAH est en 12q23.2. Pour la phénylcétonurie de type 2 (PKU2),- c’est un déficit en quinoïde-dihydroptéridine-réductase (QPDR). Le gène de cette enzyme (QDPR) est en 4q15.32. Pour la phénylcétonurie de type 3 (PKU3), c’est un déficit en 6 pyruvoyl–tétrahydroptéridine–synthase (PTS). Le gène PTS est en 11q23.1 Le régime pauvre en phénylalanine est approprié pour la forme 1. Les formes 2 et 3 ne répondent pas au régime.

I. A. Følling, biochimiste norvégien (1934).

Syn. Følling (syndrome de), oligophrénie phénylpyruvique

hémocystinurie, Hartnup (syndrome de), maladie du sirop d’érable, PAH, QDPR, PTS,déficit en tétrahydrobioptérine, acide phénylpyruvique, phénylalanine-hydroxylase

achondrogénèses n.f.p.

achondrogenesis

Groupe de dysplasies squelettiques létales, rares, en relation avec un défaut de l'ossification endochondrale dont il existe trois types distincts par leurs caractères cliniques, radiologiques, histologiques et génétiques :
- type A1, ou type Stuart Houston-Harris, caractérisé par un nanisme avec des membres extrêmement courts, une poitrine étroite, de petites côtes qui se fracturent facilement, des os crâniens mous et des caractéristiques histologiques du cartilage distinctives. Cette affection est autosomique récessive ; le gène est inconnu.
- type 1B, ou type Parenti-Fraccaro, caractérisé par une micromélie sévère avec des doigts et des orteils très courts, un visage plat, un cou court, des tissus mous épais sur la nuque, une hypoplasie du thorax, un abdomen protubérant, un aspect fœtal hydropique et des caractéristiques histologiques du cartilage distinctives . L’affection est due à une mutation du gène SLC26A2
solute carrier family 26 (sulfate transporter), member 2 situé sur le locus q31-q34 du chromosome 5 ;
- type 2, ou type Langer-Saldino ou chondrogenèse
imperfecta, qui appartient au spectre des maladies osseuses liées au collagène 2,  caractérisée par une micromélie sévère, un cou court avec un visage large, un petit thorax, un abdomen protubérant, des poumons sous-développés, des traits faciaux distinctifs tels que front proéminent, petit menton, une fente palatine (dans certains cas) et des caractéristiques histologiques du cartilage distinctives. L’affection est due à une mutation du gène COL2A1 collagen, type II, alpha 1 situé sur le locus q13.1-q13 du chromosome 12. Cette mutation est toujours une mutation de novo.

C. Stuart Houston, médecin radiologue canadien (1972) ; R. Harris, généticien britannique (1972) ; G.C. Parenti, anatomopathologiste italien (1936) ; M. Fraccaro, anatomopathologiste et généticien italien (1952) ; L.O. Langer Jr., médecin radiologue américain (1969) ; R.M. Saldino, médecin radiologue américain (1971)

Étym. gr. a privatif; chondros: cartilage; genesis: formation

ossification enchondrale, micromélie, SLC26A2 gene, COL2A1 gene

[I2, O1, Q2]

Édit. 2019

Sillence (classification de) l.f.

