Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2019

86 résultats 

érythème lupique l.m.

lupic erythema

Manifestation cutanée la plus fréquente et la plus caractéristique du lupus érythémateux disséminé.
L’érythème cutané lupique est soit localisé au visage où il a une disposition caractéristique en ailes de papillon (vespertilio) ou en morsure de loup (lupus), soit périphérique et alors fait de lésions banales à type de papules érythémateuses disséminées sur les bras et les jambes, laissant place, à sa disparition, à des zones de dépigmentation. Aux doigts, les lésions prennent un aspect érythématosquameux respectant la peau située en regard des articulations.

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau 

lupus érythémateux disséminé

[J1,N3]

Édit. 2018 

érythème marginé aberrant de Marfan l.m.

Marfan’s absurd erythema

Éruption habituellement d'origine médicamenteuse faite de plaques érythémateuses plus ou moins ortiées, à disposition circinée, s'agrandissant en périphérie tandis que leur centre pâlit puis disparaît.
Il s'agit en fait d'une variété symptomatique d'urticaire.

A. B. Marfan, membre de l'Académie de médecine et H. Lemaire, pédiatres français (1907)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

urticaire

[J1,F3,G3]

Édit. 2018 

érythème marginé de Besnier l.m.

erythema marginatum of Besnier

Éruption cutanée érythématopapuleuse non prurigineuse observée au cours du rhumatisme articulaire aigu.
L'éruption siège sur le tronc, les fesses et la racine des membres. L'extension se fait de manière centrifuge et les plaques peuvent confluer. Les lésions apparaissent en quelques heures et la pression les fait disparaître. Survenant à la phase précoce de la maladie, elles sont souvent associées aux atteintes cardiaques.

E. Besnier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1831-1909)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

rhumatisme articulaire aigu

[J1,D1,K1]

Édit. 2018 

érythème marginé discoïde de Besnier l.m.

erythema annulare rheumaticum

Éruption cutanée siégeant sur le tronc, formée de plaques érythémateuses arrondies s'étendant de manière centrifuge avec une bordure périphérique plus marquée et réalisant un aspect clinique d'érythème annulaire centrifuge.
Elle apparaît assez rarement, et d'une façon fugace, au cours de certaines crises graves de rhumatisme articulaire aigu.

E. Besnier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1831-1909)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

Syn. érythème annulaire rhumatismal, érythème marginé rhumatismal

[J1,D1,K1]

Édit. 2018 

érythème mercuriel l.m.

erythema induced by exposure to mercury

Secondaire à l'application de pommades ou de désinfectants contenant du mercure, érythème d'apparition brusque,  rouge-vermillon, parfois ponctué de points hémorragiques, disposé en nappes sur les plis, les faces latérales du cou, la région périombilicale et les flancs, sur lequel surviennent secondairement de très petites pustules blanc-laiteux se rompant en quelques jours pour laisser des croûtelles.
L'évolution, le plus souvent bénigne, se fait vers la formation d'une pigmentation résiduelle; quelques rares formes peuvent s'accompagner d'une néphrite mercurielle, surtout lorsque des préparations contenant du mercure et de l'iode ont été appliquées simultanément. La manipulation, professionnelle ou non, de mercure a pu être rendue responsable de certains cas d’érythème mercuriel.

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

[J1,G4]

Édit. 2018 

érythème morbilliforme l.m.

morbilliform eruption

Érythème en petites nappes non confluentes, non ou à peine en relief, laissant des intervalles de peau saine, dont la forme typique est la rougeole, mais s'observant également dans d'autres maladies éruptives virales telles que rubéole, HHV 6, entéroviroses et au cours d'allergies médicamenteuses.

Étym. gr. eruthêma : rougeur; lat. morbus : maladie

rougeole, rubéole, HHV 6

[J1,D1]

Édit. 2018 

érythème nécrolytique migrateur l.m.

necrolytic migratory erythema

Érythème migrateur rouge sombre et volontiers érosif, à évolution centrifuge et touchant de façon privilégiée les extrémités des membres, les régions périorale et périgénitale, représentant le signe clinique capital du glucagonome.
Le diagnostic différentiel se fait avec l'acrodermatite entéropathique. Le mécanisme physiopathologique en est discuté, mais il est probablement en rapport avec un déficit en acides aminés, zinc ou acides gras essentiels.

