Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

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inflammation n.f.

inflammation

Ensemble de manifestations cliniques: douleur, rougeur, chaleur, gonflement avec perturbations des fonctions vasculaires, cellulaires et humorales se produisant dans l’organisme en réponse à des agressions variées (microbiennes, traumatiques, physiques, chimiques, immunitaires, tumorales...), l’inflammation entre avec la douleur, l’hémostase et l’immunité dans le cadre des processus réactionnels indispensables au maintien de l’intégrité du soi.

Histologiquement, dans les formes aigües, il y a successivement des modifications vasculaires locales (vasodilatation avec ralentissement circulatoire, augmentation de la perméabilité et œdème), puis un afflux de leucocytes circulants, d’abord des granulocytes, puis des monocytes avec margination, adhérence aux cellules endothéliales, diapédèse, phagocytose des substances étrangères et des débris cellulaires et tissulaires et éventuellement formation de pus.

L’évolution de la réaction inflammatoire est variable. En cas d’inflammation aigüe, après élimination de l’agent causal, les phagocytes mononucléés (monocytes, macrophage, histiocytes, etc.) assurent le nettoyage du foyer inflammatoire et on assiste soit à une «restitution ad integrum» sans séquelles, soit au remplacement des tissus détruits par une fibrose cicatricielle sans restitution fonctionnelle. Dans d’autres cas, en l’absence d’élimination de la cause ou en raison de la déficience de certains mécanismes de défense de l’organisme, l’inflammation devient chronique se caractérisant par la formation d’un infiltrat inflammatoire généralement mixte (granulocytes, histiocytes-macrophages, lymphocytes, voire cellules géantes et épithélioïdes) avec des phénomènes de néo-angiogenèse et surtout des processus de remaniement tissulaire (associant phénomènes de destruction et de reconstruction) avec en particulier une importante prolifération fibroblastique.

La réaction inflammatoire fait intervenir un grand nombre de types cellulaires (phagocytes mononucléés et polynucléaires, lymphocytes, plaquettes, mais aussi cellules propres des tissus, cellules endothéliales, etc.) et de médiateurs humoraux (complément, système contact, protéine de l’hémostase), qui sont autant de cibles des thérapeutiques. Enfin, la plupart des réactions inflammatoires induisent une réponse systémique comportant une augmentation des teneurs plasmatiques en protéines dites de la phase aigüe (telles que la protéine C réactive, la protéine sérique amyloïde A, plusieurs α-1-globulines, certains composants du complément, le fibrinogène, l’haptoglobine et une diminution des concentrations d’autres protéines telles que l’albumine, la transferrine, la fibronectine, l’apoprotéine A-1.

inflammation chronique, albumine, transferrine, fibronectine, apoprotéine A-1

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation aigüe l.f.

acute inflammation

inflammation

inflammation aseptique l.f.

aseptic inflammation

Inflammation non déclenchée par un germe pathogène (inflammation amicrobienne) au cours de laquelle l’afflux local de polynucléaires et les phénomènes de phagocytose peuvent aboutir à la formation d’un liquide exsudatif ayant tous les caractères du pus à ceci près que la recherche d’un agent microbien y demeure toujours négative (liquide dit puriforme aseptique).

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation catarrhale l.f.

catarrhal inflammation

Inflammation d’une muqueuse (muqueuse nasale ou bronchique par ex.) donnant lieu à une hypersécrétion de mucus par cette muqueuse.

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation chronique l.f.

chronic inflammation

Inflammation s’opposant à la forme aigüe par l’absence d’évolution vers la guérison sans séquelles en raison de la tendance du processus causal à se pérenniser et à entraîner des phénomènes de destruction tissulaire sources de séquelles anatomiques et fonctionnelles irréversibles.