Sillence’s classification

Classification des différentes formes de l’ostéogénèse imparfaite selon des critères cliniques et évolutifs.
- Le type I est généralement décelé avant les premiers pas par des déformations des membres, une ostéoporose précoce avec fractures multiples, une laxité articulaire, des sclères bleues et une surdité : il correspond à l’ostéopsathyrose de Lobstein. Sa transmission est dominante autosomique.
- Le type II, forme à début prénatal, est subdivisé en un type II A létal, correspondant à la dystrophie périostale de Porak et Durante et à l’osteogenesis imperfecta congenita de Vrölik, et en un type II B, sévère, autosomique dominant ou récessif. Un type II C létal a été décrit par Sillence en 1984.
- Le type III est très proche du type II B, précoce et sévère, avec des os fragiles, des sclérotiques bleues, une dentinogénèse imparfaite (inconstante) et une surdité de transmission. L’hérédité est dominante autosomique. Une variété plus modérée, dite régressive, se stabilise dans l’enfance.
- Le type IV est très proche du type I : les sclères sont habituellement de couleur normale et la gravité est plus grande.
La multiplicité de ces types et leur fréquente intrication sont dues à la variété des mutations portant sur les gènes codant pour le collagène hétérotrimère avec deux chaînes α1 dont le gène COL1A1 est porté par le chromosome 17 en 17q21-q22 et une chaîne α2 dont le gène COL1A2 est situé sur le chromosome 7 en 7q21.1. Il a fallu associer ou subdiviser les différents types pour classer les très nombreuses formes cliniques liées à ces mutations. D’autres formes de l’ostéogénèse imparfaite ont été décrites, dont le type V, caractérisé par les cals hypertrophiques des fractures et l’ossification de la membrane interosseuse (Soua), le type VII, forme rhizomélique récessive, locus en 3p22-p24.1, et des formes récessives létales : le type VIII avec sclérotiques blanches, nanisme, os très fins hypominéralisés et épiphyses bulbeuses est lié à une mutation du gène LEPRE 1 codant pour l’enzyme P3-H1 (propyl3-hydroxylase1 ou protéine leprecan). 

J. Lobstein, anatomopathologiste français membre de l’Académie de médecine (1777-1835); J. Beau, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1806-1875), W. Vrolik, médecin néerlandais (1849), C. Porak, membre de l’Académie de médecine et G. Durante, médecins français (1905), D. Sillence, généticien australien (1979 et 1984)

ostéogénèse imparfaite, osteogenesis imperfecta de type IV, ostéopsathyrose

tritanopie n.f.

tritanopia

Déficience de la perception du bleu, ou cécité au bleu, les sujets affectés n'ayant plus la vision du bleu et du jaune.
Le jaune correspondant à la bande neutre des tritanopes (entre 568 et 578 millimicrons) n'est pas perçu. Ne pas confondre avec les atrophies optiques juvéniles dominantes qui donnent un déficit jaune-bleu acquis secondaire, l'ERG permettant la distinction. L'anomalie n'est pas dépistée par le test d'Ishihara mais au 100 HUE ou au test Hardy-Rand-Rittler. La fréquence de l'affection est entre 1/13000 et 1/65000 selon W.D. Wright (1952). Le gène du pigment bleu (BCP) a été cloné par J. Nathans et localisé en 7q31.3-32. Trois mutations sur ce gène (BCP) sont actuellement connues et donnent une tritanopie. L'expressivité du gène est variable. La forme anciennement dite liée au sexe est une tritanomalie donc moins sévère voire une tritanomalie partielle. L’affection est autosomique dominante (MIM 190900).

S Ishihara, ophtalmologiste japonais (1917 et 1960) ; W. D. Wright, docteur en sciences britannique (1952) ; J. Nathans, biochimiste américain (1986) ; L. Hardy, ophtalmologiste américain, Gertrude Rand, psychologiste américaine,  M. Catherine Rittler, technicienne américaine (1950)

Syn. dyschromatopsie tritan

Ishihara (test d'), Hardy-Rand-Rittler (atlas de)

ataxie de Friedreich l.f.