D. Wilkinson, dermatologue britannique (1971)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

acrodermatite entéropathique

[J1,L1,F2]

Édit. 2018 

érythème noueux l.m.

erythema nodosum

Forme typique d'hypodermite nodulaire aigüe débutant par un syndrome fébrile d'allure grippale qui précède l'apparition de nouures, douloureuses surtout lors de la station debout, chaudes, fermes, peu nombreuses, mesurant de un à quatre centimètres, et siégeant sur les faces d'extension des jambes et des genoux, moins souvent sur les cuisses et les avant-bras.
L’histologie montrerait une péricapillarite à polynucléaires neutrophiles au début, enrichie plus tardivement d’un infiltrat lymphohistiocytaire. 
L'évolution se fait vers la disparition des nouures, spontanée ou sous traitement ; chaque élément passe par les teintes de la biligénie locale et disparaît sans séquelles. Les récidives sont fréquentes. Alors qu'autrefois l'érythème noueux était considéré comme une manifestation de la primo-infection tuberculeuse, les causes en sont actuellement nombreuses : sarcoïdose, yersiniose, suspectée en cas de syndrome pseudoappendiculaire précédant les nouures, infection à streptocoque bêta hémolytique, évoquée devant l'existence d'une angine précédant l'éruption cutanée, médicaments (aspirine, anti-inflammatoire non stéroïdien, œstroprogestatif), infection à Chlamydiae, maladie des griffes du chat, tuberculose, poussées de rectocolite hémorragique ou de maladie de Crohn, etc. Le traitement est celui de la cause.

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

[J1,D1,N3]

Édit. 2018 

érythème noueux lépreux l.m.

erythema nodosum leprosum

Complication immunologique aigüe, appartenant aux réactions lépreuses de type 2, survenant exclusivement chez des patients lépromateux, assimilée au phénomène d'Arthus ou maladie à immuns complexes, qui apparaît généralement sous traitement antibacillaire et est plus rarement inaugural.
A l'érythème noueux lépreux caractérisé par la survenue dans un contexte fébrile de nombreux nodules dermohypodermiques, chauds, douloureux, évoluant durant 3 à 4 jours, pouvant atteindre n'importe quel point du tégument, il s'associe souvent des névrites aigües, des arthralgies ou des arthrites et plus rarement une iridocyclite, une orchiépididymite, une glomérulonéphrite.
Les récidives sont fréquentes. Histologiquement, il correspond à une vasculite leucocytoclasique plus ou moins intense au sein d'un infiltrat lépromateux. Le traitement de choix est le thalidomide. Il peut être également traité par antiinflammatoires non stéroïdiens ou corticothérapie générale. La prévention des récidives repose sur la prise de clofazimine.

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

réaction lépreuse de type 2

[J1,D1,F3]

Édit. 2018 

érythème ortié atrophiant de Pellizzari l.m.

Pellizzari’s atrophying ortie erythema

C. Pellizari, dermatologue italien (1884)

anétodermie de Pellizzari

[J1]

Édit. 2018 

érythème pellagroïde l.m.

pellagroid erythema

Érythème ressemblant à celui observé dans la pellagre, mais avec très peu ou pas de troubles digestifs et neuropsychiques.
Beaucoup plus fréquent, il se rencontre quand il existe une carence en vitamine PP par perturbation du métabolisme du tryptophane : dénutrition, éthylisme, syndromes de malabsorption intestinale, prise médicamenteuse p. ex. INH, hydantoïne, chloramphénicol, tétracycline, tumeurs carcinoïdes, etc.