L’inflammation chronique peut succéder à une phase aigüe mais le plus souvent elle s’installe d’emblée. L’allure chronique relève soit du caractère non destructible de l’agent déclenchant (amiante, silice, certains microcristaux), soit de l’incapacité du système de défense de l’organisme à l’éliminer. Au cours de l’inflammation chronique, les phénomènes vasculaires et cellulaires évoluent simultanément, aussi doit-on parler ici plutôt de composantes vasculaire et cellulaire que de phases vasculaire et cellulaire comme dans l’inflammation aigue. Histologiquement on note l’importance des phénomènes vasculaires (inflammation vasculaire, angiogénèse), cellulaires (formation d’un infiltrat cellulaire mixte et dense riche en polynucléaires, histiocytes macrophages, lymphocytes), ainsi que celle des processus de remaniement tissulaire associant des phénomènes destructifs sous l’action des enzymes protéolytiques (élastase, collagénases et autres métalloprotéases, cathepsine, trypsine) et des phénomènes constructifs à type de fibrose relevant de l’intervention des fibroblastes. Du fait de ces phénomènes de remaniement tissulaire, la guérison de l’inflammation chronique, si elle survient, ne pourra se faire qu’au prix de séquelles, en particulier fibrose cicatricielle, qui vient remplacer les tissus détruits avec la perte de toutes les capacités fonctionnelles normales.

inflammation

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation congestive l.f.

congestive, hyperemic inflammation

Congestion active caractérisée par une vasodilatation intense des capillaires sanguins et un œdème.

inflammation

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation fibrineuse l.f.

fibrinous inflammation

Inflammation formée d’un exsudat séreux, avec extravasation de fibrinogène et formation de fibrine englobant ou non dans ses mailles, des polynucléaires, des lymphocytes, des histiocytes.

inflammation

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation gangréneuse l.f.

gangrenous inflammation

Inflammation caractérisée par des thromboses artériolaires, des foyers de nécrose ischémique, un exsudat séreux abondant avec diapédèse modérée

Dans les inflammations dues à des bactéries très virulentes, à aérobies, le métabolisme fermentatif entraîne la production de gaz.

inflammation

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation granulomateuse l.f.

granulomatous inflammation

Forme d’inflammation chronique se caractérisant par l’importance du développement des néovaisseaux et de la composante cellulaire (fifroblastes, granulocytes, lymphocytes, plasmocytes, cellules géantes multinuclées, cellules épithélioïdes, etc.).

inflammation chronique

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation granulomateuse sarcoïdosique l.f.

sarcoidic inflammation

Amas de cellules épithélioïdes et de cellules géantes, sans nécrose tissulaire, entouré d’une couronne lymphocytaire, qui peut se retrouver dans de nombreux organes.

De nombreux agents microbiens en sont responsables.

sarcoïdose

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation granulomateuse tuberculoïde l.f.

tuberculoid inflammation

lésion tuberculoïde, granulome tuberculoïde

inflammation hémorragique l.f.

hemarrhagic inflammation

Inflammation caractérisée par une violente vasodilatation, une rupture des capillaires sanguins, et le passage des hématies dans le tissu interstitiel.

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation membraneuse l.f.

membranous inflammation

Inflammation observée sur les surfaces muqueuses (larynx, pharynx, voies respiratoires), dans la diphtérie ou le tractus digestif, (dysentérie bacillaire), etc.

Elle comprend un œdème, une fausse membrane composée de fibrine, de fragments de tissu épithélial nécrotique et de leucocytes polynucléaires neutrophiles.

Étym. lat. flamma : flamme

Syn. inflammation pseudomembraneuse

inflammation nécrotique l.f.

necrotic inflammation

Inflammation avec nécrose des tissus intéressés.

inflammation

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation œdémateuse l.f.

edematous inflammation

inflammation séreuse

inflammation (protéine de l’) l.f.

protein of inflammation

Terme générique pour les protéines plasmatiques dont la teneur est augmentée au cours des réactions inflammatoires.

La biosynthèse cellulaire des protéines de l’inflammation est sous la dépendance principale de l’interleukine-6 (IL6) dont les effets sont potentialisés par l’interleukine-1 et le facteur de nécrose tumorale (respectivement IL-1 et TNFα).

