Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

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fièvre familiale méditerranéenne l.f.

mediterranean familial fever

Maladie caractérisée par des crises fébriles brèves accompagnées de douleurs abdominales, thoraciques et articulaires, se compliquant secondairement d’amylose rénale.
La maladie débute par un amaigrissement important, une fièvre épisodique, avec des douleurs articulaires, des douleurs dans la poitrine et l'abdomen puis un érythème de type érysipèle. Après de nombreuses crises, une augmentation de la vitesse de sédimentation et une néphrose s’installent. Il existe plusieurs variétés, certaines avec orchite et syndrome méningé. Au fond d'œil on trouve des taches bleu-porcelaine et des drusen disséminés.
L’association à la maladie périodique d’une amylose de type AA, ayant la même distribution que l’amylose secondaire, est surtout fréquente chez les Juifs sépharades ; elle a une évolution spontanément mortelle.
La maladie est endémique dans certaines populations (Arméniens, Libanais, Juifs Sépharades ou Ashkénases, Turcs). Locus du gène (MEF) en 16p13. L’affection est autosomique récessive (MIM 249100). Il existe une forme dominante de l'affection (MIM 134610). Le gène (MEFV) responsable de la maladie périodique est localisé sur le bras court du chromosome 16; il code pour une protéine appelée marenostrine par les auteurs français et pyrine par les auteurs israëliens.

Syn. MEF, FMF, polysérite récurrente, polysérite familiale paroxystique, amyloïdose primitive familiale néphropathique, amyloïdose méditerranéenne avec atteinte rénale, maladie périodique

[N1,Q2]

Édit. 2018

Gaucher (maladie de) l.f.

Gaucher's disease

Maladie de surcharge entrant dans le cadre des sphingolipidoses, transmise sur le mode autosomique récessif et due à une accumulation de glucocéramides dans les lysosomes des histiocytes du fait d'un déficit en β-glucosidase, ces histiocytes prenant le nom de cellules de Gaucher.
Elle comporte trois formes principales (types 1, 2 et 3 décrites par Knudson et Kaplan en 1962), une forme foetale ainsi qu'un variant avec atteinte cardiaque (syndrome maladie de Gaucher - ophtalmoplégie - calcification cardio-vasculaire ou pseudo-Gaucher.
- type 1 : le plus fréquent, (Juifs Ashkénases), de bon pronostic, associe hépatomégalie, splénomégalie, atteinte osseuse (douleurs, ostéonécrose, fracture pathologique) et cytopénies ;
- type 2 : très grave chez le jeune enfant, caractérisé par une atteinte précoce du tronc cérébral, rapidement évolutive, associée à une organomégalie, et entraînant le décès des patients avant l'âge de 2 ans ;
- type 3 : rare, subaigu, neurologique touchant l'enfant ou l'adolescent, caractérisé par une encéphalopathie progressive (apraxie oculomotrice, épilepsie, ataxie), s'associant aux manifestations systémiques du type 1 et entraînant en dehors du traitement spécifique, l' le décès en quelques années.
La forme fœtale se manifeste par une diminution des mouvements fœtaux, voire un immobilisme fœtal ou une anasarque.
Le syndrome « maladie de Gaucher-ophtalmoplégie-calcification cardio-vasculaire » ou pseudo-Gaucher, présente comme caractéristique principale une calcification progressive de l'aorte et des valves aortique et/ou mitrale.
Le diagnostic formel de la maladie est établi par le dosage de la glucocérébrosidase dans les leucocytes circulants. Le génotypage confirme le diagnostic
Actuellement deux traitements sont disponibles pour les MG de type 1 et 3 (inefficaces pour le type 2) : le traitement enzymatique de substitution (à l'imiglucérase ou vélaglucérase) et le traitement par réduction de substrat (miglustat).
La prévalence est d'environ 1/100 000. L'incidence annuelle de la MG dans la population générale est de l'ordre de 1/60 000, mais peut atteindre 1/1 000 chez les juifs ashkénazes.
La maladie de Gaucher est due à des mutations du gène GBA (1q21) qui code une enzyme lysosomale, la glucocérébrosidase, ou exceptionnellement du gène PSAP qui code son activateur (saposine C). Le déficit en glucocérébrosidase entraîne l'accumulation de dépôts de glucosylcéramide (ou glucocérébroside) dans les cellules du système réticulo-endothélial du foie, de la rate et de la moelle osseuse (cellules de Gaucher). Des dizaines de mutations pathogènes différentes du gène sont connues. L’hérédité est de type autosomique récessif (MIM 230800 type I, MIM 230900 juvénile et adulte). Le traitement est maintenant possible en utilisant l'enzyme extrait de placentas normaux.

P. Gaucher, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1882)

Syn. glucosylcéramidose

[H1, L1, N3, O1]

Édit. 2012

déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD),l. m.

glucose-6-phosphate deshydrogenase deficiency

Déficit enzymatique en glucose-6-phosphate déshydrogénase érythrocytaire, le plus répandu dans le monde, responsable d’hémolyse.
Cette maladie était dénommée « favisme » car l'ingestion de fèves qui contiennent des substances oxydantes, peut provoquer des crises d'hémolyse aigüe. Le philosophe grec Pythagore aurait recommandé de ne pas manger de fèves par crainte de la maladie. En 1956, Carson établit une relation entre le déficit enzymatique et la survenue d'anémie chez les patients prenant de la primaquine, médicament contre le paludisme. Cette même année, Crosby fait la relation entre cette maladie et le favisme.
Sa répartition couvre l’Afrique, l’Inde, le bassin méditerranéen, le Moyen-Orient et le sud-est asiatique. Les migrations de populations font qu'aujourd'hui, il ne s'agit plus d'un déficit rare, il toucherait entre 100 et 400 millions d’individus et on estime qu'un minimum de 100 000 à 200 000 patients vivent en France. Dans certaines régions d’Afrique centrale, la fréquence des porteurs sains dépasse 15% de la population.
Le gène responsable (G6PD), séquencé en 1986, a permis de découvrir plus d'une centaine de mutations.La maladie est transmise génétiquement sur le mode récessif, lié au bras long du chromosome sexuel X où se situe le gène G6PD produisant l'enzyme. Elle est essentiellement exprimée chez les sujets de sexe masculin (XY) dits hémizygotes, car ils possèdent un seul allèle du gène (sur l’X). La maladie, chez les filles homozygotes, a la même traduction que chez les garçons.
Le déficit en G6PD bloque la première réaction d'oxydation de la voie des pentoses phosphates. Ainsi, la sous-production de NADPH qui en résulte, réduit fortement les capacités cellulaires à lutter contre le stress oxydant. Les hématies utilisent la voie des pentoses phosphates pour créer du NADPH nécessaire à la formation du glutathion, l'autre voie classique, utilisant les mitochondries qui n'existent pas dans les globules rouges. Ce dernier est impliqué dans la diminution du stress oxydatif des hématies dont la membrane cellulaire ainsi fragilisée, est détruite ce qui provoque une anémie aigue par hémolyse avec un taux de réticulocytes élevé (anémie régénérative), une augmentation de la bilirubine non conjuguée pouvant aller jusqu'à l'apparition d’un ictère. L'hémoglobine est transformée en méthémoglobine et des corps de Heinz apparaissent dans les hématies et permettent le diagnostic. 
Avoir un déficit en G6PD ne signifie pas forcément être malade. En effet, sans accident particulier, la personne est bien portante, ne se plaint de rien et l' espérance de vie est normale. Elle devra, durant toute sa vie, connaître et respecter certaines consignes pour éviter les complications auxquelles le prédispose ce déficit. Sa gravité et les circonstances déclenchantes varient d'un individu à l'autre, en raison des nombreuses mutations possibles du gène responsable avec des conséquences variables sur l'activité de la G6PD.
Les mesures principales à recommander sont préventives en évitant de ne jamais ingérer de fèves et ne jamais être traité avec certains médicaments (comme les anti-paludiques par exemple) et autres substances oxydantes.
La crise peut être causée également par des infections (en particulier, hépatites virales).A contrario, il est établi que le déficit en G6PD protège du paludisme en favorisant la phagocytose précoce des hématies parasitées.