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau ; discuté : 1) lat. pellis : peau ; aegra : maladie. 2) lat. pellis agria : grossière. 3) lat. pellis; gr. agra : affection ; eidos : en forme de, ressemblance

pellagre

[J1,R2]

Édit. 2018 

érythème pernio l.m.

perniosis, chilblain

engelure

[J1]

Édit. 2018 

érythème pigmenté l.m.

fixed drug eruptions

Ensemble de plaques érythémateuses et œdémateuses récidivant au même point à chaque fois qu'un médicament est administré de nouveau et quelle que soit la voie d'administration de ce dernier.
C'est la plus typique des éruptions médicamenteuses

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

[J1,F3,G3]

Édit. 2018 

érythème pigmenté fixe l.m.

pigmented drug induced erythema

Seule éruption spécifiquement médicamenteuse, caractérisée par la survenue brutale de lésions d'abord érythémato-œdémateuses, se recouvrant secondairement de bulles, évoluant vers une pigmentation séquellaire, pouvant atteindre n'importe quelle zone du tégument et réapparaissant en quelques heures au même endroit à chaque fois que le malade reprend le médicament responsable.
Les médicaments le plus souvent responsables sont les cyclines, les sulfamides antibactériens, les antipyrétiques et antalgiques, certains laxatifs, etc. Le traitement repose sur l'identification du produit responsable et sur son éviction.

L. Brocq, dermatologue français (1856-1928)

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

Syn. toxidermie pigmentée, antipyrinide de Brocq

[J1,F3,G3]

Édit. 2018 

érythème polymorphe l.m.

erythema multiforme

Dermatose souvent récidivante caractérisée par des lésions cutanées érythémateuses, œdémateuses et vésiculobulleuses isolées ou associées et parfois par des lésions muqueuses bulleuses et érosives, et que l'aspect histologique ainsi que l'absence dans les lésions de dépôts d'auto-anticorps ont permis de séparer d'autres dermatoses bulleuses.
On décrit trois formes cliniques.
Dans la forme papuloérythémateuse, « mineure », les lésions, de petite taille, ont un aspect en cocarde avec une bordure papulo-érythémateuse et un centre violacé parfois prévésiculeux réalisant l' « érythème iris », et prédominent au dos des mains et des avant-bras, aux coudes, au cou et au visage; les lésions muqueuses sont rares.
Dans la forme vésiculo-bulleuse, « intermédiaire », les lésions sont plus polymorphes, à type de cocardes à centre vésiculobulleux correspondant à l' « herpès iris » de Bateman, et/ou de lésions bulleuses sur des placards papulo-œdémateux ou en peau saine, réalisant l'hydroa bulleux de Bazin, et sont fréquemment associées à des lésions muqueuses buccales.
Dans la forme « majeure » ou « sévère », encore appelée syndrome de Stevens-Johnson, les lésions muqueuses, à type de bulles rapidement rompues et d'érosions, prédominent, atteignant la muqueuse buccale, oculaire et parfois génito-urétrale.
Des signes généraux et pulmonaires sont fréquents. L'image histologique la plus typique, observée dans les lésions bulleuses est une bulle sousépidermique dont l'épiderme, constituant le toit, présente de nombreuses nécroses kératinocytaires. L'évolution et le pronostic dépendent de la forme et de l'étiologie. Les formes mineures, le plus souvent liées à une infection herpétique et parfois à une prise médicamenteuse (sulfamides ou naguère barbituriques), guérissent en 2 à 4 semaines mais récidivent souvent à chaque poussée d'herpès ou prise du médicament. Dans les autres formes, surtout d’origine médicamenteuse ou infectieuse autre qu’herpétique (p. ex. infection à Mycoplasma pneumoniae), le plus souvent, la guérison survient en deux à quatre semaines. Mais dans des formes sévères, la mort est possible. À long terme, le pronostic est dominé par les séquelles muqueuses : cécité, sténose. Le traitement de la poussée d'érythème polymorphe repose sur les soins locaux, la prévention des surinfections et la correction des désordres hydro-électrolytiques.