Friedreich ataxia

Hérédodégénérescence cérébelleuse et cordonale postérieure avec aréflexie ostéo-tendineuse.
L'altération spinocérébelleuse débute dans l'enfance aux membres inférieurs avec troubles de la sensibilité profonde, neuropathie périphérique et aréflexie tendineuse, avant que s'installent : contractures, paralysies, signe de Babinski et nystagmus (pratiquement constant).Il existe aussi une cardiomyopathie hypertrophique avec hypertrophie septale évoluant vers l’insuffisance cardiaque avec troubles de l’excitabilité ou de la conduction cardiaques, épisodes de fibrillation auriculaire, d’arythmie ventriculaire, de bloc auriculo-ventriculaire et, au stade terminal, une respiration de Cheyne Stokes.
On observe également une surdité, une scoliose et un pied creux (signe précoce qui doit être recherché systématiquement dans toute atrophie optique), des troubles oculomoteurs (saccades, viscosité du regard, apraxie oculomotrice), une cataracte, une atrophie optique et même parfois une dégénérescence tapétorétinienne et une atrophie choroïdienne diffuse avec plages atrophiques à contours nets. L’affection est héréditaire et de transmission autosomique récessive.
Le gène défectueux, situé sur le bras long du chromosome 9 (9q13), a été découvert en 1996.
La fonction de ce gène est de fabriquer une protéine, nommée frataxine, qui est la conséquence d’une répétition anormale (expansion) de triplets GAA, dans le gène atteint ; Chez les personnes atteintes de l’affection, la frataxine est présente en trop faible quantité et le manque de frataxine perturbe le bon fonctionnement de la mitochondrie et entraîne la présence de produits toxiques, appelés radicaux libres, oxydant la cellule. Dans l’ataxie de Friedreich, certains organes seraient plus touchés en raison de la richesse en mitochondries (tissu musculaire cardiaque, muscles, pancréas).
L’incidence est de 1/50000 naissances.

N. Friedreich, neurologue allemand (1863), M. Pandolfo, neurologue italien et M. Koenig, généticien français (1996 voir Campuzano)

Syn. atrophie optique et surdité neurosensorielle, ataxie spinale héréditaire, hérédoataxie spinale héréditaire, maladie de Friedreich

frataxine

[H1,K2,R1,Q2]

Édit. 2019

Wilms (tumeur de) l.m.

Tumeur maligne rénale avec cellules de type embryonnaire, volumineux, rapidement évolutif, observé chez les jeunes enfants.
L'âge moyen de constitution est d'environ trois ans, mais cette tumeur embryonnaire peut également survenir chez l'adolescent et l'adulte. Elle se développe à partir du blastème rénal et comporte dans sa structure des éléments épithéliaux, fibreux et blastémateux (mésenchyme immature). L'extension peut être locale, rétropéritonéale par rupture de la capsule, veineuse et ganglionnaire. Les métastases sont essentiellement pulmonaires. Cette tumeur est associée parfois à des malformations génito-urinaires, à une aniridie ou à une hémi-hypertrophie corporelle, à des anomalies génito-urinaires, à un retard mental, à un syndrome de Beckwith-Wiedemann.
Le syndrome de WAGR (Wilms tumor-Aniridia-Genitourinary anomalies-mental Retardation, secondaire à une microdélétion) à a permis l'approche du gène de la tumeur de Wilms (aniridie et retard mental correspondent à des gènes séparés car ils ne sont pas toujours présents dans le WAGR). Le gène de la tumeur de Wilms est de type "tumeur suppresseur" ou anti-oncogène, il contrôle la prolifération et la différenciation des tissus et présente deux mutations l'une germinale et l'autre sporadique (hypothèse de Knudson, comme pour le rétinoblastome). Trois locus sont en jeu, le premier locus (WT1) localisé en 11p13 avec gène candidat AN2, le deuxième locus (WT2) en 11p15.5 très proche et le troisième locus (WT3) en 16q. L’affection est autosomique dominante (MIM 194070).

M. Wilms, chirurgien allemand (1899) ; F.V. Birch-Hirschfeld, anatomopathologiste et bactériologiste allemand (1898) ; A. G. Knudson Jr, généticien américain (1971)

Syn. néphroblastome, Birch-Hirschfeld (tumeur de)

WAGR (syndrome), Beckwith-Wiedmann (syndrome de), néphroblastome

échelle de la douleur de l'enfant Gustave Roussy l.f.

Evaluation de la douleur, après une observation de 4 heures, selon 10 items cotés de 0 à 4 qui se regroupent en 3 parties.

