Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

14 résultats :

hépatite C  l.f. [L1-D3-2015]

hepatitis C

Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique liée à l’infection par le virus liées à une infection par le virus de l’hépatite C (HCV) à l’origine d’hépatites asymptomatiques, aigües et chroniques.

La transmission du VHC est principalement parentérale et sporadique, à un moindre degré sexuelle et materno-fœtale. Le risque principal est la chronicité dont la fréquence est élevée (50 à 80%) tandis que le risque d’hépatite fulminante est très faible, voire nul.

L’hépatite C aigüe associe une hypertransaminasémie, la présence d’anticorps anti-HCV (parfois retardée d’une dizaine de semaines) et celle de l’ARN viral dans le sérum. La persistance de ces signes trois mois après le contage traduit habituellement l’infection chronique qui peut évoluer dans 20% des cas vers la cirrhose avec son propre risque de carcinome hépatocellulaire. La guérison spontanée de l’hépatite C aigüe qui s’observe dans environ 30 % des cas est caractérisée par la positivité des anticorps anti-VHC et la négativité de la charge virale C.

L’hépatite C chronique beaucoup plus fréquente que l’hépatite C aigue (0, 84 % de la population) se traduit par une élévation modérée et fluctuante des transaminases et la présence d’anticorps dirigés contre le VHC. La quantification de la charge virale et la détermination du génotype sont nécessaires avant la prise en charge thérapeutique.

Des atteintes extrahépatiques sont observées au cours de l’hépatite C: dysthyroïdie, cryoglobulinémie mixte, glomérulonéphrite membranoproliférative, etc.

Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C.

virus des hépatites, hépatocarcinome, virus de l’hépatite C, Hepacivirus

hépatite cholestatique n.f. [L1-2015]

cholestatic hepatitis

Hépatite, survenant plus souvent chez la femme, caractérisée par un début fébrile, des vomissements, une hépatalgie, un prurit intense qui précèdent un ictère avec amaigrissement important.

L’hépatite cholestatique peut être ictérique, lorsque la bilirubine conjuguée est augmentée ou anictérique dans le cas contraire.

Les examens biologiques affirment l’élévation de la bilirubinémie, des phosphatases alcalines, de la transaminase glutamique pyruvique tandis que le taux de prothrombine est diminué.

L’hépatite cholestatique s’oppose à l’hépatite cytolytique; dans l’hépatite cytolytique, l’élévation des transaminases ALAT (ALanine-AminoTransférase) est prédominante, dans l’hépatite cholestatique, l’élévation des phosphatases alcalines (PA) et de la gamma-glutamyltranspeptidase est prédominante. Le rapport  ALAT / PA en nombre de fois la limite supérieure de la normale permet de distinguer l’hépatite cytolytique lorsque R est > 5, l’hépatite cholestatique lorsque R < 2; entre 2 et 5, l’hépatite est dite mixte.

La cholestase peut être de nature obstructive, due à un obstacle au niveau des voies biliaires ou non obstructive en rapport avec une atteinte cellulaire touchant les cellules épithéliales des voies biliaires ou le pôle biliaire des hépatocytes. 

La guérison est possible mais dans les formes chroniques, survient une destruction des canaux biliaires intra-hépatiques à l’origine d’une fibrose périportale qui peut conduire à la cirrhose.

La responsabilité du virus de l’hépatite A a pu être évoquée.

Syn. hépatite cholostatique

hépatite chronique l.f.

chronic hepatitis

Atteinte chronique du parenchyme hépatique, associée généralement à une infiltration inflammatoire du foie, pouvant entraîner une cirrhose après plusieurs années.

Les hépatites chroniques peuvent être dues à un mécanisme auto-immun (hépatites auto-immunes: de type I avec anticorps antinoyau et/ou antimuscle lisse, de type II avec anticorps antimicrosome), à une infection virale chronique (hépatite B ou C) et plus rarement à la prise prolongée de certains médicaments.

hépatite chronique auto-immune, hépatite C

hépatite chronique auto-immune l.f.

chronic autoimmune hepatitis

Ensemble des manifestations hépatiques associées à la présence d’auto-anticorps spécifiques d’organites mais sans réelle spécificité d’organes, observées avec deux pics de fréquence chez l’enfant et chez l’adulte (principalement, la femme) après 40 ans.

Les autoanticorps sont détectés par immunofluorescence indirecte sur coupes de foie/rein/estomac de rat. En cas de positivité, leur présence doit être confirmée par d’autres techniques (Elisa, western blot..) possibles grâce à l’identification de cibles antigéniques reconnues pas ces anticorps.

