Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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cystite bilharzienne l.f.

bilharzial cystitis

Désigne à la fois les manifestations fonctionnelles de l'atteinte vésicale de la bilharziose urogénitale et notamment la cystite hématurique douloureuse, et l'ensemble des lésions de la paroi vésicale induites par cette parasitose due à Shistosoma haematobium.
Ces lésions sont inflammatoires, très spécifiques, calcifiées, parfois pseudotumorales, liées à la migration des œufs du parasite à travers la paroi vésicale. L’aspect bigarré de ceux-ci et leurs âges différents, liés à la répétition des pontes et à la durée de l'infestation, ne laissent aucun doute diagnostique en cystoscopie.

Shistosoma haematobium, bilharziose urinaire

[M3,D1]

glomérulopathie bilharzienne l.f.

 bilharzial glomerulopathy

Glomérulonéphrite d'origine bilharzienne marquant exceptionnellement l'évolution des divers types de schistosomiases (S. mansoni, japonicum, hæmatobium).
Elle est liée à l'existence de complexes immuns entraînant protéinurie, hématurie, syndrome néphrotique et éventuellement insuffisance rénale. Ce sont des glomérulonéphrites membranoprolifératives.
Dans le cas de la bilharziose à Schistosoma hæmatobium, il peut y avoir de façon concomitante des lésions inflammatoires et scléreuses de la voie excrétrice, de degré variable, susceptibles de participer à l’atteinte de  la fonction rénale par les facteurs obstructifs et infectieux qu'elles entraînent.

Syn. glomérulonéphrite bilharzienn

néphropathie bilharzienne l.f.

shistosomiases (manifestations rénales des)

sclérose bilharzienne l.f.

bilharzial sclerosis

Transformation fibreuse des parois de la voie excrétrice urinaire, succédant au stade inflammatoire cellulaire et liée à la migration tissulaire des œufs de Schistosoma haematobium, épaississant, rigidifiant ces parois et altérant leur pouvoir contractile.
Elle est ainsi responsable d'obstacles du haut appareil et de la perte de capacité vésicale.

cystite bilharzienne, urétérite bilharzienne

urétérite bilharzienne l.f.

bilharzial ureteritis

Lésions inflammatoires et scléreuses provoquées au sein de la paroi urétérale par la migration des œufs de Schistosoma haematobium.
Ces lésions chroniques aboutissent à un épaississement de la paroi urétérale, à une dilatation et une hypertrophie du conduit et surtout à une ou plusieurs sténoses. Elles sont diffuses ou segmentaires, plus fréquentes et importantes sur l'uretère pelvien et juxtavésical. Susceptibles de détruire le rein sus-jacent, elles nécessitent une chirurgie réparatrice et parfois un remplacement urétéral par iléo-urétéroplastie, totale ou partielle.

urétérite, Schistosoma haematobium

cystite n.f.

cystitis

Syndrome clinique et biologique associant pollakiurie, douleurs uréthrale et vésicale et pyurie.
Due à l'inflammation de la muqueuse vésicale, la cystite peut être aigüe ou chronique, microbienne ou purement inflammatoire, parfois hémorragique.

[M3]

cystite à éosinophiles l. f.

cystitis with eosinophil polymorphonuclears

Entité mal définie associant un syndrome cystalgique à la présence d’éosionophiles dans les biopsies de muqueuse vésicale.
Un mécanisme immuno-allergique a été évoqué et paraît disposer de cas singuliers le justifiant. Il n’existe aucun traitement spécifique.

cystite allergique

[M3]

cystite aigüe l.f.

acute cystitis

Inflammation aigüe de la paroi vésicale, cause de symptômes mictionnels souvent intenses : douleurs sus-pubiennes et mictionnelles, pollakiurie, impériosités allant parfois jusqu'à la fuite urinaire, hématuries inconstantes, urines troubles et malodorantes révélant la pyurie.
Les cystites aigües microbiennes sont les plus fréquentes. Les germes en cause sont t divers tels : E. coli, Proteus, autres entérobactéries, entérocoque. La femme et la fillette sont plus souvent concernées. L'origine de l'infection se situe souvent dans la sphère gynécologique, parfois intestinale ; la voie d'infection dite "ascendante" est la plus fréquente. La cystite aigüe primitive est une affection bénigne, ne nécessitant qu'un court traitement anti-infectieux. Mais toute répétition doit déclencher une recherche étiologique, dans le haut ou le bas appareil : corps étrangers, lithiase, tumeur, obstruction aigüe ou chronique, congénitale ou acquise, lésions pelviennes de voisinage (sigmoïdite diverticulaire p. ex.).
Il existe également des cystites aigües non microbiennes, inflammatoires, de causes plus imprécises : troubles vasomoteurs pelviens, allergie, affection de voisinage, agression chimique (chimiothérapie p. ex.).

