Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2015-2

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électrodiagnostic n.m.

electrodiagnosis

Recueil et analyse des réponses des nerfs et des muscles à la stimulation électrique (examen de stimulodétection) ou de façon spontanée, lors des mouvements volontaires ou involontaires (examen de détection).

L’examen de détection s’applique à l’étude des muscles.

Le terme d’électromyographie a remplacé par l’usage celui d’électrodiagnostic.

électroencéphalogramme (EEG) n.m.

electroencephalogram

Technique d’enregistrement des potentiels cérébraux recueillis sur le cuir chevelu, qui reste l’investigation fondamentale chez un épileptique, malgré ses imperfections et ses limites liées à la qualité du recueil du signal.

Des méthodes d’activation -hyperpnée, stimulation lumineuse intermittente-, pratiquées systématiquement pendant l’enregistrement, améliorent la qualité des informations. Les enregistrements de sommeil et après privation de sommeil sont souvent indispensables pour la mise en évidence d’anomalies paroxystiques, tout particulièrement chez l’enfant.

Les tracés prolongés avec enregistrement vidéo simultané permettent une étude des corrélations électrocliniques des crises.

L’enregistrement EEG par des méthodes traumatiques utilisant des électrodes soit intracrâniennes ("grids", "strips"), soit intracérébrales, utilisant la technique de la stéréo-électro-encéphalographie, n’est pratiqué que dans le cadre d’un bilan préchirurgical d’une épilepsie.

L’analyse mathématique du signal et la quantification de différents paramètres permettent la réalisation de cartographies, utilisables pour l’identification d’anomalies indiscernables à la lecture visuelle.

élecroencéphalographie, électroencéphalogramme et anesthésie, électro-encéphalogramme fœtal

électroencéphalogramme et anesthésie l.m.

electroencephalogram and anaesthaesia

Les modifications de l’électroencéphalogramme ont été proposées pour apprécier la profondeur de l’anesthésie et des essais d’asservissement de l’anesthésie (anesthésie automatique), jusqu’à présent ces essais n’ont pas été couronnés de succès.

La profondeur de l’anesthésie à l’éther ou au chloroforme modifie l’électroencéphalogramme (H. Berger 1933) ; un appareil d’anesthésie automatique asservissant l’administration de l’éther ou du thiopental à l’électroencéphalogramme a été présenté par Bickford (1950). Cet asservissement peut utiliser différents paramètres tirés de l’analyse des potentiels électriques cérébraux (fréquence, amplitude, répartition spectrale, etc.), ce qui demande des moyens infor­matiques importants, de telle sorte que cela freine la recherche et a fortiori l’utilisation clinique.

Quoi qu’il en soit l’aspect de l’électroencé­phalogramme en fonction de la profondeur de l’anesthésie dépend du type d’anesthésique administré. Mais aussi interviennent l’oxygénation du sang (PaO 2 ) et l’irrigation cérébrale, donc la pression artérielle et les résistances vasculaires au débit sanguin : cela complique le traitement des informations.

H. Berger, neuropsychiatre allemand (1873-1941); R.G. Bickford, neurophysiologiste américain (1950)

anesthésie (profondeur de l’), index bispectral, élecroencéphalographie

électro-encéphalogramme fœtal l.m.

fetal electroencephalogram

Enregistrement des potentiels électriques émanant de l’activité cérébrale fœtale.

Elle est possible par voie vaginale mais reste du domaine de la recherche clinique.

élecroencéphalographie

électroencéphalographie n.f.

electroencephalography

Enregistrement graphique, à l’aide d’électrodes placées sur le cuir chevelu, des activités électriques du cerveau.

On utilise pour cela des montages multiélectrodes. Les électrodes sont reliées deux par deux à un amplificateur dont l’amplitude varie de 10 microvolts à 1 millivolt et la fréquence de moins de 1 à 30 ou 50 Hertz. Les montages peuvent être monopolaires (chaque électrode étant reliée à une référence neutre) ou le plus souvent bipolaire. Le tracé enregistré, plus ou moins sinusoïdal, permet de mesurer les fréquences et les amplitudes; on peut ainsi distinguer quatre rythmes de signification différente (alpha, bêta, théta et delta) et des images paroxystiques (pointes, pointes-ondes, décharges lentes).

électroencéphalogramme, électro-encéphalographie fœtale, électroencéphalographie quantifiée, électroencéphalographiques (rythmes)

électro-encéphalographie fœtale l.f.

fetal electroencephalography

Technique d’enregistrement de l’électro-encéphalogramme du fœtus.

électro-encéphalogramme fœtal

électroencéphalographie quantifiée l.f.

