Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

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elliptocytose héréditaire l.f.

hereditary elliptocytosis

Maladie hémolytique familiale caractérisée par la présence d’elliptocytes dans le sang circulant, l’elliptocytose héréditaire étant transmise comme un caractère dominant: elle est bénigne chez les hétérozygotes et peut être grave chez les homozygotes ou les hétérozygotes composites.

L’incidence de cette maladie est de 2 à 5 / 10 000 personnes en Europe, mais elle est beaucoup plus élevée chez les sujets de race noire chez lesquels l’incidence atteint jusqu’à 1% de la population en Afrique équatoriale. Elle est due à des mutations portant sur les "têtes" des chaînes α ou ß de la spectrine; la gravité phénotypique dépend du type de mutation et de son retentissement sur l’équilibre tétramérique de la spectrine. Chez les sujets blancs, les elliptocytoses par mutation de la spectrine sont rares; les anomalies moléculaires se situent au niveau de la protéine 4.1[4.1] ou protéine anormale [4.1]. De rares elliptocytoses seraient dues à des anomalies de glycoprotéines membranaires.

elliptocytose, elliptocyte, ovalocytose

Étym. gr. ellipsis : ellipse

Ellis-Van Creveld (syndrome d’) l.m.

Ellis Van Creveld’s syndrome

Syndrome associant nanisme dysharmonieux avec anomalies osseuses et digitales, absence de dents, malformation cardiaque et colobome irien.

Il existe un léger retard mental. Au niveau du visage et de la bouche, il y a fusion de la lèvre supérieure à la gencive, éruption dentaire à la naissance et chute prématurée des dents. Au niveau osseux, il existe un raccourcissement des os longs des extrémités, une fusion de certains os du carpe, des doigts courts avec une polydactylie postaxiale, une dystrophie des ongles, et un genu valgum. Au niveau thoracique, existent une constriction thoracique et une malformation cardiaque par anomalie de la cloison. Au niveau des yeux strabisme, il peut exister colobome irien, cataracte, et anneau pigmenté péripapillaire. L’affection est autosomique récessive (MIM 225500).

R. Ellis, médecin britannique, S. Van Creveld, médecin néerlandais (1940)

nanisme, colobome irien, polydactylie

Syn. dysplasie chondroectodermique, dysplasie mésoectodermique, nanisme avec sixième doigt

Ellsworth-Howard (épreuve de) l.f.

Ellsworth Howard’s test

Épreuve ayant pour objectif de tester la réponse rénale à l’administration d’hormone parathy­roïdienne reposant sur la mesure, selon des critères standardisés, de l’excrétion urinaire des phosphates.

En cas de pseudo-hypoparathyroïdie l’injection hormonale n’induit aucune modification de l’excrétion phosphatée.

R. Ellsworth et J.E. Howard, physiologistes américains (1934)

pseudo-hypoparathyroidie, parathormone

Syn. épreuve à la parathormone

El Mahgoub (technique de) l.f.

El Mahgoub’s technique

Intervention où les ovaires sont transposés en avant du ligament large et dont l’objectif est d’assurer une stérilisation réversible .

S. El Maghoub, gynécologue égyptien (1978)

Elmslie (opération de) l.f.

Elmslie’s procedure

Déplacement médial de la tubérosité tibiale antérieure ( tuberositas tibiae ) détachée sans rompre complètement son pôle inférieur.

Indiquée dans le traitement des instabilités de la rotule ( patella ), isolément ou associée à d’autres gestes, comme la section de l’aileron latéral, la capsuloraphie médiale ou la transposition du muscle vaste interne ( vastus medialis ).

R.C. Elmslie, orthopédiste britannique ( 1870-1940); A.Trilliat, orthopédiste français (1964)

élongation n.f.

1) En pathologie musculaire:

strained muscle, elongation

lésion anatomique dans un massif musculaire, liée à un allongement excessif d’un muscle, soit par un effort trop répété ou prolongé, soit par un geste excédant son ampleur habituelle, provoquant une sensation douloureuse brutale.

R. Ellis, pédiatre anglais et S. Van Cuvelers, pédiatre néerlandais (1940)

déchirure, blessure, coup de fouet

2) En biochimié:

elongation

processus par lequel une chaîne de macromolécule est biosynthétisée dans la cellule, par des enchaînements successifs de protomères.

P. ex. un polypeptide est synthétisé sur un ribosome par addition d’acides aminés apportés par des ARNt grâce à des facteurs protéiniques appelés facteurs d’élongation EF.

initiation, terminaison, ADP-ribosylation

élongation musculaire (test de l’) l.m.

muscle elongation test

Test pratiqué sous anesthésie générale pour apprécier l’extensibilité du muscle oculomoteur.

