Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

24960 résultats :

phanère n.m.

Parties apparentes du tégument qui subissent une kératinisation intense: poils, cheveux, ongles.

Étym. gr. phaneros : apparent

pharmacie n.f.

1) Discipline scientifique qui étudie l’action des médicaments, leur conception, leur fabrication leur contrôle.

2) Synonyme d’officine pharmaceutique.

3) Assortiment de médicaments: on parle ainsi de pharmacie de voyage.

Les termes pharmacie et officine pharmaceutique sont parfois employés à tort comme synonymes.

pharmacie domestique, pharmacie mutualiste, société pharmaceutique

pharmacie chimique l.f.

chimie thérapeutique

pharmacie domestique l.f.

Ensemble des médicaments détenus par une famille.

Certaines mesures de sécurité doivent être observées dans les foyers: les médicaments doivent être groupés dans un meuble hors de portée des enfants, ils doivent être maintenus à l’abri de la lumière et de la chaleur, leur date de péremption doit être surveillée.

pharmacie galénique l.f.

galenic pharmacy

Discipline qui, en pharmacie, a pour centre d’intérêt les formes d’administration des principes actifs qui sont l’essentiel des médicaments (formes dites galéniques ou pharmaceutiques) pour assurer leur meilleure utilisation.

Sont pris en compte leur conception, leur formulation, leur fabrication, leur conservation, etc.

Cette discipline recouvre la pharmacotechnie officinale et industrielle, la biogalénique et le génie pharmaceutique.

Étym. cl. Galien: médecin grec de l’empire romain au II e siècle (cl est abrégé de clarus : célèbre en latin).

pharmacie hospitalière l.f.

1) Officine d’un type particulier appartenant à un établissement public ou privé d’hospitalisation.

En est responsable un pharmacien-gérant éventuellement assisté d’un adjoint et d’internes en pharmacie.

2) Branche particulière d’exercice de la pharmacie, se distinguant par exemple de la pharmacie d’officine, de la pharmacie industrielle, etc.

Syn. officine hospitalière

pharmacie mutualiste l.f.

Officine fondée et gérée par une société mutualiste, sous la responsabilité d’un pharmacien.

1) Une pharmacie mutualiste est placée sous la responsabilité d’un pharmacien gérant, par dérogation à la règle, qui exige que le fond de commerce de l’officine appartienne à un pharmacien.

2) La clientèle de cette officine qui ne réalise pas de bénéfices est constitué uniquement des adhérents de la société mutualiste. Les pharmacie mutualistes ne sont pas décomptées dans la calcul du nombre des officines autorisées en fonction du nombre des habitants.

pharmacien n.m.

Personne (homme ou femme) qui a acquis le diplôme d’Etat de pharmacien après avoir satisfait aux épreuves sanctionnant six ans d’études supérieures et soutenu une thèse d’Etat.

1) La personne détentrice du diplôme peut exercer dans une officine (comme pharmacien titulaire ou pharmacien assistant), dans l’industrie pharmaceutique (par exemple comme pharmacien responsable) ou dans une administration (dans l’administration publique, dans un organisme de protection sociale, etc.).

2) Les études pour la formation des pharmaciens sont en voie d’harmonisation au sein de la Communauté européenne pour assurer leur libre circulation et leur possibilité d’établissement au sein des Etats membres.

pharmacien assistant l.m.

Personne (homme ou femme) détentrice du diplôme d’Etat de pharmacien ou de docteur en pharmacie travaillant dans une officine en qualité d’adjoint du pharmacien titulaire de l’officine.

pharmacien conseil l.m.

Praticien titulaire du diplôme d’Etat de pharmacie, appartenant au service du contrôle médical d’un régime d’assurance maladie.

Il donne des avis sur les prescriptions pharmaceutiques, d’analyse biologiques, sur leur exécution, sur les fournitures pharmaceutiques faites aux assurés sociaux dans les établissements de soins, etc.

praticien conseil

pharmacien hospitalier l.m.

Pharmacien ayant la responsabilité d’une pharmacie hospitalière et ayant engagé son diplôme à cette fin.

Le titre exact est donc celui de pharmacien gérant d’une officine hospitalière. Le plus souvent, il est désigné après concours ouvert sur postes vacants.

pharmacie hospitalière

pharmacocinétique n.f.

pharmacokinetics

Etude de l’évolution des concentrations du principe actif d’un médicament et de ses métabolites en fonction du temps dans les différents compartiments de l’organisme.