[M3]

cystite allergique l.f.

allergic cystitis

Manifestation allergique de la muqueuse vésicale prenant l'aspect clinique et endoscopique d'une cystite aigüe.
Les tests cutanés ne sont généralement d'aucun secours dans l'identification de l'allergène, et l'origine allergique de cette cystite inflammatoire est plus souvent une hypothèse qu'une certitude. Un très grand nombre de polynucléaires éosinophiles dans l'urine en est parfois la marque évocatrice. Les allergènes digestifs et les gelées spermicides ont été les plus souvent incriminés.

Syn. cystite à éosinophiles

cystite aigüe

[M3,F3]

cystite chronique l.f.

chronic cystitis

Inflammation chronique de la paroi vésicale, infectieuse ou non, se traduisant cliniquement par des signes d'instabilité vésicale (pollakiurie, douleurs, impériosités) très variables dans le temps, et anatomiquement par une infiltration inflammatoire puis scléreuse de la paroi qui peut conduire à la perte de la capacité fonctionnelle.
Les causes bactériennes semblables à celles des cystites aigües sont les plus fréquentes. La tuberculose était fréquente. Il est des causes parasitaires (bilharziose urogénitale) ou inflammatoires non spécifiques, d’autres d’origine thérapeutique (chimiothérapie, cyclophosphamide, radiothérapie). Un aspect fonctionnel ou psychosomatique doit parfois être pris en considération.

cystalgie, cystite bilharzienne, cystite interstitielle, cystite tuberculeuse, petite vessie, cystite radique

[M3]

cystite en plaques l.f.

malacoplasia

malacoplasie

[M3]

cystite gangréneuse l.f.

gangrenous cystitis

Variété de cystite aigüe grave due habituellement à une infection à anaérobies.
Elle associe un syndrome infectieux général sévère à la purulence des urines, avec présence de gaz dans la cavité vésicale ; les lésions pariétales vont de la nécrose muqueuse au sphacèle complet de la paroi vésicale avec suppuration périvésicale, éventuellement fistulisation dans un organe creux voisin (côlon, rectum, vagin).

[M3,D1]

cystite hématurique l.f.

hemorrhagic cystitis

Cystite aiguë s'accompagnant d'hématurie.
L'hématurie est terminale et douloureuse. Toute cystite aigüe infectieuse peut être source de saignement, mais il peut s'agir également de cystite purement inflammatoire (cystite hématurique des périodes menstruelles p. ex.). En dehors de l'infection, la cystite hématurique peut s'inscrire dans le cadre d'une vessie radique ou postchimiothérapique.

cystite aigüe, hématurie terminale

[M3]

cystite incrustée l.f.

Encrusted cystitis

Cystite aigüe dont la particularité est l'apparition de concrétions calcaires adhérant à la muqueuse vésicale.
L'infection en cause est habituellement due aux corynébactéries.

[M3]

cystite interstitielle l.f.

interstitial cystitis

Maladie probablement auto-immune du collagène, atteignant avant tout la femme d'âge moyen, provoquant la fibrose de la paroi de la vessie avec perte consécutive de la capacité vésicale.
Le symptôme dominant en est la pollakiurie. Il n'y a pas de critères diagnostiques spécifiques, cliniques ou anatomopathologiques (la paroi fibreuse est infiltrée de mastocytes et de lymphocytes). De nombreux traitements sont proposés : distension vésicale hydrostatique, instillation endovésicale de diverses substances, corticothérapie associée aux anticholinergiques, aucun ne donne des résultats satisfaisants, et l'intensité des troubles peut conduire à l'entérocystoplastie de remplacement.

[M3,N3]

cystite postchimiothérapique l.f.

post chemotherapy hemorrhagic cystitis

Ensemble de lésions de la muqueuse vésicale induites par certaines chimiothérapies (cyclophosphamide), source d'hématuries récidivantes parfois très abondantes.
Le traitement est habituellement difficile. Outre l'arrêt du toxique, il peut nécessiter formolisation ou alcoolisation endovésicales, alun de potassium endovésical, réfrigération de la vessie par irrigation continue, ou embolisation des artères vésicales.

[M3,F2]

cystite radique l.f.

radiation cystitis

Modification pathologique de la structure de la paroi vésicale consécutive à une irradiation (p. ex. radiothérapie pour tumeur vésicale, tumeur du col de l'utérus, de la prostate ou du rectum).
Les symptômes peuvent apparaître plusieurs mois après la fin de l'irradiation : pollakiurie par irritation pariétale puis réduction de la capacité vésicale, hématuries, surinfection. En endoscopie la muqueuse vésicale apparaît pâle avec télangiectasies, hémorragies sous muqueuses et parfois ulcérations. Le traitement est difficile et purement palliatif, pouvant aller jusqu'à la dérivation urinaire.

[M3,F2]

cystite tuberculeuse l.f.

tuberculous cystitis

Forme autrefois fréquente de cystite chronique et révélatrice d'une tuberculose urogénitale, elle se caractérisait par sa résistance à toutes les thérapeutiques anti-infectieuses usuelles et par une pyurie aseptique.
Elle peut aboutir à des lésions vésicales définitives, inflammatoires puis scléreuses, déformant le réservoir et en diminuant la capacité fonctionnelle, lésions dont la forme extrême est la "petite vessie".

[M3,D1]