Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2020

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anesthésie par inhalation l.f.

inhalation anaesthesia

Administration d'un mélange anesthésique gazeux par les voies respiratoires.
L'anesthésique volatil inhalé va dans les alvéoles d'où il est capté par le sang capillaire pulmonaire et distribué dans la circulation générale. Sa fixation, sa distribution et son élimination pulmonaire sont régies par la ventilation et la circulation, ils dépendent aussi des propriétés physicochimiques et du métabolisme éventuel de l'anesthésique.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

système anesthétique

[G1]

Édit. 2017

bronchopathie obstructive d'inhalation l.f.

obstructive bronchopathy of inhalation

C. L. Mendelson, médecin cardiologue et obstétricien américain (1946)

Mendelson (syndrome de)

Édit. 2017

fièvre d'inhalation l.f.

inhalation fever

Fièvre consécutive à l'inhalation d'agents minéraux ou d'organismes variés, spontanément résolutive.
Les fièvres d'inhalation ont surtout été décrites après inhalation d'oxydes métalliques (fièvre des métaux) mais peuvent aussi être consécutives à l'inhalation de polymères fluorés (fièvre des polymères), de poussières organiques contenues dans les humidificateurs ou les systèmes de climatisation. Les mécanismes en cause ne sont ni infectieux, ni allergiques.

[E2]

Édit. 2018

inhalation n.f.

inhalation

Respiration par le nez des vapeurs d’eau contenant des substances médicamenteuses volatiles.

Étym. lat. inhalare : souffler

fumigation

[G3,G5,K1,P1]

Édit. 2017

inhalation amniotique l.f.

amniotic inhalation

Aspiration de liquide amniotique dans les alvéoles pulmonaires du fœtus qui se produit au cours de l’accouchement et entraîne un syndrome de détresse respiratoire néonatale.
L’inhalation amniotique se produit surtout en cas d’accouchement avec souffrance fœtale qui provoque des mouvements respiratoires vigoureux et répétés du fœtus causes de l’inhalation. Le liquide amniotique très agressif pour le surfactant endo-alvéolaire déclenche une pneumopathie par inhalation avec détresse respiratoire et images radiographiques caractéristiques. Si la souffrance fœtale est très grande, il se produit en plus des contractions violentes du colon avec expulsion de méconium dans le liquide amniotique, cette inhalation surajoutée de méconium comportant un risque majeur de complications nerveuses graves.

Étym. lat. inhalare : souffler

inhalation d'un corps étranger chez l'enfant l.f.

foreign body inhalation and emergency in children

Passage d'un corps étranger, obstruant plus ou moins les voies aériennes supérieures ou les bronches, responsable, en règle, de détresse respiratoire.
Il se traduit par le syndrome de pénétration : brusquement l'enfant, qui avait un objet ou un aliment dans la bouche (ce qui a pu passer inaperçu), étouffe dramatiquement et cherche de l'air désespérément. Il ne pleure ni ne crie, mais porte la main à son cou tout en faisant de très violentes secousses inefficaces de toux. Cela peut aussi tourner court et la situation semble redevenir normale. Mais on constate souvent une dyspnée avec des signes de lutte. La dyspnée peut être uniquement inspiratoire avec tirage et cornage, traduisant un obstacle laryngé. Purement expiratoire, avec des sibilances, ces signes orientent vers un siège bronchique ou «bronchiolaire». Lorsque la dyspnée porte sur les deux temps de la respiration l'obstacle est localisé entre le cricoïde et les grosses bronches.
En cas de détresse grave avec une gêne purement inspiratoire il est possible de chercher à expulser le corps étranger par deux ou trois tapes violentes dans le dos, l'enfant étant placé en procubitus, tête en bas. Sinon l'extraction peut être faite à la pince sous laryngoscopie. Faute de mieux, une trachéotomie ou la pose d'une ou deux grosses aiguilles dans la trachée cervicale permettent de sauver l'enfant de l'asphyxie. Les manœuvres coincer le corps étranger au niveau du cricoïde. Une intubation trachéale refoulant le corps étranger dans une externes d'expulsion sont contre-indiquées quand la dyspnée se manifeste surtout à l'expiration, car elles peuvent grosse bronche permet de sauvegarder provisoirement une ventilation acceptable.
Si le corps étranger est passé au-delà de la carène, l'enfant peut présenter secondairement un tableau clinique moins inquiétant mais l'existence d'un syndrome de pénétration doit être recherchée avec insistance devant un pneumothorax, un emphysème sous-cutané, une dyspnée asthmatiforme, une atélectasie ou une infection localisées.
Dans tous les cas, même si tout semble être redevenu normal, une endoscopie s'impose, en urgence s'il y a asphyxie, sinon dans les heures qui suivent. Elle réclame un opérateur entraîné, un bronchoscope oxygénateur et un jeu de pinces d'extraction adaptées afin de rétablir la liberté des voies aériennes. Après l'extraction, un contrôle endoscopique soigneux doit être fait.
Un volumineux corps étranger œsophagien peut induire une dyspnée en comprimant la face postérieure de la trachée qui se laisse déprimer.
Étant donné le risque de fausse route il ne faut pas laisser des cacahouètes ou objets analogues à la portée des jeunes enfants et, avant l'âge de trois ans, il est interdit d'administrer des comprimés ou gélules sans les écraser ou les vider au préalable.