W. H. Crosby, hématologiste américain (1956) ; A. S. Alving et P. E. Carson, médecins américains (1956) ; Groupe de Travail de l’OMS (1990) ; E. Beutler, hématologiste et biochimiste américain (1991)

favisme , glucose-6-phosphate déshydrogénase, primaquine, NADPH, glutathion

[F1,Q1,Q2]

Édit. 2018

kératocône n.m.

keratoconus

Déformation conique du centre de la cornée, le plus souvent bilatérale, évolutive, mais très variable dans son évolution.
Les formes frustes avec astigmatisme sont fréquentes. La maladie commence en général dans l'adolescence et se manifeste par un astigmatisme myopique oblique irrégulier qui évolue en général 10 à 20 ans puis se stabilise. Sa fréquence est de 1 à 2 pour 1000 habitants. Longtemps corrigé par des lentilles de contact, l'astigmatisme devient parfois trop important et nécessite l'indication d'une greffe transfixiante de la cornée, au pronostic généralement favorable. À noter, en l'absence de traitement, la possibilité d'une rupture descémétique avec tableau de kératocône aigu.
L'association à un terrain allergique est fréquente mais celle qui le réunit à d'autres affections est probablement le fait du hasard et de la fréquence de l'affection : microcornée, aniridie, syndrome de Rieger, cataracte congénitale, syndrome de Goltz, maladie de Marfan, maladie de Little, rétinite pigmentaire, élastorrhexies, hypothyroïdie, acromégalie, maladie de Crouzon, maladie d'Apert, immunoglobulinie E, trisomie 21. L’affection est autosomique dominante (MIM 148300).

Syn. cornée conique

microbiote intestinal l.m.

intestinal microbiota

Ensemble des populations microbiennes qui, dès la naissance, colonisent le tractus intestinal et jouent un rôle physiologique majeur et de sorte que le microbiote intestinal peut être considéré comme un organe à part entière qu’il est essentiel de préserver.
L’intestin héberge dix fois plus de microbes que le corps humain ne compte de cellules somatiques ou germinales. Il représente une diversité génique (microbiome) 100 à 150 fois plus élevée que celle du génome humain. La masse de ces bactéries est d’environ 1 kg. La flore intestinale s’enrichit de l’estomac qui contient 102 à 103 bactéries/g, du duodénum (104 à 105 bactéries /g), de l’intestin grêle (105 à 108 bactéries/g) jusqu’au colon (1010 à 1011 bactéries/g).
Le microbiote intestinal assure des fonctions bénéfiques :
- fonction trophique sur la muqueuse intestinale avec développement du système immunitaire (en son absence le système immunitaire ne mature pas normalement),
- fonctions métaboliques, telles la fermentation des résidus alimentaires, la synthèse d’acides gras, d’acides aminés indispensables, de vitamines,
- fonction de barrière contre les bactéries pathogènes.
Le déséquilibre de la flore intestinale, appelé dysbiose, est associé à des conséquences néfastes pour l’hôte. Les principales causes de dysbiose sont une infection virale, bactérienne ou parasitaire, un changement d’environnement ou d’alimentation, un déficit immunitaire, une prise médicamenteuse en particulier d'antibiotique.
La dysbiose est impliquée dans le déterminisme de nombreux états pathologiques. Des maladies aussi diverses que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, la colite à Clostridium difficile, des maladies intestinales chroniques, l’hépatite pseudo-alcoolique ou NASH, certains cancers, la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme, l’eczéma, des maladies neurologiques,… ont été associées à des perturbations quantitatives et qualitatives du microbiote intestinal.
Le microbiote des obèses, moins diversifié que celui des sujets qui ne le sont pas, compte moins de Bacteroïdes et plus de Firmicutes. Surtout, la flore des patients obèses se répartit selon une courbe bimodale, permettant de différentier des individus avec un faible compte de gènes et ceux avec un fort portage. Ceux avec un faible compte de gènes ont un microbiote caractérisé par une prévalence élevée en bactéries pro-inflammatoires et cette moindre diversité génique est associée à une insulinorésistance, un diabète, une dyslipidémie…. Le microbiote de l’autre groupe est caractérisé par un pourcentage important de bactéries anti-inflammatoires parmi lesquelles Faecalibacterium prausnitzii. Les études expérimentales ont apporté de forts arguments en faveur du caractère transmissible de l’obésité. Les masses grasses totales et périgonadiques (tissu étudié pour son activité métabolique et sa sensibilité à l’insuline) de souris conventionnelles, hébergeant un microbiote non sélectionné, sont supérieures à celles de souris axéniques (élevées en dehors de tout contact microbien et dépourvues de tout germe) de même âge et de même souche. La colonisation de ces souris sans germes avec le microbiote intestinal de souris conventionnelles aboutit à une augmentation de leur masse grasse en dépit d’une réduction des apports alimentaires. En transférant en parallèle le microbiote de souris minces et de souris transgéniques déficientes pour le gène de la leptine (souris ob/ob hyperphages et obèses) à des souris axéniques, il a été constaté une augmentation significativement plus importante de la masse grasse chez les souris colonisées par le microbiote de souris obèses. Le microbiote module aussi l’extraction énergétique des aliments. Ainsi, l’étude calorimétrique montre moins d’énergie résiduelle dans les selles des souris obèses que dans celles des souris minces.
La colite à Clostridium difficile, souvent déclenchée par un traitement antibiotique à l’origine d’une perturbation de la flore intestinale, est une pathologie fréquente, pouvant être grave et à risque de récidive. La transplantation fécale de microbiote de sujets sains a démontré son efficacité et peut être proposée, en cas d’échec de traitement conventionnel et en l’absence d’alternative thérapeutique, selon un protocole rigoureux et standardisé des donneurs afin de prévenir la transmission d’agents pathogènes infectieux.
Le microbiote des personnes atteintes d'une maladie chronique inflammatoire des intestins (maladie de Crohn et rectocolite ulcéro-hémorragique) est globalement déséquilibré avec augmentation de certaines familles comme les Entérobactéries, les Fusobactéries et les Pasteurella, avec réduction des Firmicutes, en particulier Clostridium et F. prausnitzii. Etablir une relation causale entre la modification du microbiote et certaines maladies est parfois difficile, en particulier pour les maladies chroniques inflammatoires des intestins. Il est difficile de prouver que le changement du microbiote précède l’apparition de la maladie. Cependant, même si la dysbiose n’est pas à l’origine de la maladie, elle peut être un facteur pour la perpétuer.
Le microbiote intestinal pourrait être impliqué dans la progression de la stéatose non alcoolique (NAFLD : non alcoholic fatty liver disease) vers l’hépatite pseudo-alcoolique (NASH : non alcoholic steatosis hepatitis) et le carcinome hépatocellulaire.
A côté des nombreuses maladies suscitées au cours desquelles la dysbiose du microbiote intestinal pourrait jouer un rôle, il faut insister sur l’implication directe des micro-organismes lors des 1 000 premiers jours de vie (pour 270 jours de grossesse et 2 x 365 premiers jours de vie), qui se sont révélés être une période cruciale potentiellement propice au développement de maladies chroniques. Le fœtus humain vit dans un milieu stérile, ; la primo-colonisation de son tube digestif dépend de la voie d’accouchement : par voie basse, l’enfant est colonisé par des bactéries qui reflètent la flore vaginale, par césarienne la flore cutanée ; or l’accouchement par césarienne est caractérisé par une dysbiose et un microbiote moins important que par voie vaginale. Après la naissance, le microbiote se met en place sous l’influence de nombreux facteurs environnementaux déterminés par l’alimentation, le mode de vie et les traitements. Il existe un lien entre une prise précoce d’antibiotiques et le développement ultérieur de maladies dans l’enfance, asthme, développement d’une obésité, maladie de Crohn, diabète de type 1, allergie.
L’exploration des fonctions du microbiote intestinal comportant les réponses immunitaires de l’hôte a été développée suivant une approche moléculaire globale : la métagénomique. Une méthode de criblage fonctionnel à haut débit a été établie utilisant la stratégie des gènes rapporteurs afin d’étudier les interactions microbiote-hôte impliquant la régulation du facteur de transcription NF-κB, un élément clef de la réponse immunitaire et inflammatoire. Cette méthode repose sur l’utilisation de cellules épithéliales coliques humaines exprimant un système rapporteur de l’activation de NF-κB. . Après avoir été caractérisées, ces cellules ont été utilisées pour des criblages de banques métagénomiques du microbiote intestinal humain et de collections de souches commensales humaines cultivables afin d’identifier des capacités modulatrices de NF-κB. Sur 2640 clones métagénomiques testés, 171 clones modulateurs de l’activité NF-κB ont été identifiés.
Compte tenu du volume du champ de recherche, l’étude du microbiote intestinal n’aurait pu se faire sans l’apport des sciences omiques.

