Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

37 résultats :

dislocation n.f.

dislocation

1) Action de séparer, de disjoindre.

2) Perte de contact entre deux surfaces articulaires.

Étym. lat. dis : séparation; locatio : arrangement

Syn. luxation

dislocation atloïdo-axoïdienne l.f.

atlo-axoid dislocation, atloido-axoidis luxation

Luxation de l’atlas sur l’axis avec saillie rachidienne de l’apophyse odontoïde, par insuffisance ligamentaire, surtout du ligament transverse pouvant se compliquer de tétraplégie.

Le déplacement est le plus souvent antéropostérieur, parfois latéral et parfois mixte. Il peut être secondaire à un traumatisme ou à la présence d’un pannus synovial entre l’atlas et l’axis, comme au cours de la polyarthrite rhumatoïde ou des spondyloarthropathies.

Cette dislocation peut être immobilisée par une inflammation secondaire mais elle peut demeurer mobile et complètement ou partiellement réductible.

Étym. lat. dis : séparation; locatio : arrangement

luxation n.f.

dislocation, luxation

Perte totale ou partielle des rapports anatomiques normaux entre les extrémités d’une articulation; par extension, déplacement d’un organe hors de sa loge ou de sa position normale.

La luxation peut être complète ou incomplète et laisser une partie des surfaces articulaires en contact (subluxation)

1) La luxation traumatique peut atteindretoute articulation ; elle s’accompagne de lésions des moyens de fixation articulaire: distension, rupture ou arrachement capsulaire et ligamentaire. Elle peut être fermée ou ouverte par association à une plaie cutanée. La luxation-fracture associe au déplacement articulaire une fracture intra- ou extraarticulaire. Des complications vasculonerveuses peuvent se produire: compression ou arrachement en cas de déplacement important. Le traitement doit être entrepris en urgence. La luxation peut être incoercible si la réduction ne peut être maintenue ou irréductible par interposition capsulaire, musculaire ou osseuse; dans ces cas la réduction et la contention nécessitent une intervention chirurgicale. Négligée, sans traitement, la luxation, dite ancienne, est devenue irréductible par rétraction capsuloligamentaire et organisation fibreuse. Les récidives sont liées à la persistance d’altérations des moyens de stabilisation de l’articulation (capsule, ligaments, muscles) ou à des lésions osseuses résiduelles.

2) Les luxations pathologiques surviennent au cours de nombreuses affections. Les paralysies des membres entraînent des luxations ordinairement progressives liées aux déséquilibres et aux rétractons musculaires périarticulaires. Ces luxations survenantsurtout en cas de spasticité et d’asymétrie de position des segments de membre pourraient être prévenues par des soins et des postures appropriés.

Les dystrophies ostéoarticulaires, musculaires et ligamentaires telle l’hyperlaxité) sont des facteurs de luxation. Une croissance asymétrique sur un segment de membre à deux os peut aboutir à la luxation d’une extrémité du segment le plus long tête radiale, par ex.).

3) Les luxations congénitales peuvent être notées dès la naissance et même exister dès la vie intra-utérine en cas de malformations (luxation tératologique). Elles peuvent être liées à des anomalies congénitale articulaires ou ligamentaires et ne se constituer que secondairement. Dans ces cas un examen minutieux peut permettre de déceler précocement les facteurs favorisants, comme pour la luxation congénitale de la hanche.

4) Une luxation peut survenir sur d’autres parties de l’organisme que les articulations: luxation des tendons péroniers, luxation du tendon du longbiceps ou des tendons extenseurs de la main par atteinte dégénérative, luxation traumatique de la cloison nasale, luxation dentaire, luxation du cristallin.

5) Au cours d’une intervention chirurgicale la luxation peut être provoquée pour accéder à la partie profonde d’une articulation. Au cours d’une anesthésie générale, la luxation ou subluxation antérieure de la mandibule permet de dégager les voies aériennes supérieures en évitant la bascule de la langue en arrière.

luxation pathologique, luxation permanente, luxation récidivante, hanche (luxation de la), cristallin (luxation du)

Étym. lat. luxare: déboîter, disloquer

patella (luxation de la) l.f.

dislocation of the patella

Déplacement de la patella en dehors de la trochlée fémorale, le plus souvent du côté latéral externe.