F. von Hebra, Ritter, dermatologue autrichien (1860)

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

Syn. érythème exsudatif multiforme (von Hebra)

[J1,D1,G3]

Édit. 2018 

érythème polymorphe gravidique l.m.

multiforme erythema of pregnancy

Dermatose de la grossesse associant macules, papules et vésicules et mêmes bulles sur un fond érythémateux.
Ces éléments se groupent en cercle concentrique siégeant avec prédilection à la face d'extension des membres ainsi qu'à la face et à la nuque. Prurit et brûlure qui accompagnent sont modérés. S'ajoutent aux lésions cutanées des lésions muqueuses génitales et digestives. La guérison survient au bout de 4 semaines environ. Certaines formes ne rétrocèdent qu'après l'accouchement et certaines récidivent aux grossesses ultérieures.

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

[J1,O3]

Édit. 2018 

érythème réticulé avec mucinose l.m.

reticular erythematous mucinosis (REM syndrome)

Forme particulière de mucinose touchant le plus souvent la femme entre 20 et 50 ans.
L'éruption est constituée de petits éléments maculo-papuleux qui restent isolés ou se groupent pour donner un aspect réticulé, siégeant habituellement à la partie médiane de la poitrine ou du haut du dos. Il n'y a pas d'atteinte viscérale. L'association à des dysthyroïdies ou à des cancers viscéraux a été décrite dans de rares cas. Les antipaludiques de synthèse constituent le traitement le plus régulièrement efficace.

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

Sigle ERM

[J1]

Édit. 2018 

érythème réticulé des chaufferettes l.m. 

erythema ab igne

érythème a calore

[J1,E2]

Édit. 2018 

érythème roséoliforme l.m.

roseola like eruption

Érythème en petits éléments arrondis, réguliers, bien limités, rose pâle, parfois à peine surélevés, observé au cours de la syphilis secondaire, correspondant alors à la roséole, et au cours de viroses et de toxidermies.

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau ; lat. roseus : rose

syphilis secondaire, toxidermie

[J1,D1]

Édit. 2018 

érythème scarlatiniforme l.m.

scarlatiniform exanthema

Erythème en grandes nappes confluentes sans intervalle de peau saine, accompagné d'une sensation de cuisson et évoluant vers la desquamation, dont la forme typique est la scarlatine, mais qui s'observe également dans les septicémies à streptocoques, le choc toxique staphylococcique, la scarlatine staphylococcique, la maladie de Kawasaki et certaines allergies médicamenteuses.

T. Kawasaki, pédiatre japonais (1967)

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

scarlatine, Kawasaki (maladie de)

[J1,D1,F3]

Édit. 2018 

érythème « toxi-allergique » du nouveau-né l.m.

toxi-allergic erythema of the neonate

Eruption d'étiologie inconnue qui survient vers le 3ème ou 4ème jour de vie, formée de maculopapules érythémateuses, de pustules de quelques millimètres de diamètre.
Elle est généralisée en respectant les paumes et les plantes. Chaque lésion dure en moyenne 48 heures et des éléments nouveaux peuvent apparaître jusqu'au 15ème jour.

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

[J1,F3,O1]

Édit. 2018 

érythème néonatal  toxique l.m. 

toxic erythema

Eruption néonatale, transitoire, bénigne, touchant 30 à 40% des nouveau-nés, dont les lésions, rares à la naissance, apparaissent le plus souvent à partir du 3ème jour et disparaissent en deux semaines, sont à type de macules érythémateuses plus ou moins pustuleuses et respectent les paumes et les plantes; les pustules sont stériles et sont remplies de polynucléaires éosinophiles.
Une hyperéosinophilie sanguine est souvent notée. Il n'y a pas de traitement.

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

Syn. érythème toxiallergique, érythème toxique néonatal

mélanose pustuleuse néonatale transitoire

[J1,F3,O1]

Édit. 2018 

érythème toxique gravidique l.m.

toxic erythema of pregnancy

Erythème polymorphe de la grossesse couvrant l'abdomen.

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

rash toxique gravidique

[J1,O3]

Édit. 2018 

Gammel (érythème de) l.m.

J. A. Gammel, dermatologiste américain (1952)

erythema gyratum repens

Lane (érythème de) l.m.

Lane's palmar erythema

J. E. Lane, dermatologiste américain (1929)

érythème palmaire ou palmo-plantaire,

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