Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2018

23 résultats :

aide alimentaire l.f.

food aid

A l’intérieur d’un système de protection sociale, secours alimentaire qu’une collectivité territoriale, une organisation privée assurent aux personnes dénuées de ressources.
Dans les relations internationales, secours planifié ou non, rémunéré ou non, qu’un pays accorde pour une durée plus ou moins longue, à un autre privé de ressources alimentaires suffisantes du fait d’une circonstance exceptionnelle : séisme, sécheresse, etc.

[E1]

Édit. 2017 

allergie alimentaire à la banane l.f.

food allergy to banana

Allergie due à une fraction allergénique contenue dans la banane, détruite par le chauffage.
Des IgE spécifiques antibananes ont pu être mis en évidence. L'allergie à la banane peut être rencontrée chez des sujets allergiques au latex.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3, R2]

Édit. 2017 

allergie alimentaire à l’œuf l.f.

hen egg allergy

Allergie à l’un des éléments constitutifs de l’œuf, essentiellement à l’ovalbumine du blanc d'œuf, un antigène majeur partiellement dénaturé par le chauffage.
Elle constitue la plus fréquente des allergies de l’enfant de moins de 3 ans, toucherait 1-2% des enfants d’âge préscolaire, commence à disparaître dans plus de la moitié des cas entre 3 à 5 ans, mais peut persister au-delà et jusqu’à l’âge adulte. Elle se manifeste surtout sous forme d’une dermatite eczémateuse ou urticarienne, parfois de troubles digestifs, d’œdème de Quincke voire d’un choc anaphylactique ; des signes respiratoires (rhinite, asthme) sont possibles, particulièrement chez les enfants plus âgés.
L’ovalbumine (186 aminoacides) qui constitue 64% du blanc de l’œuf est la protéine la plus fréquemment en cause, mais d’autres protéines du blanc (ovomucoïde...) et même du jaune, peuvent expliquer l’allergie. Celle-ci est ordinairement croisée entre œuf de poule et œuf de caille mais non avec l’œuf de cane. La tolérance de l’œuf cuit est possible. Des tests cutanés et les dosages d’IgE spécifiques peuvent être utiles au diagnostic et l’évaluation pronostique lors de l’évolution.
Il n’y a plus de contre-indication aux vaccinations courantes (rougeole, oreillons, rubéole..) du fait de l’éviction des protéines de l’œuf dans la préparation des vaccins, au moins en France. En principe l’œuf de poule doit être exclu de l’alimentation, en sachant qu’il est présent dans de nombreuses préparations alimentaires industrielles (la mention en est obligatoire sur les emballages). En milieu spécialisé et sous surveillance existent des possibilités d’immunothérapie par voie orale.  

[F3, R2]

Édit. 2017 

bol alimentaire l.m.

alimentary bolus, food bolus

Masse, grossièrement sphérique, de substance molle résultant de l’agglutination par la langue et la salive des particules alimentaires, produites par la mastication et prête à être déglutie.

bol

Édit. 2017

chaîne alimentaire l.f.

Succession d’espèces végétales et animales dont chacune se nourrit de la précédente.
Par exemple, herbe, vache et homme constituent une chaine alimentaire.
L’une des caractéristiques de ces chaines peut être la bioaccumulation qui fait que d’espèces en espèces, certains toxiques qui ne sont pas éliminés, se transmettent et se concentrent jusqu’à atteindre des taux dangereux pour la santé.

[E]

colorant alimentaire l.m.

food dye

Substance colorante introduite dans de nombreuses denrées alimentaires pour les rendre plus conformes aux habitudes, plus attractives et plus appétissantes.
Les colorants naturels et surtout les colorants de synthèse jouent un rôle important aussi bien en allergie alimentaire que dans certains accidents médicamenteux. L'industrie alimentaire consomme par ex. plus de 100 tonnes par an de tartrazine. Les colorants alimentaires peuvent être allergisants. Ils pourraient jouer un rôle dans 3 à 10% des urticaires chroniques.