Étym. gr. micros : petit ; bios : vie 

Syn. anc. flore intestinale

flore intestinale, leptine, dysbiose, microbiome intestinal, métagénomique, métagénome, microbiote, NF-κB (facteur de transcription), omiques (sciences)

[C3,D1,L1,Q1,Q3]

nécrose striatale bilatérale de l'enfant, forme sporadique (IBSN) l.f.

bilateral striatal necrosis of the child, sporadic form

Forme sporadique de dégénérescence spongieuse symétrique bilatérale du noyau caudé, du putamen et du globus pallidus caractérisée par une régression développementale, une choréo-athétose et une dystonie évoluant en quadriparésie spastique.
La prévalence est de 1 à 9/1 000 000.
L'IBSN peut apparaître à tout moment à compter de la période néonatale jusque dans l'enfance et même l'adolescence. Les caractéristiques cliniques incluent choréo-athétose, dystonie, rigidité, spasticité, dysphagie, atrophie optique, déficit intellectuel, régression développementale des aptitudes motrices et verbales, retard de croissance staturo-pondérale, myoclonie, quadriparésie, ataxie cérébelleuse et nystagmus.
La maladie est associée à une dysfonction neurologique brutale secondaire à une maladie fébrile systémique aigue telle que les infections à mycoplasme, à streptocoque ou la rougeole.
Le scanner et l'IRM mettent en évidence la dégénérescence des ganglions de la base.
Les diagnostics différentiels incluent la maladie de Wilson, l'encéphalomyélite aiguë disséminée, la neurodégénérescence avec surcharge cérébrale en fer, la maladie de Leigh, la maladie de Huntington juvénile, l'acidurie méthylmalmonique, le déficit en guanidinoacétate méthyltransférase, l'acidurie glutarique type 1 (voir ces termes), l'intoxication au monoxyde de carbone, l'artérite des petits vaisseaux et les traumatismes.
Le traitement repose sur le traitement de l'infection causale.
Le pronostic est variable avec soit une amélioration progressive des symptômes et une récupération complète observée après la guérison de l'infection, ou des séquelles neurologiques graves.

Réf. Orphanet, Rachel Straussberg (2010)

nécrose striatale bilatérale de l'enfant, nécrose striatale bilatérale de l'enfant forme familiale

pneumopathies d'hypersensibilité des professions agricoles (causes des) l.f.p.

Type de pneumopathies provoquées par des agents fongiques ou des protéines déclenchant des réactions d'hypersensibilité.
Le poumon du fermier est lié au foin moisi contenant des actinomycètes thermophiles.
Il en est de même pour le poumon du grainetier lié à des graines moisies, pour la bagassose liée aux résidus de canne à sucre contenant des actinomycètes thermophiles. La maladie des champignonnistes liée au compost a pour étiologie les actinomycètes thermophiles et des agents fongiques.
Les agents fongiques sont en cause dans la maladie des fromagers (moisissures des fromages), la maladie des travailleurs du bois, la subérose, la séquoïose, la maladie des vignerons, le poumon des ouvriers du paprika.
Enfin la maladie des éleveurs d'oiseaux est due aux protéines des déjections aviaires.

éleveurs d'oiseaux (maladie des), poumon du fermier, alvéolite

syndrome n.m.

syndrome

Ensemble de symptômes et signes cliniques et de modifications pathologiques, toujours associés, dont les causes ou les mécanismes peuvent être différents et qui permettent d'individualiser une affection.
Se dit généralement de l'ensemble des signes recueillis par le médecin par opposition aux symptômes décrits par la patient.
Alors que la maladie est une entité précise, le syndrome peut être commun à plusieurs maladies : par exemple, le syndrome infectieux est commun aux infections alors que la typhoïde est une maladie (infectieuse). C'est donc une entité nosologique permettant de porter un diagnostic qui conduit à un traitement, au moins palliatif.
Assez souvent un syndrome peut être rattaché à une cause. Il s’apparente à une maladie. Le terme de syndrome est alors souvent utilisé en lieu et place de maladie, soit parce que la cause n’est pas parfaitement élucidée, soit par usage même lorsque l’avancée des connaissances a permis de mieux classer la maladie.

Étym. gr. sundromê : concours (sun : ensemble, en même temps ; dromos : action de courir ; qui courent ensemble)

maladie, symptôme

syndrome des antiphospholipides l.m.

antiphospholipids syndrome

Maladie auto-immune systémique caractérisée par la présence d'anticorps sériques antiphospholipides chez des patients ayant des évènements thrombotiques et ou des complications obstétricales récurrentes.
Le syndrome débute en général chez l'adulte d'âge jeune ou moyen mais peut se manifester à tout âge. Les signes classiques sont des thromboses (veineuses profondes surtout des membres inférieurs) et des complications obstétricales (pertes foetales répétées, pré-éclampsie). Les autres manifestations sont neurologiques (accident ischémique transitoire, accident vasculaire cérébral ischémique, ictus amnésique, chorée, épilepsie, troubles visuels), cardiovasculaires (maladie coronarienne), dermatologiques (livedo reticularis, ulcères cutanés, gangrène digitale, hémorragies sous-unguéales en flammèches), hématologiques (thrombopénie), rénales (thrombose microvasculaire, thrombose des veines rénales, occlusion des artères rénales) et digestives (maladie vaso-occlusive mésentérique, syndrome de Budd-Chiari). Les thromboses récidivantes sont fréquentes.
Le syndrome est dit secondaire s'il est associé à: lupus érythémateux systémique. Il est primaire en l'absence d'autre maladie auto-immune. Il peut prendre une forme accélérée, très rare, chez la femme (à la trentaine), pouvant évoluer vers des thrombo-embolies massives avec détresse respiratoire.
Le diagnostic repose sur des critères cliniques et biologiques : existence de thrombose vasculaire et de pathologie de la grossesse (au moins une mort inexpliquée de foetus morphologiquement normal, après la 10ème  semaine de gestation, au moins une naissance prématurée avant la 34ème semaine de gestation, au moins trois avortements spontanés consécutifs inexpliqués avant la 10ème  semaine de gestation) et la présence d'anticorps (anti-cardiolipine, anti-β2-GPI et anticoagulant lupique).
La prise en charge a pour but de prévenir les thromboses par l'aspirine, le clopidrogel, la warfarine et l'héparine. Les femmes enceintes aux antécédents d'avortements spontanés doivent être traitées par héparine et aspirine à faible dose pendant la grossesse.

