Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2015-2

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photokératoscopie n.f.

photokeratoscopy

kératoscopie

photométrie n.f.

photometry

Ensemble des techniques qui traitent de la comparaison et de l’appréciation des grandeurs lumineuses.

La photométrie est l’évaluation des grandeurs caractéristiques d’un rayonnement avec un appareil dont la réponse est dépendante de la longueur d’onde. On ne s’intéresse ici qu’à la fraction de l’énergie rayonnante qui agit sur le récepteur spécialisé et on apprécie avec une certaine marge de fluctuation individuelle des grandeurs “biologiquement efficaces”.

Quand l’appareil récepteur est le système visuel humain, on parle de “photométrie visuelle”.

Grâce aux techniques photométriques, techniques subjectives, c’est-à-dire basées sur les égalisations lumineuses effectuées par un grand nombre de sujets et étudiées statistiquement, on a pu mettre au point un système d’unités dites "visuelles" dont les principales sont la candela (intensité), le lumen (flux), le lux (éclairement) et la candela par mètre carré (luminance).

radiométrie

photomultiplicateur n.m.

photomultiplier

Tube électronique destiné à détecter une très faible quantité de lumière (scintillation) et à amplifier le signal électrique correspondant pour le rendre mesurable.

Il comporte une surface photosensible (photocathode) émettant quelques électrons sous l’impact des photons et une série d’électrodes (dynodes) à un potentiel positif croissant; chaque électron accéléré vers une dynode en extrait une dizaine et le nombre final des électrons est considérablement supérieur au nombre initial (couramment multiplié par 1010). L’impulsion électrique finale est proportionnelle à la quantité de lumière reçue par la photocathode, ce qui autorise des mesures spectrométriques. Le photomultipli­cateur est un des éléments des compteurs à scintillations.

Sigle. P.M.

compteur de particules

photon n.m.

photon

Particule correspondant à l’aspect quantique du rayonnement électromagnétique et constituant un grain d’énergie E sans support matériel.

Le concept dérive de la théorie des quanta de Planck selon laquelle un rayonnement électromagnétique (de fréquence V) est émis sous forme de grains d’énergie E (E = h. V, h: constante de Planck) et de la démonstration par Einstein que son absorption dans la matière s’effectue par quantités E. Ceci conduit à considérer le rayonnement électromagnétique comme un flux de grains d’énergie à l’état pur, se déplaçant en ligne droite à la vitesse de la lumière (c= 300.000 km/s dans le vide), assimilables à des particules ayant une énergie cinétique E, une masse dynamique E/c2 , une quantité de mouvement E/c, et susceptibles d’être absorbés par la matière en provoquant des interactions avec des particules matérielles.

effet Compton, effet photoélectrique

photon de fluorescence l.m.

rayonnement de fluorescence

photon de freinage l.m.

rayonnement de freinage

photo-onycholyse n.f.

photoonycholysis

Onycholyse, c’est-à-dire décollement unguéal, respectant les bords latéraux de l’ongle, qui résulte d’une phototoxicité.

Les substances photosensibilisantes responsables de photoonycholyse sont nombreuses et essentiellement médicamenteuses: tétracyclines (déméthylchlor­tétracycline), fluoroquinolones, psoralènes, phénothiazines.

photopatch test l.angl.

Test épicutané (patch test ) effectué en associant une irradiation par des rayons ultra-violets afin de révéler les photoallergènes.

tests cutanés en allergologie, patch test, photo-allergie

photophobie n.f.

photophobia

Grande sensibilité à la lumière donnant une impression subjective pénible et même douloureuse.

Étym. gr. phos : lumière ; phobos : crainte

photophytodermatose n.f.

phytophotodermatitis

Forme de phytodermatose, dans laquelle l’action de la lumière est nécessaire lors du contact de certaines plantes sur la peau pour déclencher la manifestation cutanée.