ITEM Cotation 0 Cotation 1 Cotation 2 Cotation 3 Cotation 4
1. Position antalgique
au repos
absence de position antalgique : l'enfant peut
se mettre n'importe comment.
l'enfant semble éviter certaines positions. l'enfant évite certaines
positions mais n'en paraît pas gêné.
l'enfant choisit une position antalgique évidente, qui lui apporte un certain soulagement. l'enfant recherche
sans succès
une position
antalgique
et n'arrive
pas à être bien
installé.
2. Manque d'expressivité l'enfant est
vif, dynamique, avec un visage animé.
l'enfant paraît
un peu terne, éteint.
au moins un
des signes suivants : traits du visage peu expressifs,
regard morne, voix marmonnée et monotone, débit verbal lent.
plusieurs des signes ci-dessus sont nets. visage figé,
comme agrandi.
Regard vide.
Parle avec effort.
3. Protection spontanée des zones douloureuses l'enfant ne montre aucun souci de se protéger. l'enfant évite
les heurts violents.
l'enfant
protège son corps,
en évitant et en écartant ce qui pourrait le toucher.
l'enfant se préoccupe visiblement
de limiter
tout attouchement d'une région de son corps.
toute l'attention
de l'enfant est
requise pour
protéger la zone atteinte.
4. Plaintes somatiques pas de plainte : l'enfant n'a pas dit qu'il a mal. Plaintes "neutres" : - sans expression affective
(dit en passant "j'ai mal") ;
- et sans effort pour le dire
(ne se dérange pas exprès).
au moins
un des signes suivants :
- a suscité la question
"Qu'est-ce que
tu as, tu as mal ?";
- voix geignarde pour dire qu'il a mal;
- mimique expressive accompagnant la plainte .
en plus de la cotation 2, l'enfant :
- a attiré l'attention
pour dire qu'il
a mal;
- a demandé
un médicament.
c'est au milieu
de gémissements, sanglots
ou supplications
que l'enfant dit qu'il a mal.
5. Attitude antalgique dans le mouvement l'enfant ne présente
aucune gêne
à bouger tout
son corps.
Ses mouvements sont souples et aisés.
l'enfant montre une gêne,
un manque
de naturel
dans certains de ses mouvements.
l'enfant
prend des précautions
pour certains gestes.
l'enfant
évite
nettement de faire certains gestes, il se mobilise avec prudence et attention.
l'enfant
doit être aidé,
pour lui éviter
des mouvements
trop pénibles.
6. Désintérêt pour le monde extérieur l'enfant
est plein d'énergie, s'intéresse à son environnement,
peut fixer
son attention
et est capable
de se distraire.
l'enfant s'intéresse
à son environnement mais sans enthousiasme.
l'enfant s'ennuie facilement
mais peut
être stimulé.
l'enfant
se traîne, incapable de jouer, il
regarde passivement.
l'enfant est apathique et indifférent à tout.
7.Contrôle exercé par l'enfant quand on le mobilise (mobilisation passive) l'enfant se
laisse mobiliser
sans y accorder d'attention
particulière.
l'enfant a un regard attentif quand on le mobilise. en plus
de la cotation 1, l'enfant montre qu'il faut faire attention en le remuant.
en plus
de la cotation 2, l'enfant retient
de la main
ou guide les gestes du soignant.
l'enfant
s'oppose
à toute initiative du soignant
ou obtient qu'aucun geste ne soit fait sans son accord.
8. Localisation de zones douloureuses par l'enfant Pas de localisation :
à aucun moment,
l'enfant ne désigne
une partie de son
corps comme
gênante.
l'enfant signale, uniquement verbalement, une sensation pénible dans une région vague sans autre précision. en plus de la cotation 1, l'enfant montre avec un geste vague cette région. l'enfant
désigne avec
la main une région douloureuse précise.
en plus de la cotation 3, l'enfant décrit, d'une manière assurée et précise, le siège de sa douleur.
9. Réactions à l'examen des zones douloureuses aucune réaction déclenchée
par l'examen.
l'enfant manifeste,
juste au moment où on l'examine, une certaine réticence.
lors de l'examen,
on note au moins un de ces signes : raideur de la zone examinée, crispation du visage, pleurs brusques, blocage respiratoire.
en plus de la cotation 2,
l'enfant change
de couleur, transpire,
geint ou
cherche à arrêter l'examen.
l'examen,
de la région douloureuse est quasiment impossible,
en raison des réactions de l'enfant.
10. Lenteur et rareté des mouvements les mouvements
de l'enfant sont larges, vifs, rapides, variés,
et lui apportent
un certain plaisir.
l'enfant est
un peu lent, et bouge sans entrain.
un des signes suivants : - latence du geste, - mouvements restreints, - gestes lents; - initiatives motrices rares. plusieurs
des signes
ci-dessus
sont nets.
l'enfant est comme figé, alors que
rien ne l'empêche de bouger.