La maladie non traitée peut menacer le pronostic vital.

Sigle SAPL

système national des données de santé (SNDS) l.m.

Créé par la loi de modernisation de notre système de santé, le SNDS regroupe les principales bases de données de santé publiques existantes en vue d’améliorer les connaissances sur la prise en charge médicale et l’élargissement du champ des recherches, des études et évaluations dans le domaine de la santé.
Le décret n° 2016-1871 du 26 décembre 2016 est entré en vigueur le 1er avril 2017. Il décrit les modalités de gouvernance et de fonctionnement du SNDS, fixe la liste des organismes, établissements et services bénéficiant d'accès permanents aux données en raison de leurs missions de service public ainsi que les procédures d’accès. Ce texte prévoit également des possibilités d'accès ponctuel.
L’accès aux données de santé collectées par les personnes publiques a pour objectif  de contribuer à :
- l’information sur la santé, l'offre de soins, la prise en charge médico-sociale et leur qualité ;
- la définition, la mise en œuvre et l'évaluation des politiques de santé et de protection sociale ;
- la connaissance des dépenses de santé, d'assurance maladie et médico-sociales ;
- l'information des professionnels, des hôpitaux ou médico-sociaux sur leurs activités ;
- la surveillance, la veille et la sécurité sanitaires ;
- la recherche, les études, l'évaluation et l'innovation dans les domaines de la santé et de la prise en charge médico-sociale.
Le SNDS rassemble et met à disposition les bases de données qui existaient, jusqu’alors, indépendamment :
- la base SNIIRAM (Système National d’Information Interrégimes de l’Assurance Maladie) contenant les données de l’assurance maladie;
- la base PMSI (programme de médicalisation des systèmes d'information) contenant  les données issues de l’activité des établissements de santé ;
- la base CepiDC, gérée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), contenant les données sur les causes de décès;
- les données liées au handicap issues des maisons départementales des personnes handicapées
- des données provenant les « complémentaires santé ».
Le SNDS ne contient aucune donnée directement identifiante concernant les personnes.
Les données contenues dans le SNDS (détaillées à l’article R. 1461-4 du Code de la santé publique) concernent :
 - les bénéficiaires de soins :
    - sexe, mois et année de naissance, rang de naissance et lieu de résidence ;
    - informations médico-administratives ;
    - maladies professionnelles ;
    - date, lieu, causes et circonstances du décès, situation familiale et profession à la date du décès.
- les organismes d’assurance maladie obligatoire et, le cas échéant, complémentaire :
    - identification des organismes ;
    - caractéristiques de la prise en charge de ces organismes.
- les prestations prises en charge par les organismes, associées à chaque bénéficiaire :
    - soins de « ville » : nature des actes, actes de pharmacie, dispositifs médicaux, 
    - séjours à l’hôpital ;
    - montant des actes ou prestations. ;
    - type de contrat souscrit avec la complémentaire santé.
- les professionnels de santé :
- les personnes en situation de handicap (informations médico-sociales liées au handicap et à sa prise en charge, décisions de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées).
- les informations relatives aux arrêts de travail et aux prestations fournies
La loi interdit l’utilisation des données contenues dans ce fichier à des fins de promotion des produits de santé et à des fins d’exclusion de garanties des contrats d’assurance ou la modification des cotisations et des primes d’assurance.
La Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) est responsable du traitement et se charge de sa mise en œuvre.
L’INSERM  peut également, dans le cadre d’une convention conclue avec la CNAMTS, réaliser des extractions et mettre à disposition des données de santé dans le cadre de recherches, d’études ou d’évaluation de pratiques de soin.
Toute personne dispose d’un droit d’opposition si elle ne souhaite pas que les données qui la concernent fassent l’objet d’une utilisation à des fins de recherche à condition que cela n’empêche pas l’exercice des missions des services de l’Etat et de certains établissements publics, telles que le suivi d’une épidémie ou la surveillance sanitaire. Les droits d'accès, de rectification et d'opposition s'exercent localement auprès du directeur de la CNAMTS à laquelle la personne est rattachée. Lorsque les données du SNDS sont utilisées dans le cadre d’une recherche spécifique, une information individuelle peut être délivrée à la personne.

accès aux informations à caractère médical, système national d'information interrégimes de l'assurance maladie, programme de médicalisation des systèmes d'information, institut national de la santé et de la recherche médicale, complémentaire santé, caisse

[E1]

Édit. 2018

glucose-6-phosphate déshydrogénase (déficit en) l.m.

glucose-6-phosphate deshydrogenase deficiency, G6PD

Déficit enzymatique érythrocytaire, le plus répandu dans le monde, responsable d’hémolyse.
Cette maladie était dénommée « favisme » car l'ingestion de fèves qui contiennent des substances oxydantes, peut provoquer des crises d'hémolyse aigüe. Le philosophe grec Pythagore aurait recommandé de ne pas manger de fèves par crainte de la maladie. En 1956, Carson établit une relation entre le déficit enzymatique et la survenue d'anémie chez les patients prenant de la primaquine, un médicament contre le paludisme. Cette même année, Crosby fait la relation entre cette maladie et le favisme. Le gène responsable (G6PD) est séquencé en 1986 permettant de découvrir plus d'une centaine de mutations de ce dernier.
Sa répartition couvre l’Afrique, l’Inde, le bassin méditerranéen, le Moyen-Orient et le sud-est asiatique. Les migrations de populations font qu'aujourd'hui, il ne s'agit plus d'un déficit rare, et on estime qu'un minimum de 100 000 à 200 000 déficitaires vivent en France. Ce déficit toucherait entre 100 et 400 millions d’individus. Dans certaines régions d’Afrique centrale, la fréquence des porteurs sains dépasse 15% de la population.
La maladie est transmise génétiquement sur le mode récessif, lié au chromosome sexuel X où se situe le gène G6PD produisant l'enzyme (bras long du chromosome X). Elle est essentiellement exprimée chez les sujets de sexe masculin (XY) dits hémizygotes, car ils possèdent un seul allèle du gène (sur l’X). La maladie, chez les filles homozygotes, a la même traduction que chez les garçons.
Le déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase bloque la première réaction d'oxydation de la voie des pentoses phosphates. Ainsi, la sous-production de NADPH qui en résulte, réduit fortement les capacités cellulaires à lutter contre le stress oxydant. Les hématies utilisent la voie des pentoses phosphates pour créer du NADPH nécessaire à la formation du glutathion, l'autre voie classique, utilisant les mitochondries n'existant pas dans les globules rouges. Ce dernier est impliqué dans la diminution du stress oxydatif du globule rouge. L'hématie, sa membrane cellulaire ainsi fragilisée, sera détruite ce qui provoquera une anémie par hémolyse et un ictère.
Avoir un déficit en G6PD ne signifie pas forcément être malade. En effet, sans accident particulier, la personne est bien portante, ne se plaignant de rien et avec une espérance de vie normale. Elle devra, durant toute sa vie, connaître et respecter certaines consignes pour éviter les complications auxquelles le prédispose ce déficit. Sa gravité et les circonstances déclenchantes varient d'un individu à l'autre, en raison des nombreuses mutations possibles du gène responsable avec des conséquences variables sur l'activité de la G6PD.
Les mesures principales à recommander sont préventives en évitant de ne jamais ingérer de fèves et ne jamais être traité avec certains médicaments (comme les anti-paludiques par exemple) et autres substances oxydantes. À contrario, il est établi que le déficit en G6PD protège du paludisme en favorisant la phagocytose précoce des hématies parasitées Dans le cas contraire, elle risque une crise hémolytique aigüe. L'hémoglobine est transformée en méthémoglobine et des corps de Heinz apparaissent dans les hématies et permettent le diagnostic. Typiquement, il s'agit d'une anémie aigüe, avec un taux de réticulocytes élevés (régénérative) avec augmentation de la bilirubine non conjuguée pouvant aller jusqu'à l'apparition d’un ictère. La crise peut être causée également par des infections (en particulier, hépatites virales).