La symptomatologie va de l’hépatite aigüe fulminante à l’hépatite chronique avec cirrhose. La conjonction d’une hypertransaminasémie, d’une hypergammaglobulinémie polyclonale, de signes histologiques d’hépatite chronique (nécrose, inflammation, fibrose) et d’autoanticorps justifient l’institution précoce de traitements immunosuppresseurs associant corticothérapie et azathioprine.

On distingue les hépatites chroniques auto-immunes de type I avec anticorps antimuscle lisse de spécificité antiactine, souvent associés à des facteurs antinucléaires et les hépatites auto-immunes de type II avec anticorps dirigés contre les microsomes de rein et de foie (antiLKM1ou anticorps anti-CYP 2 D6).

Dans un tiers des cas, elles s’accompagnent de manifestations extrahépatiques (articulaires, syndrome sec, dysthyroïdie, etc.).

asunaprévir n.m.

Nouvel antiviral à action directe contre le virus de l’hépatite C, faisant partie des nombreux antiviraux prescrits depuis peu de temps dans le traitement de l’hépatite chronique virale C.

C’est un inhibiteur de la protéase NS3 du virus de l’hépatite C. Il bloque la libération des protéines non structurales, nécessaires pour la réplication du virus. Son métabolisme est principalement médié via le cytochrome P450 (CYP) 3A4 et le CYP 3A5. Il a été testé contre les génotypes 1 et 4 et a aussi une activité pan-génomique. Prescrit par voie orale chez les adultes, il ne doit pas être administré en monothérapie mais en association. A ce jour, il n’est disponible qu’à l’hôpital.

à hépatite C, virus de l’hépatite C, cytochrome P450

daclatasvir n.m.

Nouvel antiviral à action directe (AAD) contre le virus de l’hépatite C, faisant partie des nombreux antiviraux prescrits depuis peu de temps dans le traitement de l’hépatite chronique virale C.

C’est un inhibiteur de la protéine non structurale multifonctionnelle 5A du complexe de réplication (NS5A). Le Daclatasvir inhibe la réplication de l’ARN viral et l’assemblage des virions. Il est un substrat du cytochrome P450 [CYP] 3A4. Efficace contre les génotypes 1 et 4, il a vocation à être pan-génomique. Prescrit par voie orale chez les adultes, il doit être administré en association avec d’autres médicaments. Les recommandations thérapeutiques sont évolutives avec des modifications pluriannuelles, compte tenu du grand nombre de schémas possibles. Le but est de ne plus utiliser des molécules antérieurement prescrites dans l’hépatite C, en particulier l’interféron pégylé et la ribavirine, dont les effets secondaires sont nombreux, tandis que les nouveaux AAD sont bien tolérés et d’une efficacité supérieure avec un temps de traitement plus court. Des protocoles d’associations daclatasvir et sofosbuvir sont actuellement possibles, dans le cadre d’une ATU de cohorte. L’éradication définitive du VHC avec ces nouveaux AAD est obtenue dans 90 % des cas. A ce jour, il n’est disponible qu’à l’hôpital.

hépatite C, virus de l’hépatite C, cytochrome P450, interféron (traitement par l’), ribavirine, sofosbuvir

dasabuvir n.m.

Le dasabuvir est un nouvel antiviral à action directe (AAD) utilisé en association avec d’autres molécules dans le traitement de l’hépatite C.

C’est un inhibiteur non nucléosidique de la polymérase NS5B du VHC. Il n’a pas encore obtenu l’AMM. Il peut être utilisé depuis décembre 2014 dans le cadre d’une ATU de cohorte en association avec l’ombitasvir, le paritaprévir, le ritonavir avec ou sans ribavirine, dans le traitement de l’hépatite C chronique due au virus de l’hépatite virale C (VHC) de génotype 1 chez des patients adultes présentant une maladie à un stade avancé (avec fibrose hépatique F3 ou cirrhose compensée ou présentant des manifestations extra-hépatiques du VHC).

 hépatite C, virus de l’hépatite C, ombitasvir, paritaprévir, ritonavir, ribavirine

FibroMAX ® n.m.

Marqueur de la fibrose de l’hépatite chronique C qui rassemble le Fibrotest ®, le Steatotest ®, le Nashtest ®, l’Ashtest ® et l’Actitest ®.

à hépatite chronique virale C, Fibrotest ®, Stéatotest ®, Nashtest ®, Ashtest ®, Actitest ®

Fibrotest ® n.m.

Marqueur non invasif de la fibrose hépatique, initialement conçu pour établir l’importance de la lésion chez les patients atteints d’hépatite chronique virale C.