Divers types peuvent être isolés et décrits: la luxation traumatique, la luxation récidivante et sa variété la luxation habituelle, la luxation permanente, la luxation congénitale.

Syn. luxation de la patella

rotule (luxation de la) l.f.

dislocation of the patella

Déplacement de la patella en dehors de la surface patellaire du fémur, le plus souvent du côté latéral.

Divers types peuvent être isolés et décrits: la luxation traumatique, la luxation récidivante et sa variété la luxation habituelle, la luxation permanente, la luxation congénitale.

Syn. luxation de la patella

Bennett (fracture de) l.f.

Bennett’s fracture-dislocation

Fracture articulaire de la base du premier métacarpien, avec subluxation trapézométacarpienne.

E. Bennett, chirurgien irlandais (1886)

boxeurs (fracture des)

fracture-luxation l.f.

fracture-dislocation

Lésion articulaire associant une luxation et des lésions osseuses de voisinage.

Elle est fréquente au niveau du rachis, de l’articulation tibiotarsienne, de la hanche et du coude.

Galeazzi (fracture de) l.f.

Galeazzi’s fracture-dislocation

Fracture de la diaphyse radiale associée à une disjontion de l’articulation radio-ulnaire distale.

R. Galeazzi, chirurgien italien (1866-1952)

Galeazzi (fracture de) l.f.

Galeazzi’s fracture-dislocation

Fracture de la diaphyse radiale associée à une disjonction de l’articulation radio-ulnaire distale.

R. Galeazzi, chirurgien italien (1866-1952)

hanche (luxation congénitale de la) l.f. [I1-Q2-2015]

congenital dislocation of the hip (CDH)

Déplacement de la tête fémorale hors du cotyle, constatable dès la période néonatale.

La luxation congénitale de la hanche peut être dépistée précocement par un examen approprié: clinique par raccourcissement du membre inférieur, limitation de l’abduction, signe du ressaut d’Ortolani, et échographique. Plus tard le développement osseux des constituants articulaires, visible sur les radiographies, rend le diagnostic plus aisé mais tardif.

La luxation tératologique, apparue précocement in utero s’accompagne souvent d’autres malformations locales ou régionales, son pronostic est habituellement sévère.

Ortolani (signe d’)

Syn. maladie luxante de la hanche

LCH sigle f pour Luxation Congénitale de la Hanche

CDH (congenital dislocation of the hip)

luxation congénitale de la hanche

luxation ancienne l.f.

neglected dislocation

Luxation traumatique non réduite et devenue irréductible par rétraction des éléments capsuloligamentaires périphériques.

luxation antéro-interne de l’épaule l.f.

anterior shoulder dislocation, forward dislocation

Perte complète des rapports normaux entre les surfaces articulaires de la cavité glénoïde de la scapula et la tête humérale, celle-ci se déplaçant en avant et en dedans dans des positions différentesselon la direction du traumatisme et son intensité.

La luxation antéro-interne survient après une chute sur la main, coude étendu, plus rarement après un choc direct. La tête humérale est déplacée en avant et en dedans en position extracoracoïdienne, sous ou intracoracoïdienne ou même sous claviculaire; les lésions anatomiques sont d’autant plus graves que le déplacement est plus important: désinsertion antéro-inférieure du bourrelet glénoïdien ( labrum glenoidale ) (lésion de Bankart) ou désinsertion capsulopériostée. Le blessé se présente le bras en abduction irréductible et en rotation latérale; sa mobilisation est douloureuse. L’épaule a perdu son galbe et les téguments tombent verticalement depuis l’acromion saillant sous la peau (signe de l’épaulette) et le bras présente une angulation sous deltoïdienne (coup de hache externe,). La cavité glénoïde est vide et la tête humérale est perçue en avant, le sillon deltopectoral est effacé. Les complications immédiates sont recherchées: lésion du nerf circonflexe ( n. axillaris), par l’examen de la sensibilité du moignon de l’épaule, des racines supérieures du plexus brachial, lésions vasculaires, et fracture associée du tuberculum majus ou du rebord antérieur de la glène par des radiographies ou un scanner. La réduction doit être aussi précoce que possible sous analgésie ou anesthésie générale, suivie d’immobilisation. Les complications: fracture associée, lésions musculaires, instabilité résiduelle, peuvent nécessiter un traitement chirurgical. Les complications secondaires sont fréquentes: instabilité de l’épaule, luxation récidivante, arthrose.

