Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2015

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épidermolyse staphylococcique aigüe l.f.

Ritter’s disease, dermatitis exfoliativa neonatorum, staphylococcal scalded skin syndrome (SSSS)

Atteinte cutanée grave due à une toxine, l’exfoliatine staphylococcique, qui est produite par un staphylocoque doré du groupe phagique II (lysotypes 71 et 55) à partir d’un foyer staphylococcique tel que impétigo ou ORL, et produisant un clivage intraépidermique dans la couche granuleuse.

Dans un contexte fébrile, elle réalise un décollement cutané plus ou moins étendu qui, bien que superficiel, pourrait avoir des conséquences gravissimes réalisant l’aspect de sujet ébouillanté. Les hémocultures sont négatives. Le signe de Nikolsky est positif. Elle atteint le plus souvent les enfants, correspondant alors à la maladie de Ritter-Lyell et, plus rarement, les adultes. C’est une urgence médicale qui nécessite antibiothérapie staphylococcique et réanimation.

G. Ritter von Rittershain, médecin austrohongrois (1878) (1820-1883); A. Lyell, dermatologue britannique (1956); P. Nikolskyi, dermatologue russe (1896)

Syn. SSSS (staphylococcal scalded skin syndrome), Ritter-Lyell (maladie de), Ritter von Rittershain (maladie de), Lyell staphylococcique (syndrome de), staphylococcie exfoliante, dermatite exfoliatrice des enfants à la mamelle

épidermophytie n.f.

epidermophytie

Atteinte de la peau glabre par des dermatophytes.

dermatophyte

Epidermophyton n.m.

Epidermophyton

En mycologie, genre regroupant des espèces de dermatophytes.

Une seule espèce anthropophile, Epidermophyton floccosum, est responsable d’une épidermophytie humaine.

dermatophyte

Epidermophyton floccosum n.m

Epidermophyton floccosum

Seul micromycète du genre Epidermophyton, responsable d’épidermophyties de la peau glabre, notamment d’eczéma marginé de Hebra.

Les cultures sont poudreuses ou duveteuses et se développent assez lentement en produisant un pigment vert. Microscopiquement, elles sont caractérisées par des fuseaux (macroconidies) à extrémité arrondie et à base d’implantation pointue, cloisonnés et groupés en "régime de bananes".

F. Ritter von Hebra, dermatologue autrichien (1816-1880)

eczéma marginé de Hebra, micromycète, macroconidie

épidermotest n.m.

epidermotest

test épicutané

épidermotropisme n.m.

epidermotropism

En histologie, migration au sein de l’épiderme d’un infiltrat cellulaire.

Par convention, ce terme s’applique plutôt à un infiltrat tumoral et caractérise les lymphomes épidermotropes: mycosis fongoïde, syndrome de Sézary, maladies de Woringer-Kolopp et de Ketron-Goodman. Il s’opposerait ainsi à l’exocytose où la migration intraépidermique est moins massive, plus individuelle et de nature inflammatoire.

F. Woringer, dermatologue et P. Kolopp, médecin français (1939); L.W. Ketron et M.H. Goodman, dermatologues américains (1931); A. Sézary, dermatologue français (1938)

lymphome épidermotrope

épididymectomie n.f.

epididymectomy

Ablation chirurgicale de l’épididyme.

Elle est indiquée dans les lésions infectieuses subaigües ou récidivantes de l’épididyme, et en particulier l’épididymite tuberculeuse, en vue de protéger le testicule d’une atteinte suppurative de contigüité. Elle interrompt définitivement une voie spermatique habituellement déjà obstruée par la maladie causale.

épididyme

épididyme (kyste de l’) l.m.

cyst of epididymis

Formation kystique arrondie liquidienne se développant dans la majorité des cas au niveau de la tête épididymaire.

Il s’agit d’une lésion bénigne, de type dysgénésique, développée aux dépens des canaux efférents. Il est souvent asymétrique, contient un liquide clair où l’on trouve des spermatozoïdes, et peut être cliniquement confondu avec une hydrocèle. Seul un volume important fonctionnellement gênant ou inesthétique incite à l’exérèse chirurgicale de la poche kystique.

épididyme

épididyme (tumeur adénomatoïde de l’) l.f.

adenomatoïd tumour of the epididymis

Tumeur bénigne rare de l’épididyme, la plus fréquente des tumeurs primitives de cet organe.

Son origine est incertaine. Elle peut envahir l’interstitium du rete testis.

Son traitement est l’épididymectomie.