 

Annie Gauvain-Piquard, pédiatre française (1991)

Réf. Gauvain-Piquard A., Rodary C., Lemerle J. :Une échelle d’évaluation de la douleur du jeune enfant. Journées parisiennes de pédiatrie 1991:95‐100

[F2, O1]

Édit. 2019

Pitt-Hopkins-like (syndrome) l.m.

Pitt-Hopkins-like syndrome

Tableau clinique comparable à celui du syndrome de Pitt-Hopkins : dysmorphie craniofaciale, retard mental sévère, troubles du langage et crises d’hyperventilation suivies d’apnée.
Deux formes de transmission autosomique récessive sont décrites selon le gène en cause :
- Pitt-Hopkins-like 1, associant une épilepsie aux troubles neuropsychiatriques,  est dû à une mutation du gène CNTNAP2, locus en 2p16.3, codant pour la protéine CASPR2 facteur de transcription intervenant dans les connexions synaptiques et particulièrement dans l’acquisition du langage et le développement de la parole.
- Pitt-Hopkins-like 2, pouvant évoluer vers la schizophrénie, est dû à une mutation ou délétion du gène NRXN1, locus en 2p16.3, agissant également sur le fonctionnement synaptique.

Christiane Zweier, médecin généticienne allemande (2009)

Pitt-Rogers-Danks (syndrome de), épilepsie, schizophrénie

[H1, H3, I2, J1, K1, K2, M2, O1, Q3]

Édit. 2019

BRCA gene sigle pour BReast CAncer

Gène humain de la  classe de gènes suppresseurs de tumeur, qui maintiennent l'intégrité génomique et préviennent la prolifération incontrôlée de cellules mammaires.
 On reconnaît plusieurs gènes appartenant à cette classe ; deux cependant jouent un rôle important en cancérologie : BCRA1 et BCRA2.  Ces gènes donnent naissance par l'intermédiaire d'un ARN messager à des protéines BRCA1 et BCRA2 multifactorielles,  impliquées dans la réparation des dommages de l'ADN, la régulation transcriptionnelle, ainsi que dans d'autres fonctions. Les variations de ces gènes ont été impliquées dans un certain nombre de cancers héréditaires, comme le cancer du sein, des ovaires et de la prostate. Le gène BRCA1 est situé sur le bras long (q) du chromosome 17 au niveau de la bande 21, et le gène BCRA2 sur le bras long (q) du chromosome 13 au niveau de la bande 12. Des mutations constitutionnelles ont été identifiées comme fortement prédisposantes à un risque de survenue de cancer du sein et de l’ovaire tout au long de la vie adulte. On les retrouve dans environ 20% des formes familiales de cancers du sein et/ou de l’ovaire, elles-mêmes représentant environ 5% à 8% des cancers du sein. Leur mise en évidence, chez une femme, doit amener à une prise en charge par une équipe pluridisciplinaire d’oncogénétique impliquant une enquête familiale et des mesures particulières de dépistage et de prévention.

J. M. Hall (1990), Y. Miki, P. A. Futreal, et R. Wooster (1994), scientifiques américains

cancer du sein, oncogénétique

Édit. 2017

émérine n.f.

emerin

Protéine de l’enveloppe du noyau cellulaire, dont un défaut est impliqué dans certaines myopathies, en particulier une forme récessive de la dystrophie musculaire d’Emery-Dreifuss.
Constituant avec la lamine A, la partie interne réticulée  de la membrane nucléaire, elle se lie avec les fibres de la lamine au niveau de sa région C-terminale.
Son gène est porté par le chromosome X, (locus en Xq28). Une mutation de ce gène, responsable de la désorganisation de la membrane nucléaire interne est la cause de la forme récessive (liée à l’X) de la maladie d’Emery-Dreifuss. Les lamines ont un rôle dans l’ancrage de l’émérine dans la membrane nucléaire, et les mutations dans la région C-terminale de la lamine A (gène LMNA en 1q22.23) ou les modifications enzymatiques de cette région sont responsables de la forme autosomique dominante de la maladie d’Emery-Dreifuss.

