Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

17 résultats :

maladie de la ferroportine l.f.

ferroportin disease

hémochromatose liée à des mutations autosomales dominantes du gène SLC40A1 (Solute Carrier family 40 member 1 ) en 2q32, codant pour la ferroportine.

Ces mutations ne permettent plus l’action de la ferroportine qui intervient normalement dans la sortie du fer des cellules (entérocytes, macrophages de la rate et du foie, hépatocyte); il y a surcharge cellulaire en fer. La ferritinémie est élevée, supérieure à 1000 μg/L. Deux phénotypes principaux sont observés:

le type A où le fer sérique est normal ou bas et le coefficient de saturation de la transferrine normal; il est souvent asymptomatiqueet de pronostic favorable ;

le type B à fer sérique élevé et coefficient de saturation de la transferrine élevé. Le tableau clinique est voisin des autres formes d’hémochromatose.

hémochromatose génétique (mutations responsables de l’)

Syn. hémochromatose de type 4, hémochromatose HFE 4

hémochromatose de type 2 A l.f.[L1-2015]

Hémochromatose liée à des mutations des gènes codant pour l’hémojuvéline HJV.

hepcidino-déficience (situation d’), hémojuvéline

hémochromatose de type 2 B l.f. [L1-2015]

Hémochromatose liée à des mutations des gènes codant pour le gène de l’hepcidine HAMP.

hepcidino-déficience (situation d’)

hémochromatose de type 3 l.f. [L1-2015]

Hémochromatose liée à des mutations du gène du récepteur de la transferrine de type 2.

hepcidino-déficience (situation d’)

hémochromatose de type 4 l.f. [L1-2015]

maladie de la ferroportine

hémochromatoses primitives l.f. [L1-2015]

hemochromatosis

hémochromatoses génétiques, hémochromatoses juvéniles

hémochromatose génétique de type HFE 1. l.f. [L1-O4 2015]

Maladie d’origine génétique transmise sur le mode autosomique récessif, caractérisée par une absorption duodénale excessive du fer responsable d’une surcharge en fer et d’une sclérose réactionnelle de différents organes notamment du foie.

C’est la plus fréquente des hémochromatoses génétiques, c’est aussi la plus fréquente des maladies héréditaires qui touche préférentiellement les sujets d’origine nord-européenne avec un taux de prévalence dans la population générale estimé entre 1 et 4 pour mille. L’affection apparaît plus tardivement chez la femme en raison des pertes en fer dues aux menstruations.

Après une phase de latence clinique, l’hémochromatose génétique se caractérise par un grand polymorphisme associant, à des degrés variables, une une hépatomégalie, un diabète sucré, une pigmentation cutanée («diabète bronzé») une cardiomyopathie, un  hypogonadisme hypogonadotrope et des arthropathies.

Le diagnostic est très fortement suggéré par l’élévation de la saturation de la transferrine (supérieure à 45%) à laquelle s’associe une augmentation, à des degrés variables, de la ferritinémie.

Ces anomalies biologiques commandent la recherche de la signature génétique de la maladie. La mise en évidence de mutations homozygotes du gène HFE 1 localisé sur le bras court du chromosome 6 conduit au diagnostic. Trois mutations ont été décrites C282Y (plus de85% des cas), H63D et S65C beaucoup plus rares.Seule la mutation homozygote C282 Y peut entraîner une surcharge en fer importante. L’homozygotie H63 D n’est pas responsable d’un excès de fer cliniquement significatif (la majorité des cas publiés se sont avérés être en rapport avec d’autres mutations non HFE 1). Il existe des formes hétérozygotes composites. Ces mutations empêchent l’élaboration par le foie de l’hepcidine, hormone dont l’action limite l’absorption du fer contenu dans l’alimentation par la muqueuse intestinale.

Le diagnostic d’hémochromatose génétique justifie une recherche systématique chez les parents au premier degré du sujet atteint. En revanche, malgré la fréquence élevée de la maladie et le bénéfice apporté par un diagnostic précoce, le dépistage de la maladie dans la population générale n’est pas préconisé actuellement. La question reste en débat.