La photophytodermatose est une réaction le plus souvent à type de phototoxicité aux furocoumarines, ou psoralènes, que contiennent certaines plantes, notamment: Rutacées (bergamote, citron, etc.), Ombellifères (angélique, céleri, persil, etc.), Composées (achillée millefeuille, anthemis, etc.) et très rarement à type de photoallergie: céleri, Parthenium hysterophorus. Deux formes particulières sont individualisées: la dermite des prés d’Oppenheim et la dermite pigmentaire en breloque: cette dernière, siégeant le plus souvent sur les faces latérales du cou, est caractérisée par une hyperpigmentation en coulée persistante, secondaire à une exposition solaire après application de parfums contenant des psoralènes ou des huiles essentielles (lavande, cèdre, vanille, santal).

Étym. gr. : phôs, phôtos : lumière ; phyton: plante ; derma  : peau

Syn. phytophotodermatose

photopléthysmographe n.m.

photoplethysmograph

Appareil qui utilise un procédé photopléthysmographique.

photopléthysmographie n.f.

photoplethysmography

Technique utilisant une cellule photoélectrique pour enregistrer une variation tinctoriale de la peau en rapport avec la circulation sanguine.

photopléthysmographique adj.

photoplethysmographic

Qui se rapporte à la photopléthysmographie.

photoprotection n.f.

photoprotection

Méthode mettant en œuvre des moyens physiques ou chimiques, naturels ou artificiels, pour obtenir une protection de la peau contre les effets délétères du rayonnement solaire.

On en distingue plusieurs types: la protection naturelle est induite par des constituants de la peau comme le système pigmentaire, la pilosité, l’épaississement épidermique, les pigments caroténoïdes, l’acide urocanique, les systèmes de réparation de l’ADN; la photoprotection artificielle comprend la photoprotection externe dite "passive", par le port de vêtements dont le degré de photoprotection dépend de la nature du textile et de son tissage, et par l’application de filtres et/ou d’ écrans solaires, et la photoprotection interne, qui tente de remplacer ou de renforcer les mécanismes de protection naturelle défaillants ou insuffisants, notamment dans les photodermatoses, grâce aux antipaludéens de synthèse, aux caroténoïdes, à l’acide paraaminobenzoïque, à la vitamine PP. Quant à la photoprotection dite "active", qui consiste en l’apport par voie externe ou interne de substances absorbant les radicaux libres telles que vitamine C, vitamine E, substances antiinflammatoires, etc., elle est en cours d’évaluation chez l’homme.

Syn. protection solaire

photopsie n.f.

photopsia

Hallucination visuelle élémentaire à type de cercles irisés ou d’impressions lumineuses (petites taches, éclairs, étincelles, etc.).

Elle s’observe assez fréquemment au cours d’affections neurorétiniennes, de choroïdites, décollements de rétine et tumeurs encéphaliques. En psychiatrie, la photopsie se rapproche des zoopsies du delirium tremens.

photoréactivation n.f.

photoreactivation

photorestauration

photorécepteur de la rétine  l.m.

retina receptor

1) Molécule de la membrane des cellules rétiniennes associant une opsine et un photochrome, le 11-cis-rétinal, et dont la dissociation par l’absorption de photons entraîne une série de réactions en chaîne aboutissant à la formation d’un influx nerveux transmis aux aires cérébrales de la vision.

Ces réactions en chaîne, la transduction, permettent une amplification importante du signal optique par activation de molécules de transducine et, par l’intermédiaire de celles-ci, l’intervention du GMPc (guanosine-monophosphate cyclique); celui-ci, agit sur la fonction des canaux membranaires, augmentant par hyperpolarisation le potentiel électrique et la transmission de l’influx vers le cerveau.

2) Par extension: cellule visuelle de la rétine spécialisée dans la réception de la lumière; cône dans la macula et la région périmaculaire et bâtonnet dans la périphérie de la rétine.