W. H. Crosby, hématologiste américain (1956) ; A. S. Alving et P. E. Carson, médecins américains (1956) ; Groupe de Travail de l’OMS (1990) ; E. Beutler, hématologiste et biochimiste américain (1991)

favisme , glucose-6-phosphate déshydrogénase

lymphome de Hodgkin (classification) l.m.

Hodgkin disease (classification)

Tumeur maligne du système lymphatique, décrit par Hodgkin en 1832, caractérisée par la présence de cellules de Sternberg, d’origine lymphocytaire B.
Des études immuno-histo-pathologiques de cas de maladie de Hodgkin ont permis d’identifier à côté des formes classiques de maladie de Hodgkin un sous-type marqué par des lymphocytes malins différents des cellules de Sternberg ; il s’agit du lymphome de Hodgkin nodulaire à prédominance lymphocytaire.
Dans la forme classique de maladie de Hodgkin on distingue 4 types histologiques :
- type 1 à prédominance lymphocytaire, observé dans 10% des cas surtout chez l'enfant et l'adolescent,
- type 2 avec une sclérose nodulaire, observé dans 65% des cas surtout chez l'adolescent et l'adulte jeune, plus fréquemment féminine, sous forme d'atteinte médiastinale,
- type 3 avec une cellularité mixte, observé dans 20% des cas chez l'adulte, de début périphérique (cou, aisselle, aine),
- type 4 avec déplétion lymphocytaire, observé dans moins de 5% des cas chez l'adulte.
La maladie naît au niveau du médiastin dans 65% des cas. Le 2ème point de départ est cervical haut dans 25% des cas. L'extension se fait par voie lymphatique mais il existe parallèlement une dissémination par voie sanguine source des localisations viscérales. L'atteinte splénique est présente histologiquement dans 50% des cas.
Le diagnostic repose sur la biopsie ganglionnaire qui est indispensable aux pathologistes pour rechercher la cellule de Sternberg ou les cellules lymphocytaires malignes au sein d'un granulome inflammatoire plus ou moins important.
Au terme du bilan d'extension, on classe la maladie en stades cliniques :
- stade 1, atteinte d'un seul territoire ganglionnaire d'un seul côté du diaphragme (15% des cas)
- stade 2, atteinte de deux territoires ganglionnaires ou plus, d'un seul côté du diaphragme (60% des cas),
- stade 3, plusieurs territoires ganglionnaires de part et d'autre du diaphragme (20% des cas),
- stade 4 atteinte d'un ou plusieurs viscères non contigüe à une atteinte ganglionnaire (15% des cas).
En fonction de l’absence ou la présence de signes généraux tels que la perte de poids (˃ à 10% du poids du corps), la fièvre (˃ à 38° pendant une semaine) et des sudations nocturnes importantes on subdivise les patients en A (absence) ou B (présence).
La lettre E utilisée dans la classification signifie l’atteinte d’un organe non lymphatique par continuité.

T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1852) ; C. Sternberg, anatomopathologiste autrichien (1898) ; P. Carbone, oncologue américain (1971)

Syn. maladie de Hodgkin
Anc. dénom. maladie de Paltauf-Sternberg, lymphogranulomatose maligne

lymphome de Hodgkin nodulaire à prédominance lymphocytaire

maladie de Menkes l.f.

Menkes’ disease

Maladie du métabolisme du cuivre, à transmission récessive liée à l'X, en général sévère caractérisée par une neurodégénérescence progressive et des anomalies marquées du tissu conjonctif et des cheveux clairsemés et en "fils de fer".
La maladie se manifeste dans la période néonatale. La plupart des enfants naissent à terme avec des scores normaux. Des céphalohématomes et des fractures spontanées ont été occasionnellement observés à la naissance. Dans la période néonatale précoce, un ictère prolongé, une hypothermie, une hypoglycémie et des troubles de l'alimentation peuvent être présents. Un pectus excavatum et des hernies, ombilicales et inguinales, ont aussi été rapportés. Le signe inaugural peut être l'aspect inhabituel des cheveux clairsemés et ternes à l'âge de 1 à 2 mois. Le cheveu est typiquement hypo- ou dépigmenté et évoque la paille de fer ; il est terne et cassant, notamment aux zones de frottement. D'autres signes apparaissent : retard staturo-pondéral, difficultés d'alimentation, vomissements et diarrhée. Une physionomie particulière peut être observée avec peau pâle, bosses frontales ou occipitales, micrognathie et visage joufflu. La détérioration motrice est progressive avec l'apparition de convulsions ; l'hypotonie fréquente en bas âge laisse place à une spasticité avec faiblesse musculaire.
Les radiographies montrent une ostéoporose généralisée, des becs et éperons métaphysaires des os longs avec réaction périostée et épaississement diaphysaire, et des os wormiens dans les sutures crâniennes.
Le diagnostic clinique est étayé par la diminution de la cuprémie et de la céruloplasminémie, à interpréter avec prudence en période néonatale, car elles sont basses aussi chez le nouveau-né sain. L'analyse des catécholamines plasmatiques (rapport DOPA/dihydroxyphénylglycol) traduisant un déficit de la dopamine bêta-hydroxylase peut alors être le test diagnostique néonatal le plus rapide. Le diagnostic définitif repose sur l'analyse moléculaire.
Le diagnostic différentiel se pose avec le syndrome d'Ehlers-Danlos, la maladie de Marfan, le cutis laxa, les maladies mitochondriales, l'ostéogenèse imparfaite et le syndrome des enfants battus.
Le pronostic est en général sévère. Le décès survient en général précocement dans l'enfance.
L'incidence annuelle est de 1/360.000 au Japon, de 1/300.000 en Europe. La maladie touche principalement les garçons; les femmes sont en général conductrices saines.
La maladie est due à des mutations du gène ATP7A (Xq21.1) codant une protéine de transport du cuivre, ATP7A (pour Cu2+-transporting ATPase-alpha polypeptide). Environ 200 mutations ont été rapportées à ce jour. Il n'y a pas de corrélation évidente entre mutations et évolution clinique. Du fait de la grande taille du gène et de la variété des mutations observées, la détection d'une anomalie dans une famille donnée peut tarder. Un diagnostic prénatal ou avant la grossesse de la mutation ATP7A dans les familles à risque et les femmes conductrices hétérozygotes est conseillé.

J. H. Menkes, pédiatre américain (1962) ; Lisbeth Møller et Z. Tümer, biologistes et généticiens danois (2010 et 2011)

Syn. déficit en cuivre lié à l'X, syndrome de Menkès, syndrome des cheveux en fils de fer de Menkes, trichopoliodystrophie

Réf. Orphanet Dr Lisbeth Møller - Pr Zeynep Tümer - Dernière mise à jour : Mai 2011

syndrome de la corne occipitale, syndrome d'Ehlers-Danlos, maladie de Marfan, cutis laxa, maladie mitochondriale, ostéogenèse imparfaite, syndrome des enfants battus.

[A4,O6,Q2]

Scheie (maladie de) l.f.