Bankart (lésion de)

Syn. luxation glénohumérale, luxation scapulohumérale

luxation atloïdo-axoïdienne l.f.

atlantoaxialis dislocation

Perte de contact total ou partiel (subluxation) entre les surfaces articulaires de l’atlas et de l’axis.

La luxation traumatique est due à des lésions du ligament transverse et des ligaments alaires (lig. occipito-odontoïdiens latéraux) ou à une fracture de l’apophyse odontoïde. La luxation vraie vers l’avant de l’atlas sur l’axis nécessite un traumatisme violent; le déplacement et les lésions neurologiques sont souvent incompatibles avec la survie.

La subluxation se présente avec des cervicalgies, une attitude en torticolis et des troubles neurologiques éventuels. Elle est de plusieurs types : - - la subluxation sagittale ou antérieure est décelée sur les radiographies de profil par l’écart entre l’arc antérieur de l’atlas et l’apophyse odontoïde de plus de 3mm chez l’adulte et de plus de 5 mm chez l’enfant;

- la subluxation rotatoire unilatérale dans laquellel’une des articulations reste fixée et l’autre présente un déplacement de l’atlas vers l’avant;

- la subluxation rotatoire bilatérale est caractérisée par le déplacement des deux articulations : l’une vers l’avant l’autre vers l’arrière, l’apophyse odontoïde servant de pivot.

La subluxation atloïdo-axoïdienne de la polyarthrite rhumatoïde est liée à l’altération des articulations et à la destruction du ligament transverse. Souvent asymptomatique mais instable elle risque d’entraîner des complications neurologiques graves. Elle doit être dépistée systématiquement par l’imagerie médicale.

luxation congénitale l.f.

congenital dislocation

Luxation présente à la naissance, complète ou non, en rapport avec une dysplasie articulaire.

La maladie luxante de la hanche en est le type avec tous ses degrés. On connaît aussi la luxation congénitale du genou, de l’épaule.

luxation congénitale de la hanche l.f. [I1-Q2-2015]

congenital hip dislocation

Déplacement de la tête fémorale hors du cotyle, constatable dès la période néonatale.

Elle entraîne la luxation de la tête fémorale de façon permanente ou intermittente en dehors de la cavité cotyloïde. Elle peut être bilatérale ou unilatérale. Le dépistage précoce néonatal est systématique par la recheche du signe de Le Damany-Ortolani, ou signe du ressaut. Il peut être confirmé par examen échotomographique, voire radiologique. Le dépistage précoce impose un traitement orthopédique simple mais efficace qui a rendu maintenant exceptionnelles les séquelles au niveau des hanches: bassin rétréci par aplatissement du détroit supérieur en cas de dysplasie bilatérale, bassin asymétrique avec redressement de l’arc antérieur du côté sain en cas de dysplasie unilatérale.

La luxation tératologique, apparue précocement in utero s’accompagne souvent d’autres malformations locales ou régionales, son pronostic est habituellement sévère.

M. Ortolani, pédiatre italien (1904-1983)

Ortolani (signe d’)

Syn. maladie luxante de la hanche

luxation du cristallin l.f. [P2]

lens dislocation

Déplacement du cristallin, soit vers l’avant (pupille), soit vers l’arrière (cavité vitréenne), secondaire à une contusion oculaire, ou spontanée, venant compliquer une ectopie du cristallin.

La luxation de la pupille provoque une hypertonie de l’œil qui s’accompagne de douleurs parfois violentes. Le traitement, chirurgical, est une urgence.