Le traitement consiste, dans la plupart des cas en des saignées initialement hebdomadaires de 400 à 500 ml de façon à réduire le fer en excès. Son efficacité est évaluée par la ferritinémie qui doit tendre progressivement vers une valeur de 50 ng/ml, l’hémoglobine restant supérieure à 11 g/l. L’asthénie, la mélanodermie, les troubles cardiaques…s’atténuent et peuvent disparaître. En revanche, les douleurs articulaires et le diabète disparaissent plus difficilement lorsqu’ils sont installés. Les chélateurs du fer d’emploi astreignant, lourd et coûteux, d’effets secondaires non négligeables, ne sont utilisés que dans les rares cas de contre-indications aux saignées.

Les saignées (ou les dons-saignées) doivent être prescrits dès que la ferritine est supérieure à 300 µg/l s’il s’agit d’un homme et de 200 µg/l s’il s’agit d’une femme.

En l’absence de traitement la mort est la conséquence soit du diabète, soit de l’insuffisance cardiaque congestive (risque 300 fois supérieur à celui d’une population normale), soit du fait de la cirrhose et/ou d’un carcinome hépatiques.

A.Trousseau, médecin français (1865)

Sigle. HFE 1

arthropathie de l’hémochromatose, diabète bronzé, hémosidérose, hémochromatose juvénile, hepcidine, hémochromatose génétique (mutations responsables de l’)

Étym. gr. haima : sang; chrôma : couleur

Syn. cirrhose bronzée, diabète bronzé

hémochromatose juvénile l. f. [L1-O1- O4 2015]

young hemochromatosis

Forme rare d’hémochromatose génétique qui débute avant l’âge de 30 ans et atteint de manière égale les deux sexes.

Sa gravité s’exprime par une insuffisance gonadotrope et une myocardiopathie évolutive nécessitant souvent une transplantation cardiaque.

Elle est liée à la mutation de l’hepcidine, produit du gène HAMP ou de l’hémojuvéline produit du gène HJV, à l’origine d’une expression anormalement basse de l’hepcidine et par conséquent d’une surcharge férique sévère.

Certaines formes sont secondaires à la mutation des deux copies du gène de l’ hepcidine. La majorité des sujets atteints d’hémochromatose juvénile n’ont aucune des deux mutations C282Y et H63D du gène HFE, cependant des malades hétérozygotes pour la mutation C282Y ou pour la mutation H63D ont été identifiés.

hémochromatose génétique, hepcidine, hémojuvéline

hémochromatose génétique (mutations responsables de l’) l.f. p. [L1-O4 2015]

- Hémochromatose HFE 1→ hémochromatose génétique de l’adulte,

« habituelle» ou la plus fréquente;

- Hémochromatose HFE 2→  hémochromatose juvénile;

- Hémochromatose HFE 3: mutation du récepteur 2 de la transferrine,

le phénotype clinique est proche de celui de l’hémochromatose HFE1;

- Hémochromatose HFE 4: mutation de la ferroportine (gène SLC40A1),

seule forme d’hémochromatose dont la transmission est autosomale dominante. Elle se caractérise par une accumulation de fer dans les cellules endothéliales; biologiquement, la ferritine est élevée, le coefficient de la transferrine est normal ou diminué. L’anémie est fréquente, majorée par les saignées.

hémochromatose néonatale l.f.[L1,O,Q2]

neonatal hemochromatosis

Affection hépatique néonatale sévère associée à une sidérose extra-hépatique de distribution identique à celle de l’hémochromatose constitutionnelle: le cœur, les glandes endocrines…

Il apparaît de toute évidence qu’il s’agit d’une affection gestationnelle dont l’atteinte hépatique s’avère le déterminant principal. Sa pathogénie est liée à un processus allo-immunitaire maternel dirigé vers le foie fœtal. Le pronostic est très réservé. Au vu de la pathologie hépatique et du mécanisme qui la détermine, l’hémochromatose néonatale devrait être classifiée comme un hépatite allo-immune congénitale.