A. H. Emery, médecin généticien britannique (1966) : R. E. Dreifuss, neurologue britannique (1961)

Étym. Emery : nom de l’auteur du syndrome

Emery-Dreifuss (dystrophie musculaire d'), lamine, laminopathie

[C1, I4, Q2]

Édit. 2019

empreinte parentale n.f.

genomic imprinting

Modification de l’expression des gènes qui entraîne la répression d'un seul des deux allèles, maternel ou paternel, par altération de la structure de la chromatine dans la région où se trouvent ces gènes.
Un gène est régulé par les facteurs agissant sur sa transcription, mais aussi par des modifications dites « épigénétiques », survenant durant la formation des gamètes, qui peuvent être transmissibles et consistent en la méthylation ou l’acétylation des histones de la chromatine. Lorsqu’un gène est soumis à l’empreinte, un seul allèle s’exprime et, ainsi, le sujet peut souffrir d’une mutation récessive qui serait sans effets s’il n’existait pas d’empreinte. Chez l’homme, par exemple, le syndrome de Prader-Willi caractérisé par une hypotonie, une obésité, une petite taille et des retards mentaux, est dû à une mutation sur le chromosome 15 paternel non suppléée par la copie maternelle, demeurée silencieuse. De même, le gène de l’IGF2 (Insulin-like Growth Factor) est soumis à une empreinte parentale avec une expression sélective des allèles paternels Une levée d’empreinte est observée dans le syndrome de Wiedermann-Beckwith associé à une macrosomie fœtale, une prédisposition tumorale et une hypoglycémie néonatale.

Prader-Willi (syndrome de), IGF, Wiedermann-Beckwith (syndrome de), épigénétique, insulin-like growth factor (IGF)

[Q1]

Édit. 2019

ACADM gene sigle angl. pour Acyl-CoA Deshydrogenase for Medium-chain fatty acids gene

Gène situé sur le chromosome 1, en 1p31, codant pour la protéine mitochondriale MCAD (Medium-chain CoenzymeA Deshydrogenase) intervenant par bêta-oxydation dans la dégradation des acides gras à chaîne moyenne (de C4 à C12) en cas de jeûne ou d’effort intense demandant un surcroît de métabolites énergétiques.
La protéine codée MCAD est formée de 454 acides aminés. Elle peut présenter des mutations provoquant une déficience de l’action enzymatique de l’acyl-CoA deshydrogénase provoquant une hypoglycémie hypocétonique chez le jeune enfant avec un risque de crises convulsives et de coma pouvant entraîner des risques de séquelles neurologiques et même de décès. La mutation la plus commune est le remplacement de la lysine par l’acide glutamine en position 329 (lys329glu) par substitution du codon AAA de la lysine par le codon GAA de l’acide glutamique.
Le nom officiel du gène ACADM est : acyl-CoA desydrogenase (C4 to C12 straight chain.)

Y. Matsubara, généticien japonais (1986)

MCAD (déficit en)

[Q1]

Édit. 2017

achondroplasie n.f.