Scheie’s disease, mucopolysaccharidosis I S

Désordre du métabolisme des glycosaminoglycanes qui est responsable d’une dysmorphie faciale discrète, d’une raideur articulaire et d’une surcharge viscérale d’évolution lente.
Ses manifestations cliniques sont plus tardives et plus modérées que dans la maladie de Hurler. Le retard mental est léger ou absent. Le faciès particulier justifie le terme de gargoylisme. La bouche est large. On note aussi un hirsutisme et une opacité de la cornée, surtout périphérique. S’y associent parfois des lésions cardiaques (insuffisance aortique). La longévité est normale.
Il existe une forme intermédiaire entre la maladie de Hurler et la maladie de Scheie classée en type IHS.
La maladie de Scheie est due au déficit du même enzyme que la maladie de Hurler (déficit en α-L-iduronidase), mais son évolution est beaucoup plus lente, compatible avec une survie à l’âge adulte. Elle fait partie des mucopolysaccharidoses (type I S) avec élimination excessive dans les urines de dermatane sulphate. La transmission est autosomique récessive ; locus en 4p.16.3.

H. G. Scheie, ophtalmologiste américain (1962) ; Gertrud Hurler, pédiatre allemande (1919)

Syn. mucopolysaccharidose de type V, Spät-Hurler (maladie de), Ullrich-Scheie (maladie de)

Hurler (maladie de), mucopolysaccharidose, gargoylisme, glycosaminoglycanes, hirsutisme, insuffisance aortique, déficit en alpha-L-iduronidase, dermatane sulphate

[C1, H4, J1, K2, L2, Q3, R1]

Édit. 2018

glycogénose de type III l.m.

Affection congénitale autosomique récessive, liée  à une accumulation de glycogène dans le foie et le muscle, due à un déficit en enzyme débranchant (amylo-1-6-glucosidase).
Les symptômes sont très semblables à ceux décrits dans la glycogénose de type1. Cependant l’évolution est souvent plus bénigne avec un gros foie et un retard de croissance. Le tableau est parfois dominé par une atteinte musculaire qui peut être sévère. L’hypoglycémie peut être responsable de convulsions mais habituellement l’hypoglycémie est moins importante que dans le type I, surtout il n’y a pas d’élévation de l’acide lactique. L’élévation des triglycérides et du cholestérol est moins marquée que dans le type I. On note une importante élévation des transaminases, à la fois d’origine hépatique et musculaire.
Selon les tests utilisés une variété de sous-types de cette maladie a été décrite. Il y a aussi une variabilité considérable dans les tissus qui sont affectés par le défaut (comme les globules blancs, les muscles, le foie etc...).
La plupart des personnes affectées par une déficience en enzyme débranchante ont une forme qui touche le foie et les muscles, cela correspond au type IIIa. Plus rarement la maladie ne touche que le foie, cela correspond au type IIIb.
A l’âge adulte, la maladie hépatique passe au second plan, même s’il existe un risque de fibrose voir de cirrhose avec hypertension portale. L’atteinte musculaire peut devenir prépondérante. Le cœur est parfois légèrement hypertrophié mais sa fonction est habituellement normale.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence du déficit enzymatique dans les leucocytes non congelés, les fibroblastes ou sur une biopsie hépatique ou musculaire.
La maladie est due à des mutations du gène AGL (1p21), (amylo-alpha-1, 6-glucosidase, 4-alpha-glucanotransferase).
Le traitement de cette maladie dépend comme pour le type I de la tolérance au jeûne. La multiplication des repas, l’adjonction d’amidon cru, voire la mise en place d’une nutrition entérale nocturne sont nécessaires en cas d’hypoglycémie. Un régime hyperprotidique est aussi recommandé pour les patients atteints de myopathie.

G. B. Forbes, pédiatre américain (1953) ; H. G. Hers et F. Van Hoof, biochimistes belges (1967) ; C. F. et G. T. Cori, biochimistes américains d’origine tchèque, prix Nobel de Médecine de 1947 (1936 et 1958 )

Syn. déficience en enzyme débranchante, maladie de Forbes, maladie de Cori, dextrinose limite

amylo-1-6-glucosidase, glycogénose de type1, acide lactique, cirrhose, hypertension portale, fibroblaste, myopathie

[LI, Q3, R1 ]

Édit. 2018

nécrose striatale bilatérale de l'enfant (IBSN) l.f.

bilateral striatal necrosis of the child

Plusieurs syndromes de dégénérescence spongieuse symétrique bilatérale du noyau caudé, du putamen et du globus pallidus sont caractérisés par une régression développementale, une choréo-athétose et une dystonie évoluant vers une quadriparésie spastique.
L'IBSN peut être familiale ou sporadique.
La prévalence de la forme sporadique est estimée à 1 à 9/1 000 000 et celle de la forme familiale à moins de 1/1 000 000.
L'âge d'apparition de l'IBSN familiale varie entre 7 et 15 mois, tandis que la forme sporadique peut se manifester à tout moment à partir de la période néonatale jusque dans l'enfance et même l'adolescence.
Les caractéristiques cliniques incluent choréo-athétose, dystonie, rigidité, spasticité, dysphagie, atrophie optique, déficit intellectuel, régression développementale des aptitudes motrices et verbales, retard de croissance staturo-pondérale, myoclonie, quadriparésie, ataxie cérébelleuse et nystagmus.
La forme familiale a un début insidieux et une évolution défavorable avec progression lente, tandis que la forme sporadique est associée à une dysfonction neurologique brutale secondaire à une maladie fébrile systémique aigue telle qu'une infection à mycoplasme, à streptocoque ou la rougeole.
Le scanner et l'IRM mettent en évidence la dégénérescence des ganglions de la base.
Le diagnostic différentiel inclut la maladie de Wilson, l'encéphalomyélite aiguë disséminée, la neurodégénérescence avec surcharge cérébrale en fer, la maladie de Leigh, la maladie de Huntington juvénile, l'acidurie méthylmalmonique, le déficit en guanidinoacétate méthyltransférase, l'acidurie glutarique type 1 (voir ces termes), l'intoxication au monoxyde de carbone, l'artérite des petits vaisseaux et les traumatismes.
L'IBSN autosomique récessive est due à une mutation du gène NUP62 (19q13.33) et l'IBSN mitochondriale à une mutation du gène ATP synthase-6 gene MTATP6.
Le test prénatal et le conseil génétique sont proposés aux familles des patients.
Il n'existe pas de thérapie standard. Le traitement par biotine orale a été reconnu pour ralentir l'évolution des premiers stades de la maladie.
Le pronostic de la forme familiale est généralement mauvais avec des patients évoluant vers une quadriparésie spastique suivie du décès, généralement secondaire à une infection. Le pronostic de la forme sporadique est variable, avec soit une amélioration progressive des symptômes et une récupération complète observée après la guérison de l'infection, soit des séquelles neurologiques graves.

Réf. Orphanet, Rachel Straussberg (2010)

nécrose striatale bilatérale de l'enfant, forme sporadique nécrose striatale bilatérale de l'enfant, forme familiale, MT-ATP6

Pompe (maladie de) l.f.

Pompe disease, glycogen storage disease type II

Glycogénose de type autosomique récessif, due à un déficit en α-glucosidase acide (maltase acide) entraînant une surcharge musculaire, cardiaque, hépatique et nerveuse.
La maladie due à une mutation du gène de l’α-glucodidase acide (Myozyme) situé sur le bras long du chromosome 17,  peut apparaitre à tous les âges.
Malgré un certain chevauchement des critères cliniques, on peut distinguer :

- une forme infantile précoce, débutant avant l'âge de deux ans, qui associe une hypotonie massive avec faiblesse musculaire, une cardiomégalie, une hépatomégalie et une macroglossie. Son évolution est létale en quelques mois ;
- une forme infantile moins sévère, d'expression essentiellement musculaire (signes cardiaques absents ou discrets), proche de la maladie de Duchenne, qui se prolonge jusqu'à 20 ou 30 ans ;
- une forme de l’adulte, pouvant toucher les ceintures et restant peu évolutive.
La maladie de Danon correspond aux formes de l'adulte de la maladie de Pompe.
En cas d'évolution longue, il apparaît que la déficience enzymatique quantitative ou qualitative peut n'être que partielle, du moins dans certains tissus.
Le traitement par l’alglucosidase alpha, enzyme recombinante que l’on administre en perfusion, a transformé le pronostic de la maladie dans un tiers des formes infantiles en améliorant la cardiopathie et la survie. Les enfants qui survivent ne sont pas guéris et peuvent conserver une myopathie avec parfois troubles de la déglutition, hypotonie faciale et retard mental.
Un diagnostic anténatal est possible.