Ces protéines dites aussi protéines de la phase aigüe (PPA) sont classées en trois groupes suivant l’importance de l’augmentation de leur teneur : groupe I : protéines dont la teneur augmente d’environ 50 % (céruléoplasmine, composants C3 et C4 du complément, inhibiteur de la C1-estérase,α1-antiplasmine); groupe II : protéines dont la teneur augmente deux à quatre fois (α1-antichymotrypsine,α1-antitrypsine, α1-glycoprotéine acide ou orosomucoïde, haptoglobine, fibrinogène) et groupe III : protéines dont la teneur augmente de 10 à 1 000 fois (protéine réactive C ou CRP et SAA). La synthèse cellulaire des protéines de l’inflammation est sous la dépendance principale de l’interleukine-6 (IL6) dont les effets sont potentialisés par l’interleukine-1 et le facteur de nécrose tumorale (respectivement IL-1 et TNF α).

inflammation, protéine C-réactive

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation pseudomembraneuse l.f.

pseudomembranous inflammation

inflammation membraneuse

inflammation purulente l.f.

purulent inflammation

Inflammation caractérisée par la présence de zones de nécrose et la formation de pus.

Dans l’inflammation purulente il y a un afflux massif de granulocytes neutrophiles qui phagocytent les substances étrangères, en particulier microbiennes, et libèrent leurs protéases granulaires qui vont concourir aux phénomènes locaux de destruction tissulaire.

suppuration, abcès, phlegmon, septicémie

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation septique l.f.

septic inflammation

Inflammation secondaire à un germe pathogène: bactérie, virus, parasite, localisée (p. ex. appendicite aigüe) ou généralisée (sepsis).

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation séreuse l.f.

serous inflammation

Inflammation se caractérisant exclusivement par l’exsudation de sérum.

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation spécifique l.f.

specific inflammation

Variété d’inflammation réalisant une image morphologique microscopique qui permet de suspecter ou d’affirmer, avec le contexte clinique, une cause particulière ou un groupe de causes.

Une affirmation n’est apportée sur le plan anatomopathologique que par la mise en évidence de la cause déclenchante.

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation subaigüe l.f.

subacute inflammation

Inflammation aigüe qui traine en longueur, peut rétrocéder ou en revanche se transformer en une inflammation chronique.

L’anatomopathologiste la suspectera lorsqu’existe un hiatus entre l’agression-altération d’une part et la réaction-réparation d’autre part. Cette dernière est alors masquée par l’apparition de plasmocytes ou de lymphocytes et une défervescence de l’œdème et des granulocytes.

Étym. lat. flamma : flamme

inflammation suppurée l.f.

suppurative inflammation

inflammation purulente

médiateur chimique de l’inflammation l.m.

inflammation chemical mediator

Médiateur plasmatique et cellulaire intervenant dans les manifestations locales et systémiques de l’inflammation, libéré dès la période initiale jusqu’au processus de réparation et de régénération.

Les médiateurs sont nombreux, interactifs, se complètent, peuvent s’amplifier ou maintenir leur réponse si un de leurs composants ou un autre système est déficient; ces médiateurs sont plasmatiques et cellulaires.

Les premiers sont des systèmes d’activation tels que le système contact, les systèmes de la coagulation (fibrino-formation et fibrinolyse) et le complément.

Les seconds, médiateurs cellulaires, proviennent de cellules où ils sont préformés, stockés puis sécrétés par des cellules stimulées: polynucléaires, lymphocytes, monocytes, macrophages, plaquettes, mastocytes et cellules endothéliales.

Ils comprennent des médiateurs provenant d’un acide aminé précurseur (histamine et sérotonine), les amines vaso-actives, les protéases, les agents oxydants (myéloperoxydases, radicaux libres oxygénés et monoxyde d’azote ou NO), les médiateurs lipidiques tels que les eicosanoïdes métabolites de l’acide arachidonique (prostaglandines, thromboxanes et leucotriènes), les facteurs plaquettaires (platelet activating factor ou PAF), les cytokines, les molécules d’adhésion et les enzymes de destruction tissulaire. Tous ces facteurs sont impliqués dans le déclenchement du choc septique.

complément, cytokine, leucotriène, interleukine

Étym. ; lat. mediator : déverbal de mediare : s’interposer

mitralite n.f.

inflammation ot the mitral valve

Atteinte infectieuse ou plus souvent inflammatoire de l’orifice auriculoventriculaire gauche et de sa valvule (mitrale).

La plus fréquente est la mitralite rhumatismale, génératrice de séquelles valvulaires (rétrécissement mitral, insuffisance mitrale, maladie mitrale).

Étym. en forme de mitre; du gr. et lat. mitra : bandeau, coiffe; - ite : indique l’inflammation

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