achondroplasia

Chondrodysplasie héréditaire à transmission dominante autosomique caractérisée par un nanisme dysharmonieux avec membres courts par arrêt de développement des os dans leur longueur et une atteinte craniofaciale.
L’anomalie est liée à un défaut de conversion du cartilage en os, affectant particulièrement les os longs, prédominant sur les segments proximaux ; les métaphyses sont larges, les diaphyses épaisses. La tête est large avec des bosses frontales saillantes, une ensellure nasale et un prognathisme relatif ; le raccourcissement de la base du crâne donne un aspect brachycéphale. La longueur du tronc contraste avec la brièveté des membres, le rachis est en cyphose, les vertèbres sont étroites, leurs pédicules courts et rapprochés. Le strabisme, l’atrophie optique et l’atteinte des nerfs crâniens sont liés à la dysmorphie craniofaciale. L’intelligence est normale. L’incidence est de 1/ 15000.
L’affection, autosomique dominante, est due à la mutation du codon 380 du gène FGFR3 du récepteur du facteur de croissance des fibroblastes, locus en 4p16.3. 90% des cas sont dus à une mutation récente. L’homozygotie est létale (MIM 100800, pénétrance complète). Une mutation du gène FGFR3 est également trouvée dans le nanisme thanatophore et dans l’hypochondroplasie, affections correspondant sans doute à une forme létale et à une forme modérée de l’achondroplasie (Maroteaux).

J. Parrot, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1878) ; P. Maroteaux, pédiatre et généticien français (1966)

Étym. gr. a : privatif ; chondros : cartilage ; plassein : former

Syn. nanisme achondroplasique

Parrot (maladie de), nanisme thanatophore, hypochondroplasie

[I,O1,Q2]

Édit. 2016

ACTA2 gene sigle angl. pour actin, alpha 2, smooth muscle, aorta

Gène situé sur le locus chromosomique 10q23.3, codant pour une protéine appelée smooth muscle alpha2 actin, de la famille des protéines actin qui joue un rôle important dans le mouvement cellulaire et la tension des muscles.
Des mutations de ce gène entraînent l’anévrisme familial de l’aorte thoracique et la dissection aortique.

Syn. AAT6, ACTA_HUMAN, actin, aortic smooth muscle, ACTSA, alpha 2 actin, alpha-actin-2, cell growth-inhibiting gene 46 protein, growth-inhibiting gene 46

anévrysme familial de l'aorte thoracique et dissection aortique

[K4,Q2]

Édit. 2017

ACVR1 gene , sigle angl. pour activin A receptor type 1

Gène situé sur le locus chromosomique 2q24.1, qui active la protéine activin receptor type 1 faisant partie de la famille des récepteurs morphogénétiques de l’os.
Ces récepteurs enjambent la membrane cellulaire : la partie terminale restant à l’intérieur de la cellule et l’autre extrémité se projetant à l’extérieur de la membrane cellulaire. Cette disposition permet à ces récepteurs de transférer vers l’intérieur de la cellule les signaux reçus et conduire au développement de la cellule et à sa fonction. Ces récepteurs sont présents dans différents tissus et en particulier dans les muscles squelettiques et les cartilages.
La mutation de ce gène provoque la fibrodysplasie ossifiante progressive.

Syn. activin A receptor type I, activin A receptor type II, activin A receptor, type II-like kinase 2, activin A type I receptor, activin A type I receptor precursor, ActR-IA protein, human, ACTRI, ACVR1_HUMAN, ACVR1A, ACVRLK2, ALK2, hydroxyalkyl-protein kinas

fibrodysplasie ossifiante progressive

[Q1,Q2]

Édit. 2018

AIRE gene sigle angl. pour autoimmune regulator

Le gène AIRE, localisé en 21q22.3, commande la formation de la protéine régulatrice de l’autoimmunité, active initialement dans le thymus qui produit les lymphocytes T.
Plus de 60 mutations du gène AIRE ont été identifiées au cours de la néoplasie endocrinienne multiple de type 1. Certaines conduisent à la production d’une protéine régulatrice de l’autoimmunité courte, non fonctionnelle. D’autres sont responsables de la production d’acides aminés dans des régions critiques de cette protéine. Ces défauts affectent préférentiellement la production d’hormones surrénalienne, parathyroïdienne et thyroïdienne.