J. C. Pompe, anatomopathologiste néerlandais (1932) ; M. J. Danon, neuropathologiste américain (1981)

Syn. glycogénose de type II (G.T. Cori)

α-glucodidase acide, Duchenne (dystrophie musculaire progressive de), maladie de Danon

[I4, L1, K2, O1, Q3 ]

Édit. 2019

amyline n.f.

amylin

L’amyline, appelée aussi polypeptide amyloïde des ilôts du pancréas, IAPP (islet amyloid polypeptide), est une hormone polypeptidique de 37 acides aminés, co-secrétée avec l’insuline par les cellules béta des ilôts de Langherans du pancréas avec un rapport de 100/1 (100 pour l’insuline et 1 pour l’amyline).
L’amyline favorise la satiété et retarde la vidange gastrique, entraînant une diminution de la concentration plasmatique du glucose. Insuline et amyline ont un rôle important pour contrôler la glycémie. L’amyline est un partenaire de l’insuline co-secrétée avec celle-ci en réponse aux repas. L’effet de l'amyline est un ralentissement de l’apparition du glucose dans le sang après le repas. Il en résulte une réduction de la prise alimentaire.
Le diabète de type 2 est caractérisé par une hyperglycémie chronique qui conduit à un hyperinsulinisme et une hyperamylinémie. A terme survient une résistance à ces hormones.
De nombreuses protéines, parmi lesquelles l’amyline, peuvent s’agrèger et former des dépôts de substance amyloïde toxique pour les tissus. Dans le pancréas, ces dépôts peuvent induire une mort des cellules bêta par apoptose,  favorisant le diabète de type 2. Des dépôts d'amyline sont trouvés dans les ilots de Langherans du pancréas de plus de 90 % des patients atteints de diabète de type 2.
L’amyline peut franchir la barrière hémato-encéphalique et atteindre différents sites du système nerveux central. Les agrégats de substance amyloïde peuvent induire une cytotoxicité conduisant à certaines maladies parmi lesquelles la maladie d’Alzheimer. Le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer sont fortement associés. La maladie d’Alzheimer se caractérise par l’accumulation de peptides amyloides bêta (A bêta). L’amyline peut s’accumuler dans le cerveau et les malades atteints de maladie d’Alzheimer peuvent avoir des plaques A bêta, d’amyline ou mixtes. Cependant le rôle nocif de l’amyline dans la maladie d’Alhzeimer reste discuté : l’amyline fonctionnelle pourrait être bénéfique et ce serait la perte de l’amyline native en raison de la formation d’agrégats qui serait toxique.
 
L'amyline a aussi une action au niveau osseux ; elle se fixe sur le récepteur de la calcitonine et a un effet inhibiteur de la résorption osseuse.  

insuline, diabète de type 2, amyloïde, apoptose, pancréas, Alzheimer (maladie d'),  calcitonine

[C1, C2, C3, H1, O4]

Édit. 2019

amylose de la maladie périodique l.f.

amylose of the periodic disease

Essentiellement rénale, cette amylose est une complication grave de la maladie périodique, maladie en elle-même invalidante mais bénigne qu’elle transforme en une affection mortelle.
Survenant avec une fréquence variable dans les différentes ethnies touchées par la maladie périodique, cette amylose est une amylose essentiellement rénale dont les fibrilles ont une constitution analogue à celle des fibrilles de la substance AA de l’amylose secondaire. Le traitement de la maladie périodique par la colchicine prévient et, en tous cas, retarde l’apparition de l’amylose chez la plupart des sujets traités.

Étym. gr. amulon : amidon

maladie périodique

[A3,G5,J1,M1,N3,Q2]

Édit. 2017

amyotrophies spinales progressives l.f.p.

spinal muscular progressive atrophies

Groupe hétérogène d'affections héréditaires ou non de l'enfant et de l'adolescent, plus rarement de l'adulte, caractérisées par une dégénérescence des neurones moteurs de la corne antérieure de la moelle et parfois du tronc cérébral.
Outre le déficit moteur de l'amyotrophie, une hypo- ou une aréflexie, parfois des fasciculations sont relevées, sans autres troubles objectifs. Le diagnostic peut en être difficile, même avec des investigations complémentaires, biopsiques comprises. La génétique moléculaire est de plus en plus utilisée.
Parmi les formes spinales proximales, de transmission autosomique récessive, liées au gène SMN ("survival motor neuron gene"), localisées sur le chromosome 5q11.2-13.3, et à forme pseudomyopathique, on relève : la plus sévère, celle du nourrisson ou maladie de Werdnig-Hoffmann (type I d'A.E. Emery), qui débute à la naissance ou dans les premiers mois de la vie et évolue toujours vers la mort, le plus souvent avant trois ans ; le type II, dit intermédiaire, qui débute entre quelques mois et un an et demi, la survie étant habituelle après trois ans d'âge ; le type III, correspondant au syndrome de Kugelberg-Welander, qui débute plus tardivement, vers l'âge de trois ou quatre ans, et dont l'évolution chronique est plus ou moins bénigne. Dans ces formes infantiles, l'activité créatine-kinase est faiblement augmentée (inférieure à 10 fois la normale) ; l'anatomopathologie confirme le respect de la dystrophine, visualisant des aspects d'atrophie, de groupements par type de fibres ; l'électroneuromyographie montre l'atteinte de la corne antérieure ; les vitesses de conduction sont respectées. Le diagnostic se discute avec les myopathies congénitales, la neuropathie congénitale dysmyélinique et le déficit en hexosaminidase pour le type III
Les formes de l'adulte correspondent au type IV, très souvent d'évolution très lente, dont les manifestations cliniques sont hétérogènes. Certaines d'entre elles, sporadiques, pourraient correspondre à des neuropathies motrices avec anticorps anti GM1.
Sont décrites également : parmi les formes proximales, des variétés focales ou localisées à un seul muscle ou à un groupe de muscles, des formes associées à une maladie de Huntington, à une maladie de Parkinson, et l'amyotrophie spinale scapulopéronière, qui correspond à un syndrome de Stark-Kaeser ; parmi les formes distales, plutôt de transmission sporadique (alors que les atteintes proximales sont de transmission autosomique récessive), celles s'intégrant dans le cadre de la maladie de Charcot-Marie mais s'en différenciant par l'absence de troubles sensitifs et d'anomalies des nerfs périphériques, tant sur le plan clinique qu'électrophysiologique et histologique.
Rare, d'évolution très lente, l'amyotrophie bulbospinale progressive de Kennedy, surtout proximale, liée à l'X, est secondaire à une anomalie du bras long du chromosome X dans la région Xq 21 3-q 12, contenant le récepteur aux androgènes. Il s'agit d'une amplification du triplet CAG. À l'amyotrophie, s'associent une gynécomastie, parfois un diabète et/ou une atrophie testiculaire.

Syn. neuropathies motrices héréditaires

aniridie, colobome irien, SMN1 gene, SMN2 gene

[H1,I4,Q2]

Édit. 2017

ASA (classification) l.f. sigle angl. pour American Society of Anesthesiologists.