épididyme

Syn. adénofibrome épididymaire, mésothéliome épididymaire.

épididymite n.f.

epididymitis

Inflammation aigüe ou chronique de l’épididyme, due à une infection spécifique ou non.

épididyme, épididymite aigüe, épididymite chronique

Étym. gr. epi : sur; diduma : testicule

épididymite aigüe l.f.

acute epididymitis

Inflammation aigüe de l’épididyme d’origine microbienne.

Les germes en causes peuvent être de deux types:

-soit il s’agit d’une infection sexuellement transmissible ( Neisseria gonorrheae ou Chlamydia trachomatis ) et l’épididymite apparaît comme la complication de l’uréthrite aigüe;

-soit s’il s’agit de germes non sexuellement transmissibles, habituellement les entérobactéries et tous les germes pyogènes, et l’épididymite apparaît alors comme la complication génitale de l’infection urinaire, favorisée parfois par une manœuvre locale instrumentale, radiologique ou endoscopique.

L’évolution est habituellement régressive sous antibiothérapie spécifique, associée à un traitement antiinflammatoire initial afin d’éviter l’obstruction de la voie spermatique qui peut en constituer une séquelle. Rarement elle évolue vers la suppuration, qui peut alors affecter le testicule ou se fistuliser à la peau scrotale, exigeant drainage chirurgical et éventuellement épididymectomie ultérieure. Elle peut aussi conduire à une épididymite subaigüe récidivante. Elle peut être associée à une prostatite.

épididyme

épididymite chronique l.f.

chronic epididymitis

Inflammation chronique de l’épididyme, habituellement d’origine microbienne ou parasitaire.

L’épididymite chronique non spécifique représente généralement le stade terminal irréversible d’une épididymite aigüe ou subaigüe récidivante; la sclérose post-infectieuse extensive réalise un épididyme induré et parfois douloureux, avec obstruction de la voie spermatique. Elle peut accompagner une prostatite chronique.

Les lésions spécifiques de l’épididymite chronique sont en rapport soit avec la tuberculose, soit avec la bilharziose urogénitale. Très semblable dans les deux maladies, l’aspect clinique est évocateur. La suppuration d’une épididymite tuberculeuse peut parfois conduire à l’épididymectomie en vue de protéger le testicule.

épididyme

épididymodéférentielle (anastomose) l.f.

epididymodeferentielle anastomosis

vaso-épididymostomie

épidurale (anesthésie) l.f.

epidural anesthetize

anesthésie péridurale

épidurite n.f.

epiduritis

Suppuration extradurale à l’étage rachidien, dans l’espace cellulo-adipeux situé entre le fourreau dural et les parois osseuses.

L’épidurite est proche d’un foyer vertébral de spondylodiscite ou d’un foyer extra-osseux, mais peut être également d’origine métastatique. Certaines formes sont abcédées, aigües ou subaigües; les formes chroniques sont plutôt le siège d’un granulome inflammatoire. Les germes en cause sont le plus souvent le staphylocoque, voire le bacille d’Eberth dans la fièvre typhoïde.

épidurite bactérienne l.f.

epidural abscess

Collection suppurée située dans le tissu cellulograisseux entre la face externe de la dure-mère et le canal rachidien.

Elle cause des douleurs rachidiennes graves qui apparaissent dans un contexte infectieux franc. L’épidurite s’accompagne rapidement de signes déficitaires (paralysies, etc.) qui orientent vers une compression médullaire. Le rachis est raide, la percussion de certaines épineuses est particulièrement douloureuse. Le diagnostic évoqué est confirmé par IRM.

Dans plus de la moitié des cas, le germe en cause est un staphylocoque doré qui peut avoir été introduit lors d’un geste traumatique touchant les méninges.

paraplégie, staphylococcie

épidurite cicatricielle périradiculaire l.f.

periradicular external pachymeningitis

Fibrose épidurale engainant les racines nerveuses.

Elle survient le plus souvent au décours d’une intervention chirurgicale rachidienne qui a abordé l’espace épidural.

épiétiocholanolone n.f.

epietiocholanolone

Isomère de l’étiocholanolone, formé à partir des androgènes gonadaux, éliminé en faible quantité dans l’urine, essentiellement sous forme sulfoconjuguée.

étiocholanolone

épigastralgie n.f.

epigastralgia

Douleur de la région abdominale haute et médiane en relation le plus souvent avec une lésion gastrique telle qu’un cancer ou un ulcère gastrique ou duodénal.

Elle peut traduire  un infarctus du myocarde.