[G3]

complément alimentaire l. m.

food supplement

Produit destiné à être ingéré en complément de l’alimentation courante afin de pallier l’insuffisance réelle ou supposée des apports journaliers (décret du 15 avril 1996).
Selon la directive européenne de 2002 (article 2) et le décret du 20 mars 2006, les compléments alimentaires constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique ; ils sont seuls ou combinés et commercialisés sous forme de doses destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité. Présentés sous des formes de gélules, comprimés, tablettes… ces produits se rapprochent insidieusement des médicaments.
Ils doivent répondre aux conditions administratives relatives aux denrées alimentaires en ce qui concerne la sécurité, la loyauté des informations aux consommateurs, etc.

[R2]

déchet alimentaire l.m.

food waste

Déchet résultant de l’utilisation par l’Homme des produits de son alimentation.
Aux déchets sont d’origine naturelle, végétale ou animale, ou industrielle comme les emballages en métal, verre, carton, etc. biodégradables on non.

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

déchet générateur de nuisance

denrée alimentaire l. f.

food stuff

Toute substance ou produit, transformé, partiellement transformé ou non, destiné à être ingéré ou raisonnablement susceptible d’être ingéré par l’être humain (règlement 1924/2006).
Cette définition englobe les boissons et toute substance intégrée intentionnellement dans les denrées alimentaires au cours de leur fabrication, de leur préparation et de leur traitement

eau destinée à un usage alimentaire l.f.p.

Eau de distribution publique, eau des fontaines réfrigérantes, eaux conditionnées utilisées comme boisson et pour la préparation des aliments

[C1, E1]

Édit. 2018

eaux destinées à un usage alimentaire l.f.p.

water intended for a food use

Eau de distribution publique, eau des fontaines réfrigérantes, eaux conditionnées utilisées comme boisson et pour la préparation des aliments.

[E1]

Édit. 2018

fausse route alimentaire l.f.

C. L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946)

Mendelson (syndrome de), fausse route, fausse route de déglutition

[P1]

Édit. 2018

hygiène alimentaire l.f.

food hygiene

1) Partie de la médecine qui se consacre à la qualité sanitaire, microbiologique et toxicologique des aliments.
2) Ensemble des normes permettant d’assurer et de renforcer l’innocuité des aliments en vue de leur consommation par l’homme.
Elle s’intéresse à tous les aspects de la production à la consommation, en passant par la récolte, le traitement, le stockage, la distribution et la préparation. Elle porte également sur les causes possibles de toxicité (facteurs physiques, chimiques ou microbiologiques). Son contrôle est assuré par les services de l’Etat, les
directions départementales des affaires sanitaires et sociales, les services vétérinaires et le service de la répression des fraudes.

Étym. gr.Hugiéia : fille d’Asclépios

iléus alimentaire l.m.

food obstruction, food ileus

Occlusion intestinale mécanique provoquée par un corps étranger d'origine alimentaire (fragment d'os, noyau de fruits, accumulation de fibres, bézoard).

Étym. gr. eileos : iléon, partie enroulée de l'intestin (eilein : enrouler)

interdit alimentaire l.m.

food prohibition

Interdiction de la consommation d’un aliment particulier, faite autoritairement, sans ou avec justification médicale.
1) Le tabou peut s’imposer à un groupe de personnes, à une collectivité, à un groupe ethnique, pour des raisons religieuses, éthiques, traditionnelles : p ex. interdiction du porc, du poisson, des boissons fermentées, etc. L’interdit peut être permanent, ou limité à certaines périodes, certains jours, etc.
2) Régime alimentaire restrictif imposé à un malade par un médecin p. ex. le régime sans sel.
3) Interdiction d’aliments que se fait à soi-même une personne, p. ex. dans un but d’amaigrissement

diète

intolérance alimentaire non organique l.f.

non-organic food intolerance

Ensemble de réactions subjectives plus imprécises et fluctuantes que celles d'une intolérance organique.
L’intolérance organique, allergique, est mieux admise par le patient et les siens en raison de son origine exogène. Une épreuve de provocation alimentaire en double insu reste l'investigation la plus sûre de cet effet nocebo.
Une psychogénèse exclusive ne peut être retenue. En dehors d'une affection psychiatrique caractérisée, une relation médicale globale, "sur mesure", établie si possible par le généraliste, à type dominant d'éclaircissement et de soutien, doit être associée à des traitements symptomatiques adaptés.
Malgré la persistance de nombreuses questions, s'impose une démystification des courants qui étendent à l'excès l'effet allergique des substances alimentaires, valorisant les "produits naturels".

colopathie fonctionnelle

intoxication alimentaire l.f.

