Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

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Mycobacterium

Mycobacterium

Genre de bactéries de la famille des Mycobacteriaceae
Il s’agit de bacilles droits ou un peu incurvés, immobiles, aérobies, dont la paroi est pouvue de structures lipidiques, conférant une résistance à la décoloration par les acides et les alcools, mise en évidence par la coloration de Ziehl-Neelsen (bacilles acidoalcoolorésistants).
Le genre Mycobacterium comporte de nombreuses espèces, classées en trois groupes :
- les mycobactéries du complexe tuberculeux : Mycobacterium tuberculosis, découvert par Robert Koch en 1882, Mycobacterium bovis et Mycobacterium africanum, agents de la tuberculose et le bacille de Calmette et Guérin (souche de Mycobacterium bovis à virulence atténuée, utilisée comme vaccin antituberculeux : BCG),
- Mycobacterium leprae (bacille de Hansen), agent de la lèpre,
- les mycobactéries « atypiques », elles-mêmes divisées en sous-groupes en fonction de leur vitesse de croissance en culture et de leur pigmentation en présence de lumière (bactéries photochromogènes) ou indépendamment de celle-ci (bactéries scotochromogènes). Les principales espèces sont M. avium, agent de la tuberculose aviaire, M. chelonae, M. fortuitum, M. gordonae, M. kansasii, M. marinum, M. scrofulaceum, M. ulcerans, M. xenopi.

R. Koch, bactériologiste allemand, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1905 (1882); L. Calmette et J. M. Guérin biologistes français, membres de l'Académie de médecine (1924)

Étym. gr. mukês, mukêtos : champignon ; baktêria : bâton

Mycobacteriaceae, coloration de Ziehl-Neelsen, Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovisn Mycobacterium africanum, bacille de Calmette et Guérin, Mycobacterium leprae, mycobactéries « atypiques »

[D1]

Édit. 2018

Mycobacterium leprae

Mycobacterium leprae
Bactérie classée parmi les mycobactéries atypiques à parasitisme intermacrophagique obligatoire, particulière par son tropisme pour la peau et les nerfs périphériques et constituant le principal agent responsable de la lèpre,
Bacille acido-alcoolo-résistant, M. leprae est coloré en rouge fuchsia par la coloration de Ziehl-Neelsen et apparaît comme un bâtonnet de 0,3 m de large, de 1 à 8 m de long, à extrémités arrondies. Lorsqu'il est coloré de façon uniforme, on parle de forme homogène, viable et contagieuse; coloré de façon fragmentée, il correspond à une forme granuleuse, non viable. Sa structure chimique et antigénique est connue : il possède un antigène spécifique qui le distingue des autres mycobactéries, le glycolipide phénolique 1. Il est classiquement recherché dans les frottis du mucus nasal et du suc dermique du lobule des oreilles et des lésions cutanées. Le nombre de bacilles vus en microscopie optique après coloration de Ziehl-Neelsen permet de déterminer l'index bactériologique selon l'échelle logarithmique de Ridley ; le pourcentage de bacilles homogènes colorés uniformément constitue l'index morphologique. Présent en faible nombre dans les formes tuberculoïdes, le bacille de Hansen est retrouvé en très grand nombre et dans de très nombreux tissus dans les formes lépromateuses.
Cette bactérie, qui n'est pas cultivable, infecte également certains animaux, en particulier les tatous en Amérique, mais aussi, peut-être, chez les écureuils en Grande Bretagne et en Irlande.

A. Hansen, anatomopathologiste norvégien, membre de l'Académie de médecine (1873)

Syn. bacille de Hansen, bacille de la lèpre

globi, lèpre, Virchow (cellule de), Mycobacterium lepromatosis

Mycobacterium tuberculosis

Mycobacterium tuberculosis
Bacille aérobie de la famille des Mycobacteriaceae, acido-alcoolo-résistant, responsable de la tuberculose humaine.
L’Homme est le réservoir de ce bacille ; la contamination s’effectue le plus souvent par voie aérienne à partir d’un patient bacillifère. La précarité ou une immunodépression favorisent la survenue d’une tuberculose. Après la primo-infection, M. tuberculosis persiste à l’état quiescent dans les macrophages et peut être réactivé ultérieurement, provoquant alors une tuberculose pulmonaire, méningée, ostéoarticulaire, rénale, etc. Dans 5 p. 100 des cas, la primo-infection se complique d’une dissémination du bacille par voie sanguine à l’origine d’une miliaire pulmonaire avec ou sans méningite ou autres localisations (péritonite, érythème noueux, polyadénopathies, etc.).
Dans toutes les formes de tuberculose le diagnostic de certitude est apporté par la mise en évidence de M. tuberculosis, avant toute antibiothérapie, à partir de prélévements choisis en fonction du tableau clinique : examen direct (coloration de Ziehl-Neelsen), amplification génique par PCR ; Les cultures sur milieux enrichis (Löwenstein-Jensen, etc.) poussent lentement en trois ou quatre semaines.
M. tuberculosis est généralement sensible à la streptomycine, à l’isoniazide, à la rifampicine, à la pyrazinamide, à l’éthambutol mais de plus en plus de souches sont résistantes à un ou plusieurs antituberculeux.

R. Koch, médecin bactériologiste allemand, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1905 (1882)

Syn. bacille de Koch, bacille tuberculeux