ASA physical status

Cotation en cinq classes des patients devant subir une anesthésie, proposée par l’American Society of Anesthesiologists.
Classe 1 : patient en bonne santé.
Classe 2 : patient atteint d’une maladie générale modérée.
Classe 3 : patient atteint d’une maladie générale grave mais non invalidante.
Classe 4 : patient atteint d’une maladie générale mettant en jeu le pronostic vital.
Classe 5 : patient moribond qui ne survivrait pas 24 heures sans l’intervention, dont le résultat est aléatoire.
Cette cotation, très utilisée en anesthésiologie, est basée sur l’évaluation clinique du patient et la limitation par la maladie de ses activités dans la vie courante. La lettre U est ajoutée au numéro de la classe si l’intervention est réalisée en urgence.
Les catégories ASA sont assez bien corrélées aux risques péri-opératoires liés au patient et au type de chirurgie. Par contre, cette catégorisation est moins performante dans la prévision du risque anesthésique proprement dit qui, la plupart du temps, est indépendant de l’état du patient, mais lié à une défaillance humaine ou technique.

atrophie cérébrale l.f.

cerebral atrophy

Ensemble des affections dégénératives diffuses ou circonscrites atteignant les neurones du cortex cérébral.
Elle se caractérise par un aspect grêle des circonvolutions avec élargissement des sillons et des scissures. À cette atrophie corticale s'associe souvent une atrophie sous-corticale avec dilatation ventriculaire.
En sont exclus : les leucodystrophies, affections primitives de la gaine de myéline et non des neurones ; plus largement, un concept volumétrique global, réunissant des lésions d'étiologies diverses.
De façon schématique, on distingue au sein de ces affections dégénératives du cortex cérébral :
- les atrophies corticales isolées (maladie d'Alzheimer, maladie de Pick, démence frontotemporale, démence sénile) ;
- les atrophies corticales associées à des dégénérescences d'autres niveaux du névraxe (maladie de Creuzfeldt-Jakob, chorée de Huntington, sclérose latérale amyotrophique) ;
- des affections rares et de classification discutable (atrophie tardive à forme amaurotique de type Heidenhain dans la maladie de Creutzfeldt-Jakob, démence thalamique dégénérative, etc.).

Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture

bartonellose n.f.

bartonellosis

Maladie due à des bactéries intracellulaires du genre Bartonella (famille des Bartonellaceae).
Les principales bartonelloses humaines sont la fièvre des tranchées (due à B. quintana), la péliose hépatique (à B. henselae), l'angiomatose bacillaire (à B. quintana et B. henselae), la maladie des griffures de chat (à B. henselae) et la maladie de Carrion (à B. bacilliformis). Lorsqu'autrefois Bartonella bacilliformis était la seule espèce connue pour être pathogène pour l'Homme, le terme bartonellose désignait ipso facto la seule maladie de Carrion (sous la forme de fièvre de La Oroya ou de verruga péruvienne). Le diagnostic des bartonelloses repose sur la clinique et le contexte épidémiologique. Des examens biologiques peuvent le confirmer : sérologie (immunofluorescence indirecte, immunoenzymologie), isolement du germe (du sang, de pus ganglionnaire, d'une biopsie de lésion cutanée, cardiaque ou hépatique) ou encore détection par PCR. Les traitements reposent généralement sur une antibiothérapie prolongée par macrolides, cyclines, rifampicine, … suivant les cas.

Bartonella, maladie de Carrion, fièvre de La Oroya, verruga péruvienne, péliose hépatique, angiomatose bacillaire, fièvre des tranchées, maladie des griffures du chat

Édit. 2017

myocardiopathie secondaire l.f.

secondary cardiomyopathy

Maladie du myocarde avec dysfonction cardiaque satellite d'une affection antérieure touchant un autre organe ou tissu.
Elles sont très diverses et on peut citer parmi elles : l’amylose cardiaque, les myocardiopathies des affections musculaires (maladie de Duchenne de Boulogne, maladie de Landouzy-Dejerine, myopathies diffuses, maladie de Steinert) ; les myocardiopathies des affections nerveuses (maladies de Friedreich, de Strümpell-Lorrain et d’autres plus rares), les myocardiopathies des maladies de système (sarcoïdose, sclérodermie, lupus érythémateux, dermatomyosite, périartérite noueuse, etc.), les myocardiopathies du postpartum (syndrome de Meadows).

G. B. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1858) ;  N. Friedreich, anatomopathologiste allemand (1863) ; E. von Strümpell, médecin interniste allemand (1880) ; L. Landouzy et J. Dejerine, médecins français, membres de l'Académie de médecine (1885) ; M. Lorrain, médecin français (1898) ; H. Steinert, médecin interniste allemand (1909) ; W. R. Meadows, médecin cardiologue américain (1957)

Étym. gr. mus, muos : muscle, souris ; kardia : cœur; pathos : souffance, maladie

Syn. myocardiopathie secondaire

myocardiopathie, Duchenne (dystrophie musculaire progressive de), Landouzy-Déjerine (myopathie facioscapulohumérale de), amylose cardiaque, Steinert (maladie de), Friedreich (ataxie de), Strümpell-Lorrain (maladie de), arcoïdose, sclérodermie, lupus éryth

[H1,I4,K2]

Édit. 2018

Chikungunya (virus)

Chikungunya (virus)

Virus à ARN du genre Alphavirus (famille des Togaviridae) entraînant, chez l'Homme, une maladie aiguë fébrile avec de violentes polyarthralgies, tableau évoquant la dengue.
L'infection par ce virus est caractérisée par un début brutal avec fièvre, frissons, céphalées, photophobie, adénopathies, rash, nausées, vomissements, asthénie et surtout intenses arthralgies inflammatoires. La maladie dure, le plus souvent, de 5 à 7 jours dans les cas bénins mais des douleurs articulaires invalidantes peuvent persister plusieurs semaines ou mois (voire années). Au cours d'épidémies récentes survenues hors du continent africain, des complications plus ou moins sévères ont été observées, susceptibles de conduire au décès : manifestations hémorragiques (épistaxis, gingivorragies), insuffisance respiratoire, méningo-encéphalite, hépatite aiguë, décompensation cardio-vasculaire. Une infection survenant lors d'une grossesse peut entraîner une transmission materno-fœtale du virus (risque de méningo-encéphalite chez le nouveau-né).
Le virus a été isolé du sang d’une malade en Tanzanie en 1953. Très répandu dans toute l'Afrique sub-saharienne et en Asie (sous-continent indien et Asie du Sud-est), le virus Chikungunya sévit par épidémies pouvant toucher des milliers ou dizaines de milliers de personnes, en milieu rural comme en milieu urbain. Il a donné lieu à une vague épidémique dans les îles de l'Océan Indien en 2005-2006. En Europe, à la suite de l'implantation d'Aedes albopictus, une émergence du virus Chikungunya fut observée en Italie (Emilie-Romagne) en 2007 et des cas isolés ont été contractés en France ; le risque d'une endémisation en Europe méditerranéenne ne peut être écarté. Le virus a également étendu son aire de répartition à l'Océanie en s'implantant en Nouvelle Calédonie. En Afrique, le virus Chikungunya infecte surtout des singes, réservoirs naturels. Il est transmis par des moustiques du genre Aedes. Les vecteurs responsables de la transmission à l'Homme sont Ae. aegypti et Ae. albopictus.
Que ce soit pour désigner le virus ou la maladie, on ne doit pas dire « le Chikungunya » ou encore moins « la Chikungunya ». Pour désigner ce virus, on doit dire "virus Chikungunya" et pour l'infection ou la maladie, on doit parler d’ « infection à virus Chikungunya".
étym. : origine swahili : "qui entraîne une posture courbée", (secondaire à l'intensité des arthralgies)

Abrév. internationale : chik

[D1]

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