P.H. Whitington, pédiatre américain (2007); S. Roumiantsev, pédiatre américain (2015)

hépatite allo-immune congénitale

hémochromatose secondaire l.f. [L1-2015]

secondary hemochromatosis

Appelée aussi surcharge acquise.

hémosidérose

hémochromatoses primitives l.f. [L1-O4 2015]

hemochromatosis

hémochromatoses génétiques, hémochromatoses juvéniles

hémosidérose n.f.[L1]

hemosiderosis, secondary hemochromatosis

Surcharge tissulaire en fer observée en dehors de l’hémochromatose génétique, dans des affections hépatiques, pulmonaires et hématologiques.

Au cours des hépatites virales, et chez les sujets atteints de cirrhose, la saturation de la transferrine et la ferritinémie sont souvent augmentées. Les hémopathies entraînant une destruction excessive chronique des hématies peuvent provoquer des surcharges en fer. Il en est de même des sujets soumis à des transfusions répétées ou à un traitement par l’érythropoïétine. Une élévation de la ferritinémie est souvent observée dans le syndrome métabolique.

hémosidérose pulmonaire, hémochromatose génétique, hépatite virale, cirrhose hépatique, érythropoïétine, syndrome métabolique

Étym. gr. haima : sang, sideros : fer

Syn. hémochromatose secondaire

maladie de la ferroportine l.f.

ferroportin disease

hémochromatose liée à des mutations autosomales dominantes du gène SLC40A1 (Solute Carrier family 40 member 1 ) en 2q32, codant pour la ferroportine.

Ces mutations ne permettent plus l’action de la ferroportine qui intervient normalement dans la sortie du fer des cellules (entérocytes, macrophages de la rate et du foie, hépatocyte); il y a surcharge cellulaire en fer. La ferritinémie est élevée, supérieure à 1000 μg/L. Deux phénotypes principaux sont observés:

le type A où le fer sérique est normal ou bas et le coefficient de saturation de la transferrine normal; il est souvent asymptomatiqueet de pronostic favorable ;

le type B à fer sérique élevé et coefficient de saturation de la transferrine élevé. Le tableau clinique est voisin des autres formes d’hémochromatose.

hémochromatose génétique (mutations responsables de l’)

Syn. hémochromatose de type 4, hémochromatose HFE 4

arthropathie de l’hémochromatose l.f.

Arthropathie liée à la déminéralisation osseuse, qui donne des crises fluxionnaires surtout au genou, ou l’aspect d’un rhumatisme chronique du rachis ou des métacarpophalangiennes.

La chondrocalcinose est son aspect radiologique le plus caractéristique.

Étym. gr. arthron : articulation

Bantous (hémochromatose des) l.f.

african iron overload

Variété de surcharge secondaire en fer dont le tableau clinique est très proche de celui de l’hémochromatose génétique.

Décrite en Afrique subsaharienne, chez des populations noires qui utilisaient des pots en fer pour la cuisson des aliments et la fermentation de la bière; l’ingestion de fer pouvait aller jusqu’à 3,6mmol (200mg) par jour; l’absorption intestinale semblait facilitée par un apport en acide ascorbique.

Le traitement associait les saignées et la correction des erreurs diététiques.

surcharges en fer héréditaire s l.f. p.

Elles rassemblent de nombreux tableaux cliniques: à côté des hémochromatoses génétiques, il existe des surcharges en fer génétiques impliquant différents acteurs moléculaires du métabolisme du fer associées

- à une anémie:

Atransferrinémie héréditaire, mutations du gène codant pour DMT1 (gène SLC11A2), transporteur du fer exprimé à la surface apicale des entérocytes du duodénum ;

- à des manifestations neurologiques:

acéruloplasminémie, maladies mitochondriales: ataxie de Friedreich (gène Frataxine) et neuroferritinopathies (gène FTL).

hémochromatose génétique, hémochromatose juvénile, hémochromatose secondaire, hémosidérose, atransferrinémie, acéruloplasminémie, Friedreich (ataxie de), neuroferritinopathie