Il

combine le dosage dans le sang de cinq marqueurs indirects de fibrose, que sont : l’α2 macroglobuline,l’haptoglobine, l’apolipoprotéine A1,la bilirubine totale etles γ-glutamyl transférases avec un ajustement à l’âge et au sexe de la personne. Une formule mathématique permet le calcul du fibrotest qui varie de 0 à 1. Pour faciliter l’interprétation visuelle le résultat est accompagné d’un graphique en couleurs avec trois classes de gravité croissante.

Le test de fibrose varie entre 0.00 et 1.00 avec une prédiction des stades selon la classification Métavir. La corrélation de l’estimation  de la fibrose par le Fibrotest ® et l’examen anatomopathologique du foie est dans l’ensemble satisfaisante, mais il ne faut pas retenir uniquement le résultat final du test, mais analyser et tenir compte de chaque composante du test dans l’interprétation de celui-ci. En effet, des causes non liées au virus peuvent le perturber et donc rendre le test ininterprétable. Ainsi, la maladie de Gilbert qui élève le taux de bilirubine, une hémolyse qui entraîne une élévation de l’haptoglobine et un syndrome inflammatoire qui provoque une élévation des α2 globulines perturbent les résultats.

Il est combiné à l’ActiTest ® qui estime l’activité nécrotico-inflammatoire dans les hépatites chroniques en utilisant le taux d’ALAT.

hépatite chronique virale C, ActiTest ®, Métavir (classification…de la fibrose hépatique), marqueurs non invasifs de fibrose hépatique

hépascore n.m.[L1-2015]

L’hépascore est un des algorithmes biologiques utilisé pour quantifier la fibrose du foie dans l’hépatite chronique virale C.

Il fait partie des marqueurs non invasifs de fibrose. Il combine quatre indices sanguins : α 2 -macroglobuline, acide hyaluronique, bilirubine totale et γ-glutamyl-transpeptidase, avec un ajustement sur le sexe et l’âge. C’est avec le fibrotest ® et le fibromètre un des marqueurs recommandé par la Haute autorité de santé.

hépatite chronique virale C, marqueurs non invasifs de fibrose hépatique, fibrotest ®, fibromètre

hepatalgia

Douleur de l’hypocondre droit provoquée par l’hypertrophie et la congestion du foie, en particulier dans l’insuffisance cardiaque.

L’hépatalgie d’effort est considérée comme un bon signe de défaillance cardiaque sévère.

défaillance cardiaque

Étym. gr. hêpar : foie; algos : douleur

lédipasvir n.m.

Nouvel antiviral à action directe, d’activité pangénomique utilisé en association avec d’autres molécules dans le traitement de l’hépatite chronique C.

Il peut être prescrit en association avec le sofosbuvir dans le cadre d’une autorisation temporaire d’utilisation de cohorte en cas d’hépatite chronique C à un stade avancé (fibrose F3 ou F4) ou associée à des manifestations extra-hépatiques, ainsi que chez des malades inscrits sur une liste d’attente pour une transplantation hépatique, ou ayant subi une transplantation hépatique et présentant une récidive de l’infection par le VHC, ou encore chez des malades transplantés rénaux porteur du VHC.

à hépatite C, virus de l’hépatite C, sofosbuvir

ombitasvir-paritaprévir-ritonavir l.m.

Association de trois molécules à action directe sur le virus de l’hépatite C: ombitasvir inhibiteur de la protéine NS5A, le paritaprévir inhibiteur de la protéine NS3/4A et le ritonavir potentialisateur pharmacocinétique du paritaprévir.

Ces trois antiviraux à action directe (AAD) doivent être prescrits en association avec le dasabuvir inhibiteur non nucléosidique de la polymérase NS5B du virus de l’hépatite C.

à hépatite C, virus de l’hépatite C

sofosbuvir n.m.

Inhibiteur de la protéine NS5B du virus de l’hépatite C.

Il doit être associé avec d’autres médicaments de l’hépatite C chronique chez l’adulte présentant un stade de fibrose F3 ou F4. Parmi les nouveaux antiviraux à action directe c’est le seul autorisé chez les malades F2 «sévère», les autres médicaments étant réservés uniquement aux F3 ou F4.

à hépatite C, virus de l’hépatite C, métavir (classification…de la fibrose hépatique)

virus de l’hépatite C l.f.

hepatitis C virus

Virus à ARN du genre Hepacivirus (famille des Flaviviridae), responsable des hépatites C, transmises par voie sanguine ou sexuelle.

Ce virus enveloppé, dont le diamètre est de 80 nm, présente 7 génotypes dont les répartitions géographiques sont différentes. La transmission a surtout lieu lors de transfusions ou de transplantations, à l’occasion d’injections IV chez les toxicomanes, par voie sexuelle ou encore par voie materno-fœtale.

Sigle : HCV

hépatite C, Hepacivirus