Il peut être fait avant ou après désinsertion du muscle. Roth a décrit avec Rapp un myomètre permettant de mesurer avec plus d’exactitude l’extensibilité. Ce test permet de mieux moduler l’acte chirurgical.

élongation vertébrale l.f.

vertebral traction

Manœuvre thérapeutique manuelle ou instrumentale qui exerce sur le rachis une traction longitudinale, généralement associée à des gestes de torsion contrôlée.

Elsahy-Waters (syndrome de) l.m.

Elsahy Waters’ syndrome

Syndrome associant un retard mental, une dysmorphie faciale, une fusion des vertèbres cervicales et un hypospadias.

Le retard mental peut être accompagné d’épilepsie. Au niveau de la face il existe une hypoplasie maxillaire, un prognathisme mandibulaire, des kystes dentaires, un élargissement de l’arête du nez, une luette bifide et une fente palatine partielle. On trouve par ailleurs une fusion des 2 ème et 3 ème vertèbres cervicales, un pectus excavatum, et un hypospadias. Pour les yeux on peut observer un hypertélorisme, un ptosis, un strabisme divergent et un nystagmus. L’affection est autosomique récessive (MIM 211380).

N.I. El-Sahy et W.R. Waters, chirurgiens plasticiens américains (1971)

épilepsie, pectus excavatum, hypospadias, nystagmus, hypertélorisme

Syn. brachiosquelettogénital (syndrome), BSG syndrome

élution n.f.

elution

Remise en solution d’une substance adsorbée.

adsorption

élytrocèle n.m.

enterocele

Hernie congénitale ou acquise, du cul-de-sac de Douglas dans la cloison rectovaginale, pouvant glisser vers le vagin et la vulve.

Étym. gr. eluthron, vagin, et kêlê, hernie

élytroplastie n.f.

elytroplasty

Opération chirurgicale ayant pour but d’oblitérer les fistules qui font communiquer le vagin avec la vessie ou le rectum.

fistule vésicovaginale

élytrorragie n.f.

elytrorrhagia

Ecoulement de sang par le vagin.

élytrorraphie n.f.

elytrorrhaphy

Suture chirurgicale pratiquée dans le vagin.

élytrotomie n.f.

elytrotomy

Incision chirurgicale du vagin.

Syn. colpotomie

émaciation n.f.

emaciation

Maigreur accentuée due à la carence alimentaire ou à un processus pathologique grave.

émasculation n.f.

emasculation

Ablation complète des organes génitaux externes mâles.

Lorsqu’elle est chirurgicale, elle s’adresse presque exclusivement au traitement palliatif de tumeurs malignes du pénis ou intra-scrotales localement très évoluées.

Embadomonas intestinalis

Embadomonas intestinalis

Flagellé cosmopolite, de forme ovoïde, possédant deux flagelles partant d’un blépharoplaste accolé à la membrane nucléaire.

Hôte du gros intestin, ce protozoaire n’a pas de rôle pathogène connu

Syn. Retortamonas intestinalis

émail de la dent l.m.

enamelum dentis (TA)

enamel of teeth

Tissu dur et brillant recouvrant la dentine de la couronne de la dent.

Il renferme 97% d’éléments minéraux (apatites). Il est formé de prismes orientés plus ou moins perpendiculairement à la surface de la dent et présentant un trajet légèrement sinueux ou spiralé, ce qui donne, sur les coupes microscopiques, un aspect de faisceaux enchevêtrés. L’émail est sensiblement plus dur que la dentine et le cément.

embarrure  n.f.

embarrure, dish-pan fracture

En traumatologie, fracture de la voûte crânienne avec enfoncement de fragments osseux, le bord d’un fragment pouvant s’encastrer sous la berge osseuse adjacente, la table externe du ou des fragments passant sous la berge interne de la voûte.

Pouvant être fermée ou ouverte avec plaie du cuir chevelu, elle est consécutive à un choc important; elle est souvent associée à des lésions encéphalo-méningées sous-jacentes. Elle peut provoquer un hématome extradural en particulier dans la région temporale par lésion de l’artère méningée moyenne, un hématome  sous-dural, un œdème cérébral. Le scanner et l’IRM  précisent la localisation et l’importance des lésions. L’intervention chirurgicale est nécessaire pour redresser le ou les fragments, faire l’hémostase si nécessaire, explorer et traiter d’éventuelles  lésions cérébro-méningées.

embarrure du nouveau-né l.f.

newborn depressed fracture of the skull

Enfoncement «en balle de celluloïde » de la voûte crânienne du bébé, pouvant se produire après un accouchement traumatisant, notamment par l’emploi du forceps.

L’embarrure doit être levée dans les jours qui suivent l’accouchement pour éviter qu’elle ne laisse une cicatrice épileptogène. L’imagerie médicale permet de déceler un éventuel saignement intracrânien.