Elle se décompose en quatre phases: la résorption (appelée absorption par les auteurs anglo-saxons), la distribution, les biotransformations et l’élimination du principe actif et de ses métabolites.

Les concentrations sanguines sont un reflet plus ou moins direct des concentrations dans les biophases, c’est-à-dire aux sites actifs récepteurs. Cette concentration dépend des propriétés physicochimiques (essentiellement de la liposolubilité et de la fixation aux protéines), de la distribution (débit cardiaque, débits sanguins régionaux et, pour les anesthésiques volatils, de la ventilation alvéolaire) ainsi que de l’élimination (effet de premier passage hépatique, métabolisme hépatique, cycle entérohépatique, excrétion rénale et, éventuellement, ventilation). Pour la plupart des médicaments la cinétique est dite d’ordre 1, c’est-à-dire que leur métabolisme augmente proportionnellement à la concentration: la décroissance est exponentielle et l’analyse mathématique permet d’individualiser deux ou trois exponentielles de constantes de temps différentes correspondant chacune à un compartiment différent, ce qui permet de construire des modèles physiques analogiques ou mathématiques pour simuler la pharmacocinétique. Dans certains modèles on inclut la biophase avec son site actif. Ces modèles permettent de calculer le volume de distribution, la clairance plasmatique totale, la demi-vie de distribution et d’élimination du produit. Ils sont utilisés en clinique pour adapter les doses aux effets pharmacologiques recherchés, notamment en anesthésie assistée par ordinateur à objectif de concentration (voie intraveineuse exclusivement). La pharmacocinétique des anesthésiques gazeux et volatils est suivie par l’évolution de leur concentration dans l’air alvéolaire (en pratique la concentration téléexpiratoire).

anesthésie assistée par ordinateur, constante de temps, échanges plasmatiques, échanges gazeux, demi-vie de distribution, clairance plasmatique, cycle entéro-hépatique, concentration téléexpiratoire

pharmacodépendance n.f.

drug addiction, drug dependence

1) Selon l’OMS, «état psychique et quelquefois également physique, résultant de l’interaction entre un organisme vivant et une substance, se caractérisant par des modifications du comportement et par d’autres réactions, qui comprennent toujours une compulsion à prendre le produit de façon continue ou périodique afin de retrouver ses effets psychiques et quelquefois d’éviter le malaise de la privation».

Cet état peut s’accompagner ou non de tolérance. Un même individu peut être dépendant de plusieurs produits.

2) En France, dépendance de personnes à l’égard de la consommation irraisonnée de produits pharmaceutiques.

addiction

Syn. toxicomanie

pharmacodynamie n.f.

pharmacodynamics

Branche de la pharmacologie qui étudie en fonction du temps et des doses les différents effets et les mécanismes d’action des médicaments sur les systèmes, organes, tissus et cellules des êtres vivants.

Sur son site principal d’action, l’effet d’un médicament, plus précisément d’un principe actif médicamenteux (anesthésique par ex.) est fonction de sa concentration sanguine qui définit une relation dose-effet ou concentration-effet utilisée pour les modèles pharmacocinétiques précisant les protocoles d’administration d’un médicament en fonction du but recherché.

La connaissance de la pharmacodynamie et de la pharmacocinétique est importante pour comprendre les effets d’un médicament et d’éventuelles influences réciproques en cas de prescriptions associées comme aussi de la consommation de certains aliments (ex.pamplemousse). Ces connaissances sont à la base des techniques d’administration des médicaments à l’aide des seringues électriques pilotées par ordinateur.

pharmacocinétique, médicaments (techniques d’administration des)

pharmacoéconomie l.f.

