Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2016-1

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amibiase n.f.

Maladie parasitaire due à la présence dans l’organisme humain d’ Entamœba histolytica, la seule amibe digestive possédant un réel pouvoir pathogène chez l’Homme.

La contamination humaine résulte de l’ingestion de kystes apportés par des mains sales ou par de l’eau ou des aliments souillés, expliquant que la prévalence de cette infection cosmopolite soit plus élevée (jusqu’à 10% de la population) en régions chaudes et humides à faible niveau d’hygiène.

Ce parasite est responsable de troubles intestinaux (dysenterie) ou de diverses localisations viscérales, en particulier hépatiques.

L’amibiase infestation est définie par la présence asymptomatique d’ Entamœba histolytica dans la lumière colique sous sa forme végétative (trophozoïte) qui se transforme en kyste éliminé avec les selles. Selon le degré de pathogénicité des souches, la forme minuta peut se transformer en forme végétative histolytica, mobile, nécrosante et hématophage, envahissant la muqueuse colique, y créant des ulcérations, et, de là, diffusant à d’autres viscères, notamment le foie, plus rarement l’appareil pleuro-pulmonaire. Une amibiase maladie résulte de cette atteinte tissulaire et se traduit par des douleurs abdominales (épreintes coliques, ténesme anal), une diarrhée, une dysenterie, dans un contexte d’apyrexie (amibiase intestinale), ou par un gros foie douloureux et fébrile (abcès amibien du foie caractérisant l’amibiase hépatique). Le diagnostic se fait par la recherche de parasites dans les selles (amibiase intestinale) et des techniques d’immunologie ou d’imagerie (amibiase hépatique).

La localisation neurologique due à Entamœba histolytica est rare, voire exceptionnelle, et toujours liée à une amibiase intestinale. Le tableau clinique est celui d’un abcès encéphalique dont la nature est évoquée devant le contexte épidémiologique et les sérologies spécifiques positives, et affirmé grâce à l’examen anatomopathologique.

Le traitement utilise un amœbicide de contact pour l’amibiase infestation; amœbicide tissulaire suivie d’une cure d’ amœbicide de contact pour l’amibiase maladie.

Entamœba histolytica, dysenterie amibienne, amœbicide

Syn. amœbose

amibiase hépatique l.f.

amoebic liver abscess

Maladie due à un protozoaire, Entamoeba histolytica, consécutive à une amibiase intestinale soit actuelle, soit survenue plusieurs semaines ou plusieurs mois auparavant et qui a pu n’être pas reconnue.

Sous sa forme végétative pathogène histolytica, le parasite peut traverser la paroi intestinale dont il a lésé la muqueuse, pénétrer dans les capillaires mésentériques et, par le système vasculaire porte, parvenir au foie qui devient le siège d’une infection amibienne. L’amibiase hépatique provoque des abcès parfois très volumineux, visibles en échographie. Le traitement est un nitro-5-imidazolé, amoebicide diffusible administré per os pendant 7 à 10 jours. La vidange d’abcès volumineux par ponction transpariétale doit être quelque fois envisagée.

Syn. hépatite amibienne, abcès amibien du foie

amibiase intrathoracique l.f.

pleuropulmonary amebiasis

Affection due à Entamœba histolytica, toujours secondaire à une localisation hépatique de l’amibiase.

Cette atteinte est due à la rupture d’un abcès amibien du dôme du foie soit dans la plèvre, source d’une pleurésie non microbienne typiquement de couleur chocolat, soit dans le parenchyme pulmonaire en cas d’accolement pleural donnant un abcès amibien pulmonaire, soit dans une bronche avec sa vomique chocolat.

Le diagnostic repose sur la sérologie, chez un malade porteur d’un abcès hépatique ou pulmonaire au scanner ou à l’échographie. Le traitement est le métronidazole : 1,5g tous les jours pendant 10 jours ou le tinidazole : 2g par jour en 1 fois pendant 5 jours ; suivi d’un traitement des kystes intestinaux pendant 10 jours.

Syn. amibiase pleuro-pulmonaire

amibiase (troubles psychiques et) l.m.p.

amebiasis, amibiasis (psychical disorders)

Lors d’une amibiase aigüe ou subaigüe, troubles dépressifs et/ou névrotiques rares pouvant cependant prévaloir sur la symptomatologie dysentérique.

Une méningo-encéphalite aigüe primitive souvent grave, à forme agitée et confuso-onirique, a été signalée. Des abcès cérébraux relativement tardifs, de type clinique surtout expansif, sont exceptionnels.

Dans les formes chroniques, les "colonévroses" sont assez fréquentes, principalement chez les amibiens d’Extrême-Orient. Mais il peut s’agir en fait de colopathies fonctionnelles (intestin irritable) sur un fond névrotique.

amibe à forme végétative l.f.

Forme mobile de l’amibe (Entamoeba) responsable des lésions digestives et tissulaires de l’amibiase (ou amoebose) humaine.

Elle s’oppose au kyste qui représente la forme de résistance et de dissémination du parasite dans le milieu extérieur.