épilepsie, traumatisme obstétrical

Étym. vieux fr., terme de cavalier: fracture de côte du cheval contre une barre de stalle

embolectomie n.f.

embolectomy

Ablation thérapeutique d’un obstacle à la circulation, de nature embolique, dans une artère ou une veine.

Elle peut être réalisée chirurgicalement ou par un procédé de lyse interventionnelle utilisant une sonde à ballonnet (sonde de Fogarty). Elle représente souvent une urgence thérapeutique en raison des risques ischémiques entrainés par l’oblitération circulatoire.

T.J. Fogarty, chirurgien américain (1963)

embole , embolie, Fogarty (catheter de), ischémie aigüe des extrémités

Étym. gr. embolos: qui s’enfonce dans, qui est jeté dans; lat. embolus: piston d’une pompe

embolie amniotique l.f.

pulmonary amniotic embolism

Complication grave de l’accouchement causée par le passage de liquide amniotique dans la circulation pulmonaire de la mère.

Après un travail souvent difficile, cette complication de l’accouchement, de survenue soudaine et inexpliquée, est une « cause possible de mort naturelle ». Mais il existe des formes moins graves, parfois précédée d’un malaise général avec signes digestifs, toux et douleurs thoraciques, qui peuvent survenir quelques minutes après l’accouchement.

Les signes sont : cyanose, détresse cardiorespiratoire aigüe (dyspnée, toux, râles bronchiques), hypoxie grave avec hypocapnie et acidose métabolique, tachycardie, hypotension et, souvent, des signes de cœur pulmonaire aigu. Le tableau est celui d’un œdème pulmonaire lésionnel. On peut observer des signes nerveux et visuels: convulsions, trismus, hémiplégie, amaurose. La radiographie est le plus souvent normale.

embole, embolisation, cœur pulmonaire aigu, œdème aigu du poumon

Étym. gr. embolos: qui s’enfonce dans, qui est jeté dans; lat. embolus: piston d’une pompe; gr. amnion : vase pour recueillir le sang des sacrifices, membrane enveloppant le fœtus

embolie artérielle périphérique l.f.

systemic arterial embolism

Migration dans une artère de substances diverses aboutissant à l’occlusion du vaisseau à distance de l’origine de l’embole.

L’aorte, surtout les artères qui s’en détachent ou leurs branches sont concernées. L’embole est habituellement fibrinocruorique, parfois fibrinoplaquettaire, voire septique, gazeux, graisseux ou cholestérolique. Différentes origines du thrombus sont possibles : cardiopathie emboligène (p. ex. rétrécissement mitral compliqué de fibrillation auriculaire), matériel fibrinocruorique, voire fibrinoplaquettaire, détaché d’une plaque d’athérome développée sur la paroi de l’aorte ou d’une de ses branches. Parfois, une hémopathie ou une coagulopathie sont à l’origine de la formation du thrombus alors que l’artère ne présente aucune anomalie radiologiquement décelable.

L’embolie d’une artère d’un membre ou d’un viscère peut entrainer la gangrène par ischémie du membre ou l’infarctus du viscère. Un traitement thrombolytique ou la désobstruction chirurgicale à la sonde de Fogarty limite les conséquences et, si elle est pratiquée à temps, ils permettent d’éviter l’amputation du segment nécrosé.

L’embolie des artères rénales entraine une insuffisance rénale aigüe. L’embolie mésentérique mène à l’infarctus mésentérique. L’embolie cérébrale se complique d’une ischémie transitoire ou d’un infarctus cérébral.

T.J. Fogarty, chirurgien américain (1963)

embole, embolisation, Fogarty (sonde de), infarctus cérébral, thrombose, thrombolyse, ischémie aigüe des extrémités

Étym. gr. embolos: qui s’enfonce dans, qui est jeté dans; lat. embolus: piston d’une pompe

embolie cruorique l.f.

cruoric embolism, clot embolism

Oblitération aigüe d’un vaisseau artériel ou veineux, par un caillot sanguin circulant qui s’est détaché d’une lésion emboligène.

Appelé aussi fibrinocruorique, volontiers volumineux et peu friable en raison de la présence de fibrine, l’embole peut occlure des artères de gros calibre et causer des déficits neurologiques sévères et durables.

De telles embolies proviennent soit d’un thrombus cardiaque, associé à une fibrillation auriculaire, un infarctus du myocarde ou une anomalie valvulaire, soit du système veineux via une communication intracardiaque, plus rarement de lésions de vaisseaux cervicoencéphaliques.

T.J. Fogarty, chirurgien américain (1963)

embole, embolisation, Fogarty (sonde de), infarctus cérébral, thrombose, thrombolyse, ischémie aigüe des extrémités

Étym. gr. embolos: qui s’enfonce dans, qui est jeté dans; lat. embolus: piston d’une pompe

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