Syn. AIRE1, AIRE_HUMAN, APECED, APS1, PGA1, Autoimmune polyendocrinopathy candidiasis ectodermal dystrophy protein

Lymphocyte T, néoplasie endocrinienne multiple de type 1

[C3,F3,O4,Q1]

Édit. 2017

albinisme oculaire de type 1 l.m.

ocular albinism type 1

Forme la plus fréquente de l'albinisme oculaire qui touche uniquement les hommes, leur donne un fond d'œil dépigmenté avec un nystagmus, et laisse le reste du corps avec une pigmentation normale.
L'acuité est de 4/10 à 1/20ème de loin. Cet albinisme est caractérisé par un nystagmus, une photophobie, un iris bleus, une hypoplasie maculaire. Les femmes vectrices ont les iris translucides et une dépigmentation en secteurs. Il peut exister un strabisme, et l'acuité est meilleure chez les noirs atteints.
Locus du gène en Xp22.31 près du gène STS (ichtyose liée au sexe). L’affection est liée au sexe, récessive (MIM 300500).

E. Nettelship, dermatologiste et ophtalmologiste britannique (1908-1909) ; H.F. Falls, ophtalmologiste américain (1951)

Étym. lat. albus : blanc

Syn. OA1, XOAN, albinisme oculaire de type Netteship-Falls

[P2,Q2]

Édit. 2017

albinisme oculo-cutané type 2 (AO) l.m.

albinism 2

Forme la plus courante d' albinisme oculo-cutané observée dans la population africaine, caractérisée par une hypopigmentation variable de la peau et des cheveux, de nombreuses anomalies oculaires caractéristiques et une décussation des fibres du nerf optique au niveau du chiasma.
La prévalence est de 1/38 000 à 1/40 000 dans la plupart des populations mondiales excepté dans la population africaine où la prévalence atteint 1/3 900 à 1/1 500.
La pigmentation de la peau et des cheveux varie de minimale à presque normale. Les nouveau-nés ont tous des cheveux allant de jaune clair à marron clair et une peau blanc crème. Les cheveux peuvent foncer avec l'âge mais ne changent plus après l'adolescence. Il s'agit d'albinos "tyrosinase positive" qui s'améliore avec le temps et la peau se pigmente. Cette pigmentation commence à un ou deux ans et elle est d'autant plus marquée que l'ethnie est pigmentée
La plupart des enfants développent un nystagmus avant trois à quatre mois qui peut être à début rapide mais diminue généralement avec le temps. On observe aussi un strabisme et une inattention visuelle dans les six premiers mois de vie. L'acuité visuelle à l'âge adulte va généralement de 20/60 à 20/100 et ne se dégrade pas avec le temps. L'iris est bleu ou marron. L'examen ophtalmologique révèle la visualisation de vaisseaux sanguins de la choroïde, une pigmentation rétinienne réduite et une hypoplasie fovéale. Strabisme alternant, vision stéréoscopique réduite, et potentiel évoqué visuel altéré sont associés à la déviation caractéristique du nerf optique au niveau du chiasma.
Chez les Africains, on observe un phénotype avec des cheveux et une peau marrons clairs et des iris gris, connu sous le nom d'AOC brun. Les patients avec l'AOC brun issus d'autres groupes ethniques ont une pigmentation normale.
Avec le temps, l'exposition solaire rend la peau rugueuse, épaisse et infiltrée avec l'apparition de kératoses actiniques. Les patients présentent un risque accru de développer des carcinomes squamocellulaire et basocellulaires, mais le mélanome est rare.
L'AOC2 transmis sur un mode autosomique récessif (MIM 203200) est dû à une mutation du gène OCA2 dont le locus est localisé en 15q11.2-12 (au même endroit que les gènes du syndrome de Prader-Willi, et du syndrome d'Angelman, affections avec hypopigmentation). Ce gène code la protéine AOC2. La fonction précise de cette protéine est inconnue, mais plusieurs études ont démontré un rôle possible dans la maintenance de l'intégrité de la matrice structurelle et du pH des mélanosomes. Les patients ont des mélanocytes qui peuvent produire de petites quantités de mélanine, mais principalement de type phéomélanine jaune.
Le test de génétique moléculaire peut confirmer le diagnostic et permettre de le différencier des autres formes d'AOC.

Étym. lat. albus : blanc

Syn. albinisme oculocutané tyrosinase positive, albinisme de type II, albinoïdisme oculocutané récessif

Réf. Orphanet (2013)

albinisme oculocutané, OAC2 gene, tyrosinase

[J1,P2,Q2]

Édit. 2017

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