EEG mapping, computarized EEG topography, EEG topogram

Technique de traitement informatique des spectres de signaux enregistrés par électroencéphalographie (EEG quantifié) et représentation pratique des puissances spectrales sous forme de cartes.

Cette exploration fonctionnelle de l’activité cérébrale corticale est utilisée en neurophysiologie, psychiatrie ou psychopharmacologie. Elle peut avoir des indications en épileptologie.

électroencéphalogramme

Syn. cartographie EEG

électroencéphalographiques (rythmes) l.m.p.

electroencephalogram rythms, waves

Variations périodiques des potentiels cérébraux, mieux caractérisées par leur fréquence que par leur amplitude, et dont les caractéristiques peuvent efficacement contribuer à un diagnostic.

Chez un sujet normal, le rythme α, qui occupe les deux tiers postérieurs du scalp, est constitué d’ondes sinusoïdales régulières d’une fréquence de 8-12 c/s et dont l’amplitude de 30 à 50 µV varie périodiquement pour former des bouffées ou des fuseaux. L’activité α apparaît surtout lors du repos sensoriel (yeux fermés) et de la détente intellectuelle. Elle est bloquée par l’attention visuelle (ouverture des yeux: réaction d’arrêt).

Enregistré sur les régions plus antérieures du scalp (régions rolandique et frontale), où il fait place au rythme α, le rythme β est plus rapide, supérieur à 14 c/s, et moins ample (5-10 µV). Il survient par bouffées ou en fuseaux.

Les régions temporales sont souvent occupées par le rythme θ, activité plus lente à 4-7 c/s et relativement ample.

Observé principalement en pathologie, le rythme δ comporte des ondes lentes de 0,5 à 3 c/s, souvent de fort voltage (plus de 100 µV), dont la répartition et la réactivité sont fonction du processus pathologique sous-jacent.

Au total, seront schématiquement distinguées les anomalies généralisées, sous forme de rythmes lents, désynchronisation, figures paroxystiques (pointes et pointes-ondes) bilatérales et synchrones, et les anomalies focales, comportant soit des signes dits de souffrance (rythmes lents δ ou θ), soit des figures paroxystiques. Sera également rappelé l’intérêt majeur de l’EEG dans l’épilepsie, pouvant montrer, entre les crises, un tracé normal ou des bouffées de pointes ou de pointes-ondes spontanément ou après stimulations.

En tout cas, le tracé EEG n’est pas spécifique d’une étiologie précise.

électroencéphalogramme

électrogastrographie n.f.

electrogastrography

Enregistrement des variations de potentiel électrique se produisant dans la musculature gastrique lors de la contraction de l’estomac

électroglottographie n.f.

laryngography

Méthode d’analyse, non sanglante, mesurant les variations de l’impédance électrique globale du cou, au niveau du larynx, créé par le contact des cordes vocales pendant la phonation.

électrohystérographie n.f.

electrohysterography

Enregistrement de l’activité électrique du muscle utérin gravide ou non.

En pratique, elle est réservée à la recherche clinique ou à l’expérimentation animale.

électrokymographie n.f.

electrokymographie

kymographie

électrologie médicale l.f.

medical electrology

Application de l’électricité au diagnostic (électro­diagnostic) ou au traitement (électrothérapie) de certaines affections.

électro­diagnostic, électrothérapie

électrolyse n.f.

electrolysis

Dissociation des molécules ionisables sous l’influence d’un courant électrique.

Les réactions chimiques qui se produisent au contact des électrodes sont des conséquences de la mobilisation des électrons.

électrons

électrolyte n.m.

electrolyte

Substance susceptible de se dissocier en anion et cation sous l’influence d’une différence de potentiel électrique.

Une solution d’électrolytes est conductrice pour le courant.

anion, cation

électromyogramme n.m.

electromyogram, wave form

Enregistrement proprement dit de l’activité électrique musculaire.

Les termes d’examen électromyographique et d’électromyogramme peuvent être considérés comme synonymes.

Sigle EMG

électromyographie

électromyographe n.m.

electromyograph, EMG machine

Appareil utilisé pour stimuler les nerfs et les muscles, et enregistrer leur activité, c’est-à-dire réaliser un examen électromyographique.

Les appareils d’électromyographie les plus récents sont dotés de puissants moyens informatiques compatibles avec des analyses sophistiquées de l’électromyogramme, avec un rapport détaillé des résultats obtenus. Ils permettent l’étude des potentiels évoqués et sont donc également appelés systèmes EMG-potentiels évoqués.