épigastre n.m.

epigastrium, regio epigastrica, fossa epigastrica (TA)

epigastric region, epigastric fossa

Partie médiane et supérieure de la paroi abdominale antérieure.

C’est un terme très ancien de la nomenclature topographique de l’abdomen. Il est déjà mentionné par Hippocrate. La racine gastre est prise dans le sens général de ventre. L’épigastre ou ventre supérieur répond en profondeur à un estomac moyennement distendu et au lobe gauche du foie. Depuis Winslow et Boyer, de nombreux auteurs ont tenté de fixer les limites des différentes régions de la paroi abdominale antérieure. L’épigastre serait compris entre, en haut, la partie médiale des rebords chondrocostaux et, en bas, une ligne horizontale tendue entre l’extrémité antérieure des dixièmes côtes. Ces limites arbitraires ne reposent sur aucune donnée topographique précise. Abandonnée en anatomie topographique, cette nomenclature reste très utilisée par les cliniciens.

épigastrique adj.

epigastric

Relatif aux structures anatomiques qui occupent la portion médiane de la partie supérieure de l’abdomen comprise entre l’ombilic et le sternum, région latéralement encadrée par les hypochondres et correspondant en profondeur à l’estomac et au lobe gauche du foie.

épigastrique (artère) l.f.

epigastric artery

Artère de la paroi abdominale antérieure, branche de l’iliaque externe, dont l’intérêt chirurgical actuel est son utilisation possible comme autogreffon artériel dans les opérations de revascularisation coronarienne.

épigénétique adj.

epigenetic

Relatif à l’épigénèse.

Adjectif imprécis appliqué aux interactions entre le noyau et les constituants du cytoplasme qu’elles soient d’ordre génétique ou non.

épigénèse, environnement épigénétique, mémoire épigénétique

Étym. gr. epi: sur ; genesis: formation

épigénétique n.f.

epigenetics

Théorie selon laquelle des facteurs cellulaires ou extérieurs peuvent intervenir dans le développement d’un organisme en modifiant l’expression d’un programme génétique.

Primitivement ce terme, introduit par Waddington, correspondait, pour cet auteur, à l’étude des processus selon lesquels le génotype engendre le phénotype, expliquant le développement d’un organisme comme un réseau de voies dites créodes et d’embranchements conduisant à un résultat final précis (bouche, œil, membre, etc.). Ce réseau serait régi par un équilibre dynamique résultant des interactions géniques sous-jacentes. Cette théorie a été une tentative de représentation imagée de la génétique du développement.

Actuellement ce terme correspond à «l’influence de l’environnement cellulaire et physiologique sur l’expression des gènes» (INSERM) mais aussi  aux changements héritables du phénotype sans modification du génome. Ainsi est expliquée la multiplicité des phénotypes individuels comme chez les jumeaux homozygotes qui ont pourtant la même formule génique. Parmi les mécanismes en cause, on peut citer la méthylation de la molécule d’ADN et l’influence des protéines histones dans l’organisation spatiale du matériel génétique avec maintien de l’information au cours de la division cellulaire.

C.H. Waddington, biologiste, paléontologue, généticien et philosophe britannique, membre de la Royal Society (1942)

epigénèse

Étym. gr. epi: sur ; genesis: formation

épiglotte n.f.

epiglottis (TA)

epiglottis

Partie supérieure du cartilage épiglottique qui, recouverte de muqueuse sur ses deux faces, surplombe la glotte et fait saillie à la limite postérieure de la cavité buccale, en arrière de la langue.

C’est une lame aplatie d’avant en arrière, limitée en haut par un bord libre arrondi et légèrement échancré. Sa face antérieure, buccale, est revêtue de la muqueuse buccale; elle est concave de haut en bas et convexe transversalement; elle est rattachée à la base de la langue par les replis glosso-épiglottiques médian et latéraux, et au pharynx par les replis pharyngo-épiglottiques. Sa face postérieure ou laryngée est revêtue de la muqueuse laryngée; elle est convexe de haut en bas et concave transversalement; elle constitue la paroi antérieure du vestibule du larynx et dessine à sa partie inférieure le relief du tubercule épiglottique. Son bord supérieur est libre; il limite en avant l’orifice laryngé supérieur et se continue latéralement avec les replis aryténo-épiglottiques.

Au repos, l’épiglotte est inclinée en haut et en arrière; pendant le troisième temps de la déglutition, elle bascule en arrière pour obstruer l’orifice supérieur du larynx.

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