Toutes ces cellules possèdent un pigment visuel qui absorbe certaines radiations du spectre. Chaque cellule ne synthétise qu’un seul type de pigment: les bâtonnets contiennent la même protéine, la rhodopsine, très sensible à la lumière permettant la vision nocturnemais non la vision colorée ; son maximum d’absorption se situe vers 5oo nm. Les cônes permettent la vision colorée; ils sont de trois variétés contenant les opsines L, M et S selon leur sensibilité aux longueurs d’ondes longues (560 nm, rouge), moyennes (535 nm, vert) ou courtes (430 nm, bleu).

rétine, cônes, bâtonnets, opsine, transduction visuelle, transducine, GMPc-d’ouverture du canal cationique des photorécepteurs

photorestauration n.f.

photorestoration, photoreactivation

Chez certaines Bactéries, système de réparation de l’ADN dans lequel un dimère de thymine est éliminé par exposition à la lumière visible, et la séquence originelle restaurée.

Chez Escherichia coli, cette restauration est l’œuvre d’un enzyme: l’ADN-photolyase.

photosensibilisant adj.

photosensitizing

agent photosensibilisant

photosensibilisation de contact l.f.

contact photosensitization

Modification produite dans l’organisme par l’interaction de la lumière et d’un agent photosensibilisant contenu dans la peau après certaines applications locales et se traduisant par des manifestations cutanées.

Les réactions sont de nature soit phototoxique à type de "super coup de soleil", soit photoallergique à type d’eczéma.

photoallergie, photoprotection, phototoxicité

photosensibilisation médicamenteuse l.f.

drug photosensitization

Modification produite dans l’organisme se traduisant par des manifestations cutanées, liée à l’interaction de la lumière et d’un médicament ayant les propriétés d’un agent photosensibilisant parvenu dans la peau soit par voie sanguine, soit après application locale.

Les réactions sont soit de nature phototoxique à type de “super coup de soleil”, soit de nature photoallergique à type d’eczéma.

photoallergie, phototoxicité

photosensibilité n.f.

photosensitivity

1) En dermatologie, état dans lequel se produit une réaction cutanée, voire cutanéomuqueuse, anormale ou exagérée à l’exposition solaire.

Pouvant se manifester par des aspects variés, la photosensibilité peut soit n’être qu’un élément se surajoutant à une dermatose, ce qui est le cas de la photoaggravation du lupus érythémateux ou de la dermatomyosite, etc., soit être un des signes cardinaux de la maladie, comme dans les porphyries cutanées, le xeroderma pigmentosum, etc., soit être à l’origine de la dermatose: on parle alors de photodermatose idiopathique.

2) En neurologie, réponses électro-encéphalographiques inhabituelles ou anormales, provoquées par la stimulation lumineuse intermittente (SLI).

Celle-ci provoque chez les sujets normaux un entraînement photique occipital représentant la sommation des potentiels évoqués visuels. Des réponses plus inhabituelles peuvent être observées: pointes occipitales, synchrones des éclairs lumineux, activité lente postérieure synchrone, composante supra ou infraharmonique de la réponse de base, décharges anormales de pointes, pointes-ondes, polypointes ou polypointes-ondes, localisées ou le plus souvent généralisées, à maximum d’expression bifrontale, correspondant à la réponse photoconvulsive. À distinguer de la réponse photomyoclonique recueillie uniquement sur les régions antérieures du scalp, correspondant à des artéfacts musculaires sans lien avec l’épilepsie. La réponse photoconvulsive, surtout si elle est prolongée et autoentretenue, est statistiquement associée à l’épilepsie.

La photosensibilité est relevée dans les circonstances suivantes:

- épilepsie purement photosensible : crises le plus souvent de type généralisé tonicoclonique; apparition des anomalies EEG seulement sous l’effet de la SLI, notamment par la télévision et les jeux vidéo, mais aussi la lumière solaire intermittente, d’autres sources lumineuses, ou par des "patterns";

- syndrome myoclonique avec absences: celles-ci accompagnées d’une révulsion oculaire et de secousses palpébrales très marquées, toujours provoquées par la SLI, avec décharges et polypointes-ondes à la fermeture des yeux. Début à l’âge de l’épilepsie-absences de l’enfant, mais pronostic moins favorable;