électromyographie

électromyographie n.f.

electromyography

Technique d’électrophysiologie consistant à recueillir et à analyser les potentiels d’unités motrices des muscles striés.

L’examen peut utiliser des électrodes de surface (exploration globale, d’analyse difficile) ou des aiguilles coaxiales, qui explorent de façon précise un certain nombre d’unités motrices; c’est cette seconde méthode qui est la plus employée. Les potentiels d’une unité motrice ainsi enregistrés sont mono- ou bi-phasiques; leur amplitude est de 500 microvolts à 2 millivolts et leur durée varie de 2 à 10 millisecondes. L’étude de la forme, de l’amplitude et de la durée des potentiels d’une part, l’étude du nombre d’unités motrices mises en jeu lors d’une contraction et la fréquence de leurs battements d’autre part, apportent des renseignements précieux dans l’étude des syndromes neurogènes périphériques ou des processus myogènes (myopathies, myotonies).

L’électromyographie analytique (Motor Unit Potential analysis) étudie les caractéristiques des potentiels d’unités motrices. Dans les muscles périnéaux on enregistre, au repos, un silence électrique et, pendant la contraction volontaire ou réflexe, un enrichissement des potentiels d’unités motrices par recrutement spatial et temporel. Dans le sphincter strié de l’urèthre, l’activité électrique augmente pendant le remplissage et disparaît complètement pendant la miction.

L’électromyographie de stimulodétection explore les voies nerveuses en mesurant la latence d’un potentiel depuis son induction (evoked potential) jusqu’à son recueil, en deux endroits différents du nerf. En urologie on peut ainsi explorer les voies périphériques (réflexe sacré, vitesse de conduction du nerf pudendal), et les voies centrales, sensitives (potentiels évoqués moteurs du périnée) et végétatives (réflexe cutané sympathique).

électromyogramme, tracé électromyographique d’interférence

électromyographie du sphincter urétral l.f.

uretral electromyography

Enregistrement des potentiels électriques du sphincter strié de l’urètre.

Elle permet l’identification des lésions neurogènes à l’origine de troubles de la continence urinaire.

électromyographie, continence urinaire

électromyographie pharyngolaryngée l.f.

pharyngolaryngeal electromyography

Examen qui permet par une électrode implantée dans un muscle de connaître ses potentiels d’action et donc son fonctionnement.

Les muscles du larynx peuvent être explorés par voie externe ou par voie endoscopique. Le muscle cricothyroïdien est d’accès facile par voie transcutanée. Le thyro-aryténoïdien ou muscle vocal est abordé à travers la membrane cricothyroïdienne, en transcutané ou en laryngoscopie indirecte, grâce à une électrode courbe qui est plantée dans la corde vocale. Le muscle dilatateur crico-aryténoïdien postérieur est abordé par voie latérale en passant en arrière du cartilage thyroïde.

électromyographie

électron n.m.

electron

Particule élémentaire portant la plus petite charge d’électricité négative e = 1,60206. 10 -19 coulomb.

Les électrons sont des constituants de tous les atomes; ils gravitent autour du noyau sur diverses orbites. Le nombre d’électrons d’un atome neutre est égal à celui des protons du noyau, qui représente le nombre atomique de l’élément.

Étym. gr. êlectron : préfixe qui concerne l’électricité

Syn. négaton

électron Compton l.m.

Compton electron

Électron projeté par un photon lors d’un effet Compton.

E.H. Compton, physicien américain (1923), prix Nobel de Physique en 1927

électron, effet Compton

Étym. gr. êlectron : préfixe qui concerne l’électricité

électron Δ l.m.

Δ ray

delta (électron)

Étym. gr. êlectron : préfixe qui concerne l’électricité

électron secondaire l.m.

secondary electron

Électron projeté lors d’une interaction provoquée par un photon (effet Compton, effet photoélectrique, formation de paires) ou une particule chargée (collision).

Les ionisations produites dans un milieu irradié par des rayons X ou γ sont causées par les électrons secondaires projetés par les photons.

électron, effet Compton, effet photoélectrique

Étym. gr. êlectron : préfixe qui concerne l’électricité

électronarcose n.f.

electronarcosis

Thérapie par électrochoc "subconvulsive", consistant à obtenir une phase tonique similaire à celle provoquée par l’électrochoc conventionnel, suivie d’une phase clonique dont le développement est limité et prévenu par une stimulation électrique continue (habituellement de sept minutes), de moindre intensité que la stimulation initiale (généralement de 60 secondes).

Cette technique est moins efficace et comporte plus d’effets indésirables que la thérapie conventionnelle, depuis que l’anesthésie et la curarisation ont été appliquées à celle-ci.

électrochoc

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