H. J. Heimlich, médecin américain (1975)

Étym. lat. inhalare : souffler

asphyxie, dyspnée laryngée, Heimlich (manœuvre d'), inhalation (syndrome d')

inhalation (syndrome d') n.m.

inhalation syndrome

Syndrome causé par l'aspiration dans les voies aériennes de régurgitations ou d'un corps étranger.

Étym. lat. inhalare : souffler

inhalation d'un corps étranger chez l'enfant, Mendelson (syndrome de)

pneumopathie d'inhalation l.f.

inhalation pneumopathy

Mendelson (syndrome de)

préparation pour inhalation l.f.

Préparation galénique (infusion, extrait ou alcoolature) utilisée pour une inhalation.

infusion , extrait, alcoolature, inhalation

[G3]

Édit. 2017

pneumonie n.f.

pneumonia

Inflammation aigüe du parenchyme pulmonaire d'origine infectieuse se manifestant sous la forme de foyers multiples ou d’un foyer unique.
Elle peut être définie par :
- la nature de l'agent causal (bactérien, viral, fongique, parasitaire) ; le pneumocoque est la bactérie la plus fréquemment en cause et la plus souvent responsable de décès précoces ;
- sa topographie dans le poumon : systématisée (lobaire ou segmentaire, multilobaire) ou non systématisée ;
- ses caractéristiques histologiques : alvéolaire, interstitielle ou alvéolo-interstitielle.
La pneumonie est la première cause de mortalité par maladie infectieuse dans le monde. Elle peut être communautaire ou nosocomiale.
Le terme "pneumopathie" est réservé aux inflammations non infectieuses du tissu pulmonaire. Il est parfois utilisé à tort pour celui de pneumonie, par transposition du terme "pneumopathy" des auteurs américains.

pneumonie abcédée l.f.

abscessed pneumonia

Foyer de suppuration unique, parfois multiple, collecté dans une cavité néoformée, creusée dans un parenchyme pulmonaire sain par une inflammation aigüe non tuberculeuse.
La forme la plus fréquente est une infection pulmonaire à Klebsiella pneumoniae observée volontiers chez l'alcoolique ou sur un terrain affaibli. L'évolution se fait rapidement vers la nécrose et l'abcédation. D'autres entérobactéries peuvent être en cause, Escherichia coli, Proteus, Enterobacter, etc. Ces formes abcédées sont d'autant plus graves que les germes n'ont pas été isolés et leur sensibilité aux antibiotiques n'a pas été étudiée.

Syn. pneumonie suppurée, pneumopathie abcédée

abcès du poumon, suppuration pulmonaire, pneumonie nécrosante, pneumopathie d'aspiration

pneumonie alvéolaire l.f.

pneumonie lobaire aigüe

pneumonie à chlamydia pneumoniae l.f.

chlamydia pneumoniae infection

Infection respiratoire fréquente, survenant par petites épidémies sporadiques et donnant un tableau de pneumonie pseudovirale aiguë de type interstitielle.
L’isolement de l’agent est difficile. La sérologie permet un diagnostic rétrospectif. Chlamydia pneumoniae représenterait 10% des pneumonies communautaires.

pneumonie atypique l.f.

atypical pneumonia

Pneumonie communautaire atypique par la moindre sévérité des symptômes et des signes cliniques, par des opacités radiologiques non alvéolaires et non systématisées (atteinte hilifuge interstitielle localisée) et par l'absence de germes pathogènes identifiables par les méthodes usuelles.
Elle est surtout fréquente dans les premières décennies de la vie et a été longtemps synonyme de pneumonie à Mycoplasma pneumoniæ. Elle peut être due à n'importe quel micro-organisme à tropisme respiratoire, principalement Mycoplasma pneumoniæ, Chlamydia psittaci et Chlamydia pneumoniæ, Coxiella burnetti, Legionella pneumophila et des virus respiratoires.

pneumonie communautaire

pneumonie à cholestérol l.f.

pneumopathie à cholestérol

pneumonie à cytomégalovirus l.f.