Branche de la pharmacologie qui étudie les rapports coût / bénéfice et risques des médicaments

pharmacoépidémiologie n.f.

pharmacoepidemiology

Domaine de la pharmacologie mettant en application les méthodes et les raisonnements épidémiologiques pour évaluer l’efficacité et le risque des médicaments, généralement sur de grandes populations.

pharmacogénétique n.f.

pharmacogenetics

Domaine de la pharmacologie qui étudie les variations de la pharmacocinétique et de la pharmacodynamie des médicaments en fonction des caractéristiques génétiques d’un individu ou d’un animal.

pharmacogénomique n.f.

pharmacogenomic

Branche de la pharmacologie qui, partant de la connaissance du génome, repère les gènes impliqués dans une maladie considérée, détermine l’expression tissulaire de ces gènes et des protéines qu’ils codent afin de conduire à l’identification de cibles potentielles et au choix d’agents actifs.

pharmacognosie n.f.

pharmacognosy

Discipline consacrée à l’étude des matières premières, surtout végétales, renfermant des substances pharmacologiquement actives, en vue de la production de médicaments (ex. du Pavot à l’opium, puis à la morphine et à la codéine, du pancréas de Porc à l’insuline).

Autrefois dénommée «matière médicale», depuis Materia medica selon Dioscoride

pharmacologie n.f.

pharmacology

Dans un sens large, étude des médicaments et des substances d’origine exogène, dites xénobiotiques, susceptibles d’avoir cet usage, ce qui correspond à plusieurs disciplines pharmaceutiques : chimie thérapeutique, pharmacognosie, pharmacotechnie, toxicologie pro parte...

De façon plus restreinte et habituelle, la pharmacologie étudie les effets d’une substance sur un organisme vivant. Elle met en évidence les caractéristiques spatio-temporelles de ces effets, leurs évolutions en fonction des doses, leur réversibilité (ou non) et tente d’en comprendre les mécanismes. Cette science connaît des développements multiples qui intègrent les méthodes d’observation, d’analyses, de modélisation et de pathologie expérimentale les plus récentes. Il en résulte en particulier une connaissance plus précise des interactions des médicaments et de l’organisme. C’est le fondement de toute thérapeutique rationnelle.

Étym. gr. pharmakon : poison, remède; logos : discours, science

pharmacologie clinique l.f.

clinical pharmacology

Etude des actions d’un médicament sur l’Homme, portant sur les variations d’une fonction normale ou pathologiquement modifiée, le métabolisme et la destinée d’un principe actif médicamenteux dans des conditions physiologiques particulières (enfance, grossesse, allaitement, grand âge...) ou pathologiques (ex. insuffisance rénale, hépatique...).

pharmacologie inverse l.f.

Pharmacologie de développement récent, qui résulte de l’isolement dans le génome de gènes identifiés par homologie avec d’autres gènes ou à la suite de séquençages industriels sans sélection préalable. Ces gènes exprimés dans les cellules pouvant les rendre sensibles à l’action de certaines substances, on en déduit qu’ils codent pour des enzymes ou des récepteurs actifs pharmacologiquement.

Cette pharmacologie suit donc une démarche qui va du gène à la fonction, alors que la pharmacologie moléculaire traditionnelle procédait de la fonction à la protéine puis au gène: elle recherchait une protéine douée d’activité biologique dite pharmacologique, en se fondant sur l’effet de substances sur certaines cellules. Le biochimiste isolait la protéine et, par synthèse d’oligonucléotides basés sur la séquence, localisait le gène correspondant.

La pharmacologie inverse a ainsi identifié de nombreux soustypes de récepteurs, p. ex. de la sérotonine (14 soustypes au lieu de 3 ou 4 attendus de la pharmacologie classique) ou de la dopamine (7 au lieu des 2 connus), etc.

pharmacologie moléculaire

Branche de la pharmacologie qui considère les agents potentiellement actifs selon leur structure spatiale et leurs points d’ancrage éventuels sur des récepteurs cellulaires à l’échelle du nanomètre (10 -9 m).

pharmacologie sociale l.f.

Branche de la pharmacologie qui s’intéresse aux relations croisées entre médecins, malades, entreprises du médicament, pharmaciens, assurance maladie et affaires réglementaires.

Syn. pharmacologie sociétale

pharmacologue n.m.

pharmacologist

Praticien et chercheur consacrant ses activités aux effets, au métabolisme et aux mécanismes d’action des agents pharmacologiques (candidats au statut de médicament) ou des médicaments reconnus comme tels pour les appliquer à l’Homme malade.

Les pharmacologues ont une culture originelle dispensée par les facultés de pharmacie, de médecine, de sciences, les écoles vétérinaires, les grandes écoles

| page précédente | /999 | page suivante