- épilepsie auto-induite : crises induites volontairement par une exposition à une lumière intense, réalisant une SLI dans la majorité des cas, rencontrée chez des encéphalopathes, mais aussi des sujets de niveau intellectuel normal (crise réflexe);

- épilepsie sensible aux " patterns ": crises liées à l’exploration visuelle d’un objet ou d’une image avec des formes géométriques contrastées (papier mural à bandes, radiateur, store vénitien);

- épilepsie avec photosensibilité, associant soit crises spontanées et provoquées, soit crises spontanées et décharges de pointes-ondes ou de polypointes-ondes, avec ou sans myoclonies, lors de la SLI;

- épilepsies généralisées idiopathiques, où elle est rencontrée habituellement: épilepsie myoclonique juvénile, épilepsie avec crises grand mal du réveil, épilepsie-absences de l’enfance, mais aussi formes généralisées symptomatiques et certaines formes partielles;

- certaines crises provoquées uniquement par la SLI au laboratoire, chez des patients n’ayant jamais présenté de crises par ailleurs.

Étym. gr. phôs, phôtos : lumière; lat. sensibilitas : sensibilité

photosensibilité rémanente l.f.

chronic actinic dermatitis, persistent light reactivity

Forme clinique de dermatite actinique chronique se manifestant par une éruption eczématiforme prédominant sur les zones exposées, associée à une photosensibilité chronique qui a succédé à une dermatose de contact photoallergique aiguë due à certaines substances comme les salicylanilides halogénés et le musc ambrette.

photosynthèse n.f.

photosynthesis

Ensemble de réactions chimiques conditionnées par la lumière et conduisant à la synthèse de composés organiques; en particulier, la synthèse par les plantes de glucides à partir du dioxyde de carbone et d’eau en présence de chlorophylle (assimilation chlorophyllienne).

Grâce à la photosynthèse, les végétaux verts, pourvus de chlorophylle sont capables de fixer le dioxyde de carbone de l’air et de le transformer en matière organique, en utilisant, comme source d’énergie, le rayonnement solaire. Les végétaux verts représentent donc le type même des êtres autotrophes; ils sont les principaux pourvoyeurs du monde vivant en matière carbonée, mises à part certaines bactéries qui pratiquent la chimiosynthèse. La photosynthèse peut se résumer comme suit: réduction du dioxyde de carbone de l’air (CO 2 ) par l’hydrogène de l’eau (H 2 O), avec formation d’un composé organique (H-CHO)n et rejet d’une molécule d’oxygène (O 2 ). Au cours d’une phase lumineuse, la chlorophylle capte l’énergie des rayons lumineux, ce qui permet la décomposition de l’eau en deux atomes d’hydrogène qui se fixent sur le NADP et une demi-molécule d’oxygène O 2. La deuxième phase, obscure, qui ne nécessite l’intervention ni de la lumière, ni de la chlorophylle, est la phase d’assimilation du gaz carbonique. Les réactions de la phase obscure, qui se déroulent en quelques secondes, sont multiples: après quelques minutes, il s’est déjà formé du glucose, puis certains lipides simples et, en présence d’azote ammoniacal, des acides aminés. Au cours de la phase obscure, la photosynthèse utilise les mêmes étapes métaboliques que la respiration, en particulier une chaine respiratoire et le cycle de Krebs.

photosynthèse bactérienne l.f.

bacterial photosynthesis

Processus métabolique par lequel certaines bactéries réduisent le dioxyde de carbone en molécules organiques en utilisant la lumière comme source d’énergie.

1) Les cyanobactéries conduisent une photosynthèse analogue à celle des végétaux verts. Le donateur d’hydrogène est l’eau et de l’oxygène est dégagé. Il n’y a pas de chloroplastes.

2) Chez les bactéries vertes et les bactéries pourpres, d’autres donateurs d’hydrogène que l’eau sont utilisés (sulfures) et il n’y a pas de dégagement d’oxygène. Les pigments assimilateurs sont différents (bactériochlorophylles) et un seul photosystème est présent. La photosynthèse n’a lieu qu’en anaérobiose.

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