Infection pulmonaire en rapport avec un virus à ADN, de la famille des Herpes viridae.
Elle est très grave chez l'immunodéprimé avec une mortalité approchant 90%.
Elle s'observe surtout au décours des transplantations d'organes et en particulier des greffes de moelle osseuse. Elle est plus rare au cours du SIDA. Le diagnostic biologique repose sur les cultures cellulaires, la biologie moléculaire, la sérologie.

pneumonie à éosinophiles l.f.

pneumopathie à éosinophiles

pneumonie à mycoplasma pneumoniae l.f.

mycoplasma pneumoniae infection, Eaton agent pneumonia
Infection respiratoire donnant un tableau de pneumonie atypique, survenant par petites épidémies à la saison froide chez l'enfant et l'adolescent.
Les signes objectifs sont pauvres. Il existe une infiltration interstitielle non systématisée des bases à l'examen radiologique. Le taux des agglutinines froides est élevé. L'isolement de l'agent est difficile. Une séroconversion avec IgM élevé témoigne d'une infection récente.

pneumonie caséeuse l.f.

caseous pneumonia

Atteinte tuberculeuse massive d'un lobe.
Décrite par Laennec, observée surtout chez l'adulte jeune, l'enfant et particulièrement le nourrisson, son tableau clinique ressemblait à celui d'une pneumonie lobaire à pneumocoques. Elle évoluait en deux phases :
1) foyer fermé, mais déjà précédé d'une période d'altération de l'état général. Le malade était prostré, adynamique. Radiologiquement, l'opacité lobaire avait des limites floues avec en périphérie, des opacités bronchopneumoniques non encore confluentes. Il existait déjà des petites plages claires au sein de l'opacité. À ce stade, on ne trouvait que quelques rares bacilles de Koch dans l'expectoration.
2) fonte caséeuse. Les bacilles de Koch fourmillaient. L'altération de l'état général s'accentuait encore. La présence d'un souffle tubocaverneux avec de gros râles trahissait l'excavation. Sur le cliché radiographique, on découvrait soit une excavation en masse, soit de petites excavations disséminées.
Elle est devenue exceptionnelle en France et s'observe actuellement de façon moins aigüe chez des malades en état de misère physiologique, en particulier les immigrés récents. Le traitement antituberculeux moderne, mis en route suffisamment tôt, permet d'obtenir la guérison et d'éviter la survenue d'hémoptysies foudroyantes, d'un pyopneumothorax, d'une bilatéralisation.

pneumonie charbonneuse l.f.

charbon pulmonaire

pneumonie chronique l.f.

chronic pneumonia

Pneumonie non résolutive après un mois d'évolution.
Évolution fréquemment observée au cours des pneumonies à Klebsielles traitées à l'aveugle.

pneumonie communautaire l.f.

community acquired pneumonia

Pneumonie contractée dans la population générale assimilée à une communauté, hors des structures de soins.
Les pneumonies communautaires s'opposent aux pneumonies nosocomiales contractées à l'hôpital, par leur symptomatologie plus souvent pneumonique que bronchopneumonique. Les microorganismes en cause sont : Streptococcus pneumoniæ, principal agent de ce type de pneumonie, Hæmophilus influenzæ, Mycoplasma pneumoniæ, Chlamydia pneumoniæ, Legionella pneumophila, le virus grippal. La prise en charge du diagnostic et du traitement est empirique, en raison des difficultés des examens microbiologiques à domicile. Elle donne pourtant un relatif meilleur pronostic que celui des pneumonies nosocomiales.
Autre dénom. pneumopathie communautaire

pneumonie d'aspiration l.f.

aspiration pneumonia

Pneumonie microbienne déclive survenue après fausse route et aspiration d'un embol septique.
La fausse route s'accompagne de l'aspiration d'un embol septique d'origine buccopharyngée (alcoolisme, comitialité, accident vasculaire, anesthésie, sonde nasogastrique, toxicomanie). Un mauvais état buccodentaire est un facteur aggravant reconnu. Les germes en cause les plus fréquents sont les anaérobies : peptostreptocoques, fusobacteriums et les bactéroïdes.

pneumonie de déglutition l.f.

deglutition pneumonia

Pneumonie due au passage d’aliments ou de sécrétions infectés dans les voies respiratoires.
Son étiologie est souvent plurimicrobienne, associant des bactéries aérobies et anaérobies.

Syn. pneumonie par aspiration

pneumonie des cracheurs de feu l.f.

pneumopathie des cracheurs de feu

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