food poisoning

Ensemble des accidents provoqués par des substances toxiques ou des agents infectieux apportés par l'alimentation.
Les intoxications d'origine microbienne, de loin les plus fréquentes, sont provoquées par la contamination des aliments par des Salmonelles, le Staphylocoque doré, le Clostridium perfringens ; d'autres germes comme Escherichia coli, le vibrion cholérique, Yersinia enterocolitica, diverses espèces de  Shigella, Clostridium botulinum ont été mis en cause. Certains champignons sont également responsables d’intoxications alimentaires. Les symptômes sont les conséquences de la production d'une toxine par le germe ou directement en rapport avec l'action du microorganisme sur la muqueuse digestive. La durée de la période d'incubation de quelques heures dépend du microorganisme en cause. Les manifestations des intoxications alimentaires doivent être distinguées de celles des intolérances alimentaires liées à une réaction anormale de l'organisme à des substances normalement contenues dans les aliments : intolérance au glutamate, allergie digestive, intolérance au lactose etc.
Syn .toxi-infection alimentaire

champignons, champignons (accidents précoces par ingestion de), champignons (accidents tardifs par ingestion de)

microbiologie alimentaire l.f.

food microbiology

Partie de la microbiologie qui étudie les micro-organismes pour leur utilisation dans la fabrication de produits et additifs alimentaires et leur rôle dans l'altération des aliments et les intoxications alimentaires.

ration alimentaire l.f.

daily food ration

Ensemble des substances qui doivent être ingérées quotidiennement pour assurer l'entretien et la croissance de l'organisme.

régime alimentaire l.m.

diet

1) Ensemble des aliments que consomme une personne ou un groupe de population.
2) Plus souvent : règles particulières concernant la consommation d’aliments ou de boissons, généralement prescrites par un médecin et destinées aux besoins d’un individu dans des conditions physiologiques ou pathologiques déterminées.
P. ex. régime amaigrissant, régime hypocalorique, régime désodé, régime apurinique, régime équilibré.

toxi-infection alimentaire l.f.

alimentary toxiinfection, alimentary toxicosis

Affection consécutive à l'absorption d'aliments contaminés par diverses bactéries pathogènes ou par leur toxines : Salmonella (S. enterica sérotypes enteritidis, typhimurium, etc.), Clostridium botulinum, Clostridium perfringens de type A, Shigella, Escherichia coli entérotoxinogènes, entéropathogènes, entérohémorragiques, Yersinia enterocolitica, Vibrio parahæmolyticus, Bacillus cereus, Staphylococcus aureus, Listeria monocytogenes.
Les aliments contaminés sont variés (crèmes, gâteaux, viandes préemballées, volailles, œufs, jambon, charcuterie, lait en poudre, poissons crus, etc.).
Les salmonelles sont la cause de la toxi-infection dans 80% des cas. Elle a le plus souvent un caractère collectif (famille, collectivité scolaire, restaurant d'entreprise, banquets, etc.). L'incubation est variable, très courte pour le staphylocoque (1 à 6 h), moyenne pour le B. cereus et le C. perfringens, plus longue pour les salmonelles (24 h). Les signes cliniques sont digestifs, associant nausées, vomissements, pesanteurs abdominales et surtout diarrhée hydrique, plus rarement sanglante (syndrome dysentérique), avec ou sans fièvre. Le botulisme (conserves domestiques, charcuteries) donne un tableau clinique très différent (sécheresse des muqueuses, paralysies nerveuses). Il faut craindre les conséquences de la déshydratation. Le diagnostic se fait par la coproculture.

botulisme, froid (conservation des aliments par le)

toxi-infection alimentaire collective l.f.

collective alimentary toxiinfection

Toxi-infection alimentaire définie par l’apparition d’au moins deux cas caractérisés par une symptomatologie digestive (gastroentérite ou syndrome dysentérique) dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire.
Elle entraîne une enquête épidémiologique rigoureuse et fait partie des maladies à déclaration obligatoire.

Sigle TIAC

vanillisme alimentaire l.m.

food vanillisme

Intoxication alimentaire provoquée par l’ingestion de glaces et crèmes vanillées caractériseé par une diarrhée, des vomissements, des crampes musculaires.
Il s’agit d’une allergie immédiate mais une toxi-infection alimentaire doit aussi être éliminée.