Marfan (syndrome de), homocystinurie

luxation inférieure de l’épaule l.f.

downward shoulder dislocation

Forme très rare de la luxation scapulo-humérale (moins de 1% des cas) survenant à l’occasion d’un traumatisme le bras étant en hyperabduction, et caractérisée par la position très particulière en élévation verticale et rétroposition du membre supérieur.

Toute mobilisation est impossible; la radiographie montre la tête humérale en position basse par rapport à la cavité glénoïde. Les complications nerveuses, vasculaires et tendineuses sont fréquentes, elles sont recherchées avant réduction et leur bilan est complété après celle-ci.

Syn. luxatio erecta

luxation ouverte l.f.

open dislocation

Luxation associée à une plaie cutanée exposant l’articulation.

Syn. luxation exposée (obs.)

luxation pathologique l.f.

pathological dislocation

Déplacement articulaire lié à un état morbide particulier: infectieux (ex. luxation ostéomyélitique); paralytique (ex. luxation poliomyélitique ou autre) à l’exclusion des affections congénitales ou traumatiques.

luxation permanente l.f.

persistent dislocation, chronic dislocation

Perte de contact des surfaces d’une articulation persistante dans tous les mouvements et sans possibilité de réduction orthopédique.

La luxation permanente est le plus souvent congénitale avec adaptation des surfaces articulaires à leur nouvelle position et rétraction ligamentaire et musculaire. Ex. luxation permanente de la patella.

luxation postérieure de l’épaule l.f.

posterior shoulder dislocation, backward dislocation

Déplacement en arrière de la tête humérale lors d’une luxation de l’épaule.

Cette lésion, peu fréquente (3 à 5% des luxations de l’épaule) survient à l’occasion d’une chute sur la paume de la main, le membre supérieur en adduction et rotation interne ou d’un choc violent par en avant sur l’épaule. Elle peut se produire au cours d’une crise d’épilepsie. Le blessé se présente le membre supérieur en adduction et rotation interne, la rotation latérale est impossible. L’épaule est élargie, sa partie antérieure aplatie et l’apophyse coracoïde est saillante. L’examen radiographique montre, de face, le chevauchement de l’image de la tête humérale et du contour de la cavité glénoïde; l’incidence verticale ou le cliché transthoracique montrent le déplacement postérieur de la tête humérale et l’éventualité d’une fracture tassement antérieure de la tête (encoche de McLaughlin) ou du rebord postérieur de la glène. Un scanner peut être nécessaire pour confirmer le déplacement et les fractures associées. La réduction sous anesthésie générale est suivie d’une immobilisation assez prolongée en abduction et rotation latérale. Les complications peuvent nécessiter une réduction chirurgicale. Dans un nombre important de cas le diagnostic n’est pas porté obligeant à une intervention secondaire

H.L McLaughlin. chirurgien orthopédiste américain (1952)

luxation récidivante l.f.

recurrent dislocation

Déboitement articulaire se répétant à intervalles plus ou moins rapprochés et provoquées par des efforts ou des traumatismes plus ou moins importants.

La fréquence des récidives est très variable: la luxation est dite habituelle quand elle se produit lors d’un mouvement banal, telle la luxation de la patella qui se reproduit à chaque pas.

La luxation volontaire est une luxation récidivante reproduite à volonté par le patient; elle témoigne d’une laxité articulaire.

Putti-Platt (opération de), butée

luxation tératologique l.f.

teratologic dislocation

Luxation congénitale liée à une malformation précoce dans la vie intra-utérine.

Elle est souvent accompagnée d’autres malformations.

Étym. gr. teras : monstre; logos : discours

patella (luxation congénitale de la) l.f.

congenital dislocation of the patella

Anomalie de la position de la patella contre la face latérale du condyle, décelée à la naissance ou chez le jeune enfant.

Le genou est en demiflexion, les déformations articulaires sont souvent importantes, la réduction manuelle est impossible. La lésion peut être uni ou bilatérale. Elle peut faire partie d’un syndrome malformatif plus complexe: ostéoonycho­dysostose, syndrome de Rubinstein Taybi, trisomie 21, etc.

| /2 | page suivante